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jeudi 16 avril 2026

Les sept piliers de travail, attendus de Romuald Wadagni

Dans le cadre de la tribune publiée par Roland Riboux, président du Cipb


Romuald Wadagni a été élu président de la République du Bénin. Il a réalisé un score de 94,27% des voix. Il exercera son mandat pour le septennat, 2026-2033. Ces informations relèvent des résultats provisoires de l'élection présidentielle au Bénin. Ils ont été proclamés par la Cour constitutionnelle, le jeudi 16 avril 2026. Bien avant cet événement, le lundi 13 avril, la Commission électorale nationale autonome (Céna) avait rendu publiques les grandes tendances du scrutin présidentiel. Au lendemain de cette publication, Roland Riboux, président du Conseil des Investisseurs privés au Bénin (Cipb), a fait paraître une tribune. Elle est intitulée « Le Bénin en route vers ''Alafia'' 2060 ». Explications à l'appui, elle présente les sept piliers de leviers. S'ils suscitaient l'intérêt du chef de l'Etat élu, ces défis, relevés, devraient présenter un Bénin davantage proche du développement.

Ci-dessous, l'intégralité de la tribune de Roland Riboux ...



« Le Bénin en route vers ''Alafia'' 2060 »


Roland Riboux, président du Cipb


Introduction

Le peuple béninois vient de voter. Nous allons avoir un nouveau Président pour les sept prochaines années, avec toutes les chances d’une prolongation pour sept années supplémentaires.

Quatorze ans pour mettre le Bénin sur la rampe de lancement du Bénin 2060 promis pour être « un monde de splendeur », un pays de paix, de bonne gouvernance, de prospérité, de rayonnement et de bien-être commun.

Nous venons de passer dix années intenses au cours desquelles le pays s’est couvert d’infrastructures, de sites inspirants, cependant qu’il adoptait les standards internationaux les plus exigeants.

Malgré cela, le Bénin reste un marché modeste aux yeux des investisseurs internationaux, avec quinze millions d’habitants dotés d’un pouvoir d’achat limité. L’économie est largement dépendante de la commande publique et une partie du PIB est générée grâce à l’endettement international.

Les investisseurs étrangers envisageant d’investir en Afrique de l’Ouest peuvent lui préférer la Côte d’Ivoire et le Nigéria.

Au sein même du phare de notre économie, la zone industrielle de Glo Djigbé, l’usine textile et les usines de décorticage de noix de cajou doivent faire face à la rude concurrence des usines, depuis longtemps amorties, respectivement du Bangladesh et du Vietnam.

Enfin, comment ne pas noter le gouffre qui existe entre les populations des villes, branchées sur internet et celle des villages où beaucoup ne maitrisent pas le français et n’arrivent pas à lire, même dans leur langue maternelle.

Pourtant la taille réduite de la population ne devrait pas être un obstacle : que l’on pense à la Suisse avec ses neuf millions d’habitants, grande puissance industrielle européenne !

Comment peut-on lancer le Bénin sur la voie de la prospérité et atteindre les objectifs qualitatifs énumérés par Alafia 2060 ?

Nous avons besoin pour cela d’une croissance à deux chiffres qui ne soit pas provoquée par la continuation d’un endettement de l’Etat qui, à terme, plomberait la croissance.

L’idée de cette tribune est de proposer que le relais soit pris par les opérateurs économiques, par une multitude d’initiatives de petits opérateurs économiques suscitant des progrès minuscules qui feront boule de neige.

Examinons une par une les différentes actions nous permettant d’atteindre ce résultat.



La malnutrition infantile


Aujourd’hui, un tiers des nourrissons ne reçoivent pas, dans les mille premiers jours suivant la conception, les nutriments dont ils ont besoin pour une croissance normale. Ce manque les suivra toute leur vie avec un handicap en matière de développement cognitif et de résistance aux maladies. Ce sujet a déjà été évoqué lors de la Conférence Internationale sur la Nutrition, organisée sous le parrainage du chef de l’Etat, les 27 et 28 septembre 2025, dont le suivi a été confié à l’Agence Nationale de l’Alimentation et de la Nutrition (ANAN).

Nous préconisons la création de jardins communaux dans les villages, gérés par les femmes, pour l’élevage de poules pondeuses et de poissons, ainsi que la culture de différentes plantes et autres légumes riches en nutriments.



L’analphabétisme


Celui-ci frappe encore 50 % de la population. L’analphabétisme doit être éradiqué comme cela a été réalisé à Cuba ou en Iran.

Cuba dispose d’une méthode "Yo si puedo" déjà transposée en français et qui pourrait être appliquée dans notre pays, y compris avec une transposition dans les différentes langues régionales.

Cette mesure, comme celle concernant la malnutrition infantile, devrait être mise en œuvre dès le premier septennat et parachevée lors du second.

Ces deux mesures devraient permettre de faire rentrer dans la vie économique des pans de la population qui en sont exclus de fait ou y participent peu.



Le paiement à bonne date des créances de l’Etat


Les dettes de l’Etat à l’égard de ses fournisseurs constituent une sorte de « shadow banking » : il arrive que l’Etat et ses démembrements mettent un an, voire deux, à régler leurs fournisseurs, lesquels doivent se retourner vers le système bancaire pour survivre à ces situations. En clair, ils accordent à l’Etat un crédit fournisseur à 0 %, cependant qu’eux-mêmes s’endettent à 8 ou 9 %, parfois plus, auprès des banques. Bien évidemment, ces fournisseurs, pour assurer leur survie, ont gonflé leurs offres de 20 ou 30 % ; ceux qui ne l’ont pas fait tombent en faillite.

Ce système est fondamentalement malsain et il doit être arrêté dans l’intérêt de tous.

La méthode ? Créer une base de données centralisée permettant de tracer chaque marché de l’Etat en précisant la date d’émission de la facture définitive ou du relevé ; classer en anomalie toute délivrance d’attestation de service fait ou de produit livré supérieur à 30 jours ; puis classer en anomalie tout règlement qui n’aurait pas été effectué dans les 30 jours qui suivent la délivrance de l’attestation.

Il sera certainement nécessaire de créer un mécanisme pour s’assurer que les fonds sont disponibles pour financer chaque activité prévue au budget de l’Etat et de ses démembrements. Un effet vertueux de cette réforme serait que des appels d’offre se feraient à des prix moins élevés dès l’instant où les entreprises privées sauraient qu’elles vont être réglées rapidement.

Sans cette réforme, il n’y aura guère de possibilités de croissance saine des opérateurs économiques tournés vers l’Etat.



L’énergie


Les opérateurs économiques paient leur électricité très cher par rapport à la concurrence internationale, de la Côte d’Ivoire à la Chine.

Développer l’énergie hydroélectrique est une très bonne idée : il faut espérer que le projet Dogo bis sur l’Ouémé soit bientôt lancé.

Bien plus prometteuse est l’option de l’énergie nucléaire, en particulier les mini-centrales nucléaires. Déjà l’Afrique du Sud, le Ruanda et le Cap-Vert se sont lancés dans l’aventure. Il est probable que, dans quatorze ans, l’Afrique de l’Ouest sera parsemée de telles centrales. Nous devons nous y préparer et dès maintenant prévoir une chaire du nucléaire à l’Université Technologique de Ouidah et nous mettre en chasse d’un bon programme PPP avec un grand opérateur fiable.

Une énergie bon marché, stable et sous notre contrôle est indispensable pour l’épanouissement d’un secteur privé industriel béninois solide.



Education civique et morale + éducation à la vie économique


La population adulte béninoise souffre d’un déficit de civisme et d’une méconnaissance des mécanismes économiques.

On reprendrait les choses à la base en intégrant une demi-heure par jour d’éducation civique et morale à partir de l’école primaire. Le CIPB travaille actuellement avec un consultant sur un programme adapté de livres anciens datant d’au moins cent ans, donc de l’époque où c’était une matière fondamentale.

Par ailleurs on s’inspirera de l’ouvrage de l’Américain Thomas Sowell, ’’Basic economics’’, pour donner des éléments de base d’économie pendant tout le secondaire, voire le supérieur.

A l’endroit des populations adultes, le Bénin pourrait développer des séries télévisées imprimant dans l’esprit de nos compatriotes des réflexes civiques.



Le levier fiscal


Depuis dix ans, la Dgi (Direction générale des Impôts, Ndlr) a accompli un travail remarquable de chasse à la fuite devant l’impôt et à la fraude fiscale.

La Direction des impôts doit maintenant se réinventer, sans quoi la pression fiscale sur les entreprises évoluant dans le formel deviendra un frein à la croissance.

Un domaine non exploré est celui du cinéma, secteur qui n’existe pas réellement au Bénin. Pour attirer les grandes productions, l’Afrique du Sud ou le Maroc ont, à l’image de la Belgique avec son "tax shelter", largement défiscalisé ce secteur, créant ainsi de nombreux emplois et du chiffre d’affaires pour les fournisseurs de services chaque fois qu’une production est lancée. Nous avons tout intérêt à adopter ces pratiques fiscales.

L’impôt sur les sociétés est un autre domaine dans lequel certains états se font remarquer, tels que Hong-Kong, Singapour, l’Estonie où le taux est à 15 %. On observe généralement que, lors du passage à ce taux moins élevé, il n’y a pas de perte de recette totale, car des opérateurs économiques vivant dans l’informel préfèrent alors se formaliser à un faible coût plutôt que de vivre dans l’insécurité. Par ailleurs, ce serait un produit d’appel vis-à-vis des investisseurs internationaux qui y verraient un important élément de différenciation avec les autres options de la sous-région.

Bien entendu, l’informel et la fraude n’ont pas disparu. Il serait intéressant d’avoir des relations de travail et d’échanges avec des responsables de la fiscalité dans des pays tels que le Ghana ou l’Inde.



L’enseignement professionnel


Depuis dix ans, la promotion de l’enseignement professionnel a fait partie des préoccupations du Gouvernement en particulier l’enseignement agricole.

Il conviendrait de continuer dans cette lancée et de promouvoir l’éducation duale comme en Suisse où 80 % des élèves du secondaire n’iront pas vers le baccalauréat classique mais vers une formation professionnelle couplée à l’apprentissage.



Conclusion


Le nouveau Président a déclaré que son septennat serait social.

En paraphrasant le proverbe chinois, nous espérons que, plutôt que de nous donner des poissons, il nous apprendra à en pêcher.

Sous le Président Patrice Talon, l’Etat a eu la prééminence par rapport aux opérateurs économiques, grâce à quoi nous avons désormais un socle d’infrastructures matérielles et immatérielles sur lequel nous pouvons nous appuyer.

Nous souhaitons que, sous la nouvelle Présidence, les opérateurs économiques, créateurs de richesses, aient la prééminence, bien entendu sous la gouvernance de l’Etat.

Si cette stratégie réussit, nous ne serons rien de moins qu’un modèle de développement pour toute l’Afrique subsaharienne.


Roland Riboux

Président du Conseil des Investisseurs privés au Bénin (Cipb) 

mardi 2 janvier 2018

Le discours conformiste et mystérieux du Président Talon à la nation

Dans le cadre de la célébration du Nouvel an

Dans le milieu de la soirée du dimanche 31 décembre 2017, le Président de la République du Bénin a présenté le très traditionnel discours à la nation, lié à l’entrée dans la nouvelle année. Dans son adresse au peuple, Patrice Talon a suivi les sentiers battus de la bienséance, ce qui ne lève aucunement un coin de voile sur les grandes options du Chef de l’Etat en 2018, à moins qu’on veuille bien lire entre les lignes de son propos.  

Patrice Talon s'adressant à la nation béninoise
« Je me consacre pleinement à [agir et changer le cours de notre destin commun] ». L’une des étapes fortes et sibyllines du discours que le Chef de l’Etat, Patrice Talon, a présenté à la nation, à quelques heures de la nouvelle année, dans la soirée du dimanche 31 décembre 2017. La brièveté de son adresse à la nation a été apparemment voulue, de sa part, pour éviter de s’étendre sur les griefs du peuple envers sa gouvernance, depuis son arrivée au pouvoir le 6 avril 2016. Et, parmi tous les dossiers sur lesquels on l’attendait, un seul, vraisemblablement, a fait sa fierté : le vote par le Parlement de la mise en place de la police républicaine, un corps purement sécuritaire relevant de la fusion de la police et de la gendarmerie, un quitus qui a conduit, de sa part, à une promulgation instantanée de la loi y afférant, aussitôt que la Cour constitutionnelle a mentionné n’y trouver aucune trace d’inconstitutionnalité.
Dans son discours, le Président Talon a affirmé : « En m’adressant à la Représentation nationale, je savais que c’est à chacun d’entre vous que je m’adressais. Je sais que vous m’avez écouté. Je sais aussi que vous m’avez compris ». Il s’agit d’une manière subtile pour le Chef de l’Etat de démontrer son pragmatisme, indiquant que pour savoir ce que le peuple doit attendre de lui en 2018, il suffira simplement de se référer à son discours sur l’état de la nation, devant les Députés, un texte dans lequel il a martelé, notamment, la continuation d’une lutte sans failles contre la corruption. Un renvoi qui fait gagner du temps à tous et qui ouvre la voie à ce que le peuple avise, en son temps, sur les résultats que cette lutte aura produits.
Très conventionnel, le Président Talon n’a pas omis de présenter ses vœux à ses compatriotes. A lire plutôt …

Marcel Kpogodo



Intégralité du message de vœux du Président Talon à la nation


Mes chers compatriotes,

La fin d’une année, quelles que soient l’époque et la communauté humaine, est un événement majeur aux plans personnel, familial et national.
Au-delà de ce que l’année qui s’achève aura représenté pour chacun de nous en termes d’épreuves, de défis ou d’enjeux, de peines ou de joies, l’entrée dans une nouvelle année reste un moment de grâce.
Un moment de grâce car, quelles que soient nos difficultés du moment, le temps à venir est toujours un temps d’espérance. C’est à la fois une évidence et un principe de base de la vie, car tout reste possible tant que l’on reste vivant et déterminé.
Soyons donc confiants, et vivons sereinement ce moment de réjouissances et de festivités, qui est aussi un moment de recueillement, voire de méditation profonde sur notre vie, notre environnement, notre travail, nos communautés, notre cher pays.

Mes chers compatriotes,

Dans la fonction qui est la mienne, c’est également un moment où l’on s’arrête pour faire un bilan d’étape, car le rythme de l’activité gouvernementale est un rythme accéléré et exigeant, où chaque jour qui passe appelle des décisions majeures qui engagent la vie de la Nation.
C’est à ce devoir d’explication et de vérité sur l’état de notre chère Nation que je me suis consacré le 22 décembre dernier à l’Assemblée Nationale. En m’adressant à la Représentation nationale, je savais que c’est à chacun d’entre vous que je m’adressais.

Je sais que vous m’avez écouté.

Je sais aussi que vous m’avez compris.

Ainsi, au-delà des incompréhensions parfois légitimes, rien ne pourra troubler le dialogue sincère et républicain que j’aurai toujours avec vous. Je suis ouvert à l’approfondissement de ce dialogue dans toutes ses dimensions.
Comme je l’ai rappelé à l’Assemblée nationale, vous m’avez élu pour agir et changer le cours de notre destin commun.
Je me consacre pleinement à cette mission jour et nuit, avec le discernement qui sied à la fonction, et dans l’intérêt général du peuple béninois.
Je le fais, convaincu que notre pays, le Bénin, mérite le meilleur.
Je le fais, conscient que pour l’atteindre, nos efforts et sacrifices d’aujourd’hui sont indispensables.
C’est à ce prix que nous contribuerons, pour le compte de notre génération, à élever notre pays, à lui rendre sa dignité, à en faire une référence dans le concert des nations, et à faire de nous un peuple fier.
A cet égard, j’apprécie à sa juste valeur la contribution de chacun de vous, de chacun de nous, à la réalisation de cette grande cause.

Mes chers compatriotes,

Tant que nous sommes en vie, nous sommes capables de mieux. Mais l’un des préalables à la pleine jouissance de la grâce de vie, c’est la sécurité, la paix, la quiétude partout où la vie s’exprime.
C’est pourquoi mon Gouvernement a repensé le système sécuritaire de notre pays, avec le souci d’une plus grande efficacité et d’une mutualisation optimale des ressources destinées au secteur de la Défense et de la Sécurité.
L’Assemblée nationale vient d’adopter le projet de loi portant création de la Police Républicaine. C’est elle qui sera désormais la Force unique de sécurité intérieure.
Il s’agit d’une nouvelle Force issue de la fusion de la Police et de la Gendarmerie, qui va concourir grandement au renforcement de la protection des citoyens et de leurs biens, et donc de leur mieux-être dans un cadre de vie apaisé et amélioré.
Je forme donc le vœu que l’année 2018 soit, pour chacun de vous, pour chacun de nous, une année de paix et de sécurité, une année de bonne santé, de grande espérance, de joie et de réussite à la fois dans nos projets personnels et au service de notre cher et beau pays, le Bénin.

Bonne et heureuse année 2018.

Je vous remercie.

samedi 22 avril 2017

Léonce Houngbadji s’adresse aux Béninoises et aux Béninois

Dans le cadre du rejet par la Cour constitutionnelle de la Loi n° 2017-03


Le 20 avril 2017, la Cour constitutionnelle s’est prononcée sur la Loi n° 2017-03 portant régime général d’emploi des collaborateurs externes de l’Etat, votée pat le Parlement, le 17 mars dernier. Elle l’a déclarée non conforme à la Constitution du 11 décembre 1990. Cette situation a poussé Léonce Houngbadji, Président du Parti pour la libération du peuple (Plp), à rendre publique une Déclaration à l’endroit du peuple béninois, par le biais de la presse nationale et internationale, dont la teneur, ci-dessous.

Léonce Houngbadji,Président du Parti pour la libération du peuple (Plp)


Déclaration du Président du Parti pour la Libération du Peuple (PLP) à la presse nationale et internationale

Cotonou, le 21 avril 2017

Mes chers compatriotes,

Encore un nouveau camouflet pour le régime Talon. La Cour Constitutionnelle vient de porter un coup dur aux dérives autoritaires de ce Gouvernement, caractérisé, entre autres, par le vote de lois scélérates et liberticides, au gré des circonstances ou en fonction d’intérêts fluctuants.

Qu'il vous souvienne que le 16 mars 2017, le Parti pour la Libération du Peuple (PLP) était aux cotés des travailleurs, notamment de la CSTB et de la Fésyntra-Finances, sur l’esplanade de l’Assemblée Nationale, dans le cadre d’un sit-in, pour exiger le retrait pur et simple de la Loi N°2017-03 portant régime général d’emploi des collaborateurs externes de l’Etat, finalement votée par l’Assemblée nationale, le 17 mars 2017. Mais, la majorité parlementaire mécanique, forte de sa suprématie numérique, est passée outre l'avertissement du peuple travailleur.

Par Décision DCC 17-087 du 20 avril 2017, la Cour Constitutionnelle a déclaré cette loi inconstitutionnelle.

La Constitution est le texte qui fonde l’organisation de notre Etat et qui garantit le respect des droits fondamentaux des personnes. Pour ces deux raisons, il est nécessaire de la protéger des modifications de circonstance et de la violation des principes qu’elle définit. La Décision DCC 17-087 de la Cour Constitutionnelle est donc une victoire pour le peuple béninois sur le pouvoir despotique de Monsieur Patrice Talon, qui méprise les institutions de la République et viole allègrement la loi fondamentale et d’autres textes et lois qui fondent notre République.

Le contrôle de constitutionnalité qu’exerce de plus en plus la Cour permet d’éviter des atteintes injustifiées à la Constitution. Il est donc reproché au Gouvernement une loi alors qu’il en existe déjà une autre loi portant statut général de la fonction publique, votée le 27 août 2015, mise en conformité le 23 février 2017 et non encore promulguée, à ce jour. Que cache alors une nouvelle loi spéciale portant régime général d’emploi des collaborateurs externes de l’Etat ? La réponse est claire : privatiser la fonction publique et dilapider les fonds publics. En témoigne le fait que la proposition de loi votée par les députés n’était pas accompagnée de propositions de recettes pour compenser les dépenses générées par ladite loi. De plus, la ligne budgétaire et la grille indiciaire applicable à ces agents n’ont pas été proposées.

Depuis le 06 avril 2016, le Gouvernement Talon a déjà violé plus de dix fois la Constitution du 11 décembre 1990. Pire encore, il ignore royalement les décisions de la Haute juridiction : Loi PPP, cumul de fonctions pour le Ministre de la Justice, Joseph Djogbénou, interdiction d’activités aux organisations d’étudiants, code des marchés publics, loi sur les collaborateurs externes, suspension des membres de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes du Bénin (Arcep-Bénin), … La liste est longue.

En un an, le Président de la République et son Gouvernement ont battu le record de la violation de la Constitution du 11 décembre 1990. La Constitution est formellement violée, tous les jours. Le Chef de l’Etat a régulièrement empiété sur les prérogatives de la Cour Constitutionnelle. Une dérive qui s'est aggravée avec l’application de la Loi sur le Partenariat Public-Privé, sans sa mise en conformité avec la Constitution.

On peut considérer, aujourd’hui, que nous sommes la seule monarchie de la sous-région ouest-africaine. Non pas au sens de royauté mais au sens de "pouvoir d’un seul". Je ne crois pas qu’il y ait, dans notre espace sous-régional, un pays où un seul homme puisse dire « Je veux » et être certain que ça deviendra une loi, au bout de quelques jours.

Le Président de la République doit son omnipotence à son influence sur les parlementaires. Le problème est que la vie politique tourne autour du Président. En ce sens, il est difficile de parler de séparation des pouvoirs, on devrait dire confusion des pouvoirs.

Le Parti pour la Libération du Peuple (PLP) encourage la Cour Constitutionnelle à continuer d’accomplir pleinement et convenablement sa mission républicaine, conformément à la loi, et l’invite à ne pas céder aux pressions, au chantage, au mépris, à la «ruse» et à la «rage» d’un régime impérieux, qui cherche à légaliser la mal gouvernance, la corruption, l’impunité, les écoutes téléphoniques, les intimidations, les filatures, le népotisme, les conflits d’intérêts au sommet de l’Etat et l’écrasement des faibles et des voix critiques.

Le Parti pour la Libération du Peuple (PLP) invite le peuple béninois, épris de paix, de liberté et de justice, et les députés qui sont encore en phase avec le peuple à rester mobilisés pour faire échec aux propositions de loi sur le renseignement, le secret de la défense nationale, l’identification des personnes physiques et bien d’autres lois sur la table des députés, à l’Assemblée Nationale. Seule la lutte paie. Debout le Bénin.

Vive le Bénin !
Vive la liberté !
Vive le PLP !

Je vous remercie !

vendredi 25 mars 2016

Patrice Talon, Président de la République du Bénin, avec 65,37% des suffrages

Selon les résultats provisoires de la Cour constitutionnelle


La Cour constitutionnelle a proclamé les résultats provisoires du second tour de l’élection présidentielle du 20 mars 2016. Ainsi, Patrice Talon est déclaré élu Président de la République, conformément aux grandes tendances annoncées par la Commission électorale nationale autonome (Céna), le lundi 21 mars dernier.

Patrice Talon
65,37%, pour un total de 2.030.941 suffrages exprimés en faveur de Patrice Talon, déclaré élu Président de la République, le dimanche 20 mars 2016, jour du déroulement du second tour de l’élection présidentielle. Le verdict qu’a livré la Cour constitutionnelle du Bénin, par la voix de son Président, Théodore Holo. L’événement s’est produit en ce début d’après-midi du vendredi 25 mars 2016. De son côté, Lionel Zinsou, son challenger, se rend maître d’1.076.061 de voix, ce qui équivaut à 34,63% du total des 3.107.002 votants.
A en croire Théodore Holo, après 5 jours d’attente, si aucun recours ne vient remettre en cause ces résultats, ils seront déclarés définitifs. Dans un contexte où, le lundi 21 mars 2016, à 2h50 précises, Lionel Zinsou avait personnellement appelé au téléphone Patrice Talon pour le féliciter de sa victoire et lui souhaiter une bonne chance, il n’y a véritablement plus de doute que Patrice Talon est la personnalité du Bénin qui, à partir du 6 avril prochain, portera le titre, à plusieurs branches, très convoité de « Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement, Chef suprême des armées », disposant ainsi de la dernière manette institutionnelle pour mettre en œuvre le programme du ’’Nouveau départ’’, pour la période 2016-2021.


Marcel Kpogodo

lundi 14 mars 2016

Les suffrages par candidat publiés par la Cour constitutionnelle

Dans son audience du dimanche 13 mars 2016


La fin d'après-midi du dimanche 13 mars 2016 a permis à la Cour constitutionnelle de procéder à la proclamation des résultats liés au 1er tour de l'élection présidentielle du 6 mars dernier. Il ressort une confirmation des grandes tendances livrées précédemment par la Commission électorale nationale autonome (Céna), mettant, inévitablement, Lionel Zinsou et Patrice Talon, arrivés, respectivement, en 1ère et 2ème position, en duel, à un second tour, prévu pour le 20 mars 2016.

Théodore Holo

Suffrages obtenus par les candidats : 

1- Monsieur Lionel Alain Louis ZINSOU-DERLIN : 858 080
2- Monsieur Patrice Athanase Guillaume TALON : 746 528
3- Monsieur Sébastien Germain Marie Aïkoué AJAVON : 693 084
4- Monsieur Abdoulaye BIO TCHANE : 262 389
5- Monsieur Makandjou Pascal Jean Irénée KOUPAKI : 177 251
6- Monsieur Robert GBIAN : 46 634
7- Monsieur Fernand Marcel AMOUSSOU : 35 390
8- Monsieur Salifou ISSA : 30 855
9- Monsieur Natondé AKE : 26 501
10- Monsieur Nassirou BAKO ARIFARI : 19 012
11- Monsieur Mohamed Taofick Atao HINNOUHO : 12 441
12- Monsieur Saliou YOUSSAO ABOUDOU : 12 215
13- Monsieur Bertin KOOVI : 11 292
14- Monsieur M. D. Richard A. Marcellin SENOU : 8 123
15- Monsieur Karimou CHABI SIKA : 7 351
16- Monsieur Zulkifl Olayinka SALAMI : 6 782
17- Madame Elisabeth AGBOSSAGA : 5 802
18- Monsieur Issifou KOGUI N’DOURO : 5 130
19- Monsieur Zacharie Cyriaque GOUDALI : 4 998
20- Monsieur Kamarou FASSASSI : 4 820
21- Monsieur Gabriel Laurex Ayivi AJAVON : 4 371
22- Monsieur Marcel Alain Arsène de SOUZA : 4 247
23- Monsieur Azizou EL HADJ ISSA : 4 143
24- Monsieur Omer Rustique GUEZO : 3 999
25- Monsieur Cossi Jean-Alexandre HOUNTONDJI : 3 893
26- Monsieur Daniel EDAH : 3 694
27- Madame Akuavi Marie Elise Christiana GBEDO : 3 597
28- Monsieur Christian Enock LAGNIDE : 3 391
29- Monsieur Issa BADAROU-SOULE : 3 380
30- Monsieur Simon Pierre ADOVELANDE : 2 858
31- Monsieur Moudjaïdou SOUMANOU ISSOUFOU : 2 648
32- Monsieur Gatien HOUNGBEDJI : 2 287
33- Monsieur Kessilé TCHALA SARE : 1 272


Marcel Kpogodo

mardi 8 mars 2016

Lionel Zinsou et Patrice Talon, dans un second tour sans merci

A partir des tendances publiées par la Céna

Au petit matin de ce mardi 8 mars 2016, la Commission électorale nationale autonome (Céna) a rendu publiques les grandes tendances liées au déroulement de l'élection présidentielle, le dimanche 6 mars 2016, au Bénin. Il ressort des chiffres proposées que, par ordre de mérite, Lionel Zinsou et Patrice Talon s'affronteront au second tour. 


Voici les chiffres de la Céna présentant Lionel Zinsou et Patrice Talon comme les 2 vainqueurs du 1er tour de l'élection présidentielle du 6 mars dernier : 


Nombre d’inscrits : 4.702.168
Suffrages exprimés : 3.10.888 hormis les bulletins nuls
Taux de participation : 64,03% hormis les bulletins nuls

Suffrages recueillis par chaque candidat

 Azizou El Hadj Issa : 4077, soit  0,14% des voix

Karimou Chabi Sika : 7236 voix, 0.24% des voix

Elisabeth Agbossaga : 5604 voix, soit 0,19%

Saliou Youssao Abdou :  11935, soit  0,40%

Jean Alexandre Hountondji : 3771 voix, soit 0,13%

Marie-Elise Gbèdo : 3506 voix, soit 0,12%

Richard Sènou : 7924 soit 0,26%

Aké Natondé : 28463 soit 0,88%

Salifou Saley : 31225, soit 1,04%

Soumanou Issifou Moudjaidou : 2573, soit  0,09%

Simon-Pierre Adovèlandé : 2788, soit 0,09%

Enock Christian Lagnidé : 3174, soit  0,11%

Zul Kifl Salami : 6431, soit  0,21%

Atao Hinnouho : 12009, soit 0,40%

Bertin Koovi : 10645, soit 0,35%

Sébastien Germain Ajavon : 693.492  soit 23,03%

Issifou Kogui N’Douro: 4791 voix,  soit 0,16%

Issa Badarou: 2804, soit  0,09%

Kamarou Fassassi : 1676, soit 0,06%

Lionel  Zinsou: 856.218 soit 28,44%


Robert Gbian : 47042, soit 1,56%

Zacharie Cyriaque Goudali : 4793, soit 0,16%

Gabriel Ajavon : 4040  soit  0,13%

Kessilé  Tchalla Sarè: 1258, soit 0,04%

Nassirou Bako Arifari: 19061, soit 0,63%

Gatien Houngbédji : 2213, soit 0,07%

Pascal Iréné Koupaki : 176286, soit  5,85%

Marcel Alain de Souza : 3927 soit 0,013%

Omer Rustique Ghézo : 3844, soit 0,13%

Fernand Amoussou :  35214, soit 1,17%

Patrice G. Talon : 746798, soit 24,80%


Abdoulaye Bio Tchané : 264.515 voix, soit 8,79%

Daniel Edah : 3555, soit 0,12%

Le dernier mot en reste à la Cour constitutionnelle qui est urgemment attendue pour valider ou infirmer ces résultats, pour, tout ou moins, lancer la poursuite du processus de l’élection présidentielle.

Marcel Kpogodo