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samedi 3 décembre 2016

Propos marquants du lancement du Conseil national des Fcbe

Dans le cadre des allocutions au Palais des congrès


Ce samedi 3 décembre, en milieu de matinée, au Palais des congrès de Cotonou, a eu lieu la cérémonie de lancement du Conseil national de l’Alliance Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Elle a donné lieu à plusieurs allocutions dont il faut retenir des extraits forts.

Vue partielle des participants au Conseil national
Des personnalités remarquables de l’Alliance Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), parmi lesquelles d’anciennes autorités du Bénin, sont montées au pupitre pour entretenir le public sur leurs idées. C’était au cours de la cérémonie de lancement du Conseil national de cette formation politique, ce qui s’est tenu dans la Salle bleue du Palais des congrès de Cotonou, dans la matinée du samedi 3 décembre 2016. « Quelle forme d’organisation de l’Alliance Fcbe pour une meilleure contribution au renforcement de la démocratie ? ». Tel est le thème fondateur de la manifestation.
Si Amos Elègbè fut celui qui a souhaité la bienvenue aux participants à ces assises, en tant que Président du Comité d’organisation de la manifestation, l’allocution de lancement du Conseil, faite par Eugène Azatassou, Coordonnateur de l’Alliance, est la première à avoir frappé, vu l’aspect purement dénonciateur, d’une partie de son propos, de la gestion du régime de la Rupture,. Selon lui, cette gestion des affaires publiques, depuis le 6 avril 2016, se caractérise par cinq facteurs : « L’accaparement de tous les leviers essentiels de l’économie nationale par une minorité d’hommes d’affaires, au mépris des lois et textes en vigueur », « l’utilisation à grande échelle du Partenariat public-privé, avec la violation flagrante du Code des marchés publics et l’attribution des marchés à des sociétés privées proches essentiellement du pouvoir », « le remise en cause des libertés publiques et des acquis démocratiques issus de la Conférence nationale de février 1990 », « l’absence criarde d’une politique sociale en faveur du peuple » et « la suppression des acquis sociaux des travailleurs et des mesures prises en faveur de l’autonomisation des femmes et des jeunes ». En outre, il a prophétisé une bonne espérance de vie pour l'Alliance : « [...] l'Alliance Fcbe n'est pas finie, elle vit et elle vivra encore longtemps ».
De son côté, Fagbémi Wabi, Secrétaire général du Parti du renouveau démocratique (Prd), entre autres, a déclaré : « Que nous soyons tous ensemble pour accompagner ce mandat … ».
S’il a été aussi donné à Richard Soglo, représentant de Léhady Soglo, de prendre la parole, Léonce Houngbadji, Président du Parti pour la libération du peuple (Plp), s’est montré incendiaire, du côté de son camp politique et de celui du pouvoir en place, à en croire les extraits suivants : « Quand on perd les élections dans un pays démocratique, on fait l’opposition », « Tout le monde lézarde les murs … », « Dans ce pays, personne ne pourra nous faire peur et nous empêcher de nous exprimer », « La situation socio-économique de notre pays est désastreuse ; nous sommes là pour défendre la patrie », « L’heure est grave, aucun repas n’est sur le feu … », « Si vous nous laissez seuls, nous allons mener le combat ; les mains nues, nous allons mener le combat ».
Le dernier intervenant de cette série, à la cérémonie d’ouverture, fut le Professeur François Abiola, ancien Vice-Premier ministre et Président du Parti ’’Mouvement espoir du Bénin’’ (Meb) : « Nous avons tracé une carte universitaire et, je suis sûr que c’est la carte de demain », « Nous devons faire le débat de la liberté d’expression », « Nous allons décider de ne pas insulter demain », « On n’insulte pas demain, surtout en politique ».
Au cours de cette cérémonie d’ouverture, Eugène Azatassou était entouré, au podium, de plusieurs autres personnalités, non des moindres des Fcbe : Hubert Ballé, Félicien Chabi Zakari, André Okounlola et Paul Hounkpè. Par ailleurs, toutes les allocutions ont été précédées par une minute de silence en mémoire des militants disparus, notamment, le Ministre et Député, Feu Eric N’Da.


Marcel Kpogodo 

samedi 20 juin 2015

Leçons et analyses d'un remaniement ministériel qui a déjoué toutes les attentes

Avec un extraordinaire nouveau Gouvernement de fin de mandat


La soirée du jeudi 18 juin 2015  a vu le Président Boni Yayi procéder, comme à son habitude, par le biais du Secrétaire général du Gouvernement, à la publication de la liste tant attendue de son nouveau Gouvernement. Détruisant tous les pronostics, il lève mal un coin de voile sur les réelles motivations du choix des personnalités le constituant, surtout celle de Lionel Zinsou, fait Premier Ministre.

Lionel Zinsou, nouveau Premier ministre du Bénin

Le nouveau Gouvernement de Boni Yayi

Premier ministre, chargé du Développement économique, de l’évaluation des politiques publiques et de la promotion de la bonne gouvernance : Lionel Zinsou
Vice-premier ministre, chargé de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique : François Adébayo Abiola
Ministre d’Etat, chargé de l’Enseignement secondaire, de la formation technique et professionnelle, de la reconversion et de l’insertion des jeunes : Alassane Soumanou
Ministre d’Etat, chargé de l’Economie, des finances et des programmes de dénationalisation : Komi Koutché
Ministre d’Etat à la Présidence de la République, chargé de la coordination des politiques de mise en œuvre des objectifs du millénaire pour le développement, des objectifs de développement durable et des grands travaux : Fulbert Amoussouga-Géro
Ministre de la Défense nationale : Théophile Yarou
Ministre de l’Intérieur, de la sécurité publique et des cultes : Placide Azandé
Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, de la législation et des droits de l’homme : Evelyne da Sylva Ahouanto
Ministre des Enseignements maternel et primaire : Eléonore Yayi Ladékan
Ministre des Affaires étrangères, de l’intégration africaine, de la francophonie et des béninois de l’extérieur : Saliou Akadiri
Ministre des Travaux publics et des transports : Gustave Dépo Sonon
Ministre de la Santé : Pascal Dossou-Togbé
Ministre de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche : Rufin Orou Nan Nansounon
Ministre du Travail, de la fonction publique et de la réforme administrative et institutionnelle : Aboubacar Yaya
Ministre de l’Environnement chargé de la gestion des changements climatiques, du reboisement et de la protection des ressources naturelles et forestières : Théophile C. Worou
Ministre de l’Urbanisme, de l’habitat et de l’assainissement : Noël Fonton
Ministre de l’Energie, des recherches pétrolières et minières, de l’eau et du développement des énergies renouvelables : Spéro Mensah
Ministre de la Culture, de l’alphabétisation, de l’artisanat et du tourisme : Paul Hounkpè
Ministre de la Communication et des technologues de l’information et de la communication : Etienne Kossi
Ministre chargé de la Microfinance : Naomie Azaria
Ministre de la Jeunesse, des sports et des loisirs : Safiou Idrissou Affo
Ministre de l’Industrie et du commerce : Kombiénou Pocoun Damé
Ministre chargée de l’emploi des jeunes, des petites et des moyennes entreprises : Nadine Dako Tamadaho
Ministre de la  Famille, des affaires sociales, de la solidarité nationale, des handicapés et des personnes de troisième âge : Honorine Attikpa
Ministre de la Décentralisation, de la gouvernance locale, de l’administration et de l’a ménagement du territoire : Véronique Brun Hachémé
Ministre chargé des Relations avec les institutions : Thomas Yombo
Ministre de l’Economie maritime, et des infrastructures portuaires : Patrick Yérima
Ministre de l’Hydraulique : Christine Gbédji Vyaho



Scanner du nouveau Gouvernement du Bénin 


28 membres, 1 Premier ministre métis aux idées très occidentales, 1 Vice premier ministre, 3 Ministres influents, appelés "Ministres d'Etat", 23 Ministres simples, la promotion d'1 personnalité problématique, Placide Azandé, à l'origine de la dernière grosse grève des enseignants - Sa peau est dure - et des autorités ayant exercé la fonction de Maire, récompensées : Paul Hounkpè, en fin de mandat à la tête de la Commune de Bopa, instrument de nuisance politique à Mathurin Nago, et Patrick Yérima, Ancien Maire de Kandi et Député suppléant au Parlement d'Azizou Issa, Ministre sortant de l'Agriculture, Patrick Yérima, à ne pas confondre avec Auguste René Yérima, le très intouchable ancien contesté Directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale, salutairement parachuté au Cabinet du Président Yayi, et chassé, 1 parente du PR, Eléonore Ladékan Yayi, 5 Députés maintenus à l'Exécutif, 1 remercié en monnaie de singe ou de serpent, Christian Sossouhounto, 2 DG de sociétés d'Etat promues, Nadine Dako et Honorine Attikpa, la 1ère étant la fille de l'ancien Directeur de cabinet du PR et Ministre de la Justice, Nestor Dako, 2 gros techniciens éconduits, Dorothée Kindé Gazard et Raphael Edou ... Par ce Gouvernement d'adieu, Boni Yayi a innové par de très ronflantes dénominations.



Tentative de lecture politique du remaniement


A n’en point douter, la nomination de Lionel Zinsou à la tête du nouveau Gouvernement du Bénin reste un signal fort de la volonté de Boni Yayi de faire du dernier tournant de son second mandat présidentiel un instrument pour inonder les Béninois de grands et efficaces résultats, ce qui devrait lui permettre de se refaire une belle image auprès de ses compatriotes avant de quitter définitivement le pouvoir.
En effet, à travers ce dernier remaniement, il s’est doté de 2 puissants fusibles qui devraient lui permettre de monter moins souvent au créneau concernant les dossiers sensibles et stratégiques de l’Etat ; Lionel Zinsou, peut-être toujours entre deux avions pour rallier les différents points du globe nécessaires à la conclusion des incontournables contrats de concrétisation des juteuses et milliardesques promesses de la fameuse Table ronde de Paris, il devra dire tout haut aux hommes de pouvoir béninois les délicates et morales règles de bonne gestion de la chose publique. Sinon, pourquoi le portefeuille de « Promotion de la bonne gouvernance » ? Aussi, étant donné que l’une des plus influentes télécommandes régulant les activités politiques au Bénin émane de Paris, la nomination de Lionel Zinsou est-elle en rapport avec une volonté du Chef de l’Etat de fragiliser cet instrument trop nuisible pour lui ? Au-delà des retombées de tous ordres ordres sur le Bénin, Lionel Zinsou, Premier minstre, cela pourrait grandement arranger les affaires, très culturelles, d'ailleurs, de sa fille, Marie-Cécile Zinsou, première responsable de la Fondation Zinsou.
Quant à François Abiola, plus que jamais l’homme de confiance de Boni Yayi, il saura « dealer » avec lui, à l’interne, pour gérer avec subtilité tous les actes qu’il pourra poser, en lieu et place du président qui, difficilement, aime déléguer.   
Ce Gouvernement est aussi celui de la reconnaissance de la fidélité politique, avec Alassane Soumanou, Komi Koutché et Fulbert Amoussou ga-Géro, trois mousquetaires, « Ministres-d’Etat », Etienne Kossi qui revient, Nadine Dako, Honorine Attikpa, Théophile Worou, longtemps Directeur de cabinet, Véronique Brun Hachémé et Patrick Yérima, notamment, puis avec de nombreux activistes de l’ombre.
Mais, ce qui apparaît écœurant est le limogeage de Christian Sossouhounto qui, ayant refusé de se plier à l’injonction de son parti, la Renaissance du Bénin, de quitter le Gouvernement Yayi, a fait le jeu divisionniste de celui-ci, … Il paie cher le risque qu’il a pris de ne pas se conformer à l’exigence de sa formation politique et, Yayi renforce, par le « chassage » de celui-ci, sa triste réputation d’ingrat, livrant son ancien pantin à un avenir politique incertain.
Ce Gouvernement est celui de la dernière chance pour Yayi, du dernier sursaut du Président qui n’aura rien ménagé, en matière d’attentes déçues et de pronostics grandement déjoués, de positionnements risqués, pour montrer une certaine bonne foi au peuple béninois.
Avec ce nouveau Gouvernement, avril 2016 trouve ses cartes plus que jamais brouillées et, ce dernier jet est celui d'un Chef d'Etat qui n'a plus rien à perdre.  

Marcel Kpogodo  

lundi 30 mars 2015

Awawou Bissiriou, l’Amazone qui fragilise Abiola et Kolawolé Idji

Pour les législatives dans la 21ème circonscription électorale


Dans la 21ème circonscription électorale, pour le compte des prochaines élections législatives, tout porte à croire que les trois sièges en lice feront l’objet d’une bataille redoutable entre les candidats des alliances ’’Soleil’’, Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) et Union fait la nation (Un). Mais, se détachant du lot, Eniola Awawou Bissiriou, de la première alliance, garde de véritables chances de renverser les tendances établies.

Awawou Bissiriou
Eniola Awawou Bissiriou, de l’Alliance ’’Soleil’’, présente toutes les chances de remporter son siège de députée, à l’issue des élections législatives du 26 avril prochain. Candidate tête de liste dans la 21ème circonscription électorale, comportant les communes d’Ifangni, d’Adja-Ouèrè et de Sakété, elle dispose d’un premier atout, celui d’être native de Sakété et d’y être vraiment connue, pour avoir réalisé sa première participation aux législatives en 2007. Cette militante chevronnée, mère de famille et chef d’entreprise, reste une fidèle parmi les plus fidèles du Député Sacca Lafia dont elle n’a pas hésité à adhérer au parti, dénommé Uds. L’aura de cet homme politique, parlementaire régulier depuis plusieurs législatures, détenant un véritable fief électoral dans le septentrion, n’a pas manqué de prendre de l’envergure avec la réalisation d’un coup de maître : la laborieuse et très attendue Liste électorale permanente informatisée (Lépi), dans une réussite qui a imposé silence à toute la classe politique.
Ceci rejaillira, sans nul doute, sur la campagne d’Awawou Bissiriou qui, en deuxième atout, se voit positionnée, dans la 21ème circonscription électorale, face à un homme aux réalisations invisibles à Kétou : Antoine Idji Kolawolé, de l’Alliance ’’Union fait la nation’’, qui se trouve n’être même pas originaire de l’une ou l’autre des communes de cette circonscription et qui, aux élections législatives passées, avait toujours brigué son siège dans la 22ème, comportant Kétou et Pobè.
Un autre coup de chance pour elle : le leader du Madep, Séfou Fagbohoun, lui aussi, à l’occasion des législatives d’avril prochain, a déserté sa circonscription habituelle pour se rabattre sur la 22ème et, en deuxième position !
Comme si cela n’était pas suffisant pour aider Awawou Bissiriou à obtenir son poste de députée, François Abiola, Ministre d’Etat dans l’actuel Gouvernement, bien qu’étant positionné dans la circonscription de sa commune d’origine, la 21ème, sur la liste des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), fait l’objet d’une terrible impopularité, ce qui renforce définitivement les chances de la battante Awawou Bissiriou dont la candidature avait été suscitée par les jeunes, les femmes et les sages de Sakété, avant d’être validée par Sacca Lafia sur la liste de l’Alliance ’’Soleil’’. Des sources proches de la région d’origine de cette candidate laissent croire qu’au soir du 26 avril prochain, elle sera portée en triomphe par des militants en liesse, célébrant la conquête de son siège, vu qu’étant une famille bien incrustée dans son milieu, elle suscite la volonté de ses incomptables partisans de faire l’expérience inédite d’être représentée au Parlement béninois par une femme. 


Marcel Kpogodo

vendredi 27 février 2015

Le Gouvernement entame les discussions avec les syndicalistes le 2 mars

Dans le cadre des négociations censées améliorer les conditions de vie des enseignants


Les centrales et confédérations syndicales les plus influentes du pays ont adressé, le 18 février dernier, une correspondance au Ministre d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur, François Abiola, pour exiger la reprise des négociations entre le Gouvernement et les représentants des travailleurs, pour traiter de la question des revendications des enseignants. Des sources de ce Ministère laissent croire que ces négociations s’ouvriront le 2 mars prochain.

François Abiola
Le 2 mars 2015 est la date à laquelle sont prévues pour reprendre les discussions entre les centrales et confédérations syndicales et l’Exécutif, concernant les revendications des enseignants, celles qui étaient restées en suspens, avec la reprise des classes, à la maternelle, au primaire et au secondaire publics, au cours de l’année 2013-2014, mettant dos-à-dos des franges d’enseignants qui s’opposaient sur l’opportunité ou non d’une reprise des classes, sur un fond de vives contradictions entre les centrales et confédérations, d’une part, et les syndicats affiliés au Front d’action des syndicats des trois ordres d’enseignement, d’autre part. Aussi avait-on assisté, à l’intérieur du Front, à une mésentente entre les partisans de la reprise et les opposants à une telle situation, ce qui a amené les derniers résistants à ne rejoindre leurs classes que le 13 mai, crucifiant ainsi le niveau intellectuel des apprenants.
A présent, l’acceptation par le Gouvernement d’une date de relance des négociations, est salutaire ; elle permettra d’installer une ambiance de dialogue et de poser, à coup sûr, les conditions d’une sécurisation de l’année scolaire en cours.


Marcel Kpogodo

vendredi 29 août 2014

Yayi ’’se fout’’ de la débâcle dans l’éducation au Bénin

Vu le mutisme du Gouvernement face aux menaces de perturbation de la rentrée 2014-2015
(Le communiqué du 21 juillet 2014 du Front est clair : la rentrée 2014-2015 sera hypothéquée)


Depuis le 21 juillet 2014, le Front d’action des trois ordres d’enseignement a rendu public un communiqué faisant un triste état des lieux des négociations entre le Gouvernement et les acteurs syndicaux du monde des enseignements maternel, primaire et secondaire. Ceci n’augure rien de bon de la prochaine rentrée scolaire qui, si rien n’est fait, sera boycottée par les enseignants de ces trois sous-secteurs. Malgré cette réalité, l’Exécutif se montre enfermé dans un total mutisme qui donne l’impression que le Président Boni Yayi, en fin de mandat, ne se préoccupe plus autant du devenir de l’école béninoise. 

Boni Yayi
Le Président de la République semble ne plus avoir à cœur un avenir radieux pour l’école béninoise. C’est ce que laisse penser le silence du Gouvernement, depuis le 21 juillet dernier, que le Front d’actions des trois ordres d’enseignement, structure syndicale influente des enseignements maternel, primaire et secondaire, a fait connaître ses analyses concernant l’état des négociations avec l’Exécutif. Quand on se souvient du résultat catastrophique du Bac 2014 et de la responsabilité évidente des grèves dans cette situation, on est surpris de ce mutisme qui laisse croire que les ministres respectifs des enseignements maternel, primaire et secondaire, que sont Eric N’da et Alassane Soumanou Djimba, fraîchement reconduits dans le troisième Gouvernement de Yayi 2, attendent que les hostilités syndicales commencent, se corsent, durent dans le temps et atteignent un niveau de destruction assez remarquable avant de se lever et de se lancer dans des négociations souvent de la forme du « Médecin après la mort ».
Il faut rappeler que le communiqué émanant du Front d’action des syndicats des trois ordres d’enseignement, datant du 21 juillet 2014, est intitulé ’’Appel aux enseignantes et enseignants’’. En substance, il rappelle les conditions psychologiques divergentes et difficiles de la reprise des cours, ordonnée par le Front, l’année écoulée et, notamment, le boycott de la rentrée 2014-2015, « pour obtenir la satisfaction par rapport aux revendications en suspens et l’adoption des Statuts particuliers des personnels enseignants de la maternelle, du primaire et du secondaire, et la sédentarisation des vacataires ». La gravité de l’annonce qui y est faite devait pousser le Président de la République et son Gouvernement à montrer qu’ils prenaient au sérieux les menaces du Front, en invitant les membres de ce regroupement syndical à la table des discussions.
Mais, nos investigations montrent que rien n’est encore fait dans ce sens, ce qui manifeste, apparemment, le manque d’intérêt du Gouvernement pour la crise qui s’annonce et, par extension, le mépris du premier des Béninois pour le monde éducatif. En effet, celui-ci, quelques années plus tôt, empêtré dans un bras-de-fer avec les syndicats de l’enseignement, avait déclaré qu’il n’était plus candidat à rien et que les syndicalistes pouvaient fermer les portes des écoles. Donc, même si le Chef de l’Etat n’a plus rien à perdre, vu qu’il ne se présentera plus à une élection pour subir une certaine sanction du peuple, il faudrait qu’il se préoccupe de son image d’homme d’Etat, lorsqu’il ne serait plus aux affaires, à l’heure du grand bilan de ses dix années d’exercice présidentiel. Cependant, tenant compte du fait que la rentrée scolaire 2014-2015 est prévue pour le 29 septembre prochain, il faudrait que le Gouvernement prenne l'initiative, au plus tôt, d'un cadre de négociations efficaces et productives avec le Front, pour que les apprenants de notre pays puissent être écartés de ces situations délétères pour leur niveau et leur avenir, celles que génèrent les grèves perlées dans l'enseignement public. 


Marcel Kpogodo



Le communiqué du Front


FRONT D’ACTION DES SYNDICATS DES TROIS ORDRES D’ENSEIGNEMENT
Tél. : 95 05 04 24 / 96 64 57 79 / 97 37 16 90 / 97 27 08 56 / 97 44 63 33
___________________________________________________________________________
Appel aux enseignantes et enseignants
Chers collègues, cela fait trois mois que, sur votre recommandation expresse et tenant compte du risque d’une année blanche aux conséquences multiples pour notre pays et nos apprenants, nous avons, en toute responsabilité, levé le mot d’ordre de grève. Dans ce sens, nous nous sommes en gagés à sauver l’année scolaire déjà compromise en conduisant les apprenants aux différents examens. Nous l’avons dit et nous l’avons fait. Soyez en tous remerciés, du fond du cœur, pour la mobilisation et la résistance observées malgré les menaces et pressions multiformes du pouvoir, les difficultés, les déchirures morales et la déception consécutives à la trahison du 18 mars venant de ceux que vous connaissez très bien, des camarades de lutte qui ne se préoccupaient que de leurs poches et des postes de nomination.

Nous n’avons pas suspendu le mouvement ni fixé de moratoire pour dire hypocritement que nous reprendrons incessamment la grève au cas où le Gouvernement ne donnerait pas satisfaction à nos revendications légitimes avant la fin de l’année tronquée en cours. Nous savions que le Gouvernement ne ferait rien après l’arrêt des mouvements de débrayage et qu’il resterait dans sa posture d’immobilisme et de provocation, comptant sur la corruption active de ses amis du 18 mars qu’il a tôt fait de récompenser en les cooptant superviseurs du BEPC et qui seront bientôt nommés, à différents niveaux de l’administration scolaire, comme responsables administratifs, en récompense du sabotage de la grève, donc de la mission à eux confiés.

Il est de notre devoir de vous dire la vérité et de nous organiser ensemble pour rebondir avec nos propres forces et faire plier ce pouvoir qui ne connaît que l’affrontement et le double langage comme modes de fonctionnement et de gestion des crises, en lieu et place d’un dialogue sincère et fécond. C’est pourquoi, après avoir observé le mépris du Gouvernement à l’égard de nos revendications, il est loisible de faire les constats suivants :
1.      Le relevé des conclusions des séances de négociations en tre le Gouvernement et les Centrales, Confédérations Syndicales et la FESYNTRA-FINANCES du 10 mars 2014 et le Relevé des Décisions issues de la Rencontre accordée par le Chef de l’Etat aux Centrales, Confédérations et à la FESYNTRA-FINANCES du 12 mars 2014, sont royalement violés par le Gouvernement ;
2.      La Commission Nationale Permanente de Concertations et de Négociations Collectives Gouvernement / Centrales et Confédérations Syndicales, réinstallée depuis le 07 avril 2014, n’a plus jamais été convoquée pour aborder et résoudre la question des 1, 25 de revalorisation du point indiciaire accordée à tous les Agents de l’Etat, en 2011, et dont les enseignants de la maternelle, du primaire et du secondaire sont injustement exclus, sont gelés ;
3.      Notre détermination collective, malgré les déchirures morales et le sentiment de déception face à la non satisfaction de certaines revendications majeures comme la non rétrocession des défalcations de 2012 restées, jusqu’à ce jour, à l’état de promesse, a permis, entre autres, d’obtenir la vacuité de l’arme de la défalcation ;
4.      A l’opinion publique nationale et internationale alertées quant à l’immobilisme du Gouvernement et son refus de négocier, nous avons annoncé que la rentrée 2014-2015 sera boycottée pour obtenir la satisfaction par rapport aux revendications en suspens et l’adoption des Statuts particuliers des personnels enseignants de la maternelle, du primaire et du secondaire, et la sédentarisation des vacataires ;
5.      La lutte résolue contre les menaces de représailles et les mutations punitives agitées pour fait de grève, si elles arrivaient à être mises en œuvre ;
6.      La refondation du Front avec une nouvelle direction plus dynamique est en cours avec l’actualisation et l’adoption des Statuts et Règlement Intérieur de notre instrument commun de lutte dont le label sera sauvegardé, loin des calculs d’intérêts et des jeux de coulisse.

Seule la lutte paie !!!
Fait à Cotonou, le 21 juillet 2014
Pour le FRONT,
Les Porte-parole
Thomas Kossi CAKPO                                                          Cyrille Tamègnon LISSANOU

samedi 23 août 2014

Remaniement ministériel : tous les incompétents n'ont pas été chassés

Malgré ce que Yayi a voulu comme un coup de balai

Les résultats des tractations au sommet de l'Etat sont tombés, le mercredi 20 août 2014, en début de soirée. Le Président de la République a procédé au toilettage de son équipe gouvernementale. Ce toilettage s'est révélé léger, au vu du nombre réduit de sorties, et considérant le maintien d'un certain nombre de ministres qu'on peut considérer, de par leur inefficacité, comme le boulet mettant à mal l'émergence dans leurs domaines respectifs.


Eric N'da
La liste du troisième Gouvernement du Président Boni Yayi, effectuant son second mandat présidentiel, a été publié, le mercredi 20 août 2014, au cœur de la nuit, par Alassane Tigri, Secrétaire général du Gouvernement. Il ressort de son propos le maintien dans l'Exécutif de seize (16) ministres parmi lesquels ceux des Enseignements maternel et primaire, de l'Enseignement secondaire et, enfin, de l'Enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Nommément, il s'agit d'Eric Kouagou N'da, d'Alassane Soumanou Djimba qui a osé sortir un arrêté empêchant de renvoyer, entre autres, les élèves "triplants" de la classe de 4e des collèges du Bénin, et de François Abiola.


Alassane Soumanou Djimba

Au vu des derniers résultats scolaires au Bénin, et, surtout, étant donné le fonctionnement actuel du système éducatif béninois, il s'agit de ministres dont le maintien dans le Gouvernement étonne. 
Si on se souvient qu'il existe un grand contraste entre les pourcentages respectifs des résultats de l'année scolaire 2013-2014, plus précisément, du Certificat d'études primaires (Cep) ayant donné 89,56%, du Brevet d'études du premier cycle (Bepc), pour 47,57%, et du Baccalauréat, avec 23,71%, c'est le signe d'un dysfonctionnement total du système éducatif béninois. Au niveau du Cep et du Bepc, les résultats, souvent politiques, ne révèlent jamais le vrai visage du niveau des apprenants des secteurs primaire et secondaire, pendant que ceux du Bac, hors de contrôle de la politique, montrent le triste visage du niveau des candidats.


François Abiola
Eric N'da et Alassane Soumanou Djimba, dans leurs ministères respectifs, n'ont pas manqué de maintenir une ligne négative tracée depuis des décennies par leurs prédécesseurs, et qui consiste à faire valoir des niveaux de rachat insoupçonnables des candidats, de façon à présenter à la population des pourcentages de succès plus ou moins acceptables. Ils savent bien que, si on devait s'en tenir à une note minimale de 09/20 pour faire obtenir aux apprenants le Cep ou le Bepc, on ne serait pas loin du pourcentage catastrophique donné, chaque année, par le Bac. Ils n'ignorent certainement pas que l'application du système de l'Approche par compétences (Apc), généralement connu sous la dénomination de "Nouveaux programmes d'études" (Npe), aux apprenants de leurs degrés respectifs, en Français, a comme résultat, entre autres, une manipulation minable de la langue de travail à l'oral et à l'écrit, et, aussi, des contre-performances incroyables dans les autres matières, ce qui concourt, inévitablement, à de mauvaises notes dans presque toutes les matières, pour la majorité de candidats qui comprennent difficilement les consignes des épreuves, d'où leur échec massif et le camouflage par N'da et Soumanou Djimba de ces résultats malheureux.
Aussi, ce qui guette le Baccalauréat, c'est la politisation des résultats de cet examen, surtout lorsque François Abiola va se rendre compte que cela peut être un moyen, après toute proclamation, de se mettre à l'abri des critiques acerbes de la population. On verra si les acteurs du secteur éducatif laisseront faire, cette fois-ci.

Des ministres peu alertes
Comme il est de notoriété publique que l'Approche par compétences en Français a détruit, chez les apprenants béninois ayant subi cette réforme, du Cours d'initiation (Ci) à la classe terminale, la capacité de la bonne expression, orale et écrite, dans la langue de travail, Eric N'da et Soumanou Djimba ne donnent pas l'impression d'être pressés que la rectification des choses interviennent, profondément et, au plus tôt, pour sauver les apprenants qui se bousculent dans les petites classes et, qui, bientôt, finiront le secondaire pour l'université ; ils ne sont pas pressés de réinstaurer la salvatrice dictée du Ci jusqu'en classe de troisième, avec des verrous d'élimination au Cep et au Bepc. A coup sûr, ils prennent leur temps parce que leurs enfants, déjà grands et actifs, ne sont plus concernés par les affres intellectuelles d'une réforme scolaire catastrophique. En bons hommes politiques béninois, ils attendent le cataclysme, avant de conduire ces changements au niveau du Français.

Des ministres peu anticipateurs
Par ailleurs, les trois ministres de l'enseignement que sont Eric N'da, Soumanou Djimba et François Abiola auraient dû être chaleureusement remerciés par Boni Yayi, dans son dernier remaniement ministériel. En effet, ils anticipent peu sur les crises et attendent patiemment qu'elles atteignent une gravité prononcée, à travers la grève perlée des enseignants, pour commencer à jouer aux sapeurs-pompiers. Actuellement, ceux-ci préparent une gigantesque grève qui va paralyser la rentrée 2014-2015. Cela est sensible à travers un communiqué cinglant publié par le Front d'action des trois ordres d'enseignement, en plein déroulement de la correction du Bac 2014.
C'est un texte dans lequel cette structure appelle les enseignants à la mobilisation pour une prochaine paralysie des activités pédagogiques avec, à la clé, une remise en cause de la rentrée scolaire, pour revendiquer, entre autres, des statuts particuliers pour ses mandants. Au lieu de s'en préoccuper dès maintenant et de prendre le taureau par les cornes pour lancer les concertations, pendant ce qu'il reste des vacances, avec ce Front afin que le peuple ne puisse assister, impuissant, à de nouvelles grèves, ils préfèrent expédier les affaires au quotidien et, récemment, continuer à se réjouir de leur maintien dans l'équipe gouvernementale. Ce qu'ils ne savent peut-être pas, c'est que le Président Boni Yayi a déclaré n'a plus rien à gagner, en matière d'élection présidentielle, ce qui le conduira, sous peu, à commencer à relativiser tout l'apport politique dont ces N'da, Soumanou Djimba et Abiola sont censés lui faire bénéficier, et les limoger, imprévisible qu'il est, lorsqu'il va prendre la mesure de leur incapacité à prévenir les crises sociales dans leurs secteurs respectifs, de leur incapacité d'empêcher qu'il soit toujours présenté au peuple comme le dernier recours, lorsque le bras-de-fer avec les enseignants atteint son point culminant. Ces trois ministres ont intérêt à profiter, pendant qu'il en est encore temps, des privilèges relevant de leur poste actuel, le "chassage" interviendra sans délai, devant la force de la réalité de leur incapacité à en finir avec les crises destructrices dans leurs secteurs respectifs.

Marcel Kpogodo         

lundi 13 décembre 2010

Situation universitaire au Bénin

François Abiola, Ministre de l'Enseignement supérieur du Bénin



Enseignement supérieur au Bénin



Des augmentations substantielles au profit des professeurs d’universités



A la suite d’une longue grève renforcée par un refus catégorique d’évaluer les copies de fin d’année, les professeurs des universités publiques du Bénin se sont vus octroyer par l’Etat des avantages importants relatifs non seulement au salaire mais aussi aux compartiments liés à la vie professionnelle des concernés. Une véritable révolution qui contribue à rehausser le niveau de vie des enseignants du Supérieur.






A en croire le communiqué publié le 24 novembre dernier par la Fédération des syndicats de l’éducation nationale de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (Fésen/Cstb), les professeurs d’université, au bénin, s’en sortent avec le gros lot, en ce qui concerne la satisfaction de leurs revendications d’ordre salarial. Ainsi, depuis la fin du mois d’octobre 2010, sur leur fiche de paie, les professeurs de l’Enseignement supérieur, selon les différentes catégories, ont constaté plusieurs augmentations : les professeurs titulaires, les maîtres de conférence, les maîtres-assistants et les enseignants du corps autonome des professeurs, les enseignants corps autonome des professeurs-assistants, et les assistants voient leur salaire multiplié, respectivement, par 3 ; 2,8 ; 2,5 ; 2 et 1,5. Ensuite, le même communiqué précise que trois arrêtés importants ont été pris le 13 septembre 2010, et appliqués : le n°390-C/MENRS/MTFP/MEF/DC/DGM/DRH, portant indemnité de logement, le n°391-C/ MENRS/MTFP/MEF/DC/DGM/DRH, portant indemnité d’expertise, et le n° 389-C/ MENRS/MTFP/MEF/DC/DGM/DRH, portant indemnité de risque. Ce qui restera, en outre, à concrétiser sont les décrets portant indemnité de bibliothèque, d’une part, et portant prime de bibliothèque, d’autre part. Mais, ces deux textes ne peuvent être rendus concrets sans un réaménagement de la Loi portant Statut particulier des enseignants du Supérieur. Si Alphonse da Silva, Secrétaire général du Syndicat national de l’enseignement supérieur (Snes) reconnaît l’effectivité de ces différents acquis, il relève qu’il s’agit d’une avancée manifeste dont il félicite les différents bénéficiaires pour l’unité d’action qu’ils ont montrée pour leur obtention ; il fait sentir, par ailleurs, que le défi des professeurs du Supérieur est de travailler beaucoup mieux pour mériter les nouveaux avantages salariaux. Finalement, en accordant une part non négligeable de satisfaction aux enseignants, dans le bilan de son premier quinquennat, Boni Yayi aura relevé un défi de taille.


Marcel Kpogodo