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lundi 6 avril 2026

Sybille au vent du wadagnisme

Dans le cadre de l'élection présidentielle du 12 avril au Bénin


Ainsi qu’il est connu de l’opinion nationale et internationale depuis le 31 août 2025, Romuald Wadagni est aux couleurs de la mouvance à la présidentielle béninoise du 12 avril 2026.


Telle Sybille, je le vois dans son étole à soutenir pour un Bénin de palombes, cette cité d’où fuseront davantage le miel et le lait à force de labeur, d’intégrité et d’utile vision. Et j’associe ce statut du personnage au wadagnisme, dont les tenants, je m’en doute, s’attèlent à la tâche par vive conviction et intime inféodation, pour une victoire glorieuse à célébrer au nom du droit à l’élucubration collective aux résultats du scrutin.



Selon Nicéphore Dieudonné Soglo, Romuald Wadagni est « une chance pour le Bénin » 



Car le wadagnisme s’avère par essence victorieux, triomphe par orthodoxie énergisante, labeur à la force silencieuse pure, vaillante vision pour un Bénin radieux. Et ce sera beau d’entendre ses timbales tinter et ses voix festoyer aux liesses populaires au lendemain des urnes.



En phase avec l’air du temps


Concevant le wadagnisme comme un talonisme aux poils populistes velus, je ne pourrais qu’être de ses tenants thuriféraires, attendu son profil de vaillant cheval gagnant, cet éperon au parcours sain et saint, ce cursus pur et juste, ce mage de l’immaculé manoir dont cille d’ores et déjà la béate étoile. Je ne pourrais qu’y figurer, m’apprêtant pour l’ovation de la victoire qu’on dira légitime, parce que méritée.


Un pays n’est pas un village dont le délégué pourrait surgir d’une soue, mais une cité dont le palais, par nécessité, devrait saillir du sérieux sérail, préfiguré, figuré, ritualisé et solennisé. Justement, n’est pas vizir qui veut mais qui peut. Je veux deviser que le choix de Wadagni tient à de nobles considérations que pourraient cerner seules les âmes averties.


         En vérité, de tous les potentiels candidats à la présidentielle de 2026 au Bénin, aussi bien à la mouvance qu’ailleurs, Wadagni est du gabarit managérial le plus en phase avec l’air du temps. Non pas que les autres prétendants ne sont pas de cet étalon, mais que l’argentier national en est plus coté, plus corsé, aurifié au feu de son parcours et de son action ! D’État, le portefeuille de l’Économie, des Finances et de la Coopération est plus lourd que les rênes d’un parti politique ou d’un consortium, quels qu’ils soient.

Oh ! Bien lourdissime que le Bénin, « petit pays lourd à porter ».



Apte à colimaçonner jusqu’au faîtage de l’État


Le fondateur d’ ’’Alternative citoyenne’’ aurait eu le vent en poupe, si l’impétrant de la Harvard business school n’avait pas existé et qu’il n’aurait pas fallu l’inventer pour une élection aux enjeux majeurs. Signe de révérence royale, les mots de Romuald Wadagni à son endroit fument la vertu au sens noble du terme. Et rendre justice au maître des ’’mercredis rouges’’ est de droit à mon sens : « Vous avez toujours su faire preuve d’un sens inégalé de l’intérêt général. Esprit lumineux, intellectuel généreux, vous incarnez pour nous le sens du dévouement au service de la nation et de la justice, le sens du sacrifice et du renoncement personnel au profit de l’intérêt général. Votre contribution restera gravée dans l’histoire de notre pays ». 


À Joseph Fifamin Djogbénou, les rhapsodes de la liberté sauront gré de ses vagues rouges desquelles fluait la contestation contre le yayisme, au temps où Talon honorait son exil hexagonal sans que le pouvoir d’alors ne sût qu’il lui succèderait d’un gracieux sceptre. C’est qu’on ne devient pas roi, on l’est depuis le ventre de sa mère. Toute chose insinuant que le trône procède de la destinée, couvant un jour aux yeux du monde borgne-abasourdi. Cette céleste vérité, la victoire de Talon à la présidentielle de 2016 me l’aura enseignée, offrant du ferment à mon entendement d’analyste désormais imbu de ce que rien ne survient au hasard, tout est d’avance annoncé, les morts comme les naissances, les drames comme les merveilles, les défaites comme les victoires, les nuits comme les soleils, le reste n’étant que cécité chez ceux s’abstenant à cerner les lignes du vent.


Aux ailes de la destinée, devrais-je le deviser, Wadagni s’est machinisé sans tambour ni trompette au gouvernement talonien qu’il a servi avec dévouement et dévotion depuis 2016. On l’y a vu s’atteler à la tâche, apte à colimaçonner jusqu’au faîtage de l’État. Non sans son mentor et sa motrice dont les suites pour le pays enchantent plus d’un. Non sans son étalon, vu que le gabarit vaut son pesant d’or aux urnes. Même Hercule qualifia son choix de judicieux, estimant qu’il est « une chance pour le Bénin ».


L’histoire retient que Nicéphore Dieudonné Soglo doit son élection au poste de Premier ministre de la transition à sa qualité psychotonique d’ancien administrateur de la Banque mondiale, comme Boni Yayi dont les titres euphorisants de président de la Boad et de Docteur en Economie lui ont valu le sommet de l’État en 2006. On n’oublierait d’ailleurs pas que le docteur-président eut missionné l’ancien patron du Pai partners pour lui succéder en 2016, la quête du meilleur punch l’y obligeant pour les besoins de la cause, quand bien même sa manœuvre n’aurait pas prospéré.



Wadagni, le dindon olympien


L’opposition n’étant pas idéologiquement aux antipodes de la mouvance chez nous, et la mouvance ne s’opposant pas idéellement à l’opposition, je nous vois aller raisonnablement au wadagnisme. Pourquoi pas ? À l’évidence, l’intérêt général gagnerait à son triomphe.


Ma foi, qu’aurait à revendre un candidat à une présidentielle s’il est un moucheron rampant plutôt qu’un dindon olympien ? Qu’aurait-il à y vendre ? Qu’aurait-il à y vanter ? Ah ! qu’il ne serait qu’une percutante vacuité, faute de gabarit royalisant ! Oui, tel le peuple, l’électeur ne succombe qu’au bel étalon valant à ses cils lucides. Il en est ainsi et en sera de même à travers l’histoire. Oui ! L’étalon catalyse la victoire ! « Alea jacta est » !

Innocent Sossavi

mardi 21 mars 2017

Patrice Talon taxé de complicité dans la « mauvaise gestion » du Directeur Djalil Assouma

Dans le cadre d’un sit-in tenu par les militants de 5 organisations syndicales de ’’Bénin télécoms infrastructures S.a.’’


La très petite matinée du lundi 20 mars 2017 a donné lieu à la tenue d’un sit-in particulièrement tonitruant. La manifestation se déroulait à la devanture de la Société ''Bénin télécoms infrastructures S.a.'' (Bti S.a.), sis quartier Ganhi, à Cotonou. Il ressort de ce mouvement d’humeur une motion lue de laquelle il ressort que le Chef de l’Etat, Patrice Talon, se trouverait à être complice des mauvais agissements de gestion de Djalil Assouma, Directeur général de l’entreprise indiquée.
Banderole de sit-in des travailleurs de la Bti S.a.
Le Chef de l’Etat, Patrice Talon, complice d’un grand nombre d’actes d’une « mauvaise gestion » que dénoncent plusieurs syndicats de la Société ’’Bénin télécoms infrastructures S.a.’’ (Bti S.a.), et dans lesquels serait impliqué son Directeur général, Djalil Assouma. Le résultat des analyses de Brice Agossou, Secrétaire général du Syndical libre des travailleurs de ’’Bénin télécoms infrastructures S.a.’’ (Syltra-Bt), en marge du sit-in qui s’est tenu, très tôt, dans la matinée du lundi 20 mars 2017, devant le siège de la Bti S.a., un rassemblement de protestation qui a engagé les travailleurs membres de son syndicat et de 4 autres que sont le Syndicat national des travailleurs de ’’Bénin télécoms infrastructures S.a.’’ (Synatel-Bti), l’Union des travailleurs de ’’Bénin télécoms infrastructures S.a.’’ (Utbt), le Syndicat des travailleurs de ’’Bénin télécoms infrastructures S.a. (Syntra-Bti) et le Syndicat national des travailleurs de ’’Bénin télécoms infrastructures S.a. (Synabetel-I).
A en croire l’intervenant, avec l’avènement du régime de la Rupture et du Nouveau départ, plus d’un, au sein de l’entreprise, avait parié sur le limogeage de Djalil Assouma, au vu de plusieurs faits de gestion calamiteuse de la Société ’’Bénin télécoms infrastructures S.a.’’, sans oublier que ce dirigeant avait mis en place un numéro vert, entre les deux tours de l’élection présidentielle de mars 2016, pour le mettre gracieusement au service du candidat Lionel Zinsou.
Selon Brice Agossou, parmi les faits de prévarication de Djalil Assouma, il faut compter les conditions troubles du morcellement de l’ancienne Société ’’Bénin télécoms S.a.’’ (Btsa), d’un capital initial de 93 milliards de Francs Cfa, en trois distinctes entités commerciales que sont ’’Libercom’’, ’’Bénin télécoms services S.a.’’ (Bts S.a.) et ’’Bénin télécoms infrastructures S.a.’’, entre autres facteurs qui ont été dénoncés aux autorités au plus haut niveau de ce pays, notamment, aux deux Ministres d’Etat que sont Pascal Irénée Koupaki et Abdoulaye Bio Tchané. et auxquels s’est intéressé le Bureau d’analyse et d’investigation (Bai), superstructure de contrôle, logée à la Présidence de la République et dirigée par Johannès Dagnon.

Brice Agossou et Franck Aïdomoan, Secrétaires généraux respectifs du Syltra-Bt et du Synatel-Bti, à la fin du sit-in
En outre, dans la suite des explications du SG du Syltra-Bt, il faut comprendre que les enquêtes du Bai ont débouché sur la mise au jour de 13 points d’évaluation de la gestion de Djalil Assouma et pour lesquels le Directeur général aurait été révélé fautif par rapport à 10 d’entre eux, ce qui devrait, logiquement, déboucher sur le limogeage de l’intéressé, et qui n’a pas été fait. Ainsi, pour lui, les travailleurs de la Bti S.a. en sont arrivés à conclure à une collusion entre Patrice Talon et Djalil Assouma, ce qui aurait empêché, jusqu’ici, son limogeage par le Gouvernement.


Des motifs du sit-in

La motion de protestation lue à l’issue du sit-in et dont les 5 organisations syndicales sont signataires comporte trois exigences fondamentales de la part des travailleurs de la Bti S.a. : « la démission ou le limogeage » de Djalil Assouma, « la poursuite des travaux par ’’Huawei’’ sur le site de l’ex-Station terrienne » et « le paiement » des droits des travailleurs « sans distinction de matricule ».
Concernant, précisément, le deuxième point, vivement agité par les travailleurs, à la devanture du siège de leur entreprise, il était question de leur rejet de la suspension des travaux de dédoublement du site technique de la Société, de façon à permettre à cette future plateforme de faire face aux situations difficiles qui pourraient survenir, et pour garantir le haut débit de la connexion Internet aux abonnés. En réalité, ces travaux, dotés d’un budget de 40 milliards de Francs Cfa, ayant débuté en janvier dernier et, étant prévus pour s’achever en décembre 2017, ont été suspendus au début de ce mois de mars, ce qui, selon les syndicalistes, a coïncidé avec le Conseil des Ministres du 15 mars dernier, ayant autorisé la construction d’un hôpital de grande envergure à Abomey-Calavi, et qui leur a laissé supposer que c’est ce site de 16 ha qui devait servir à abriter cette infrastructure sanitaire en projet, en contre-partie de quoi il devrait être rétrocédé à la Bti S.a. un terrain de 4 ha, en compensation. Voilà qui a révolté les travailleurs et qui, désormais, les met sur pied de guerre avec Djalil Assouma, d’une part et, le Gouvernement, d’autre part. Vivement que le Ministre de l’Economie numérique et de la communication, Rafiatou Monrou, s’empare de la situation, de façon à contribuer à son réel règlement.

Marcel Kpogodo




L'intégralité de la motion de protestation


Motion de protestation du sit-in du 20 mars 2017

Le personnel de ''Bénin Télécoms Infrastructures SA'' (BTI SA) souffre le martyr sous la gouvernance de Monsieur Djalil ASSOUMA. Les travailleurs sont démotivés et de plus en plus déprimés. L’entreprise est dans un marasme sans précédent et presque tout y stagne malgré nos cris de détresse. Le personnel a pourtant placé son espoir dans le Gouvernement de la Rupture et du Nouveau départ pour mettre fin à la mauvaise gestion de Monsieur Djalil ASSOUMA, mais depuis plus de trois (3) ans, ce dernier continue avec la mal gouvernance en arpentant les couloirs du nouveau Régime et fait subir au personnel ses incessantes menaces.
Les actes de mauvaise gestion de Monsieur Djalil ASSOUMA, que nous avons toujours dénoncés, restent sans écho et ''Bénin Télécoms Infrastructures SA'' est pillée chaque jour un peu plus, au nez et à la barbe des autorités qui, à cause de leur silence, sont aujourd’hui taxées de complices.
La goutte d’eau qui a fait déborder le vase est que, nous avons été informés de ce que les travaux entrepris à la Station Terrienne d’Abomey-Calavi, dans le cadre du projet PDITT, ont été suspendus au cours de la première semaine du mois de mars 2017. Selon nos informations, cette suspension fait suite à la demande du Gouvernement du Bénin qui voudrait disposer de ce site au profit du Ministère en charge de la Santé pour y implanter un hôpital. Cette suspension aura, à l’évidence, des conséquences contractuelles préjudiciables à l’aboutissement normal dudit projet. Une expropriation programmée de BTI SA dans l’opacité sans une contrepartie de valeur supérieure ou égale.
La situation financière de BTI SA, qui est déjà très critique, subira encore un grand coup si ce risque d’amenuisement de son patrimoine s’avérait réel.
Selon nos informations, à cette date, aucune procédure administrative n’a été mise en œuvre pour la cession de ce domaine à l’Etat. Et pourtant, le compte rendu du dernier conseil des ministres, au point 1er fait cas de la construction d’un hôpital de renom à Calavi. Une requête écrite de confirmation de cette information a été adressée au Directeur Général de la société par les syndicats. De sa réponse orale et laconique, il ressort que ce dernier n’est pas préoccupé de l’avenir de ''Bénin Télécoms Infrastructures SA.''
Les travailleurs de BTI SA réunis en Assemblée Générale le mercredi 15 mars et en sit –in de ce jour, s’opposent formellement à l’expropriation des 16 hectares de leur société sise à Abomey-Calavi. Il apparaît clair que le DG ASSOUMA, continue de faire allégeance aux autorités de la Rupture, complices qui l’ont maintenu au poste, en portant du bout de bras tout ce qu’il peut pour qu’il continue de bénéficier de la protection du roi, malgré ses turpitudes dénoncées.

Messieurs,
- Considérant, la négligence à dessein de BTI SA par l’Etat qui se manifeste, entre autres, par le retrait à Bénin Télécoms SA de la bande de fréquence des 800 MHz au profit des opérateurs privés ;
- Considérant comme inappropriée, la création du GIE- ACE pour gérer la seconde station d’atterrissement de câbles sous marins ; certains opérateurs GSM et FAI, les plus dominants du secteur, sont membres et ont des capacités disponibles ; et que cette mesure a pour conséquence la résiliation des capacités de ces opérateurs sur le SAT3 de ''Bénin Télécoms Infrastructures SA'' ;
- Considérant la mauvaise gestion des ressources humaines faite de non règlement des situations administratives des travailleurs; le refus de la mise en application du plan de reconversion pour justifier le désert de compétence ; plus de trois ans de retraite sans pension de retraite ; le non reversement des retenues sur nos maigres salaires à la CNSS depuis plusieurs mois; la présence de SUP Télécoms, une école privée concurrente installée dans l’enceinte du Centre de Formation Professionnelle (CFP) de Bénin Télécoms SA qui est devenue Ecole Supérieure des Télécommunications du Bénin (ESTB) qui est la désinvolture ;
- Considérant la mauvaise gestion de nos domaines, Akpakpa envahi par la SOGEMA sans le moindre contrat et créant du coup un litige en vue avec BTI SA; le cas du terrain de BTI SA juste à l’échangeur de Godomey les autres cas de non sécurisation de nos domaines ;
- Considérant l’absence d’acte administratif qui établit le représentant du personnel pour siéger au conseil d’administration comme une violation des droits des travailleurs à qui les décisions de ces CA ne peuvent s’imposer;
- Considérant l’opacité dans la gestion et l’exécution du projet DPITT par la prise et la remise en cause permanente des décisions par rapport à la gestion du personnel dit détaché à SOFRECOM ;
- Considérant la mal gouvernance et la corruption tant dénoncées à BTI SA sans écho de l’autorité et qui reste insensible comme preuve de complicité de cette dernière ;
Nous travailleurs de ''Bénin Télécoms Infrastructures'' soutenus par ceux de BTS SA, ceux de LIBERCOMS SA, de la POSTE du Bénin SA, de nos aînés retraités et par nos confédérations participants à la manifestation de ce jour, exigeons du gouvernement du Bénin révélé :
- La démission ou le limogeage de ASSOUMA Djalil de la BTI SA
- La poursuite des travaux par Huawei sur le site l’ex-station terrienne ;
- Le paiement de nos droits (hiérarchisation, CNSS, …) sans distinction de matricule ;
Les travailleurs de ''Bénin Télécoms Infrastructures SA'' se réservent le droit de poursuivre la manifestation par tous les moyens jusqu'à satisfaction totale de nos revendications.

Vive Bénin Télécoms Infrastructures SA avec le partenariat public privé (PPP)
Cotonou, le 20 mars 2017
Les participants
· Syndicat National des Travailleurs de Bénin Télécoms Infrastructures SA (SYNATEL-BTI)
· Union des Travailleurs de Bénin Télécoms Infrastructures SA (UTBT)
· Syndicat des Travailleurs de Bénin Télécoms Infrastructures SA (SYNTRA-BTI)
· Syndicat National des Travailleurs de Bénin Télécoms Infrastructures SA (SYNABETEL-I)
· Syndicat Libre des Travailleurs de Bénin Télécoms Infrastructures SA (SYLTRA-BT)

dimanche 9 octobre 2016

La Sttb, véritable souffre-douleur du Président Patrice Talon

Dans le cadre de la gestion des contrats publics sous la Rupture


Depuis le 8 septembre 2016, il a été mis fin aux activités de la Société technologique des transports du Bénin (Sttb) au Port autonome de Cotonou par le Ministre des Transports, Hervé Hèhomey. Depuis, la débâcle chez environ 400 employés, contraints au chômage. Une situation délétère montrant apparemment la volonté du Chef de l’Etat, Patrice Talon, d’essorer complètement la viabilité de la Sttb et de réduire à la misère noire son premier dirigeant, Jimmy Lassissi.

Patrice Talon
Jeudi noir dans l’histoire de la Société technologique des transports du Bénin (Sttb). Le 8 septembre 2016, la date qui aura sonné le glas de plus de deux années d’un fonctionnement efficient et moderne de cette entreprise au niveau du Port autonome de Cotonou. Désormais, dans les poubelles d’un passé glorieux, la modernisation, l’informatisation des opérations d’entrée et de sortie des camions de cet espace stratégique, porteur de devises pour l’économie nationale. L’impact clair depuis que la Sttb a commencé ses activités : la disparition de l’encombrement des camions au niveau des grandes artères de la ville de Cotonou, notamment. Un bilan satisfaisant balayé d’un revers de la main par la nouvelle équipe au pouvoir, manifestant sa hargne par la rupture abusive du contrat qui liait la Sttb à l’Etat béninois, au Port autonome de Cotonou.
Tout trouvé a été l’argument pour justifier cette décision absurde de retrait de son agrément à cette entreprise privée : l’absence de construction des parcs gros-porteurs de Zè et de Djrègbé, un bonus qu’avait décidé de consentir la Sttb, vu que le cahier des charges ne l’y obligeait aucunement. Mais, il fallait complaire à la volonté des autorités du Port, le Gouvernement et elles qui n’ignorent pas que la Société de Jimmy Lassissi ne se trouvait plus en position d’honorer ses engagements, étant donné son contentieux judiciaire avec le prestataire qu’elle avait recruté pour effectuer les travaux, avec, à la clé, le blocage des comptes bancaires de l’entreprise.

Jimmy Lassissi
Cette bonne volonté de la Sttb de faire ce bonus est, par conséquent, payée en monnaie de singe et, voilà Jimmy Lassissi, ses centaines d’employés et son entreprise réduits à traverser le désert, en l’occurrence, la dure situation du manque d’activités avec les conséquences que l’on en connaît : chômage pour les uns, assèchement des ressources financières, disparition des moyens pour réaliser des bénéfices et des investissements. Ce sont donc 16 milliards de prêts bancaires pour lancer l’activité portuaire qui volent en fumée pour pire : le retour au Port à des pratiques antiques, après le renvoi de la Sttb : exercice du système manuel de contrôle des camions et perception des ressources financières main à main, en guise d’opérations des hommes de la structure chargée d’opérer la transition.
Par ailleurs, l’état d’adversité que traverse aujourd’hui la Sttb, Patrice Guillaume Athanase Talon la connaît parfaitement, pour s’être vu, quelques années auparavant, dans la force de son conflit ouvert avec son prédécesseur de Président Yayi, fermer ’’Bénin control’’. L’actuel Chef de l’Etat en connaît les méandres profonds de la torture, de la souffrance et les inflige à Jimmy Lassissi, laissant percevoir comme une volonté de régler des comptes à un opérateur économique ayant plutôt soutenu Lionel Zinsou lors de la dernière élection présidentielle, lui ayant tenu tête, pendant 3 ans, au plus fort du régime Yayi pour l’attribution du marché qu’on lui arrache à présent. Et, un malheur ne venant jamais seul, nos informations nous permettent de comprendre que la Sttb se verra rendre visite par les services du fisc, dès cette journée du mardi 27 septembre. Jusqu’à quel niveau d’étranglement ira donc Patrice Talon face à la Sttb et à Jimmy Lassissi ? 5 ans après son assurance de la Présidence de la République par le présent locataire des la Marina, à qui profitera le nouveau rapport de forces ?



Marcel Kpogodo     

mardi 3 mai 2016

Lionel Zinsou fuit-il ses responsabilités ?

Face à l'animation de l’opposition
(Elle ne se fait pas sur facebook)


Depuis la fin de l’élection présidentielle de mars 2016, la confirmation de l’élection de Patrice Talon comme Président de la République, sa réception des charges des mains de son prédécesseur, sa prestation de serment à Porto-Novo, la formation du premier gouvernement du nouveau Chef de l’Etat, l’Exécutif n’a pas tardé à se mettre à la tâche, prenant déjà position sur les dossiers sensibles de la nation. Mais, depuis, un vide se fait sentir : une opposition qui puisse s’exprimer sur les choix effectués par le Gouvernement, ce qui semble montrer une certaine défection de Lionel Zinsou, candidat malheureux à cette présidentielle.
Lionel Zinsou
Lionel Zinsou, ancien Premier ministre et bon perdant de l’élection présidentielle de mars 2016, n’a pas encore pris la mesure du rôle politique qui lui incombe en tant que candidat ayant vaillamment affronté Patrice Talon au second tour de ce scrutin. Un rôle stratégique du chef de l’opposition. Dans tout pays démocratique qui se respecte, cela va de soi que le candidat malheureux porte la voix de la frange de la population qui n’a pas voté pour le président élu. Comme il s’agit du Bénin, cette frange est naturellement complétée par les mécontents des premières décisions prises et par le lot des déçus qui n’auraient pas trouvé leur compte dans le partage des postes politiques à tous les niveaux.
De cette manière, il s’impose pour Lionel Zinsou d’emboucher la trompette du chef de l’opposition afin de commencer à prendre position sur les choix du Gouvernement de la Rupture et du Nouveau départ. En effet, il y a un bon nombre de ces décisions qui sont considérées comme salutaires par certains et suicidaires par d’autres. Ainsi, elles font l’objet de grandes acclamations ou de vives contestations, selon les camps. Il est question, notamment, de la formation de la 1ère équipe de travail du Chef de l’Etat, de la suspension des concours frauduleux, de l’abrogation des 18 décrets d’application de la Loi n° 2015-20 du 19 juin 2015 portant statut spécial des personnels des forces de sécurité publiques et assimilées, de la position du Président de la République à l’Elysée concernant les cadres béninois et, dernièrement, de la suppression d’institutions étatiques créées sous le régime défunt et considérées comme budgétivores. Ce sont autant de thèmes sur lesquels un camp adverse, une voix politique d’en face doit bâtir une argumentation solide pour donner raison ou tort au Gouvernement et, dans le cas où des choix ne seront pas appréciés, faire des propositions alternatives.
Par ailleurs, un autre facteur qui appelle la constitution d’une opposition réelle au régime du Nouveau départ reste le positionnement politique à l’Assemblée nationale. Dans ce haut lieu de la politique, les forces de l’ancienne mouvance présidentielle ont besoin d’être canalisées pour éviter, d’une part, la disparition d’une tête de pont que sont les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) et, d’autre part, la débandade délétère des députés de cette tendance politique et assimilés pour une destination clairement définie comme étant celle de la mouvance du Nouveau départ. Cette situation ne contribuera qu’à enfoncer la classe politique et à développer la méfiance du peuple envers elle, sans oublier qu’elle va approfondir la fragilité du système politique béninois qui aura montré une difficulté de reconfiguration, de restructuration.
Particulièrement, si Lionel Zinsou émet des réflexions sur le fonctionnement gouvernemental actuel, celles-ci sont lisibles, notamment, sur sa page Facebook. En effet, la dernière déclaration du Président Patrice Talon à Paris voyant le Bénin « comme un désert de compétences » a suscité une réaction de la part de l’ancien Premier ministre sur ce réseau social, ce qui reste largement insuffisant, vu que celle-ci n’a en rien fait l’objet d’une visibilité médiatique. Ainsi, les détracteurs des réseaux sociaux et les nombreux analphabètes qui n’ont pas le réflexe de s’y abreuver quotidiennement auront raté la quintessence ironique des propos de Lionel Zinsou sur la boutade de Patrice Talon.
L’opposition étant difficile, elle n’en demeure pas moins un tremplin incontournable pour le bon fonctionnement démocratique de notre pays et pour une candidature de qualité à la présidentielle de 2021 pour la personnalité politique qui aura le courage de l’animer. En cas de défaillance de Lionel Zinsou, pourquoi un Komi Koutché n’assumerait-il pas ce rôle si stratégique ?


Ramane Aïsso

vendredi 25 mars 2016

Patrice Talon, Président de la République du Bénin, avec 65,37% des suffrages

Selon les résultats provisoires de la Cour constitutionnelle


La Cour constitutionnelle a proclamé les résultats provisoires du second tour de l’élection présidentielle du 20 mars 2016. Ainsi, Patrice Talon est déclaré élu Président de la République, conformément aux grandes tendances annoncées par la Commission électorale nationale autonome (Céna), le lundi 21 mars dernier.

Patrice Talon
65,37%, pour un total de 2.030.941 suffrages exprimés en faveur de Patrice Talon, déclaré élu Président de la République, le dimanche 20 mars 2016, jour du déroulement du second tour de l’élection présidentielle. Le verdict qu’a livré la Cour constitutionnelle du Bénin, par la voix de son Président, Théodore Holo. L’événement s’est produit en ce début d’après-midi du vendredi 25 mars 2016. De son côté, Lionel Zinsou, son challenger, se rend maître d’1.076.061 de voix, ce qui équivaut à 34,63% du total des 3.107.002 votants.
A en croire Théodore Holo, après 5 jours d’attente, si aucun recours ne vient remettre en cause ces résultats, ils seront déclarés définitifs. Dans un contexte où, le lundi 21 mars 2016, à 2h50 précises, Lionel Zinsou avait personnellement appelé au téléphone Patrice Talon pour le féliciter de sa victoire et lui souhaiter une bonne chance, il n’y a véritablement plus de doute que Patrice Talon est la personnalité du Bénin qui, à partir du 6 avril prochain, portera le titre, à plusieurs branches, très convoité de « Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement, Chef suprême des armées », disposant ainsi de la dernière manette institutionnelle pour mettre en œuvre le programme du ’’Nouveau départ’’, pour la période 2016-2021.


Marcel Kpogodo

vendredi 18 mars 2016

Face-à-face télévisé, Talon a dominé un débat gagné par Zinsou

Dans une confrontation politique inédite


Dans le milieu de la soirée du jeudi 17 mars 2016, s’est déroulé l’innovant et tant attendu duel télévisé entre les deux présidentiables arrivés en tête, suite au 1er tour de la présidentielle, Lionel Zinsou et Patrice Talon. Il ressort des expositions respectives des pans de leur projet de société que le premier vise une action instantanée dans le secteur social pendant le second s’accroche à la thérapie par les réformes, ce qui laisse Lionel Zinsou le réel gagnant de cet échange.

Le plateau du débat
Légèrement plus de 2h de débat entre, d’une part, Lionel Zinsou engagé pour une intervention sociale urgente de réduction de la pauvreté endémique et du chômage et, d’autre part, Patrice Talon déterminé à conduire des réformes politiques de fond afin de produire des solutions aux problèmes des Béninois. Le déroulement de l’affrontement, dans la soirée du jeudi 17 mars 2016, sur la télévision nationale, notamment, entre ces 2 présidentiables arrivés en tête suite au 1er tour de l’élection présidentielle, qui a eu lieu le 6 mars 2016. Un duel qui s’est caractérisé par des échanges vifs arbitrés par Georges Amlon et Benjamin Agon, deux journalistes, dans un réel professionnalisme.
L’évolution dans les débats a permis aux téléspectateurs de se rendre compte des profonds points de divergence entre les 2 présidentiables. D’abord, dans une analyse absolument noire de la situation actuelle du Bénin, dans tous les secteurs de sa vie, Patrice Talon a fait partager l’existence d’une administration aux ordres, le clientélisme qui y règne, le manque de confiance du Béninois dans ses institutions, la mauvaise gestion politique, le mauvais fonctionnement judiciaire, la défaillance de l’Etat à tous les niveaux, autant de problèmes auxquels il faut trouver des solutions pour le redémarrage de l’économie.
Contrairement à lui, Lionel Zinsou, dans une vue plus positive sur le Bénin, a reproché à son challenger de bâtir sa popularité sur sa capacité à faire peur, ce qui l’a amené à plutôt rendre hommage à la Cour constitutionnelle dans la manière dont elle a réussi la proclamation des résultats du 1er tour de la présidentielle, garantissant la paix dans le pays. Ensuite, il a complètement relativisé la vision négative de Patrice Talon sur les Béninois avant de témoigner son respect à ses compatriotes que l’actuel Premier ministre a perçus comme des gens qui se battent au quotidien dans leur travail et, entre autres, dans la valorisation de plusieurs filières à part celle du coton : le soja, la maïs, l’ananas et le cajou, ce dernier élément dont Patrice Talon a contesté la marche satisfaisante au Bénin, dans une comparaison avec la Côte d’Ivoire, un rapprochement très tôt rejeté par Lionel Zinsou évoquant une superficie et une population plus fortes, dans le pays des éléphants.
Patrice Talon, au cours d'une de ses interventions
Par ailleurs, le promoteur du ’’Nouveau départ’’ a continué dans son diagnostic de la situation au Bénin, dénonçant les concours frauduleux, la politisation de l’administration, ce qui l’a conduit a réaffirmé que la dépolitisation de l’administration ferait intervenir la répartition équitable des services de l’Etat, le développement équilibré des infrastructures du pays. Et, parlant de santé, ce candidat a démontré une réelle maîtrise de la manière dont les Béninois se soignent et a parlé du renforcement de la gratuité de la césarienne, de l’opérationnalisation du Régime d’assurance-maladie universel (Ramu).
De son côté, Lionel Zinsou a fait comprendre la vacuité de la question des réformes institutionnelles puisque celles-ci mettraient en attente les Béninois en ce qui concerne les solutions sociales d’urgence qui se sont rien d’autre que la lutte contre la pauvreté et le chômage qui ne sauraient plus attendre d’être vaincus. C’est ainsi que le candidat du ’’Bénin gagnant’’ a apprécié que Patrice Talon reconnaisse implicitement les avancées en matière de la césarienne et du Ramu pour fustiger l’absence de solidarité envers les Béninois les plus démunis, ce qui l’a conduit à proposer des mesures immédiates, dès sa prise de pouvoir, le 6 avril, s’il était élu, à l’issue du scrutin du 20 mars prochain : prendre en charge 100 mille familles à raison d’au moins 100 mille Francs Cfa par an, les amenant ainsi à vaincre la sous-nutrition et l’extrême pauvreté. En outre, il a considéré nécessaire de doter les familles de lumière pour faciliter les études des enfants et pour procurer aux parents une plus grande économie à investir dans d’autres rubriques, sans oublier que le candidat a parlé de faire intervenir les crédits de la Banque mondiale, toujours pour aider ces familles. Intervenant concernant la santé au Bénin, il s’est montré fier du personnel intervenant dans ce secteur et a convaincu que le relèvement du plateau technique dans les hôpitaux ne peut se faire sans la stabilisation de l’électricité. Une même question face à laquelle Patrice Talon a proposé une panoplie de mesures sociales : prise en charge des démunis, mise en place d’un système de cotisations, de crédits, d’une couverture sanitaire en faveur des pauvres, ce que Lionel Zinsou vient renforcer en indiquant un peu comme de mettre la lépi au service de l’assurance sanitaire. Ainsi, ce dernier candidat s’est une fois de plus réjoui de voir Patrice Talon s’appesantir sur les acquis du yayisme, ce qui a produit comme conséquence son déni du ’’Nouveau départ’’. Ce fut alors la transition vers la question de l’énergie avec des propositions précises de Lionel Zinsou : triplement de la fourniture de l’énergie électrique, dès 2016, exploitation des énergies renouvelables, répartition de celles-ci au niveau des artisans, l’électrification rurale, le développement du système de la biomasse, l’électrification solaire, notamment, porteur de nombreux emplois. Prenant la parole sur le sujet, Patrice Talon en a profité pour dénoncer un nombre élevé de mauvais comportements de gestion du secteur par l’actuel pouvoir : approximation, corruption dans la signature des contrats, échec de Maria-Gléta. Lionel Zinsou a, entre autres, reconnu ce dernier point. De plus, concernant le partenariat public-privé, le candidat du ’’Nouveau départ’’ a réalisé une excellente extension, montrant ce que le privé est capable d’apporter en matière d’efficacité, d’expertise et en management dans un système où l’Etat accompagne et régule, dénonçant par là le monopole d’action du pouvoir, sous le régime de Boni Yayi.

Lionel Zinsou, au cours du débat, habillé en Béninois
Au niveau de ce sujet, communauté de vue entre les 2 candidats. Enfin, les 2 derniers secteurs abordés étant ceux de l’éducation et de la sécurité, Patrice Talon a proposé, dans un premier temps, l’amplification des prérogatives du Conseil national de l’éductation (Cne), trouvant, dans un second, l’armée pléthorique et la mise des services de renseignements au profit du pouvoir pour la persécution des citoyens. Se rapportant à ces 2 domaines, Lionel Zinsou a proposé la modernisation du système de transmission des savoirs par l’informatisation des processus et la formation des enseignants, finissant, concernant le secteur sécuritaire, en rendant hommage aux forces de sécurité ayant déjoué un braquage à Sèmè-podji, ce qu’il a reproché à Patrice Talon de n’avoir pas fait. Enfin, le candidat du ’’Bénin gagnant’’, qui devait clore le débat n’a pu le faire, vu qu’il se trouvait en dépassement du temps imparti.



Analyses

Les 2 présidentiables que sont Lionel Zinsou et Patrice Talon ont le mérite d’avoir participé à ce débat télévisé des élections présidentielles, le tout 1er qui s’est tenu, depuis l’instauration du renouveau démocratique, un peu plus de 25 ans auparavant. Et, la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) peut s’enorgueillir d’avoir réussi l’organisation de tels échanges ayant l’avantage de montrer la capacité du traitement oral des questions de notre pays par les aspirants au fauteuil de la Marina.
Au cours de ce débat, aucun des 2 protagonistes n’a fait économie de stratégies pour dominer, pour imposer une certaine influence de leur personne sur son challenger. Patrice Talon l’a réussi, de manière directe, en évoquant, en permanence, une formule devenue une rengaine perpétuelle, comme s’il s’agissait d’un élément de pression obsessionnelle, préparé pour déstabiliser son vis-à-vis : « Vous ne connaissez pas le Bénin ». Ce candidat a fait de cette phrase un leitmotiv, vu que c’est elle qui sert à démotiver des potentiels votants en faveur de Lionel Zinsou. Ceci a voulu déconcentrer le très calme Premier ministre qui, perdant parfois les pédales, répétait à l’envi : « La répétition du mensonge ne crée pas la vérité ». A un moment donné, il a même dû retracer l’ascendance plus que française de Patrice Talon, descendant de négriers. Et, très fin aussi, Lionel Zinsou, opportunément vêtu d'une tenue locale béninoise, a tenté, à plusieurs reprises, d’endormir son adversaire en lui donnant raison sur plusieurs points. De son côté, Patrice Talon, non moins élégant, dans son costume occidental, cachant mal sa difficulté à se sortir d’un niveau corsé du débat, se transformait en journaliste et posait directement des questions à Lionel Zinsou. Fine parade ; il donnait l’impression d’être dépassé par les événements. Mais, son ton magistral, sa posture droite, la dureté de son visage, la fermeté de son propos donnaient de l’envergure à sa personnalité et travaillaient à diffuser de lui l’image d’un homme de pouvoir, d’un commandeur, d’un homme d’Etat et, pourquoi pas d’un Président de la République ? D’où, il sort comme celui ayant dominé le duel présidentiel. Tout aurait été parfait, si on savait avec précision ce qu’il ferait prioritairement dès que, si le 20 mars lui donnait les faveurs des suffrages des Béninois, il se voyait remettre les clés de la magistrature suprême. Son choix de la patience des réformes laisse le peuple béninois plus perplexe que jamais.
Contrairement à lui, Lionel Zinsou a toujours gardé son calme, était très posé, même s’il a souvent commis l’erreur d’interférer verbalement dans le propos de Patrice Talon, énervé qu’on lui martèle de ne pas connaître le Bénin ; il ne le laissait pas parler, ce qui laisse entrevoir un manque de maîtrise de lui-même, vu qu’il aurait pu contredire les accusations incessantes de Patrice Talon à son endroit s’il s’exprimait, comme il l’a fait, sur les dossiers du pays. Et, tout Béninois de bonne foi, ayant suivi le débat de bout en bout, peut conclure qu’il s’agit d’une véritable intoxication lorsqu’on dit que le candidat du ’’Bénin gagnant’’ ne connaît pas son second pays. Par ailleurs, un autre avantage de la force des propositions de Lionel Zinsou pour le Bénin concerne un ancrage clair sur ses priorités s’il était élu, le 20 mars prochain : la pauvreté, la sous-nutrition, le chômage des jeunes, l’électricité ; il s’inscrit donc dans une logique d’urgence sociale. Il ne louvoiera donc pas, s’enfonçant dans des réformes politiques, au risque de s’attaquer à des moulins à vent. Il est donc le vainqueur de ce débat télévisé. Chacun, dans le peuple, selon ses besoins, saura choisir celui qu’il pense pouvoir être son Président, pendant les 5 prochaines années.    


Marcel Kpogodo

lundi 14 mars 2016

Les suffrages par candidat publiés par la Cour constitutionnelle

Dans son audience du dimanche 13 mars 2016


La fin d'après-midi du dimanche 13 mars 2016 a permis à la Cour constitutionnelle de procéder à la proclamation des résultats liés au 1er tour de l'élection présidentielle du 6 mars dernier. Il ressort une confirmation des grandes tendances livrées précédemment par la Commission électorale nationale autonome (Céna), mettant, inévitablement, Lionel Zinsou et Patrice Talon, arrivés, respectivement, en 1ère et 2ème position, en duel, à un second tour, prévu pour le 20 mars 2016.

Théodore Holo

Suffrages obtenus par les candidats : 

1- Monsieur Lionel Alain Louis ZINSOU-DERLIN : 858 080
2- Monsieur Patrice Athanase Guillaume TALON : 746 528
3- Monsieur Sébastien Germain Marie Aïkoué AJAVON : 693 084
4- Monsieur Abdoulaye BIO TCHANE : 262 389
5- Monsieur Makandjou Pascal Jean Irénée KOUPAKI : 177 251
6- Monsieur Robert GBIAN : 46 634
7- Monsieur Fernand Marcel AMOUSSOU : 35 390
8- Monsieur Salifou ISSA : 30 855
9- Monsieur Natondé AKE : 26 501
10- Monsieur Nassirou BAKO ARIFARI : 19 012
11- Monsieur Mohamed Taofick Atao HINNOUHO : 12 441
12- Monsieur Saliou YOUSSAO ABOUDOU : 12 215
13- Monsieur Bertin KOOVI : 11 292
14- Monsieur M. D. Richard A. Marcellin SENOU : 8 123
15- Monsieur Karimou CHABI SIKA : 7 351
16- Monsieur Zulkifl Olayinka SALAMI : 6 782
17- Madame Elisabeth AGBOSSAGA : 5 802
18- Monsieur Issifou KOGUI N’DOURO : 5 130
19- Monsieur Zacharie Cyriaque GOUDALI : 4 998
20- Monsieur Kamarou FASSASSI : 4 820
21- Monsieur Gabriel Laurex Ayivi AJAVON : 4 371
22- Monsieur Marcel Alain Arsène de SOUZA : 4 247
23- Monsieur Azizou EL HADJ ISSA : 4 143
24- Monsieur Omer Rustique GUEZO : 3 999
25- Monsieur Cossi Jean-Alexandre HOUNTONDJI : 3 893
26- Monsieur Daniel EDAH : 3 694
27- Madame Akuavi Marie Elise Christiana GBEDO : 3 597
28- Monsieur Christian Enock LAGNIDE : 3 391
29- Monsieur Issa BADAROU-SOULE : 3 380
30- Monsieur Simon Pierre ADOVELANDE : 2 858
31- Monsieur Moudjaïdou SOUMANOU ISSOUFOU : 2 648
32- Monsieur Gatien HOUNGBEDJI : 2 287
33- Monsieur Kessilé TCHALA SARE : 1 272


Marcel Kpogodo

jeudi 10 mars 2016

Les 28 membres du nouveau Gouvernement du Président Boni Yayi

A moins d'un mois de son départ du pouvoir

Le Président Boni Yayi vient de procéder à un toilettage de son Gouvernement, à moins d'un mois de la fin de son régime, ce qui permet de constater 5 départs : Palcide Azandé, Pascal Dossou Togbé, Nadine Dako Tamadaho, Kombiéni Pocoun Damé et Honorine Attikpa. Et, la nouvelle équipe connaît 6 entrées : Toussaint Adjéhounou, Frédéric Dohou, Aziz Brisso Yarou, Clarisse Amoussou, Antoien Domah et Valentin Sokpin.

Boni Yayi

Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement : Boni Yayi

Premier ministre chargé du Développement économique, de l’évaluation des politiques publiques et de la promotion de la bonne gouvernance : Lionel Zinsou

Vice-premier ministre chargé de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique : François Abiola


Ministre d’Etat chargé de l’Enseignement secondaire, de la formation technique et professionnelle, de la reconversion et de l’insertion des jeunes : Alassane Soumanou

Ministère d’Etat chargé de l’Economie, des finances et des programmes de dénationalisation : Komi Koutché


Ministre d’Etat à la Présidence de la République chargé de la Coordination des politiques de mise en œuvre des Objectifs du millénaire pour le développement, des Objectifs de développement durable et des grands travaux : Fulbert Amoussouga-Géro


Ministre d’Etat chargé de la Défense nationale : Théophile Yarou


Ministre d’Etat chargé du Travail, de la fonction publique, de la réforme administrative et institutionnelle : Aboubakar Yaya

Ministère d’Etat chargé des Travaux publics et des transports : Gustave Dépo Sonon


Ministère de l’Intérieur, de la sécurité publique et des cultes : Toussaint Adjéhounou

Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, de la législation et des droits de l’homme : Evelyne da Sylva, épouse Ahouanto

Ministère des Enseignements maternel et primaire : Eléonore Ladékan


Ministre des Affaire étrangères, de l’intégration africaine, de la francophonie et des Béninois de l’extérieur : Saliou Akadiri

Ministre de la Santé : Antoine Domah

Ministre de l’Agriculture, de l’élevage et la pêche : Rufin Orou Nan Nansounon

Ministre de l’Environnement chargé de la gestion des changements climatiques, du reboisement et de la protection des ressources naturelles et forestières : Théophile C. Worou

Ministre de l’Urbanisme, de l’habitat et de l’assainissement : Noël Fonton

Ministre de l’Energie, des recherches pétrolières et minières, et du développement des énergies renouvelables : Spéro Mensah

Ministre de la Culture, de l’alphabétisation, de l’artisanat et du tourisme : Paul Hounkpè

Ministre de la Communication, des technologies de l’information et de la communication et de l’économie numérique : Etienne Kossi

Ministre chargé de la Microfinance : Valentin Sokpin

Ministre de la Jeunesse, des sports et des loisirs : Safiou Idrissou Affo

Ministre de l’Industrie et du commerce : Frédéric Dohou

Ministre chargé de l’emploi des jeunes, des petites et moyennes entreprises : Aziz Brisso Yarou

Ministre de la Famille, des affaires sociales, de la solidarité nationale, des handicapés et des personnes de 3ème âge : Clarisse Amoussou

Ministre de la Décentralisation, de la gouvernance locale, de l’administration et de l’aménagement du territoire : Véronique Brun Hachémè

Ministre chargé des Relations avec les institutions : Thomas Yombo

Ministre de l’Economie maritime et des infrastructures portuaires : Patrick Yérima

Ministre de l’Eau : Christine Gbédji Vyaho



Marcel Kpogodo