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jeudi 16 avril 2026

Les sept piliers de travail, attendus de Romuald Wadagni

Dans le cadre de la tribune publiée par Roland Riboux, président du Cipb


Romuald Wadagni a été élu président de la République du Bénin. Il a réalisé un score de 94,27% des voix. Il exercera son mandat pour le septennat, 2026-2033. Ces informations relèvent des résultats provisoires de l'élection présidentielle au Bénin. Ils ont été proclamés par la Cour constitutionnelle, le jeudi 16 avril 2026. Bien avant cet événement, le lundi 13 avril, la Commission électorale nationale autonome (Céna) avait rendu publiques les grandes tendances du scrutin présidentiel. Au lendemain de cette publication, Roland Riboux, président du Conseil des Investisseurs privés au Bénin (Cipb), a fait paraître une tribune. Elle est intitulée « Le Bénin en route vers ''Alafia'' 2060 ». Explications à l'appui, elle présente les sept piliers de leviers. S'ils suscitaient l'intérêt du chef de l'Etat élu, ces défis, relevés, devraient présenter un Bénin davantage proche du développement.

Ci-dessous, l'intégralité de la tribune de Roland Riboux ...



« Le Bénin en route vers ''Alafia'' 2060 »


Roland Riboux, président du Cipb


Introduction

Le peuple béninois vient de voter. Nous allons avoir un nouveau Président pour les sept prochaines années, avec toutes les chances d’une prolongation pour sept années supplémentaires.

Quatorze ans pour mettre le Bénin sur la rampe de lancement du Bénin 2060 promis pour être « un monde de splendeur », un pays de paix, de bonne gouvernance, de prospérité, de rayonnement et de bien-être commun.

Nous venons de passer dix années intenses au cours desquelles le pays s’est couvert d’infrastructures, de sites inspirants, cependant qu’il adoptait les standards internationaux les plus exigeants.

Malgré cela, le Bénin reste un marché modeste aux yeux des investisseurs internationaux, avec quinze millions d’habitants dotés d’un pouvoir d’achat limité. L’économie est largement dépendante de la commande publique et une partie du PIB est générée grâce à l’endettement international.

Les investisseurs étrangers envisageant d’investir en Afrique de l’Ouest peuvent lui préférer la Côte d’Ivoire et le Nigéria.

Au sein même du phare de notre économie, la zone industrielle de Glo Djigbé, l’usine textile et les usines de décorticage de noix de cajou doivent faire face à la rude concurrence des usines, depuis longtemps amorties, respectivement du Bangladesh et du Vietnam.

Enfin, comment ne pas noter le gouffre qui existe entre les populations des villes, branchées sur internet et celle des villages où beaucoup ne maitrisent pas le français et n’arrivent pas à lire, même dans leur langue maternelle.

Pourtant la taille réduite de la population ne devrait pas être un obstacle : que l’on pense à la Suisse avec ses neuf millions d’habitants, grande puissance industrielle européenne !

Comment peut-on lancer le Bénin sur la voie de la prospérité et atteindre les objectifs qualitatifs énumérés par Alafia 2060 ?

Nous avons besoin pour cela d’une croissance à deux chiffres qui ne soit pas provoquée par la continuation d’un endettement de l’Etat qui, à terme, plomberait la croissance.

L’idée de cette tribune est de proposer que le relais soit pris par les opérateurs économiques, par une multitude d’initiatives de petits opérateurs économiques suscitant des progrès minuscules qui feront boule de neige.

Examinons une par une les différentes actions nous permettant d’atteindre ce résultat.



La malnutrition infantile


Aujourd’hui, un tiers des nourrissons ne reçoivent pas, dans les mille premiers jours suivant la conception, les nutriments dont ils ont besoin pour une croissance normale. Ce manque les suivra toute leur vie avec un handicap en matière de développement cognitif et de résistance aux maladies. Ce sujet a déjà été évoqué lors de la Conférence Internationale sur la Nutrition, organisée sous le parrainage du chef de l’Etat, les 27 et 28 septembre 2025, dont le suivi a été confié à l’Agence Nationale de l’Alimentation et de la Nutrition (ANAN).

Nous préconisons la création de jardins communaux dans les villages, gérés par les femmes, pour l’élevage de poules pondeuses et de poissons, ainsi que la culture de différentes plantes et autres légumes riches en nutriments.



L’analphabétisme


Celui-ci frappe encore 50 % de la population. L’analphabétisme doit être éradiqué comme cela a été réalisé à Cuba ou en Iran.

Cuba dispose d’une méthode "Yo si puedo" déjà transposée en français et qui pourrait être appliquée dans notre pays, y compris avec une transposition dans les différentes langues régionales.

Cette mesure, comme celle concernant la malnutrition infantile, devrait être mise en œuvre dès le premier septennat et parachevée lors du second.

Ces deux mesures devraient permettre de faire rentrer dans la vie économique des pans de la population qui en sont exclus de fait ou y participent peu.



Le paiement à bonne date des créances de l’Etat


Les dettes de l’Etat à l’égard de ses fournisseurs constituent une sorte de « shadow banking » : il arrive que l’Etat et ses démembrements mettent un an, voire deux, à régler leurs fournisseurs, lesquels doivent se retourner vers le système bancaire pour survivre à ces situations. En clair, ils accordent à l’Etat un crédit fournisseur à 0 %, cependant qu’eux-mêmes s’endettent à 8 ou 9 %, parfois plus, auprès des banques. Bien évidemment, ces fournisseurs, pour assurer leur survie, ont gonflé leurs offres de 20 ou 30 % ; ceux qui ne l’ont pas fait tombent en faillite.

Ce système est fondamentalement malsain et il doit être arrêté dans l’intérêt de tous.

La méthode ? Créer une base de données centralisée permettant de tracer chaque marché de l’Etat en précisant la date d’émission de la facture définitive ou du relevé ; classer en anomalie toute délivrance d’attestation de service fait ou de produit livré supérieur à 30 jours ; puis classer en anomalie tout règlement qui n’aurait pas été effectué dans les 30 jours qui suivent la délivrance de l’attestation.

Il sera certainement nécessaire de créer un mécanisme pour s’assurer que les fonds sont disponibles pour financer chaque activité prévue au budget de l’Etat et de ses démembrements. Un effet vertueux de cette réforme serait que des appels d’offre se feraient à des prix moins élevés dès l’instant où les entreprises privées sauraient qu’elles vont être réglées rapidement.

Sans cette réforme, il n’y aura guère de possibilités de croissance saine des opérateurs économiques tournés vers l’Etat.



L’énergie


Les opérateurs économiques paient leur électricité très cher par rapport à la concurrence internationale, de la Côte d’Ivoire à la Chine.

Développer l’énergie hydroélectrique est une très bonne idée : il faut espérer que le projet Dogo bis sur l’Ouémé soit bientôt lancé.

Bien plus prometteuse est l’option de l’énergie nucléaire, en particulier les mini-centrales nucléaires. Déjà l’Afrique du Sud, le Ruanda et le Cap-Vert se sont lancés dans l’aventure. Il est probable que, dans quatorze ans, l’Afrique de l’Ouest sera parsemée de telles centrales. Nous devons nous y préparer et dès maintenant prévoir une chaire du nucléaire à l’Université Technologique de Ouidah et nous mettre en chasse d’un bon programme PPP avec un grand opérateur fiable.

Une énergie bon marché, stable et sous notre contrôle est indispensable pour l’épanouissement d’un secteur privé industriel béninois solide.



Education civique et morale + éducation à la vie économique


La population adulte béninoise souffre d’un déficit de civisme et d’une méconnaissance des mécanismes économiques.

On reprendrait les choses à la base en intégrant une demi-heure par jour d’éducation civique et morale à partir de l’école primaire. Le CIPB travaille actuellement avec un consultant sur un programme adapté de livres anciens datant d’au moins cent ans, donc de l’époque où c’était une matière fondamentale.

Par ailleurs on s’inspirera de l’ouvrage de l’Américain Thomas Sowell, ’’Basic economics’’, pour donner des éléments de base d’économie pendant tout le secondaire, voire le supérieur.

A l’endroit des populations adultes, le Bénin pourrait développer des séries télévisées imprimant dans l’esprit de nos compatriotes des réflexes civiques.



Le levier fiscal


Depuis dix ans, la Dgi (Direction générale des Impôts, Ndlr) a accompli un travail remarquable de chasse à la fuite devant l’impôt et à la fraude fiscale.

La Direction des impôts doit maintenant se réinventer, sans quoi la pression fiscale sur les entreprises évoluant dans le formel deviendra un frein à la croissance.

Un domaine non exploré est celui du cinéma, secteur qui n’existe pas réellement au Bénin. Pour attirer les grandes productions, l’Afrique du Sud ou le Maroc ont, à l’image de la Belgique avec son "tax shelter", largement défiscalisé ce secteur, créant ainsi de nombreux emplois et du chiffre d’affaires pour les fournisseurs de services chaque fois qu’une production est lancée. Nous avons tout intérêt à adopter ces pratiques fiscales.

L’impôt sur les sociétés est un autre domaine dans lequel certains états se font remarquer, tels que Hong-Kong, Singapour, l’Estonie où le taux est à 15 %. On observe généralement que, lors du passage à ce taux moins élevé, il n’y a pas de perte de recette totale, car des opérateurs économiques vivant dans l’informel préfèrent alors se formaliser à un faible coût plutôt que de vivre dans l’insécurité. Par ailleurs, ce serait un produit d’appel vis-à-vis des investisseurs internationaux qui y verraient un important élément de différenciation avec les autres options de la sous-région.

Bien entendu, l’informel et la fraude n’ont pas disparu. Il serait intéressant d’avoir des relations de travail et d’échanges avec des responsables de la fiscalité dans des pays tels que le Ghana ou l’Inde.



L’enseignement professionnel


Depuis dix ans, la promotion de l’enseignement professionnel a fait partie des préoccupations du Gouvernement en particulier l’enseignement agricole.

Il conviendrait de continuer dans cette lancée et de promouvoir l’éducation duale comme en Suisse où 80 % des élèves du secondaire n’iront pas vers le baccalauréat classique mais vers une formation professionnelle couplée à l’apprentissage.



Conclusion


Le nouveau Président a déclaré que son septennat serait social.

En paraphrasant le proverbe chinois, nous espérons que, plutôt que de nous donner des poissons, il nous apprendra à en pêcher.

Sous le Président Patrice Talon, l’Etat a eu la prééminence par rapport aux opérateurs économiques, grâce à quoi nous avons désormais un socle d’infrastructures matérielles et immatérielles sur lequel nous pouvons nous appuyer.

Nous souhaitons que, sous la nouvelle Présidence, les opérateurs économiques, créateurs de richesses, aient la prééminence, bien entendu sous la gouvernance de l’Etat.

Si cette stratégie réussit, nous ne serons rien de moins qu’un modèle de développement pour toute l’Afrique subsaharienne.


Roland Riboux

Président du Conseil des Investisseurs privés au Bénin (Cipb) 

lundi 6 avril 2026

Sybille au vent du wadagnisme

Dans le cadre de l'élection présidentielle du 12 avril au Bénin


Ainsi qu’il est connu de l’opinion nationale et internationale depuis le 31 août 2025, Romuald Wadagni est aux couleurs de la mouvance à la présidentielle béninoise du 12 avril 2026.


Telle Sybille, je le vois dans son étole à soutenir pour un Bénin de palombes, cette cité d’où fuseront davantage le miel et le lait à force de labeur, d’intégrité et d’utile vision. Et j’associe ce statut du personnage au wadagnisme, dont les tenants, je m’en doute, s’attèlent à la tâche par vive conviction et intime inféodation, pour une victoire glorieuse à célébrer au nom du droit à l’élucubration collective aux résultats du scrutin.



Selon Nicéphore Dieudonné Soglo, Romuald Wadagni est « une chance pour le Bénin » 



Car le wadagnisme s’avère par essence victorieux, triomphe par orthodoxie énergisante, labeur à la force silencieuse pure, vaillante vision pour un Bénin radieux. Et ce sera beau d’entendre ses timbales tinter et ses voix festoyer aux liesses populaires au lendemain des urnes.



En phase avec l’air du temps


Concevant le wadagnisme comme un talonisme aux poils populistes velus, je ne pourrais qu’être de ses tenants thuriféraires, attendu son profil de vaillant cheval gagnant, cet éperon au parcours sain et saint, ce cursus pur et juste, ce mage de l’immaculé manoir dont cille d’ores et déjà la béate étoile. Je ne pourrais qu’y figurer, m’apprêtant pour l’ovation de la victoire qu’on dira légitime, parce que méritée.


Un pays n’est pas un village dont le délégué pourrait surgir d’une soue, mais une cité dont le palais, par nécessité, devrait saillir du sérieux sérail, préfiguré, figuré, ritualisé et solennisé. Justement, n’est pas vizir qui veut mais qui peut. Je veux deviser que le choix de Wadagni tient à de nobles considérations que pourraient cerner seules les âmes averties.


         En vérité, de tous les potentiels candidats à la présidentielle de 2026 au Bénin, aussi bien à la mouvance qu’ailleurs, Wadagni est du gabarit managérial le plus en phase avec l’air du temps. Non pas que les autres prétendants ne sont pas de cet étalon, mais que l’argentier national en est plus coté, plus corsé, aurifié au feu de son parcours et de son action ! D’État, le portefeuille de l’Économie, des Finances et de la Coopération est plus lourd que les rênes d’un parti politique ou d’un consortium, quels qu’ils soient.

Oh ! Bien lourdissime que le Bénin, « petit pays lourd à porter ».



Apte à colimaçonner jusqu’au faîtage de l’État


Le fondateur d’ ’’Alternative citoyenne’’ aurait eu le vent en poupe, si l’impétrant de la Harvard business school n’avait pas existé et qu’il n’aurait pas fallu l’inventer pour une élection aux enjeux majeurs. Signe de révérence royale, les mots de Romuald Wadagni à son endroit fument la vertu au sens noble du terme. Et rendre justice au maître des ’’mercredis rouges’’ est de droit à mon sens : « Vous avez toujours su faire preuve d’un sens inégalé de l’intérêt général. Esprit lumineux, intellectuel généreux, vous incarnez pour nous le sens du dévouement au service de la nation et de la justice, le sens du sacrifice et du renoncement personnel au profit de l’intérêt général. Votre contribution restera gravée dans l’histoire de notre pays ». 


À Joseph Fifamin Djogbénou, les rhapsodes de la liberté sauront gré de ses vagues rouges desquelles fluait la contestation contre le yayisme, au temps où Talon honorait son exil hexagonal sans que le pouvoir d’alors ne sût qu’il lui succèderait d’un gracieux sceptre. C’est qu’on ne devient pas roi, on l’est depuis le ventre de sa mère. Toute chose insinuant que le trône procède de la destinée, couvant un jour aux yeux du monde borgne-abasourdi. Cette céleste vérité, la victoire de Talon à la présidentielle de 2016 me l’aura enseignée, offrant du ferment à mon entendement d’analyste désormais imbu de ce que rien ne survient au hasard, tout est d’avance annoncé, les morts comme les naissances, les drames comme les merveilles, les défaites comme les victoires, les nuits comme les soleils, le reste n’étant que cécité chez ceux s’abstenant à cerner les lignes du vent.


Aux ailes de la destinée, devrais-je le deviser, Wadagni s’est machinisé sans tambour ni trompette au gouvernement talonien qu’il a servi avec dévouement et dévotion depuis 2016. On l’y a vu s’atteler à la tâche, apte à colimaçonner jusqu’au faîtage de l’État. Non sans son mentor et sa motrice dont les suites pour le pays enchantent plus d’un. Non sans son étalon, vu que le gabarit vaut son pesant d’or aux urnes. Même Hercule qualifia son choix de judicieux, estimant qu’il est « une chance pour le Bénin ».


L’histoire retient que Nicéphore Dieudonné Soglo doit son élection au poste de Premier ministre de la transition à sa qualité psychotonique d’ancien administrateur de la Banque mondiale, comme Boni Yayi dont les titres euphorisants de président de la Boad et de Docteur en Economie lui ont valu le sommet de l’État en 2006. On n’oublierait d’ailleurs pas que le docteur-président eut missionné l’ancien patron du Pai partners pour lui succéder en 2016, la quête du meilleur punch l’y obligeant pour les besoins de la cause, quand bien même sa manœuvre n’aurait pas prospéré.



Wadagni, le dindon olympien


L’opposition n’étant pas idéologiquement aux antipodes de la mouvance chez nous, et la mouvance ne s’opposant pas idéellement à l’opposition, je nous vois aller raisonnablement au wadagnisme. Pourquoi pas ? À l’évidence, l’intérêt général gagnerait à son triomphe.


Ma foi, qu’aurait à revendre un candidat à une présidentielle s’il est un moucheron rampant plutôt qu’un dindon olympien ? Qu’aurait-il à y vendre ? Qu’aurait-il à y vanter ? Ah ! qu’il ne serait qu’une percutante vacuité, faute de gabarit royalisant ! Oui, tel le peuple, l’électeur ne succombe qu’au bel étalon valant à ses cils lucides. Il en est ainsi et en sera de même à travers l’histoire. Oui ! L’étalon catalyse la victoire ! « Alea jacta est » !

Innocent Sossavi

jeudi 23 novembre 2017

Les avocats de Laurent Mètongnon démontent le Gouvernement, les policiers enquêteurs et la justice

Dans le cadre d’un point de presse qu’ils ont tenu à Cotonou

Trois des avocats de Laurent Mètongnon ont animé un point de presse à la Bourse du travail de Cotonou, dans la matinée du mercredi 22 novembre 2017, pour se prononcer sur l’évolution de la procédure judiciaire ayant conduit à renouveler la garde-à-vue du syndicaliste. Il ressort de leurs propos que se trouvent fautives toutes les instances impliquées dans la conduite de cette situation de privation de liberté.

De gauche à droite, Amos Akondé, Aboubakar Baparapé et Alfred Bocovo, avocats de Laurent Mètongnon
« Ce dossier est vide, complètement vide ! En principe, la détention de Laurent Mètongnon ne se justifie plus », a martelé Maître Aboubakar Baparapé, l’un des avocats de l’ancien Président du Conseil d’administration de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss), au cours du point de presse qui s’est tenu à la Bourse du travail, à Cotonou, le mercredi 21 novembre 2017, cette personnalité qui a vivement dénoncé les comportements respectifs du Gouvernement, de la police et de la justice, dans le traitement de l’affaire.
Selon cet avocat, la présentation faite devant les journalistes avait deux objectifs : d’une part, « couper court aux rumeurs pernicieuses et fallacieuses les plus folles » sur le dossier ’’Bibe-Cnss’’, dans le cadre du renouvellement de la garde-à-vue de Laurent Mètongnon, pour une durée de quarante-huit heures, dans le début de la soirée du mardi 21 novembre. D’autre part, les animateurs du  point de presse se sont donné le devoir d’éclairer le public sur la procédure permettant la détention de Laurent Mètongnon, sans intervenir sur le fond de l’affaire, vu que cette procédure suit son cours.
En outre, la première institution qu’a dénoncée Aboubacar Baparapé est le Gouvernement. En effet, selon lui, en se fondant sur un rapport d’enquête de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) et sur un autre émanant de l’Inspection générale des finances (Igf), l’Exécutif a lancé les hostilités contre Laurent Mètongnon en le condamnant sans l’avoir jamais écouté, vu que le communiqué du Conseil des Ministres du 2 novembre 2017, faisant état de la situation à la Cnss, lui a reproché d’avoir mis en danger cette institution, de même que la vie des retraités, en mettant en Dépôt à terme à la Banque internationale du Bénin (Bibe), en faillite, à l’époque, plus de 17 milliards de Francs de la Cnss, dans le but d’encaisser des rétro-commissions d’une valeur de 71 millions. Ces faits ont amené, pour l’intervenant, le Gouvernement Talon à instruire le Ministre de la Justice pour lancer des poursuites judiciaires contre les mis en cause, dans le but de faire la lumière sur cette affaire. Ainsi, le Procureur de la République a alerté la Brigade économique et financière (Bef) pour des enquêtes idoines, ce qui a occasionné la « mise en marche du rouleau compresseur » contre Laurent Mètongnon et a conduit à ce que cette Brigade écoute Dramane Diatéma, l’actuel Dg de la Cnss, qui a montré qu’un autre Dat de quatre milliards a été fait, sous sa houlette, à la Cnss, une initiative qu’a confirmée l’actuel Ministre des Finances, Romuald Wadagni. Et, de son côté, Laurent Mètongnon a reçu, dans la soirée du jeudi 16 novembre, une convocation de la Bef, le siège d’une structure à laquelle il s’est présenté le vendredi 17 novembre, à 9h30, alors qu’il y avait été appelé pour 10h. Puis, après une heure d’audition, il y a été maintenu jusqu’à tard dans la nuit pour une confrontation avec un ancien Dg de la Cnss, qui a affirmé avoir fait envoyer, à l’époque des faits, à Laurent Mètongnon, par un commissionnaire, une somme de 2 millions 500 mille francs répartis en quatre tranches, la dernière étant de 500 mille francs, un montant auquel a été adjoint un pack de champagne d’une valeur de 130 mille francs. Donc, il ne s’agit plus d’une rétro-commission de 71 millions. Par ailleurs, l’intermédiaire indiqué a aussi été questionné par les policiers et a radicalement nié les faits qui lui ont été attribués. « A cette étape, le débat est clos sur ces accusations portées par le Conseil des Ministres ! », a enfoncé l’avocat Aboubakar Baparapé selon qui Laurent Mètongnon devrait avoir été mis en liberté puisqu’il « offre des garanties suffisantes de représentation ».

De gauche à droite, Thérèse Wahounwa, Jean Kokou Zounon et Eugène Azatassou, leaders du Fsp, présents au point de presse
De plus, à en croire l’homme de loi, le Gouvernement s’est trompé dans ses analyses, vu que, depuis 2013, la Bibe n’était plus en difficultés financières, parce que, a ajouté Maître Amos Akondé, confirmant la sortie de crise de cette banque, trois arrêtés avaient été pris par le Ministre des Finances en exercice, à cette époque, pour, respectivement, mettre fin à l’administration provisoire de la Bibe, de même qu’aux fonctions de l’Administrateur provisoire, puis pour nommer un Directeur général intérimaire.


Du traitement infligé à Laurent Mètongnon

Pour Me Aboubakar Baparapé, après avoir été confronté à l’intermédiaire qui a nié lui avoir transmis les différents dons de l’ex-Dg de la Cnss, Laurent Mètongnon devrait recouvrer sa liberté après 48h de garde-à-vue, ce qui n’a pas été fait. Plutôt, le dimanche 19 novembre, son domicile a été perquisitionné en présence de deux de ses avocats avec, à la clé, une saisie de plusieurs de ses documents personnels, et leur mise sous scellé, après un point contradictoire. Pire, le mardi 21 novembre 2017, dans les environs de 18h, sa garde-à-vue a été prolongée de 48h, après sa présentation au Procureur de la République, alors que « selon la loi, si rien n’est reproché à quelqu’un, sa détention n’est plus nécessaire à la manifestation de la vérité », a réitéré l’avocat qui pense que le Procureur veut user de sa prérogative lui permettant de retenir un prévenu pour une durée de huit jours.
Abordant un autre aspect de la question, le conférencier a dénoncé une garde-à-vue « non douce ni tranquille » marquée par « des mesures restrictives attentatoires aux droits de la défense » par les policiers enquêteurs. Selon lui, au lendemain de la perquisition de son domicile, Me Lionel Agbo, l’un de ses avocats, n’a pu rencontrer Laurent Mètongnon, étant donné que « des instructions fermes ont été données pour que plus personne, même ses avocats, ne puisse entrer en contact avec lui », en dehors de son épouse, précise-t-il, surtout que, en début d’après-midi, ce lundi 20 novembre, lui-même, à l’Ocertid, s’est heurté à la résistance des policiers dans sa volonté de rencontrer son client, ceux-ci ayant argué des instructions imposant une autorisation préalable de la Bef et de la Direction générale de la police nationale (Dgpn) pour rencontrer Laurent Mètongnon, « une violation des droits de la défense, garantis par la Constitution », s’est indigné l’avocat. Et, ce sont de vives protestions de ses conseils, qui ont amené à l’assouplissement de ces mesures par le Procureur. Ainsi, il y a eu « la restauration des droits » de son client, ce dont Aboubakar Baparapé a félicité cette autorité judiciaire.


Ingérences politiques

De son côté, Me Alfred Bocovo, le troisième avocat de Laurent Mètongnon, présent au point de presse, a dénoncé un biais de la police ; selon lui, celle-ci a refusé d’organiser une confrontation entre le commissionnaire de l’ex-Dg/Cnss et Laurent Mètongnon, ce qui est la preuve que le dossier est vide. Tout en dénonçant « l’utilisation abusive de la garde-à-vue » par le Procureur, il s’est fendu en d’autres propos de stigmatisation : « Il suffit d’une simple accusation contre quelqu’un pour le faire garder, ce qui est grave pour la démocratie », avant de continuer par la dénonciation des « rapports incestueux » entre la justice et les hommes politiques avec une conséquence intolérable : « Maintenir les citoyens dans la hantise prolongée de la détention ». Il a appelé, pour clore son propos, à l’impartialité de la justice.


Marcel Kpogodo  

mardi 14 novembre 2017

Les clarifications du Pcb qui clouent le bec aux détracteurs de Laurent Mètongnon

Dans le cadre d'un point de presse qui s'est tenu à Cotonou

Le vendredi 10 novembre 2017 a été organisé un point de presse, à l'initiative du Parti communiste du Bénin (Pcb) dont le Premier secrétaire, Philippe Noudjènoumè, a remis les pendules à l'heure concernant les accusations portées contre Laurent Mètongnon, visant à faire croire qu'il s'est mis au centre d'actes de mauvais placements et de corruption, alors qu'il était Président du Conseil d'Administration de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss). C'était à travers une grande Déclaration.

Philippe Noudjènoumè

Intégralité de la Déclaration de Philippe Noudjènoumè


PARTI COMMUNISTE DU BENIN (PCB)
01 B.P. 2582 Recette Principale Cotonou (Rép. du Bénin)
Tél. : 21 30 03 22/97 98 35 65 – Site : www.la-flamme.org


POINT DE PRESSE
Cotonou, le 10 Novembre 2017
A PROPOS DE L’AFFAIRE DITE CNSS/ METONGNON Laurent

Thème :
A PROPOS DE LA PROVOCATION DU GOUVERNEMENT DANS L’AFFAIRE DITE CNSS/ METONGNON Laurent
            Par Philippe NOUDJENOUME, 1er Secrétaire du PCB
Mesdames et Messieurs, Chers camarades, Chers amis de la presse,
Depuis quelques jours, l’actualité est occupée par l’affaire dite CNSS/Métongnon Laurent. Je ne pense pas exagérer en déclarant que c’est aujourd’hui l’affaire du jour.  Et, comme on sait sous les cieux de la « Rupture » avec des articles « copier-coller » les mêmes titres toujours accusateurs s’affichent à la Une de maints journaux de la place avec la sentence déjà prononcée.
I-         Dans quel contexte politico-social le gouvernement met en avant la présente affaire ?
Depuis plusieurs mois, le gouvernement de Talon est dans une impasse totale. Impasse économique avec le Pag en panne et l’acharnement contre les opérateurs économiques nationaux afin de faire place nette à la consolidation et l’extension de l’empire économique et financier du Chef de l’Etat et de son clan. Impasse sociale avec l’aggravation de la misère et de la faim provoquant de nombreux mouvements de grèves et de manifestations de travailleurs ; l’ensemble des centrales syndicales ont organisé une grande marche le 20 octobre indiquant la duperie d’un dialogue social également en panne. Perte de crédibilité voire de légitimité avec la dénonciation du népotisme, du pillage du pays avec des contrats gré à gré par le Chef de l’Etat et le clan autour de lui, de même que les atteintes grossières aux libertés avec des méthodes nouvelles comme le brouillage de radios non conformistes. Impasse diplomatique avec l’humiliation du pays sur la scène internationale. Impasse politique avec l’exigence de plus en plus large des Etats généraux prônés par le Front pour le Sursaut Patriotique. Les luttes de ce Front ont vaincu les tentatives de répression des manifestations par le pouvoir et son chien de garde TOBOULA. Ainsi après avoir imposé la marche du 22 juin 2017, le FSP après son meeting géant du 13 octobre avec les députés de la minorité, organisait une marche pour le 03 novembre 2017. Ces manifestations emportent et soulignent les aspirations du peuple à une nouvelle gouvernance.
Et Laurent METONGNON est un acteur de proue tant dans le mouvement syndical, le mouvement pour la bonne gouvernance, et du FSP. Il est de ceux qui, dès le départ, ont sonné l’alerte contre un gouvernement avec des pilleurs bien connus ; il a fait la critique sérieuse et nette du premier projet de budget du pouvoir de Talon dont on connait aujourd’hui le sort avec sa réduction en catimini de plus du tiers ; il a fait la critique des marchés gré à gré montrant la gloutonnerie du pouvoir actuel. Voilà en bref le contexte dans lequel cette affaire est soulevée.
Notre point de presse de ce jour ne vise pas à soustraire un militant des poursuites judiciaires, mais à dénoncer et à combattre l’arbitraire et la provocation.
II-        Quelle est l’accusation formulée à l’encontre du camarade Métongnon Laurent ?
A la surprise générale, le Conseil des ministres en sa session du 2 Novembre 2017 entre autres points a retenu ceci « Rapport de vérification de versement de commissions occultes à des dirigeants de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS). Du 13 juin au 1er juillet 2016, la BIBE a fait l’objet d’une mission de vérification globale de la Commission Bancaire de l’Union Monétaire Ouest-africaine (UMOA). Les résultats de cette vérification ont révélé que des dirigeants de la CNSS ont souscrit à des dépôts à termes (DAT) auprès de la BIBE contre le versement de commissions à leur profit. Saisie du dossier l’Inspection Générale des Finances a procédé à des investigations complémentaires dont les conclusions se présentent comme suit : à partir de 2008, la BIBE s’est trouvée confrontée à des difficultés qui ont amené la Commission bancaire de de l’UMOA à décider le 13 décembre 2011 du retrait de son agrément. Les autorités compétentes béninoises ont cependant obtenu du Conseil des Ministres de l’UMOA en 2012 de placer l’établissement sous administration provisoire tout en lui conservant l’agrément- En dépit de de cette situation, le Directeur Général de la CNSS au moment des faits a décidé en complicité avec le Conseil d’administration de la structure de souscrire ou de maintenir auprès de la BIBE ses dépôts à terme- au total sur la période d’avril 2014 à octobre 2015, plus de dix-sept milliards cinq cent millions ont été placés auprès de ladite banque en difficulté… Il s’est avéré que cette décision a été prise contre le versement d’un montant de soixante-onze millions neuf cent quatre-vingt-quatorze mille sept cent trente-sept CFA au profit des dirigeants de la CNSS…Ces situations mettent en évidence l’intention malveillante des dirigeants concernés qui n’ont pas hésité à exposer les ressources des travailleurs et des retraités...En appréciant le compte rendu le Conseil des Ministres a instruit le Garde des Sceaux à l’effet d’engager des poursuites judiciaires à l’encontre des dirigeants de la CNSS au moment des faits… Il s’agit notamment de Mr Mêtongnon Laurent Président du CA- Monsieur Célestin Ahonon DG et Moussa Jérémie Directeur financier » (Cf. La Nouvelle Tribune du 06 novembre 2017).
Dans la journée du 06 novembre le Ministre des finances, Romuald Wadagni et le Directeur Général de la CNSS, Dramane DIATEMA sont montés au créneau pour pourfendre cette fois les coupables. Pour le ministre Wadagni, « il n’est pas sérieux de mettre les fonds de retraite des travailleurs dans une banque en difficulté…Or le Conseil d’administration de la CNSS alors dirigé par Métongnon Laurent n’a pas hésité à y placer 16 milliards de francs CFA… La BIBE avait un retrait d’agrément et était sous administration provisoire. C’est un acte anormal de gestion que d’y verser l’argent des travailleurs… Qui a pris la décision de placer des fonds de la CNSS à la BIBE entre 2014 et 2015 ?... Autrement dit le Conseil d’administration et son Président ont la responsabilité dans la question des placements » (Le Matinal du 07 novembre 2017.). Quant au DG Diatéma il s’est évertué simplement à réfuter qu’il y ait 4 milliards de placement de la CNSS à la BIBE mais prise de participation au rachat de cette institution bancaire. Passons en revue ces arguments.
III-      Examen de ces argumentaires.
Il est pour le moins curieux que le Ministre des finances Romuald Wadagni, le même qui a introduit le dosser en conseil des ministres se trompe même sur le montant des placements. Le conseil des ministres parle de « plus de dix-sept milliards » ; alors que dans son show télévisé il donne le chiffre « de seize milliards ». Est-ce l’empressement de la condamnation de Laurent Métongnon ? Plus encore et c’est là que c’est pitoyable. Qu’est-ce qui oblige le ministre des finances à devoir intervenir sur un dossier dont on dit qu’il est désormais aux mains de la justice par le garde des sceaux ? Si ce n’est sur injonction du nouveau César, Patrice Talon ? et essayer de répondre aux nombreuses protestations populaires contre la décision gouvernementale ?
Je vais examiner les arguments en les rubriques suivantes :

1° Qui prend la décision de placement de l’argent de la CNSS ?
2°- Et au Conseil d’administration, comment se prennent les décisions ?
3°- Quelle est la situation de la BIBE au moment des placements dits à risque ?
4°-Quelles sont les preuves de la perception par Métongnon Laurent des rétro-commissions ?
Passons en revue ces rubriques
1°-Qui prend la décision de placement des sous dans les structures bancaires ?
Le ministre lui-même le dit. « L’organisation des opérations de placements exige que la Direction générale propose et le Conseil d’administration et son président valident ». Autrement dit c’est la Direction Générale qui a l’initiative de placement de l’argent dans les institutions bancaires. Pour faire une comparaison c’est comme dans le cas des emprunts publics ou même du budget, le rôle respectif du Gouvernement et de l’Assemblée nationale. C’est le gouvernement qui prend la décision de l’opération « d’accord de prêt » ou emprunt public et le soumet aux Députés pour autorisation de ratification. Nous sommes ici dans le même schéma. L’exécutif de la CNSS c’est la Direction Générale qui a l’initiative, autrement dit c’est le Directeur Général qui prend la décision de placement. Le rôle du Conseil d’administration est d’amender, de rejeter ou d’autoriser. La réponse au Ministre Wadagni à la question « Qui a pris la décision de placer des fonds de la CNSS à la BIBE entre 2014 et 2015 ? » est sans ambiguïté : C’est la Direction Générale.
2°-Au Conseil d’administration, comment se prennent les décisions ?
Au sein du Conseil d’administration, toutes les voix s’équivalent sans prépondérance de celle du Président. En examinant toutes les décisions d’autorisation de placement prises par le Conseil d’administration, on voit la signature de tous les administrateurs présents. Et pourquoi dans le cas d’espèce, on ne parle au sein du Conseil d’administration que de Métongnon Laurent et non des autres ? Pourquoi la décision du Conseil des Ministres ne mentionne que le Président du Conseil d’administration en omettant les autres membres qui ont tous, et dans tous les cas, apposé leurs signatures à toutes ces décisions ?
3°- Quel est la situation de la BIBE au moment des placements dits à risque ?
L’argument massue du pouvoir et des thuriféraires est que le Conseil d’administration a placé de l’argent dans une banque en faillite.
Voyons les choses.
En effet par décision n° 605/CB/C du 13 décembre 2011, la Commission bancaire de l’UMOA a retiré l’agrément de la BIBE et a nommé un liquidateur. Contre cette décision de la Commission bancaire, le ministre des finances du Bénin a fait un recours, recours qui a été examiné en conseil des ministres de l’UMOA et a donné lieu à une décision N° CM/UMOA/035/12/013 du 19 décembre 2013. Par arrêtés n° 1258- 1259-1260/MEF/DC/ SGM/DGTCP/DAMF/BMC/SP du 14 mai 2014, pris par le ministre des finances du Bénin, il a été mis fin à l’administration provisoire de la BIBE, à la fonction d’administrateur provisoire et portant nomination d’un Directeur Général par intérim de cette institution bancaire. Ce qui suppose que la banque retrouve son agrément d’exercice de la fonction bancaire.
De toutes les façons, la décision du conseil des ministres dit nettement « Les autorités compétentes béninoises ont cependant obtenu du Conseil des Ministres de l’UMOA en 2012 de placer l’établissement sous administration provisoire tout en lui conservant l’agrément ». Ce qui veut dire qu’à partir de 2012, la BIBE a recouvré son agrément.
Les placements à la BIBE des sous de la CNSS au titre de 2014 sont intervenus après la décision ministérielle de mai 2014 mettant fin à l’administration provisoire de l’institution bancaire et nomination par le gouvernement d’un DG par intérim. Les placements de l’année 2014 sont intervenus le 22 Septembre 2014. Les placements ultérieurs, ceux de 2015 répondent de la même logique. Il est donc faux d’affirmer comme il est fait maintenant que la CNSS a placé de l’argent dans une banque qui n’avait plus l’agrément. Et si elle bénéficie d’agrément, il est difficile de déclarer qu’elle est en faillite. L’article 2 de l’arrêté portant nomination du DG intérimaire dit que celui-ci a pour tâches de – « coordonner toutes les activités de la banque ». Peut-on exclure de ces « activités » de la banque la réception des placements ?
4°- Quelles sont les preuves de la perception par Métongnon Laurent des rétro-commissions ?
On a parlé de rétro-commissions de « soixante- onze millions neuf cent quatre-vingt-quatorze mille sept cent trente-sept CFA (71.994.737) au profit des dirigeants de la CNSS… ? Plusieurs questions se posent : Si rétro-commission il existe, qui en a été bénéficiaire ??  Sur le terrain du droit pénal, on sait que la preuve est un élément déclencheur de la poursuite.
Ce à quoi le ministre Wadagni s’empresse de répondre « Il faut savoir si un système de rétro-commission est payé en espèce, il est difficile d’exhiber une preuve palpable pour dire qu’une telle personne qui a perçu ». Alors de quoi parle –t-on ? On pourrait encore naviguer ici simplement sur la vague d’une simple présomption de culpabilité à l’endroit de la CNSS dans son ensemble et non du Président du Conseil d’administration.
Or de cette présomption de « rétro-commission » dont aurait bénéficié l’ensemble des organes dirigeants de la CNSS et dont on dit « qu’il est difficile d’exhiber une preuve palpable », on passe pourtant directement à la culpabilité d’un individu, Métongnon Laurent. Il s’agit là d’une provocation politique, d’une incrimination d’opinion politique.
IV-      L’attaque contre Métongnon Laurent est une attaque contre l’ensemble du peuple.
Mesdames et Messieurs les journalistes, chers camarades, chers amis, en regardant le contexte politique on voit aisément qu’il s’agit d’une opération d’intimidation politique du pouvoir de la « Rupture » contre le peuple à travers un individu. En effet qui connaît Laurent sait qui il est depuis les périodes reculées des Comités d’action de 1989, on connaît par la suite ses combats pour la probité au ministère des finances ; on connaît depuis ses prises de positions sur tous les fronts d’attaque aux libertés, de spoliations à grande échelle des biens publics au profit du président Patrice Talon et son clan, il est l’un des chefs de proue de l’alliance le Front pour le Sursaut Patriotique. Il est le porte-parole des milliers et des millions de sans-voix, déguerpis des voies publiques et qui souffrent la misère, la mort, le porte-voix de milliers de travailleurs dégagés par la suppression des entreprises publiques et la privatisation de nombreux services publics, il est le porte-voix de millions de sans-emplois, etc. Et j’en passe.
Alors il faut le faire taire. En s’attaquant à lui, on veut intimider le journaliste qui, brimé des organes de presse public et privé, n’ose pas élever la voix, sous peine de sanction immédiate ; on veut intimider le magistrat, le greffier,  qui se voit humilié dans l’exercice de sa profession, l’étudiant à qui par le biais d’un décret assassin, l’on ferme la porte des universités publiques ; le travailleur de la santé qui expose quotidiennement sa vie dans des conditions déplorables avec la menace de privatisation de l’ensemble du système sanitaire.. On veut intimider tout le peuple ; car si le bois vert flambe qu’en serait-il des bois secs ? dit-on.
Le pouvoir de Talon a réussi à mettre aux pas le Parlement- en le faisant verrouiller par les deux dinosaures pro-impérialistes : Houngbédji Adrien et Amoussou Bruno. Il a imposé un silence complice à la Cour Constitutionnelle pour prendre toute mesure à caractère constitutionnel ; il contrôle la presse par mille et un canaux occultes ou ouverts ; fait brouiller des radios avec la complicité active de la HAAC ; il a verrouillé la justice par le biais de son Ministre de la Justice qui agit par intimidation et voies de fait etc. Il ne reste que le peuple avec le Front pour le Sursaut Patriotique et Métongnon Laurent en est un des responsables de proue. Alors il faut l’attaquer.
Il s’agit d’un coup monté de toutes pièces. Au regard des éléments soulignés là-haut, surtout au regard des sommes colossales que l’équipe de Talon lui-même engloutit tous les jours dans leurs poches au détriment du peuple. Pour le pouvoir, il faut essayer de faire oublier les dossiers de pillage dans lesquels sont trempés les Olivier BOKO (les machines agricoles, etc), Sacca Lafia (Maria-gléta), Koupaki Iréné (Icc-service), Dassigli (mafia domaniale), Talon lui-même (SODECO, PVI) sans compter tous les pillages actuels de la CNSS, les domaines privés de l’Etat, le scandale SAFRAN, OFMAS, etc., etc.
Alors battus sur le terrain de la raison, le pouvoir recourt à des agressions ouvertes consistant au brouillage des ondes radio, etc. Par là le système fait montre d’une extrême faiblesse qui ne peut rester qu’à force de brutalité et de terreur. Le pouvoir de Talon manque de toute rationalité, d’où sa rage.
Telle la levée de boucliers qui se fait de toutes parts du sein du peuple contre cette attaque, telle la protestation indignée des travailleurs du ministère des finances le mercredi 08/11 dernier en soutien au « Général Métongnon ». Le peuple a compris qu’il s’agit d’une attaque contre lui-même, contre son droit à l’expression, son droit au combat pour une gouvernance patriotique et de probité.
Le Parti Communiste du Bénin ne peut que se réjouir de cette levée populaire de boucliers contre le pouvoir mafieux et liberticide de Talon. Il déclare avec le peuple « Bas les pattes le pouvoir de Talon contre les libertés ! Stop aux provocations ! Le camarade Métongnon est un de nos militants intrépides qui a toujours porté haut levé l’étendard de la probité et des libertés ! Le Parti communiste ne tolérera aucune atteinte à sa personne, à sa liberté ! » Alors travailleurs et peuple n’acceptons jamais l’inacceptable, l’arbitraire.
En avant pour les Etats Généraux du Peuple !
                                                           Le Premier Secrétaire du PCB

                                                           Philippe NOUDJENOUME

dimanche 9 octobre 2016

Les pions du régime Yayi créent la désolation

Dans le cadre du règlement de la dette intérieure par l’Etat béninois
(Le Ministre Romuald Wadagni ouvertement en conflit avec ses collègues, la solidarité gouvernementale en lambeaux, Patrice Talon défié)


A l’avènement du pouvoir de la Rupture et du Nouveau départ, le règlement de la dette intérieure vis-à-vis des opérateurs économiques, a focalisé toutes les attentes et les attentions. Quelques semaines après le lancement de ce processus, par le biais d’un emprunt obligataire obtenu par le Gouvernement, c’est la grande déception des prestataires privés, partenaires de l’Etat, vu que des cadres ayant travaillé pour le régime de la Continuité sont tapis dans les ministères, empêchant en sourdine ces prestataires de se voir rembourser leurs dettes.

Romuald Wadagni
« L’argent est le nerf de la guerre », affirme-t-on souvent. Et, la guerre est déclarée entre le Gouvernement et ses partenaires économiques locaux, dans le cas particulier du règlement par l’Etat béninois des dettes qu’il a consenties, sous le régime défunt, auprès des entreprises lui ayant vendu des prestations de tous genres. En effet, un bon nombre de semaines après le lancement par l’Etat du règlement de la dette intérieure, plusieurs ministères traînent les pieds, empêchant de nombreuses sociétés privées d’encaisser leurs fonds, aux fins de faire face aux dépenses d’investissement, à la dette salariale, aux besoins de fonctionnement des sociétés concernées et, notamment, à leurs prêts bancaires aux échéances depuis longtemps dépassées.
Ceux qui sont en cause ne sont personne d’autre que des cadres du Ministère de l’Economie et des finances. Mais, contrairement à ce que l’on peut imaginer, ceux-ci n’exercent pas directement sous l’œil et les mains de Romuald Wadagni, titulaire du portefeuille ministériel. En réalité, ils sont ses représentants dans les autres ministères de la République, chargés qu’ils sont de veiller au bon grain, quant à la gestion réglementaire des dépenses publiques, dans leur département ministériel de travail : ce sont ceux qui opèrent au sein du Contrôle financier de chaque ministère, appelés qu’ils sont les Délégués du contrôle financier (Dcf). Dans le cas d’espèce, ils sont chargés de valider le paiement par le Trésor public des prestations effectuées par les opérateurs économiques ayant contracté avec le Ministère en question, lorsque le dossier demandé à cet effet est en règle.
Là où le bât blesse : dans plusieurs ministères, ils font preuve d’un zèle effarant, délétère. Même lorsque les pièces du dossier à fournir sont complètement à jour et que le prestataire n’attend que l’ ’’Ok’’ libérateur du Délégué du Contrôle financier pour se rendre au Trésor afin d’achever le laborieux processus par le retrait du chèque et par son monnayage en des liasses de billets craquants, ce cadre se transforme, tout d’un coup, en Satan, en un véritable cauchemar pour l’entrepreneur ayant sué sang et eau pour exécuter le bon de commande qui lui a été délivré par le Ministère. Il se voit alors notifier d’apporter une autorisation spéciale du Ministre de l’Economie et des finances, Romuald Wadagni, avant que le fameux Dcf, devenu, tout d’un coup, plus important que jamais, sur ses gros ergots, ne délivre le précieux quitus.
Conséquence, le prestataire qui se savait arrivé au bout du tunnel, ayant fait foi aux déclarations du Gouvernement du règlement débuté de la dette intérieure, commence à se faire du souci : comment rembourser la banque où des prêts ont été contractés ? Et que faire pour les dettes contractées lors de l’opération de la prestation, celles-ci pour lesquelles il ne cesse de recevoir appels, matin et soir ? Que dire à ces correspondants au bout du fil, pour qui une énième promesse vient de tomber à l’eau ? De là, un autre ordre de questions se précipitent dans l’esprit du malheureux : la dette intérieure est-elle effectivement en train d’être payée, comme l’a stipulé le Gouvernement de la Rupture ? Y aurait-il certains qui seraient en train d’être réglés face à d’autres qui ne le seraient pas ? La stratégie de l’annonce publique serait-elle un moyen de l’Exécutif pour camoufler le manque de ressources pour s’acquitter de la dette intérieure ? Le Gouvernement a-t-il donné des instructions secrètes et fermes à ces Dcf pour bloquer les paiements, le temps que des ressources soient trouvées et affectées à ce règlement de la dette intérieure ?


Une hargne à la chaîne

Ne sachant alors où donner de la tête, le prestataire dont le parcours est devenu un vrai chemin de croix commence d’abord à maudire le ministère pour lequel il a opéré ses travaux. Quelle mouche a pu le piquer pour aller faire affaire avec cette institution d’un Etat qui peine à reconnaître la dette du régime défunt ? Et, de fil en aiguille, de renseignements en renseignements, il finit par tomber sur le pot-au-rose : le Dcf qui fait obstacle à son paiement avait été nommé par le régime Yayi et, sa métamorphose opportuniste aux couleurs de la Rupture et du Nouveau départ a tôt fait de laisser échapper qu’il avait ardemment travaillé avec l’ancien Ministre des Finances, Komi Koutché. Donc, au dehors, il se vêtit du bleu de Patrice Talon, du jaune de Pascal Irénée Koupaki ou, selon les circonstances, de l’orange d’Abdoulaye Bio Tchané. Mais, en dedans, il maintient résolument le vert très cher aux Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Et, sa manière à lui de faire valoir sa couleur politique intrinsèque, de faire payer à la Coalition de la Rupture d’avoir remporté la présidentielle des 6 et 20 mars 2016 est de torpiller un dossier aussi sensible que celui du paiement de la dette intérieure. Son but est de contribuer plus que jamais à noircir l’image déjà problématique du Chef de l’Exécutif, en proie à l’exercice du pouvoir. Il lui faut alimenter la chaîne du désenchantement. C’est ainsi que les opérateurs économiques chez lesquels il entretient l’amertume et la haine du pouvoir en place ne manquent pas de distiller les mêmes sentiments dans leur entourage immédiat et lointain.  



Une solidarité gouvernementale en cause

Cette situation de la dette intérieure en peine de paiement met Romuald Wadani en conflit avec un ministre quelconque dont les prestataires ne sont pas réglés, puisque le Dcf ne cesse de renvoyer ces malheureux à l’argentier pour la délivrance d’une certaine autorisation de paiement, devant une situation où toutes les pièces du dossier de remboursement sont au nombre. Par extension, c’est le Président de la République, Patrice Guillaume Athanase Talon, qui voit son autorité foulée aux pieds, rejetée, méprisée, traînée dans la boue, lui qui a fait du paiement de la dette intérieure l’une des premières actions de son régime, allant même jusqu’à contracter un emprunt obligataire pour en finir avec ce nœud gordien. Sa personnalité de Chef de l’Etat se voit banaliser par rien moins que des colibris tapis à des postes stratégiques de l’administration ministérielle. Il suffirait qu’il se souvienne de la triste expérience vécue par l’un de ses illustres prédécesseurs, le Général Mathieu Kérékou. Celui-ci, à son retour au pouvoir, en avril 1996, avait été gentil avec les collaborateurs de Nicéphore Soglo, laissant le choix à ceux qui le voulaient de rester travailler dans son administration. Très tôt, ceux-ci n’ont pas tardé à le récompenser en monnaie de singe en diffusant les dossiers les plus secrets de la République sur la place publique, fragilisant ainsi sa gouvernance.
Le Président Talon devra donc prendre ses responsabilités en remerciant urgemment tous les tenants du régime fini, eux dont un bon nombre développent une grande capacité de nuisance, sans en rien laisser paraître. En attendant ce nettoyage en profondeur, le Chef de l’Etat devra se saisir de la question de l’apurement de la dette intérieure pour en contrôler le niveau d’exécution avant que ses ennemis ne causent plus de victimes, faisant de ce processus salvateur un vœu pieu, une fausse promesse d’homme politique.



Marcel Kpogodo