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jeudi 23 novembre 2017

Les avocats de Laurent Mètongnon démontent le Gouvernement, les policiers enquêteurs et la justice

Dans le cadre d’un point de presse qu’ils ont tenu à Cotonou

Trois des avocats de Laurent Mètongnon ont animé un point de presse à la Bourse du travail de Cotonou, dans la matinée du mercredi 22 novembre 2017, pour se prononcer sur l’évolution de la procédure judiciaire ayant conduit à renouveler la garde-à-vue du syndicaliste. Il ressort de leurs propos que se trouvent fautives toutes les instances impliquées dans la conduite de cette situation de privation de liberté.

De gauche à droite, Amos Akondé, Aboubakar Baparapé et Alfred Bocovo, avocats de Laurent Mètongnon
« Ce dossier est vide, complètement vide ! En principe, la détention de Laurent Mètongnon ne se justifie plus », a martelé Maître Aboubakar Baparapé, l’un des avocats de l’ancien Président du Conseil d’administration de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss), au cours du point de presse qui s’est tenu à la Bourse du travail, à Cotonou, le mercredi 21 novembre 2017, cette personnalité qui a vivement dénoncé les comportements respectifs du Gouvernement, de la police et de la justice, dans le traitement de l’affaire.
Selon cet avocat, la présentation faite devant les journalistes avait deux objectifs : d’une part, « couper court aux rumeurs pernicieuses et fallacieuses les plus folles » sur le dossier ’’Bibe-Cnss’’, dans le cadre du renouvellement de la garde-à-vue de Laurent Mètongnon, pour une durée de quarante-huit heures, dans le début de la soirée du mardi 21 novembre. D’autre part, les animateurs du  point de presse se sont donné le devoir d’éclairer le public sur la procédure permettant la détention de Laurent Mètongnon, sans intervenir sur le fond de l’affaire, vu que cette procédure suit son cours.
En outre, la première institution qu’a dénoncée Aboubacar Baparapé est le Gouvernement. En effet, selon lui, en se fondant sur un rapport d’enquête de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) et sur un autre émanant de l’Inspection générale des finances (Igf), l’Exécutif a lancé les hostilités contre Laurent Mètongnon en le condamnant sans l’avoir jamais écouté, vu que le communiqué du Conseil des Ministres du 2 novembre 2017, faisant état de la situation à la Cnss, lui a reproché d’avoir mis en danger cette institution, de même que la vie des retraités, en mettant en Dépôt à terme à la Banque internationale du Bénin (Bibe), en faillite, à l’époque, plus de 17 milliards de Francs de la Cnss, dans le but d’encaisser des rétro-commissions d’une valeur de 71 millions. Ces faits ont amené, pour l’intervenant, le Gouvernement Talon à instruire le Ministre de la Justice pour lancer des poursuites judiciaires contre les mis en cause, dans le but de faire la lumière sur cette affaire. Ainsi, le Procureur de la République a alerté la Brigade économique et financière (Bef) pour des enquêtes idoines, ce qui a occasionné la « mise en marche du rouleau compresseur » contre Laurent Mètongnon et a conduit à ce que cette Brigade écoute Dramane Diatéma, l’actuel Dg de la Cnss, qui a montré qu’un autre Dat de quatre milliards a été fait, sous sa houlette, à la Cnss, une initiative qu’a confirmée l’actuel Ministre des Finances, Romuald Wadagni. Et, de son côté, Laurent Mètongnon a reçu, dans la soirée du jeudi 16 novembre, une convocation de la Bef, le siège d’une structure à laquelle il s’est présenté le vendredi 17 novembre, à 9h30, alors qu’il y avait été appelé pour 10h. Puis, après une heure d’audition, il y a été maintenu jusqu’à tard dans la nuit pour une confrontation avec un ancien Dg de la Cnss, qui a affirmé avoir fait envoyer, à l’époque des faits, à Laurent Mètongnon, par un commissionnaire, une somme de 2 millions 500 mille francs répartis en quatre tranches, la dernière étant de 500 mille francs, un montant auquel a été adjoint un pack de champagne d’une valeur de 130 mille francs. Donc, il ne s’agit plus d’une rétro-commission de 71 millions. Par ailleurs, l’intermédiaire indiqué a aussi été questionné par les policiers et a radicalement nié les faits qui lui ont été attribués. « A cette étape, le débat est clos sur ces accusations portées par le Conseil des Ministres ! », a enfoncé l’avocat Aboubakar Baparapé selon qui Laurent Mètongnon devrait avoir été mis en liberté puisqu’il « offre des garanties suffisantes de représentation ».

De gauche à droite, Thérèse Wahounwa, Jean Kokou Zounon et Eugène Azatassou, leaders du Fsp, présents au point de presse
De plus, à en croire l’homme de loi, le Gouvernement s’est trompé dans ses analyses, vu que, depuis 2013, la Bibe n’était plus en difficultés financières, parce que, a ajouté Maître Amos Akondé, confirmant la sortie de crise de cette banque, trois arrêtés avaient été pris par le Ministre des Finances en exercice, à cette époque, pour, respectivement, mettre fin à l’administration provisoire de la Bibe, de même qu’aux fonctions de l’Administrateur provisoire, puis pour nommer un Directeur général intérimaire.


Du traitement infligé à Laurent Mètongnon

Pour Me Aboubakar Baparapé, après avoir été confronté à l’intermédiaire qui a nié lui avoir transmis les différents dons de l’ex-Dg de la Cnss, Laurent Mètongnon devrait recouvrer sa liberté après 48h de garde-à-vue, ce qui n’a pas été fait. Plutôt, le dimanche 19 novembre, son domicile a été perquisitionné en présence de deux de ses avocats avec, à la clé, une saisie de plusieurs de ses documents personnels, et leur mise sous scellé, après un point contradictoire. Pire, le mardi 21 novembre 2017, dans les environs de 18h, sa garde-à-vue a été prolongée de 48h, après sa présentation au Procureur de la République, alors que « selon la loi, si rien n’est reproché à quelqu’un, sa détention n’est plus nécessaire à la manifestation de la vérité », a réitéré l’avocat qui pense que le Procureur veut user de sa prérogative lui permettant de retenir un prévenu pour une durée de huit jours.
Abordant un autre aspect de la question, le conférencier a dénoncé une garde-à-vue « non douce ni tranquille » marquée par « des mesures restrictives attentatoires aux droits de la défense » par les policiers enquêteurs. Selon lui, au lendemain de la perquisition de son domicile, Me Lionel Agbo, l’un de ses avocats, n’a pu rencontrer Laurent Mètongnon, étant donné que « des instructions fermes ont été données pour que plus personne, même ses avocats, ne puisse entrer en contact avec lui », en dehors de son épouse, précise-t-il, surtout que, en début d’après-midi, ce lundi 20 novembre, lui-même, à l’Ocertid, s’est heurté à la résistance des policiers dans sa volonté de rencontrer son client, ceux-ci ayant argué des instructions imposant une autorisation préalable de la Bef et de la Direction générale de la police nationale (Dgpn) pour rencontrer Laurent Mètongnon, « une violation des droits de la défense, garantis par la Constitution », s’est indigné l’avocat. Et, ce sont de vives protestions de ses conseils, qui ont amené à l’assouplissement de ces mesures par le Procureur. Ainsi, il y a eu « la restauration des droits » de son client, ce dont Aboubakar Baparapé a félicité cette autorité judiciaire.


Ingérences politiques

De son côté, Me Alfred Bocovo, le troisième avocat de Laurent Mètongnon, présent au point de presse, a dénoncé un biais de la police ; selon lui, celle-ci a refusé d’organiser une confrontation entre le commissionnaire de l’ex-Dg/Cnss et Laurent Mètongnon, ce qui est la preuve que le dossier est vide. Tout en dénonçant « l’utilisation abusive de la garde-à-vue » par le Procureur, il s’est fendu en d’autres propos de stigmatisation : « Il suffit d’une simple accusation contre quelqu’un pour le faire garder, ce qui est grave pour la démocratie », avant de continuer par la dénonciation des « rapports incestueux » entre la justice et les hommes politiques avec une conséquence intolérable : « Maintenir les citoyens dans la hantise prolongée de la détention ». Il a appelé, pour clore son propos, à l’impartialité de la justice.


Marcel Kpogodo  

mardi 14 novembre 2017

Les clarifications du Pcb qui clouent le bec aux détracteurs de Laurent Mètongnon

Dans le cadre d'un point de presse qui s'est tenu à Cotonou

Le vendredi 10 novembre 2017 a été organisé un point de presse, à l'initiative du Parti communiste du Bénin (Pcb) dont le Premier secrétaire, Philippe Noudjènoumè, a remis les pendules à l'heure concernant les accusations portées contre Laurent Mètongnon, visant à faire croire qu'il s'est mis au centre d'actes de mauvais placements et de corruption, alors qu'il était Président du Conseil d'Administration de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss). C'était à travers une grande Déclaration.

Philippe Noudjènoumè

Intégralité de la Déclaration de Philippe Noudjènoumè


PARTI COMMUNISTE DU BENIN (PCB)
01 B.P. 2582 Recette Principale Cotonou (Rép. du Bénin)
Tél. : 21 30 03 22/97 98 35 65 – Site : www.la-flamme.org


POINT DE PRESSE
Cotonou, le 10 Novembre 2017
A PROPOS DE L’AFFAIRE DITE CNSS/ METONGNON Laurent

Thème :
A PROPOS DE LA PROVOCATION DU GOUVERNEMENT DANS L’AFFAIRE DITE CNSS/ METONGNON Laurent
            Par Philippe NOUDJENOUME, 1er Secrétaire du PCB
Mesdames et Messieurs, Chers camarades, Chers amis de la presse,
Depuis quelques jours, l’actualité est occupée par l’affaire dite CNSS/Métongnon Laurent. Je ne pense pas exagérer en déclarant que c’est aujourd’hui l’affaire du jour.  Et, comme on sait sous les cieux de la « Rupture » avec des articles « copier-coller » les mêmes titres toujours accusateurs s’affichent à la Une de maints journaux de la place avec la sentence déjà prononcée.
I-         Dans quel contexte politico-social le gouvernement met en avant la présente affaire ?
Depuis plusieurs mois, le gouvernement de Talon est dans une impasse totale. Impasse économique avec le Pag en panne et l’acharnement contre les opérateurs économiques nationaux afin de faire place nette à la consolidation et l’extension de l’empire économique et financier du Chef de l’Etat et de son clan. Impasse sociale avec l’aggravation de la misère et de la faim provoquant de nombreux mouvements de grèves et de manifestations de travailleurs ; l’ensemble des centrales syndicales ont organisé une grande marche le 20 octobre indiquant la duperie d’un dialogue social également en panne. Perte de crédibilité voire de légitimité avec la dénonciation du népotisme, du pillage du pays avec des contrats gré à gré par le Chef de l’Etat et le clan autour de lui, de même que les atteintes grossières aux libertés avec des méthodes nouvelles comme le brouillage de radios non conformistes. Impasse diplomatique avec l’humiliation du pays sur la scène internationale. Impasse politique avec l’exigence de plus en plus large des Etats généraux prônés par le Front pour le Sursaut Patriotique. Les luttes de ce Front ont vaincu les tentatives de répression des manifestations par le pouvoir et son chien de garde TOBOULA. Ainsi après avoir imposé la marche du 22 juin 2017, le FSP après son meeting géant du 13 octobre avec les députés de la minorité, organisait une marche pour le 03 novembre 2017. Ces manifestations emportent et soulignent les aspirations du peuple à une nouvelle gouvernance.
Et Laurent METONGNON est un acteur de proue tant dans le mouvement syndical, le mouvement pour la bonne gouvernance, et du FSP. Il est de ceux qui, dès le départ, ont sonné l’alerte contre un gouvernement avec des pilleurs bien connus ; il a fait la critique sérieuse et nette du premier projet de budget du pouvoir de Talon dont on connait aujourd’hui le sort avec sa réduction en catimini de plus du tiers ; il a fait la critique des marchés gré à gré montrant la gloutonnerie du pouvoir actuel. Voilà en bref le contexte dans lequel cette affaire est soulevée.
Notre point de presse de ce jour ne vise pas à soustraire un militant des poursuites judiciaires, mais à dénoncer et à combattre l’arbitraire et la provocation.
II-        Quelle est l’accusation formulée à l’encontre du camarade Métongnon Laurent ?
A la surprise générale, le Conseil des ministres en sa session du 2 Novembre 2017 entre autres points a retenu ceci « Rapport de vérification de versement de commissions occultes à des dirigeants de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS). Du 13 juin au 1er juillet 2016, la BIBE a fait l’objet d’une mission de vérification globale de la Commission Bancaire de l’Union Monétaire Ouest-africaine (UMOA). Les résultats de cette vérification ont révélé que des dirigeants de la CNSS ont souscrit à des dépôts à termes (DAT) auprès de la BIBE contre le versement de commissions à leur profit. Saisie du dossier l’Inspection Générale des Finances a procédé à des investigations complémentaires dont les conclusions se présentent comme suit : à partir de 2008, la BIBE s’est trouvée confrontée à des difficultés qui ont amené la Commission bancaire de de l’UMOA à décider le 13 décembre 2011 du retrait de son agrément. Les autorités compétentes béninoises ont cependant obtenu du Conseil des Ministres de l’UMOA en 2012 de placer l’établissement sous administration provisoire tout en lui conservant l’agrément- En dépit de de cette situation, le Directeur Général de la CNSS au moment des faits a décidé en complicité avec le Conseil d’administration de la structure de souscrire ou de maintenir auprès de la BIBE ses dépôts à terme- au total sur la période d’avril 2014 à octobre 2015, plus de dix-sept milliards cinq cent millions ont été placés auprès de ladite banque en difficulté… Il s’est avéré que cette décision a été prise contre le versement d’un montant de soixante-onze millions neuf cent quatre-vingt-quatorze mille sept cent trente-sept CFA au profit des dirigeants de la CNSS…Ces situations mettent en évidence l’intention malveillante des dirigeants concernés qui n’ont pas hésité à exposer les ressources des travailleurs et des retraités...En appréciant le compte rendu le Conseil des Ministres a instruit le Garde des Sceaux à l’effet d’engager des poursuites judiciaires à l’encontre des dirigeants de la CNSS au moment des faits… Il s’agit notamment de Mr Mêtongnon Laurent Président du CA- Monsieur Célestin Ahonon DG et Moussa Jérémie Directeur financier » (Cf. La Nouvelle Tribune du 06 novembre 2017).
Dans la journée du 06 novembre le Ministre des finances, Romuald Wadagni et le Directeur Général de la CNSS, Dramane DIATEMA sont montés au créneau pour pourfendre cette fois les coupables. Pour le ministre Wadagni, « il n’est pas sérieux de mettre les fonds de retraite des travailleurs dans une banque en difficulté…Or le Conseil d’administration de la CNSS alors dirigé par Métongnon Laurent n’a pas hésité à y placer 16 milliards de francs CFA… La BIBE avait un retrait d’agrément et était sous administration provisoire. C’est un acte anormal de gestion que d’y verser l’argent des travailleurs… Qui a pris la décision de placer des fonds de la CNSS à la BIBE entre 2014 et 2015 ?... Autrement dit le Conseil d’administration et son Président ont la responsabilité dans la question des placements » (Le Matinal du 07 novembre 2017.). Quant au DG Diatéma il s’est évertué simplement à réfuter qu’il y ait 4 milliards de placement de la CNSS à la BIBE mais prise de participation au rachat de cette institution bancaire. Passons en revue ces arguments.
III-      Examen de ces argumentaires.
Il est pour le moins curieux que le Ministre des finances Romuald Wadagni, le même qui a introduit le dosser en conseil des ministres se trompe même sur le montant des placements. Le conseil des ministres parle de « plus de dix-sept milliards » ; alors que dans son show télévisé il donne le chiffre « de seize milliards ». Est-ce l’empressement de la condamnation de Laurent Métongnon ? Plus encore et c’est là que c’est pitoyable. Qu’est-ce qui oblige le ministre des finances à devoir intervenir sur un dossier dont on dit qu’il est désormais aux mains de la justice par le garde des sceaux ? Si ce n’est sur injonction du nouveau César, Patrice Talon ? et essayer de répondre aux nombreuses protestations populaires contre la décision gouvernementale ?
Je vais examiner les arguments en les rubriques suivantes :

1° Qui prend la décision de placement de l’argent de la CNSS ?
2°- Et au Conseil d’administration, comment se prennent les décisions ?
3°- Quelle est la situation de la BIBE au moment des placements dits à risque ?
4°-Quelles sont les preuves de la perception par Métongnon Laurent des rétro-commissions ?
Passons en revue ces rubriques
1°-Qui prend la décision de placement des sous dans les structures bancaires ?
Le ministre lui-même le dit. « L’organisation des opérations de placements exige que la Direction générale propose et le Conseil d’administration et son président valident ». Autrement dit c’est la Direction Générale qui a l’initiative de placement de l’argent dans les institutions bancaires. Pour faire une comparaison c’est comme dans le cas des emprunts publics ou même du budget, le rôle respectif du Gouvernement et de l’Assemblée nationale. C’est le gouvernement qui prend la décision de l’opération « d’accord de prêt » ou emprunt public et le soumet aux Députés pour autorisation de ratification. Nous sommes ici dans le même schéma. L’exécutif de la CNSS c’est la Direction Générale qui a l’initiative, autrement dit c’est le Directeur Général qui prend la décision de placement. Le rôle du Conseil d’administration est d’amender, de rejeter ou d’autoriser. La réponse au Ministre Wadagni à la question « Qui a pris la décision de placer des fonds de la CNSS à la BIBE entre 2014 et 2015 ? » est sans ambiguïté : C’est la Direction Générale.
2°-Au Conseil d’administration, comment se prennent les décisions ?
Au sein du Conseil d’administration, toutes les voix s’équivalent sans prépondérance de celle du Président. En examinant toutes les décisions d’autorisation de placement prises par le Conseil d’administration, on voit la signature de tous les administrateurs présents. Et pourquoi dans le cas d’espèce, on ne parle au sein du Conseil d’administration que de Métongnon Laurent et non des autres ? Pourquoi la décision du Conseil des Ministres ne mentionne que le Président du Conseil d’administration en omettant les autres membres qui ont tous, et dans tous les cas, apposé leurs signatures à toutes ces décisions ?
3°- Quel est la situation de la BIBE au moment des placements dits à risque ?
L’argument massue du pouvoir et des thuriféraires est que le Conseil d’administration a placé de l’argent dans une banque en faillite.
Voyons les choses.
En effet par décision n° 605/CB/C du 13 décembre 2011, la Commission bancaire de l’UMOA a retiré l’agrément de la BIBE et a nommé un liquidateur. Contre cette décision de la Commission bancaire, le ministre des finances du Bénin a fait un recours, recours qui a été examiné en conseil des ministres de l’UMOA et a donné lieu à une décision N° CM/UMOA/035/12/013 du 19 décembre 2013. Par arrêtés n° 1258- 1259-1260/MEF/DC/ SGM/DGTCP/DAMF/BMC/SP du 14 mai 2014, pris par le ministre des finances du Bénin, il a été mis fin à l’administration provisoire de la BIBE, à la fonction d’administrateur provisoire et portant nomination d’un Directeur Général par intérim de cette institution bancaire. Ce qui suppose que la banque retrouve son agrément d’exercice de la fonction bancaire.
De toutes les façons, la décision du conseil des ministres dit nettement « Les autorités compétentes béninoises ont cependant obtenu du Conseil des Ministres de l’UMOA en 2012 de placer l’établissement sous administration provisoire tout en lui conservant l’agrément ». Ce qui veut dire qu’à partir de 2012, la BIBE a recouvré son agrément.
Les placements à la BIBE des sous de la CNSS au titre de 2014 sont intervenus après la décision ministérielle de mai 2014 mettant fin à l’administration provisoire de l’institution bancaire et nomination par le gouvernement d’un DG par intérim. Les placements de l’année 2014 sont intervenus le 22 Septembre 2014. Les placements ultérieurs, ceux de 2015 répondent de la même logique. Il est donc faux d’affirmer comme il est fait maintenant que la CNSS a placé de l’argent dans une banque qui n’avait plus l’agrément. Et si elle bénéficie d’agrément, il est difficile de déclarer qu’elle est en faillite. L’article 2 de l’arrêté portant nomination du DG intérimaire dit que celui-ci a pour tâches de – « coordonner toutes les activités de la banque ». Peut-on exclure de ces « activités » de la banque la réception des placements ?
4°- Quelles sont les preuves de la perception par Métongnon Laurent des rétro-commissions ?
On a parlé de rétro-commissions de « soixante- onze millions neuf cent quatre-vingt-quatorze mille sept cent trente-sept CFA (71.994.737) au profit des dirigeants de la CNSS… ? Plusieurs questions se posent : Si rétro-commission il existe, qui en a été bénéficiaire ??  Sur le terrain du droit pénal, on sait que la preuve est un élément déclencheur de la poursuite.
Ce à quoi le ministre Wadagni s’empresse de répondre « Il faut savoir si un système de rétro-commission est payé en espèce, il est difficile d’exhiber une preuve palpable pour dire qu’une telle personne qui a perçu ». Alors de quoi parle –t-on ? On pourrait encore naviguer ici simplement sur la vague d’une simple présomption de culpabilité à l’endroit de la CNSS dans son ensemble et non du Président du Conseil d’administration.
Or de cette présomption de « rétro-commission » dont aurait bénéficié l’ensemble des organes dirigeants de la CNSS et dont on dit « qu’il est difficile d’exhiber une preuve palpable », on passe pourtant directement à la culpabilité d’un individu, Métongnon Laurent. Il s’agit là d’une provocation politique, d’une incrimination d’opinion politique.
IV-      L’attaque contre Métongnon Laurent est une attaque contre l’ensemble du peuple.
Mesdames et Messieurs les journalistes, chers camarades, chers amis, en regardant le contexte politique on voit aisément qu’il s’agit d’une opération d’intimidation politique du pouvoir de la « Rupture » contre le peuple à travers un individu. En effet qui connaît Laurent sait qui il est depuis les périodes reculées des Comités d’action de 1989, on connaît par la suite ses combats pour la probité au ministère des finances ; on connaît depuis ses prises de positions sur tous les fronts d’attaque aux libertés, de spoliations à grande échelle des biens publics au profit du président Patrice Talon et son clan, il est l’un des chefs de proue de l’alliance le Front pour le Sursaut Patriotique. Il est le porte-parole des milliers et des millions de sans-voix, déguerpis des voies publiques et qui souffrent la misère, la mort, le porte-voix de milliers de travailleurs dégagés par la suppression des entreprises publiques et la privatisation de nombreux services publics, il est le porte-voix de millions de sans-emplois, etc. Et j’en passe.
Alors il faut le faire taire. En s’attaquant à lui, on veut intimider le journaliste qui, brimé des organes de presse public et privé, n’ose pas élever la voix, sous peine de sanction immédiate ; on veut intimider le magistrat, le greffier,  qui se voit humilié dans l’exercice de sa profession, l’étudiant à qui par le biais d’un décret assassin, l’on ferme la porte des universités publiques ; le travailleur de la santé qui expose quotidiennement sa vie dans des conditions déplorables avec la menace de privatisation de l’ensemble du système sanitaire.. On veut intimider tout le peuple ; car si le bois vert flambe qu’en serait-il des bois secs ? dit-on.
Le pouvoir de Talon a réussi à mettre aux pas le Parlement- en le faisant verrouiller par les deux dinosaures pro-impérialistes : Houngbédji Adrien et Amoussou Bruno. Il a imposé un silence complice à la Cour Constitutionnelle pour prendre toute mesure à caractère constitutionnel ; il contrôle la presse par mille et un canaux occultes ou ouverts ; fait brouiller des radios avec la complicité active de la HAAC ; il a verrouillé la justice par le biais de son Ministre de la Justice qui agit par intimidation et voies de fait etc. Il ne reste que le peuple avec le Front pour le Sursaut Patriotique et Métongnon Laurent en est un des responsables de proue. Alors il faut l’attaquer.
Il s’agit d’un coup monté de toutes pièces. Au regard des éléments soulignés là-haut, surtout au regard des sommes colossales que l’équipe de Talon lui-même engloutit tous les jours dans leurs poches au détriment du peuple. Pour le pouvoir, il faut essayer de faire oublier les dossiers de pillage dans lesquels sont trempés les Olivier BOKO (les machines agricoles, etc), Sacca Lafia (Maria-gléta), Koupaki Iréné (Icc-service), Dassigli (mafia domaniale), Talon lui-même (SODECO, PVI) sans compter tous les pillages actuels de la CNSS, les domaines privés de l’Etat, le scandale SAFRAN, OFMAS, etc., etc.
Alors battus sur le terrain de la raison, le pouvoir recourt à des agressions ouvertes consistant au brouillage des ondes radio, etc. Par là le système fait montre d’une extrême faiblesse qui ne peut rester qu’à force de brutalité et de terreur. Le pouvoir de Talon manque de toute rationalité, d’où sa rage.
Telle la levée de boucliers qui se fait de toutes parts du sein du peuple contre cette attaque, telle la protestation indignée des travailleurs du ministère des finances le mercredi 08/11 dernier en soutien au « Général Métongnon ». Le peuple a compris qu’il s’agit d’une attaque contre lui-même, contre son droit à l’expression, son droit au combat pour une gouvernance patriotique et de probité.
Le Parti Communiste du Bénin ne peut que se réjouir de cette levée populaire de boucliers contre le pouvoir mafieux et liberticide de Talon. Il déclare avec le peuple « Bas les pattes le pouvoir de Talon contre les libertés ! Stop aux provocations ! Le camarade Métongnon est un de nos militants intrépides qui a toujours porté haut levé l’étendard de la probité et des libertés ! Le Parti communiste ne tolérera aucune atteinte à sa personne, à sa liberté ! » Alors travailleurs et peuple n’acceptons jamais l’inacceptable, l’arbitraire.
En avant pour les Etats Généraux du Peuple !
                                                           Le Premier Secrétaire du PCB

                                                           Philippe NOUDJENOUME

mercredi 25 octobre 2017

Urbain Amégbédji et Paul Essè Iko au cœur d’un scandale ?

Dans le cadre de leurs activités dans le Conseil d’Administration de l'institution

Réunis en Conseil d’Administration extraordinaire, il y a quelques jours, les administrateurs de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) ont autorisé un décaissement de plus de quatre milliards pour permettre à cette structure ayant vocation de collecter les cotisations des travailleurs de devenir actionnaire d’une banque de la place. Présentée comme une opération rentable de sauvetage d’une institution bancaire gérée depuis plusieurs années par un administrateur provisoire, le geste d’Amégbédji et d'Iko intrigue plus d’une personne.

Urbain Amégbédji
Figure emblématique de la classe syndicale, Paul Essé Iko, tout comme Urbain Amégbédji, actuellement Directeur général de l’Agence nationale pour l’emploi (Anpe) sont des hommes dont la sincérité et la probité devraient inspirer confiance. Mais, les renseignements recueillis, il y a environ une semaine, permettent désormais de s’interroger sur le comportement de ces deux acteurs majeurs de la société civile. 
En effet, devenu Directeur général de l’Agence nationale pour l’emploi, au lendemain de la victoire de Patrice Talon dont ’’Alternative Citoyenne’’ fut l’une des chevilles ouvrières, Amégbédji est entré au Conseil d’Administration de la Cnss en qualité de l’un des trois représentants du Gouvernement.
D’office, l’actuel Dg/Anpe occupe le poste de Vice-président de ce Conseil d’Administration. Donc, c’est en l’absence du Président de ce Conseil d’Administration et également en l’absence de deux autres membres influents, Madame Djidjoho et Monsieur Adjibi, que la décision fut prise pour envoyer, encore, près de quatre milliards, voire plus, pour que la Cnss devienne actionnaire à 45% dans le capital social d’une banque de la place dont la santé financière vacillante n’est plus un secret pour personne. Et, pourquoi ne pas demander à la Direction générale de la Cnss de retirer une partie des quinze milliards qui y ont été déposés, pour les transformer en parts sociales ?

Paul Essè Iko
Toutes les sources attestent que cette décision ne fut prise qu’après une tentative avortée au cours de laquelle certaines personnes proches du pouvoir et du dossier ont voulu faire un passage en force, c’est-à-dire que, lors du dépôt du dossier consacrant le changement de l’actionnariat de la banque en question, au Tribunal de Cotonou, il était apparu que l’un des deux nouveaux actionnaires, en l’occurrence, la Cnss, n’avait pas toujours libérée ses parts. Mystère ? Sûrement pas. Les hommes qui conduisent l’opération ont été, dans une vie passée, des experts en matière de gestions de fonds. Ils savent très bien le jeu auquel ils se livraient. D’ailleurs, l’un d’entre eux est suffisamment endetté auprès de certaines institutions bancaires de la place pour s’y connaître. Tout le reste n’est qu’une apparence flatteuse parce qu’on est à côté d’un homme très fortuné.


Gangstérisme financier au sommet de l’Etat ou pillage entre amis ?

Donc, il est évident que quelque chose de bien louche se prépare avec l’argent qui ne leur appartient pas du tout. Ces personnes savaient bien que leur tentative d’introduire la Cnss comme actionnaire de la banque indiquée devrait absolument obtenir un accord favorable et préalable du Conseil d’Administration de la Cnss. Mais, alors, est-ce par précipitation ou par simple naïveté qu’elles ont introduit ce dossier sensible au niveau du Tribunal ?
Subitement, après le rejet du dossier au Tribunal, le Conseil se réunit en session extraordinaire sous le « maillet » d’Amégbédji et, aussitôt, le feu vert est mécaniquement obtenu, comme à l’unisson. Suspect !  Même le communiste Paul Essè Iko donne son avis favorable. A-t-il contacté le Parti communiste du Bénin ? La Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (Cstb) dont il fut le Secrétaire général est-elle favorable pour que l’argent des travailleurs soit géré de cette manière ? Toutes ces interrogations amènent les observateurs les plus avertis à dire qu’il y a, sous la Rupture, des hommes dont la moralité suscite bien des doutes.  
Mais, rien n’est plus obscur dans cette affaire. Des voix s’élèvent déjà pour donner certains éclairages et l’on peut s’apercevoir que l’acte concocté par le Conseil d’Administration entre dans une logique de pure collaboration. Déjà, on apprend que, même un Ministre des Finances est intervenu, personnellement, pour décourager une florissante société d’assurance de racheter la banque dont il s’agit avec vingt-cinq milliards de francs Cfa. Tout ceci démontre que c’est une mafia qui veut et tient à s’emparer des cotisations des travailleurs.
Affaire à suivre … 
   

Georges Aballo

mardi 30 mai 2017

Les 5 points qui valident le test de recrutement à la Cnss

Après plusieurs investigations


Le 24 mars 2017, il a été organisé un test de recrutement interne à la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss). Depuis la proclamation des résultats permettant l’intégration dans le personnel de cet Office d’Etat de 94 Béninois, l’indignation ne retombe pas dans le rang de ceux qui s’acharnent à croire que cette évaluation a été teintée de fraudes. Pourtant, au moins cinq éléments d’observation valident le travail professionnel du Cabinet ’’Agéfic Sa’’.

Adidjatou Mathys, Ministre de la Foncction publique
Une batterie de cinq raisons fondamentales permet de battre en brèche les allégations visant à faire croire que serait frauduleuse l’évaluation du 24 mars 2017 ayant amené le Cabinet ’’Agéfic Sa.’’, à recruter pas moins de 94 nouveaux travailleurs à la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss).
D’abord, contrairement à ce qui a largement circulé dans l’opinion publique, l’évaluation n’est nullement un concours, mais un test en bonne et due forme, le tremplin par lequel ’’Agéfic Sa.’’, le Cabinet commis par la Cnss pour mener l’opération de recrutement, a exercé dans les règles de l’art.
En effet, il se révèle, ensuite que cette entreprise de recrutement s’est vue confier cette mission stratégique, vu qu’en 2016, un test précédent, conduit à l’interne, et qui avait fait intégrer 35 nouvelles personnes, avait semé d’incompréhensibles clameurs d’indignation, qui dénonçaient une certaine opacité dans le processus. Informé des plaintes, le Gouvernement avait dépêché  l’Inspection générale du Ministère (Igm) de la Fonction publique pour en savoir plus, ce de quoi il est ressorti que rien d’irrégulier n’avait été effectué, étant donné que la Cnss reste un Office d’Etat ayant une gestion autonome et qui est doté d’une Convention collective pour la gestion de la rémunération du personnel, ce qui fait qu’elle n’est  pas astreinte aux exigences de recrutement de membres de son personnel par un concours officiel comme le sont les Agents permanents de  l’Etat (Ape) et les Agents contractuels de l’Etat (Ace). Et, depuis cette expérience, il a été retenu de faire faire les recrutements internes par une structure privée, ce qui fut réalisé par la sélection de l’ ’’Agéfic Sa.’’, à cette fin. Troisième raison, donc, de la validité de la présence du Cabinet ’’Agéfic Sa.’’, qui, dans le but de se qualifier pour tenir ce test, a soumissionné régulièrement à un appel d’offres, auquel plusieurs entreprises avaient compéti et où il été reconnu vainqueur, par son mérite.
Quatrième argument établissant la probité de cette structure : dans l’organisation du test concerné, elle s’est rapidement adaptée à une situation imprévue. En effet, l’évaluation ayant été initialement prévue pour des postulants connaissant la Cnss, il a fallu l’ouvrir, en cours de chemin, à tous les Béninois, ce qui a contraint à passer de la gestion des dossiers des demandeurs de poste, d’un nombre de moins de mille à près de 13 mille personnes. Et, paradoxe, on s’étonne que le Cabinet ’’Agéfic Sa.’’ demande un avenant, pour réussir sa mission, dans cette situation de surplus de charges. Il s’agit du cinquième point renversant les allégations visant à ternir l’image de cette Société. Il ne faudrait pas perdre de vue que de mauvaises langues annoncent un biais dans la sélection de lauréats proches d’autorités de la Cnss. A suivre …


Marcel Kpogodo