mardi 8 mars 2016
Lionel Zinsou et Patrice Talon, dans un second tour sans merci
dimanche 20 février 2011
Elections présidentielles au Bénin
Pascal Todjinou, Secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cgtb)Dans la perspective des prochaines élections
La Cgtb opte pour une veille citoyenne
Les membres du Secrétariat exécutif national de la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cgtb), entre autres, et les Secrétaires généraux des 114 organisations syndicales affiliées à cette Confédération étaient réunis, hier, 10 février 2011, à Cotonou, dans le cadre d’un Conseil confédéral extraordinaire. Il était question de réfléchir sur la situation politique nationale afin de déterminer l’attitude que doivent avoir les travailleurs membres de la Cgtb, qui sont, avant tout, des citoyens.
Le thème de ce Conseil confédéral extraordinaire était relatif à la “Responsabilité des travailleurs face aux enjeux électoraux“. En effet, la réalisation de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) cristallise une vive tension entre la mouvance présidentielle et l’opposition et, ce, dans l’optique des élections présidentielles et législatives à venir. Face aux enjeux qui découlent de ce double scrutin, la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cgtb) a décidé de réunir son instance dirigeante et les représentants de tous les syndicats qui lui sont affiliées. Dans son allocution introductive, Pascal Todjinou, Secrétaire général de la Cgtb, a tenu à indiquer que toutes les déclarations de la centrale syndicale qu’il dirige étaient fondées sur la base des textes qui la régissent. Il a rappelé les termes de l’article 5 des Statuts de la Cgtb, qui stipulent qu’elle n’est pas un parti politique et qu’en aucun cas elle ne peut s’affilier à une formation politique. Toutefois, il est permis que la Cgtb puisse se prononcer sur toutes les questions politiques, économiques et socioculturelles, ayant trait à la vie des travailleurs. C’est donc fort de cela que Pascal Todjinou est revenu sur les dysfonctionnements enregistrés depuis le début du processus devant conduire à la réalisation de la Lépi. Il a, notamment, mis en avant, le manque de consensus entre les différents acteurs, les failles de la cartographie censitaire et la vétusté des kits devant servir à l’enregistrement biométrique, ces faits ayant eu comme conséquence de mettre sur le carreau 1,4 millions de béninois qui ne se sont pas fait enregistrer. Selon lui, cela engendrera une frustration qui pourrait conduire à des troubles à l’ordre publique. C’est pourquoi, la Cgtb utilisera, de façon pacifique, tous les moyens de pression légaux pour que les problèmes évoqués soient rectifiés. Ainsi, le droit au suffrage universel de tous les citoyens sera respecté. Mais, la Cgtb lance surtout un appel aux autorités de toutes les institutions qui doivent jouer un rôle dans le processus électoral ; ils sont vivement invités à jouer leur partition, pour que le Bénin traverse sans heurts la période électorale actuelle.
Bernado Houenoussi
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Elections présidentielles au Bénin
Le nerf de la guerre
Toute campagne électorale ne saurait être menée sans un bon magot financier. Au Bénin, comme dans tous les pays du monde, c’est le cas. Mais, si dans un pays qui se respecte, l’origine des fonds servant à la campagne électorale doit être facilement vérifiable, au Bénin, pour procéder à une telle vérification, il faudrait parcourir un chemin de croix. Officiellement et, ce, jusqu’à la dernière élection présidentielle de 2006, les fonds dépensés par tout candidat ne doivent pas dépasser la barre des 500 millions de FCFA. Une disposition régulièrement battue en brèche lors de toutes les campagnes présidentielles, depuis l’avènement du renouveau démocratique, étant donné toutes les sommes qui sont dépensées durant la longue période de précampagne, qui précède la campagne officielle. Aujourd’hui, avec la nouvelle Loi relative aux règles générales pour les élections en République du Bénin, les candidats sont autorisés à dépenser jusqu’à 2.5 milliards de F Cfa. L’origine de ces fonds n’étant pas connue, leur utilisation lors des élections est la porte ouverte au blanchiment d’argent. Il est donc facile de donner une “blancheur immaculée“ à des fonds ayant une origine fort douteuse. Dans le même ordre d’idées, il est difficile pour un candidat de mobiliser spontanément ces supposés sympathisants. Ceux qui font acte de présence lors des meetings politiques et autres manifestations du même acabit, espèrent forcément être gratifiés en espèces sonnantes et trébuchantes. Personne ne parle sérieusement de la provenance de ces fonds ou bien chacun de nous fait fi d’en parler ouvertement. C’est un jeu de poker menteur où le citoyen fait l’impasse sur un droit fondamental, celui qu’il a d’exiger du candidat, à telle ou telle élection, une clarté sur toute la ligne. Parvenu au pouvoir, celui-ci aura tôt fait de jouer des pieds et des mains afin que ses soutiens financiers, lors de la campagne électorale, puissent entrer en possession de leurs fonds. Et, pour la circonstance, il lui faut un haut vol de magouilles et de pratiques pas très orthodoxes pour le décaissement de ces fonds. Au-delà de cela, nous sommes dans un cercle vicieux où il n’existe pas au Bénin une loi qui soit destinée à permettre un financement public des partis politiques. Mais, elle servira à clarifier également les conditions dans lesquelles un particulier ou une entreprise privée peuvent soutenir le candidat de leur choix. Les fonds à allouer par l’Etat aux partis politiques régulièrement enregistrés peuvent être déterminés en fonction du nombre de suffrages qu’ils ont obtenus lors de chaque scrutin. Autre avantage, cela pourrait dynamiser la vie des partis politiques qui, on ne le dira jamais assez, ne sont que des clubs électoraux réunissant des personnes, juste pour des intérêts personnels et qui sont au service du principal bailleur de fonds du parti. Malheureusement, aucun des candidats lors de la prochaine élection présidentielle n’a évoqué concrètement cette question ô combien importante ! pour le pays tout entier. Et, en revenant, une fois de plus, à l’origine de ces fonds, s’ils proviennent de trafics illicites, cela mettrait l’Etat au service de mafieux qui, dans l’ombre, tireront les ficelles et, ce, au mépris de la volonté du peuple. Néanmoins, on peut croire que le fait de disposer du nerf de la guerre ne suffit pas à s’assurer une victoire à quelque élection que ce soit au Bénin. Mais, le rôle qu’il joue est un terreau fertile au travestissement des valeurs les plus élémentaires, dans le cadre d’une démocratie. Et, l’une des plaies de la démocratie au Bénin est l’achat de conscience lors des élections.
Bernado Houenoussi

