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mardi 23 octobre 2018

Le Fsp et les Fcbe s’insurgent contre la condamnation de Sébastien Ajavon


Par deux communiqués parvenus à notre Rédaction

En une journée d’écart, les partis politiques que sont le Front pour le Sursaut patriotique (Fsp) et les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) ont réagi publiquement face à la condamnation par la Cour de Répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) de l’homme d’affaires, Sébastien Ajavon, le jeudi 18 octobre 2018, à 20 ans d’emprisonnement ferme et au paiement à l’Etat béninois d’une amende de cinq millions de Francs Cfa, dans l’affaire des 18 kilogrammes de cocaïne, découverts dans l’un des conteneurs appartenant à l’une des entreprises que dirigeait le Président du Conseil national du patronat du Bénin (Cnp-Bénin). La sortie de ces formations politiques s’est manifestée à travers la publication respective de deux communiqués les 19 et 20 octobre 2018. Intégralité des deux textes …

Marcel Kpogodo


Sébastien Ajavon

 
Intégralité du Communiqué du Front pour le Sursaut patriotique (Fsp)



COMMUNIQUE
A PROPOS DE LA CONDAMNATION DE SEBASTIEN AJAVON ET SES CO-ACCUSES PAR LA CRIET.

            Le verdict du honteux et arbitraire procès contre Sébastien AJAVON dans l’affaire dite des "18 kgs de cocaïne" est tombé hier 18 octobre en fin de soirée. Sans surprise et dans une accointance totale, le procureur spécial, Ulrich TOGBONON et le président Edouard GANGNI de la Cour de Répression des Infractions Economiques et du Terrorisme (CRIET), ont prononcé la peine maximale : 20 ans de prison ferme, 5 millions d’amende et un mandat d’arrêt international contre Sébastien AJAVON et ses trois co-accusés Nestor AJAVON, Barnabé ELOUA et Christian TOLODJI.
            Oui, sans surprise, mais dans la consternation et la souffrance renouvelées et aggravées des citoyens et pour la honte de notre pays.
Après avoir opéré avec des tribunaux ordinaires de première instance pour condamner tous azimuts des opposants politiques tels Laurent METONGNON et consorts, le pouvoir s’est donné une Cour d’exception sans recours, la fameuse CRIET dont l’objet est clair : un tribunal d’Inquisition. Ainsi, le procès de la CRIET contre AJAVON est une manifestation et un épisode sinistres du déni de justice en œuvre et en cours au Bénin depuis l’arrivée au pouvoir du Président TALON. Juger une affaire déjà jugée, priver les avocats de la défense du droit à la plaidoirie, tels sont quelques-uns des exploits que la Justice sous le "Bénin révélé" révèle au monde tout entier.
Chaque jour, le peuple se voit confirmer la nature du pouvoir au Bénin depuis avril 2016 : une dictature autocratique ayant soumis et vassalisé toutes les institutions de la République et  instauré une Justice à ordre contre les opposants et résistants à sa politique.
            Le peuple béninois est replongé dans l’angoisse des années lugubres du PRPB avec des citoyens embastillés ou poussés à l’exil forcé pour leurs opinions et attitudes hostiles à l’autocrate régnant. Ceci est inadmissible.
            C’est pourquoi, le FSP dénonce et condamne la poursuite et le verdict ignoble contre Sébastien AJAVON et ses co-accusés et exige la fin de ces poursuites.
            Le FSP appelle le peuple à redoubler de courage et de détermination dans son organisation et dans ses combats pour obtenir la libération des détenus politiques et le retour de tous les exilés politiques.
            L’histoire et ses propres expériences le confirment pour notre peuple : aucune dictature ne résiste devant un peuple organisé et déterminé.       
                             
LIBERTE POUR SEBASTIEN AJAVON ET SES CO-ACCUSES !
LIBERTE POUR TOUS LES DETENUS ET LES EXILES POLITIQUES !
A BAS L’AUTOCRATIE !
VICTOIRE AU PEUPLE !

            Cotonou, le 19 octobre 2018
                                                                       Le FSP




Intégralité du Communiqué des Fcbe


C’est avec beaucoup de consternation que les militants du parti FCBE ont suivi le jeudi 18 octobre 2018, la parodie de justice mise en œuvre par le Gouvernement de la ruse et de la rage à travers la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET), institution aux ordres, qui a conduit honteusement à la condamnation à vingt ans d’emprisonnement ferme et à une amende de montant francs CFA cinq millions (FCFA 5.000.000), du Président d’honneur de l’Union Sociale Libérale (USL) parti politique de l’opposition, Monsieur Sébastien Germain AJAVON, avec à la clé, un mandat d’arrêt international, dans le dossier dit des 18 kg de cocaïne.
C’est l’aboutissement d’une procédure dans laquelle étaient parties, la douane béninoise puis Sébastien Germain AJAVON et ses co-accusés.
La justice, par définition, est un principe philosophique, juridique et moral fondamental en vertu duquel les actions humaines doivent être sanctionnées ou récompensées en fonction de leur mérite au regard du droit, de la morale, de la vertu ou autres sources normatives de comportements.
Force est de constater qu’au cours de ce procès qui a plongé davantage le Bénin dans le ridicule, les droits de la défense, point cardinal de la procédure pénale, n’ont pas été respectés, alors qu’en matière répressive, ils possèdent une importance particulière. Définis comme l’ensemble des prérogatives qui garantissent au mis en cause, la possibilité d’assurer effectivement la protection de ses intérêts, les droits de la défense constituent un principe à valeur constitutionnelle.
Malheureusement l’objectif visé par cette procédure étant déjà connu avant même qu’elle n’ait démarré, les principes d’équité et d’impartialité ont été ignorés par cette cour d’exception créée aux fins.
Ainsi, après les innombrables violations de notre loi fondamentale depuis le 06 avril 2016, voici le Bénin, à nouveau ”révélé” au monde entier comme un pays de non droit, où les accusés ne bénéficient plus de l’habeas corpus.
Par le présent communiqué, le Bureau Politique du parti FCBE dénonce et condamne avec véhémence :
– cette sentence donnée par une cour régie par une loi scélérate votée en catimini par une poignée de députés du BMP
– cette décision inique qui est une illustration de ce qu’il a toujours décrié depuis l’avènement du pouvoir du nouveau départ.
– cette forfaiture et cet acharnement contre les forces de l’opposition au régime dit de la rupture
– cette décision qui vient confirmer la volonté manifeste d’un régime aux abois, de déstabiliser et de faire disparaître toute opposition dans notre pays.
– cette politique de ruse hostile aux critiques et à la contradiction.
Le parti FCBE ne laissera aucun homme politique, fut-il Président de la République, remettre en cause les acquis issus de l’historique Conférence des Forces Vives de la Nation de février 1990.
En conséquence, tout en apportant son soutien au Président AJAVON et au parti USL, le parti FCBE invite tous les Béninois épris de paix et de justice à se mobiliser pour dire :
– NON aux dérives du régime de la rupture
– NON à la caporalisation de la justice
– NON au règlement de compte politique
– NON à la violation des acquis de la Conférence des Forces Vives de la Nation
– NON à la création d’une juridiction d’exception rétrograde, bras opérationnel d’un système en lutte contre son peuple.
Le parti FCBE invite ses militants à se considérer désormais comme au front et prêts à défendre par tous les moyens légaux la démocratie et l’état de droit dans notre pays.
Le parti invite enfin toutes les forces politiques de l’opposition à resserrer leurs rangs pour mettre fin aux dérives totalitaires du régime de la ruse et de la rage.
Ensemble nous pouvons.
Ensemble nous serons plus forts.
Vive la démocratie au Bénin !
À bas la dictature !


Fait à Cotonou le 20 Octobre 2018

LE BUREAU POLITIQUE DU PARTI FCBE

lundi 24 septembre 2018

« Le Fsp salue la levée de boucliers de tout le peuple et […] de la jeunesse contre ce décret de racket »


Dans le cadre d’un Communiqué rendu public

Suite à l’abrogation du Décret n° 2018-341 du 25 juillet 2018 portant introduction d’une contribution sur la consommation des services de communications électroniques fournis par les réseaux ouverts au public en République du Bénin, le Front pour le Sursaut patriotique (Fsp) a rendu public, le lundi 24 septembre 2018, un communiqué analysant en profondeur les tenants et les aboutissants de cette situation ayant amené le Gouvernement Talon à opérer un repli spectaculaire. De plus, le Fsp y félicite le peuple et les jeunes …

Marcel Kpogodo

Léonce Houngbadji, membre du Front pour le Sursaut patriotique (Fsp)


Intégralité du Communiqué du Front pour le Sursaut patriotique (Fsp)




FRONT POUR LE SURSAUT PATRIOTIQUE (FSP)
Cél : 97983565 / 97980179



COMMUNIQUE A PROPOS DE L’ABROGATION DU DÉCRET PORTANT TAXATION DES COMMUNICATIONS ÉLECTRONIQUES

Le 22 septembre 2018, trois jours après la mise en œuvre du décret n° 2018-341 du 25 juillet 2018 portant introduction d’une contribution sur la consommation des services de communications électroniques fournis par les réseaux ouverts au public en République du Bénin, le Gouvernement annonce l’abrogation dudit décret et le retour aux tarifs antérieurs à compter du lundi 24 septembre 2018.
Cette reculade donne des leçons.
En effet, on se souvient que le 25 juillet 2018, comme cadeau au peuple et à la jeunesse à la veille de la fête nationale, le Président Patrice Talon, prend un décret portant introduction d’une contribution sur la consommation des services de communications électroniques fournis par les réseaux ouverts au public en République du Bénin. Le décret est illégal car cette taxe est introduite sans l’autorisation de l’Assemblée nationale que l’on sait vassalisée et qui n’arrive même pas à protester lorsque le gouvernement boucle le budget national avant le vote et la transmission de son propre budget.
Lors de son interview à l’occasion de la célébration de cette fête, Talon a justifié cette taxe sur la consommation comme nécessaire aux investissements des opérateurs dans le domaine. Son ministre des finances, Wadagni, en donnera la justification politique en tant que répression financière de ceux qui critiquent le gouvernement et son Chef sur les réseaux sociaux.
Les opérateurs GSM étaient donc parfaitement et bien défendus par le pouvoir pour opérer cette "contribution" du consommateur (car toute taxe à la consommation est payée par le consommateur) fixée dans le décret à 5Fpar mégaoctet. Du reste, l’Agence de Régulation des communications électroniques et de la poste (ARCEP) a défendu, bec et ongle et tout le temps ledit décret.
Alors qu’est ce qui a changé pour que tout ce monde se réunisse et recule en catastrophe lorsque le décret est mis en œuvre, abroge le décret, dénonce "l’entente illicite" que l’Arcep a dû superviser et autoriser, entre les deux opérateurs de GSM ?
Lisons à cet effet le communiqué du gouvernement en date du 22 septembre 2018. Il est notamment dit : « En appréciant l’exposé de l’état d’esprit des populations, puis après avoir écouté les opérateurs Gsm et l’Arcep, le gouvernement note que les modalités de mise en œuvre dudit décret par les opérateurs, à partir du 19 septembre 2018, sont de nature à rompre l’économie globale du secteur, au détriment des consommateurs… » Or ce ne sont pas les modalités qui ont été rejetées, mais c’est le décret lui-même qui a été abrogé car indiquant et fixant des taxes précises.
La raison fondamentale de ce revirement qui ne peut être cachée et que Talon est obligé d’opposer aux opérateurs Gsm avec lesquels ils s’étaient auparavant mis d’accord, c’est « l’état d’esprit des populations ».
C’est pourquoi, le FSP salue la levée de boucliers de tout le peuple et notamment de la jeunesse contre ce décret de racket lors de sa mise en œuvre. Il salue les initiatives diverses de manifestations spontanément projetées.
La leçon essentielle est donnée : un peuple organisé et décidé vient toujours à bout de toute mesure dictatoriale. Il y a encore beaucoup de taxes iniques, arbitrairement décidées sur les péages routiers, dans les marchés, les universités, etc. qui étranglent les pauvres. Il y a beaucoup de mesures contre la jeunesse et les travailleurs. La leçon est donnée : s’organiser et lutter.
Alors bravo ! Organisons-nous pour aller à l’assaut de cette gouvernance de dictature autocratique, de pillage, de famine et d’apatridie.

Cotonou, le 24 septembre 2018

Le FSP

vendredi 21 septembre 2018

Léonce Houngbadji s'engage dans une nouvelle grève de la faim

Face à un Communiqué de presse rendu public

La taxation des communications sur les réseaux sociaux par le Gouvernement de la Rupture, semant émoi et laissant couler encre et salive, vient de produire son premier effet politique : Léonce Houngbadji, l'opposant déclaré au régime Talon, se met en grève de la faim dès le lundi 24 septembre 2018. La nouvelle a été connue ce vendredi 21 septembre par un communiqué de presse que la personnalité a rendu public, et qui est assorti de trois exigences ... L'homme, Président du Parti pour la Libération du peuple (Plp), membre du Bureau du Front pour le Sursaut patriotique (Fsp) et, aussi, de la Coalition de Défense de la démocratie au Bénin (Cdd-Bénin), n'en est pas à sa première expérience en la matière ; le 1er juin 2018, il s'était lancée dans une grève de la faim à laquelle il avait mis fin sept jours plus tard.

Marcel Kpogodo

Léonce Houngbadji



Intégralité du Communiqué de presse de Léonce Houngbadji


Communiqué de presse

J’entame une grève de la faim de 72 heures à compter du 24 septembre 2018 pour protester contre la hausse des coûts des télécommunications et le mépris du gouvernement et des opérateurs GSM vis-à-vis des consommateurs. 

L’institution de ces taxes en violation de l’article 96 de la Constitution du 11 décembre 1990 est une escroquerie d’Etat, un coup d’Etat social, pour maintenir la jeunesse dans l’ignorance, la misère, la soumission et l’incapacité de s’organiser pour lutter pour sa dignité, son indépendance et sa liberté.
Mon action citoyenne de protestation vise trois objectifs :

1-) l’annulation immédiate et sans condition du Décret présidentiel du 25 juillet 2018, autorisant l’introduction d’une contribution sur la consommation des services de communication électronique fournis par les réseaux ouverts au public en République du Bénin; 
2-) l’amélioration de la qualité des services de communication électronique; 
3-) la réduction des coûts des services de communication électronique.


Fait à Cotonou, le 20 septembre 2018

Léonce HOUNGBADJI

Président du Parti pour la Libération du Peuple (PLP)

vendredi 27 avril 2018

« [Patrice Talon] a montré […] qu’il ne connaît pas le commerce … », a commenté Jean Kokou Zounon du Fsp


Dans le cadre d’une conférence de presse animée par l’Alliance politique à Cotonou

Les membres du Front pour le Sursaut patriotique (Fsp) ont tenu une conférence de presse le jeudi 26 avril 2018, à la Bourse du Travail de Cotonou. Etait au centre des échanges avec les journalistes la très récente intervention du Chef de l’Etat, Patrice Talon, sur trois médias français. Ainsi, les grands axes de cette sortie médiatique ont été passés au peigne fin, ce qui a conduit les principaux conférenciers à remettre en cause la compréhension qu’a montrée le Président béninois du fonctionnement de certains secteurs d’activités, dans notre pays, dont celui du commerce.

De gauche à droite, Eugène Azatassou, Jean Kokou Zounon et Gilbert Kouessi, membres du Fsp, au cours de la conférence de presse
« Cet homme d’affaires a montré dans cette interview qu’il ne connaît pas le commerce qui d’après lui ne doit pas courir derrière le client, cet homme d’Etat qui ne sait pas que l’offre doit être le plus rapidement accessible à la demande. Ce Chef d’Etat ne connaît ni la pratique quotidienne des vendeuses de galettes ou de pain qui courent derrière le client dans notre pays. Cet homme d’affaires ne sait pas que dans les pays développés où les boîtes aux lettres sont bourrées de prospectus, les écrans envahis par la publicité, le client est roi. L’homme d’affaires bénéficiaire des monopoles d’Etat ne court pas derrière le client et aujourd’hui, le Chef d’Etat décrète que les petits vendeurs, les petits commerçants, ne devant pas courir derrière le client doivent être déguerpis des espaces publics à eux concédés par les autorités avant lui ; le Chef d’Etat dit : ’’surtout, il faut les éduquer’’, même si entre temps ils doivent mourir de faim ». Un extrait fort, rendu public, dans le milieu de la matinée du jeudi 26 avril 2018, à la Bourse du Travail de Cotonou, de l’analyse du Front pour le Sursaut patriotique (Fsp) sur les idées défendues par le Président de la République, lors de l’entretien qu’il a accordé à deux journalistes français, le dimanche 22 avril 2018, pour le compte des organes français de presse, ’’Tv5’’, ’’Rfi’’ et ’’Le monde’’.
En dehors de la spécificité du comportement commercial des populations à la base, d’autres points d’intérêt de Patrice Talon ont été ardemment et patiemment démontés par le Front pour le Sursaut patriotique (Fsp), à travers son Porte-parole, Jean Kokou Zounon, qui a présenté la totalité de la déclaration de la formation politique. Ainsi, le conférencier a évoqué l’échec du Chef de l’Etat à réaliser le bilan de ses deux premières années de pouvoir, qu’il a caractérisées d’une « gouvernance autocratique, népotiste, affameuse et de pillage des ressources du pays ».
Par ailleurs, Jean Kokou Zounon a relevé comme fausses plusieurs assertions du Premier magistrat béninois, celles qu’il a faites au cours de l’émission : les conflits d’intérêts dans lesquels il serait plutôt en permanence englué, l’indigence financière qui le caractérise plutôt, lui qui s’accapare indirectement les secteurs rentables du pays, sans oublier qu’il continue de lui reprocher d’avoir acquis une portion du domaine public.
En outre, l’intervenant a dénié à Patrice Talon la posture d’ « éducateur », lui qui ne serait pas l’exemple pour cela, n’ayant pas traduit devant la justice des cas avérés de malversations, surtout, aussi, qu’après avoir reconnu publiquement avoir été comptable et profiteur du « pillage » du Bénin, il n’en a pas tiré les conséquences sur lui-même en matière de clarification de cette situation. Il lui reproche, de plus, la gestion du Port béninois par les Belges, rejetant les justifications proposées au cours de l’émission télévisée et, concluant : « […] c’est l’apatridie la plus avilissante pour le pays et qui nous fait reculer aux années de la colonisation ».
Concernant la gestion des libertés et de la démocratie par Patrice Talon, Jean Kokou Zounon a fait étalage de plusieurs facteurs de déception : les manœuvres visant à retirer le droit de grève à certains corps professionnels, la violation de la Constitution et des lois, dont seraient l’une des manifestations les actions du Procureur de la République, Ulrich Togbonon, dans la gestion de l’affaire ’’Cnss/Bibe’’, ce qui a conduit à « la poursuite » et à la « détention de Laurent Mètongnon et de ses co-accusés » et, l’orateur a analysé : « […] la soi-disant lutte contre la corruption par Talon se résume à une chasse contre les opposants politiques et les concurrents potentiels économiques ».
Un autre point de dénonciation de la Déclaration du Fsp : la confiance de Patrice Talon en sa majorité parlementaire, battant en brèche ce postulat et s’appuyant, à cet effet, sur des expériences d’échec de cette manière de concevoir les choses, dans les années 1960 et 1980. Ceci fut le tremplin pour Jean Kokou Zounon de revenir sur la rencontre de Djeffa et sur ses deux exigences fortes : « la fin des parjures » et « le retour de la parole au peuple par la convocation d’urgence d’une Assise nationale des forces vives de la nation en vue de redéfinir de nouvelles bases consensuelles de gouvernance du pays ».
Avant de clore son propos, le Porte-parole Jean Kokou Zounon a jeté un regard panoramique, à travers le monde, sur les peuples « en lutte pour la liberté, la dignité et contre les agissements des puissants », évoquant la Syrie, Madagascar et l’Arménie.
Enfin, l’orateur s’est exprimé au nom de son alliance politique, exhortant le peuple : « Le Fsp appelle à la multiplication, à la diversification des luttes pour mettre fin à la gouvernance de dictature autocratique, de pillage, de famine et pour la tenue des Etats généraux du peuple en vue d’un gouvernement patriotique et de probité ».


Les deux questions d’Eugène Azatassou

Le Porte-parole adjoint du Fsp, Eugène Azatassou, n’est pas resté en marge des interventions. Se maintenant dans la même logique de pensée que son prédécesseur, il a fait ressortir le caractère à la fois autocrate et ploutocrate du régime Talon et a posé deux questions, l’une au Chef de l’Etat et, l’autre, au peuple. « Pourquoi avoir accepté de diriger le Bénin si ce pays est un désert de compétences ? », a-t-il demandé à Patrice Talon, avant de questionner ainsi la population béninoise : « N’est-il pas mieux de trouver quelqu’un qui soit des nôtres et qui nous connaisse bien, pour nous diriger ? ».

Marcel Kpogodo 


     

Intégralité de la Déclaration du Front pour le Sursaut patriotique (Fsp)





FRONT POUR LE SURSAUT PATRIOTIQUE (FSP)
Cél : 97983565 / 97980179

CONFERENCE DE PRESSE DU 26 AVRIL 2018

Propos liminaire du Comité de suivi

La dernier point de presse du Front pour le Sursaut Patriotique date du 06 avril 2018 pour rendre compte des journées du 04 au 06 avril 2018, au cours desquelles, dans le cadre de la « Deuxième journée nationale d’action » lancée par le FSP, dans toutes les différentes régions du pays, se sont tenues des Assises de réflexion sur le bilan des deux ans du pouvoir de Talon et de préparation des Etats Généraux. Ces assises régionales ont montré, partout, le rejet par le peuple béninois du pouvoir de la ruse et de la rage et sa détermination à en finir.
Depuis lors, l’actualité nationale est riche d’événements, qui montrent tous dans notre pays l’aggravation de la crise politique, économique et sociale et aussi les prouesses et la détermination du peuple dans la lutte pour une issue favorable à lui. Les luttes des travailleurs, la rencontre de Djeffa sont illustratives de cette détermination, pendant que les agissements du pouvoir, notamment la sortie médiatique du Chef de l’Etat à travers des médias internationaux le 22 avril 2018 jettent une lumière plus vive et plus insupportable sur la profondeur de la crise dans notre pays.
En commençant par cette sortie, il est loisible à tout citoyen honnête de voir, que contrairement à ce qui a été annoncé, à savoir, faire un bilan des deux ans de sa gouvernance, le Chef de l’Etat, a plutôt tenté de justifier et de convaincre sans y parvenir des éléments de sa gouvernance autocratique, népotiste, affameuse et de pillage des ressources du pays pour lui et son clan.
Devant l’opinion nationale et internationale, Patrice Talon a montré la permanence des conflits d’intérêts au sommet de l’Etat. Lorsque vous dites que vos enfants, vos amis et vos associés continuent de gérer vos parts que vous leur avez cédées, vos intérêts ne sont-ils pas toujours en œuvre ? Lorsque, Chef d’Etat, vous cédez la collecte des recettes des douanes de tout un pays à une société dont votre ami et associé ainsi que vos enfants sont propriétaires, vous ne pouvez pas nier les conflits d’intérêts ? Le Président Patrice Talon, s’est ainsi enfoncé, directement, durant toute sa sortie du 22 avril sur toutes les questions cruciales où il pensait donner le change.
Il est au-dessus des besoins, répète-il à tout propos ? Il en fait même un critère de garantie de gestion sans prévarication. Mais quel besoin a-t-il donc d’accaparer le domaine foncier public ? Quel besoin donc de reprendre le PVI pour lui et ses enfants, de reprendre le coton au premier Conseil des ministres, de rentrer dans tous les secteurs rentables ? Le besoin de l’homme d’affaires, d’agrandir ses affaires, de devenir toujours plus riche, au détriment des autres, par les moyens qui l’ont rendu riche, le monopole concédé par l’Etat.
Cet homme d’affaires a montré dans cette interview qu’il ne connaît pas le commerce qui d’après lui ne doit pas courir derrière le client, cet homme d’Etat qui ne sait pas que l’offre doit être le plus rapidement accessible à la demande. Ce Chef d’Etat ne connaît ni la pratique quotidienne des vendeuses de galettes ou de pain qui courent derrière le client dans notre pays. Cet homme d’affaires ne sait pas que dans les pays développés où les boites aux lettres sont bourrées de prospectus, les écrans envahis par la publicité, le client est roi. L’homme d’affaires bénéficiaire des monopoles d’Etat ne court pas derrière le client et aujourd’hui, le Chef d’Etat décrète que les petits vendeurs, les petits commerçants, ne devant pas courir derrière le client doivent être déguerpis des espaces publics à eux concédés par les autorités avant lui ; le Chef d’Etat dit : « surtout, il faut les éduquer. », même si entre temps ils doivent mourir de faim.
L’homme au-dessus du besoin se veut éducateur du petit peuple. Bien, admettons. Les dirigeants doivent effectivement éduquer. Mais la seule et meilleure manière d’éduquer, c’est l’exemple. Patrice Talon, Chef de l’Etat accapare un domaine public pour son compte et pendant ce temps clame que l’espace public doit être dégagé. Patrice Talon en Conseil des ministres publie les sanctions contre les directeurs d’écoles pour vol d’un sac de riz, d’un bidon d’huile.. Mais, ce Chef d’Etat, éducateur, dit et ne regarde pas dans le rétroviseur pour ceux qui ont volé 45 milliards devant servir à donner de l’électricité aux populations. Le gouvernement de ce Chef éducateur a avalisé le non-lieu pour ceux qui ont volé des milliards de francs cfa devant servir à donner de l’eau à des milliers d’enfants. En effet quel crime abominable de voler un bidon d’huile des vivres des cantines scolaires ! Mais voler des milliards qui doivent servir à donner de l’eau aux populations (Ppea2), à donner l’électricité (Maria gléta), voler les économies des petits épargnants (ICC service), payer à 5 millions une moto qui coûte au plus un million, surfacturer les commandes de l’Etat, non, ce n’est rien tant que l’on est dans la cour, près du Grand éducateur.
D’ailleurs, lui-même, n’a-t-il pas reconnu par deux fois, ici devant l’Episcopat catholique et puis devant son maître Macron à Paris, qu’il est aussi responsable et bénéficiaire de la gouvernance de pillage qui a plongé le pays dans le chaos. Mais, n’a-t-il pas déjà répondu qu’en principe, l’aveu signifie pour lui faire table rase du passé ? Oui, pour lui, le Grand éducateur, l’aveu suffit et ni la justice, ni le peuple n’ont pas le droit de savoir comment et dans quelle mesure il a été responsable et bénéficiaire de la mauvaise gouvernance du pays. Mais les autres, ceux qui refusent de servir le compétiteur-né, ceux qui se battent contre sa politique, la justice doit les poursuivre, sans autre forme de procès.
Pendant son interview, donnant les raisons à la base de la cession du Port à une société belge, Patrice Talon dit qu’il est à la recherche de l’efficacité et cherche à ce qu’on le félicite pour avoir résisté à ses parents et partisans qui voulaient le poste. Ainsi donc, pour lui, le Bénin se réduit à ses parents et partisans et c’est en leur sein qu’il recherche et nomme les compétences. Y-a-t-il meilleure preuve de népotisme ! Pire, en dehors de ces parents et partisans, c’est l’apatridie la plus avilissante pour le pays et qui nous fait reculer aux années de la colonisation. L’attitude de servile vis-à-vis des colons est tellement puante et indigne que des journaux étrangers (La lettre du Continent du …) en ricanent et s’en félicitent en rappelant que le grand-père de Patrice était français !
Un pouvoir de pilleurs impénitents, de parasites de décrets et des ressources d’Etat, de népotisme, voilà déjà ce que nous pouvons dire. Et les libertés et la démocratie ? Le Grand éducateur n’en a cure. Par un raisonnement par sophisme comme le pratique son avocat, Joseph Djogbénou, Talon par du principe qu’il a des secteurs qui ne doivent pas faire grève, pour justifier le retrait du droit de grève à la justice, qualifiée de corrompue, et à la santé qualifiée d’assassins en quelque sorte. Aucun n’est tenu de la Constitution et des lois du pays. Patrice Talon fait du tourisme un secteur prioritaire, donc, le droit de grève doit être arraché aux magistrats et aux agents de santé. Telle est la volonté du Chef, de l’autocrate qui ne jurerait que par l’efficacité et pour cela dirige le pays comme une entreprise privée, la sienne, et les citoyens comme ses employés, nous a-t-il redit à travers cette interview du 22 avril.
Lui, avec ses aveux, table rase doit être faite de son passé de pilleur. Mais les autres qui ne s’agenouillent pas devant lui, ceux qui osent le critiquer pour sa gestion, doivent être envoyés en prison. Le retour des poursuites et détentions politiques est là, et des magistrats de cette justice qu’il qualifie de corrompue sont à ordre. Le procureur Ulrich Togbonon s’est fait dans ce contexte une réputation non seulement nationale (la Décision DCC 18-098 du 19 avril 2018) mais désormais internationale « de bras judiciaire du régime de Talon ». Cette décision de la Cour Constitutionnelle condamnant sans appel le gouvernement dans son rapport sur l’affaire CNSS/BIBE ainsi que le procureur Togbonon pour avoir violé ou méconnu la Constitution confirme la dignité du combat des travailleurs, des femmes, de la jeunesse et de tous les démocrates contre la poursuite et la détention de Laurent Métongnon et de ses co-accusés. En fait cette décision de la Cour Constitutionnelle et leur détention hors la loi montrent désormais que nous avons un pouvoir qui prend ces citoyens "gênants" en otage, comme le font les mafieux.
La condamnation du gouvernement dans la poursuite et la détention de Laurent Métongnon et ses co-accusés pour avoir violé les principes du contradictoire, de présomption d’innocence et d’égalité devant la justice s’étend à d’autres nombreuses affaires brandies contre les opposants par le pouvoir de Talon dans des audits réalisés de façon opaque et népotiste (l’actuel ministre des finances était un cadre de Deloitte sans parler des autres associés dans des cabinets comptables) dans la violation de ces principes. Elle confirme que la soi-disant lutte contre la corruption par Talon se résume à une chasse contre les opposants politiques et les concurrents potentiels économiques. La dictature autocratique au service des intérêts de clan est bien épinglée.
Cette dictature est sourde aux exigences du peuple et aux interpellations de tout ce que le pays compte de personnalités. Répondant aux interpellations de la Rencontre de Djeffa, Patrice Talon renvoie à sa majorité au Parlement. Il avance que c’est l’Assemblée nationale qui représente en un moment T, l’opinion et les exigences d’un peuple. Ceci n’est pas toujours vrai. En des moments T, beaucoup de parlements sont en porte à faux et déconnectés du peuple. Dans notre pays en 1963 et de 1985 à 1989, les parlements au Bénin étaient déconnectés du peuple béninois. Et face à l’aveuglement des pouvoirs de ces moments-là, le peuple s’est levé pour balayer et parlement et gouvernement.
Et c’est justement cette leçon que rappelle la rencontre de Djeffa. « Notre pays, le Bénin va mal. Le Bénin est plongé dans une crise aux dimensions multiples, politique, économique, sociale et culturelle » a clamé la Rencontre de Djeffa. Elle demande la fin des parjures (installation du Cos-lépi, audit de la lépi, etc) et le retour de la parole au peuple par la convocation d’urgence d’une Assise nationale des forces vives de la nation en vue de redéfinir de nouvelles bases consensuelles de gouvernance du pays.
Les luttes sociales en cours, qui rejettent et balaient tous les complots, les achats de conscience, qui mettent en œuvre la souveraineté de la base sur les responsables mandataires au sommet indiquent que le peuple s’éveille et se réveille.
Ce n’est pas seulement au Bénin que le peuple est en lutte pour la liberté, la dignité et contre les agissements des puissants. Partout dans le monde, les peuples se dressent contre la force brute, les puissances d’argent qui les oppriment et surtout contre les pouvoirs corrompus et affameurs. En Syrie, les dernières frappes américaines, françaises et britanniques suites à des attaques chimiques non prouvées, indiquent qu’on veut nous faire rejouer le film des armes de destructions de Saddam et entrainer le monde dans une nouvelle boucherie ; mais les peuples sont vigilants et veillent ; autant ils veulent la paix, autant ils mènent une résistance farouche contre les régimes prédateurs et dictatoriaux qui les oppriment. Les derniers exemples c’est ce qui se passe en Arménie et à Madagascar où le peuple insurgé est entrain de montrer que rien n’est supérieur à sa volonté. En Arménie, après plusieurs années au pouvoir, le dictateur a voulu se maintenir au pouvoir par des tours de passe-passe. Le peuple s’est insurgé et l’a forcé à la démission, exigeant que le chef de l’opposition soit nommé à la tête du gouvernement provisoire pour espérer des élections transparentes, qui d’habitude sont gagnées à coup d’argent et de fraude. Ce qui est remarquable, et comme le font remarquer les médias internationaux, c’est la fraternisation entre la force armée et le peuple, montrant que toujours, les soldats et policiers issus du peuple et ayant les mêmes problèmes que lui se rangent toujours de son côté quand il monte à l’assaut d’un régime oppresseur. Il en est de même aujourd’hui à Madagascar où le peuple épuisé est dans la rue, demandant la démission du président et la fin de son pouvoir corrompu. Le peuple béninois qui est dressé contre le pouvoir oppresseur de Patrice Talon doit continuer son combat, prendre exemple sur ce que sont en train d’accomplir sous nos yeux les braves peuples arméniens et malgaches en se convainquant que la victoire sur le pouvoir autocratique de Patrice Talon n’est pas loin.
Le Front pour le Sursaut Patriotique dit bravo à tous les travailleurs, artisans, paysans, jeunes, étudiants et élèves, les femmes qui sont au combat malgré la faim, la répression, la ruse et les mensonges d’Etat, les complots et trahisons de certains responsables syndicaux. Le FSP appelle à la multiplication, à la diversification des luttes pour mettre fin à la gouvernance de dictature autocratique, de pillage, de famine et pour la tenue des Etats généraux du peuple en vue d’un gouvernement patriotique et de probité.

Enfants du Bénin, debout pour que Vive la démocratie, pour que survive le Bénin !

Cotonou, le 26 avril 2018

Pour le Comité de Suivi,

Le Porte-parole,

Jean Kokou ZOUNON

mardi 17 avril 2018

Les 9 péchés capitaux du régime Talon après deux ans de pouvoir


Dans le cadre de la Déclaration de la Coalition pour la défense de la démocratie au Bénin


Se sont réunis à Djeffa, dans la matinée du samedi 14 avril 2018, de grosses pointures politiques parmi lesquelles les anciens Présidents de la République, Nicéphore Dieudonné Soglo et Boni Yayi, le Président de l’Union sociale libérale (Usl), Sébastien Ajavon, l’ancien Médiateur de la République, Albert Tévoèdjrè, les membres des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), du Front pour le Sursaut patriotique (Fsp) et de bien d’autres formations politiques. Ces personnalités se sont réunies sous le sceau de la Coalition pour la défense de la démocratie au Bénin. A l’issue des assises, une Déclaration a été rendue publique, pointant du doigt neuf grosses plaies caractérisant le régime de la Rupture après deux ans de pouvoir et les assortissant de trois recommandations essentielles, adressées au Chef de l’Etat, patrice Talon. Intégralité de la Déclaration …   

De gauche à droite, Sébastien Ajavon, Boni Yayi, Nicéphore Soglo, Albert Tévoèdjrè


Intégralité de la Déclaration de la Coalition Pour la Défense de la Démocratie au Bénin



Béninoises, Béninois !
Chers Compatriotes de l’Intérieur et de la Diaspora !

Notre pays, le Bénin, va mal !
En effet, le Bénin, notre pays est plongé dans une grave crise aux dimensions multiples, politique, économique, sociale et culturelle.
La cause de cette situation, vous vous en doutez tous, est la gouvernance du pouvoir depuis deux ans.  Cette gouvernance est caractérisée par :
1 / De graves conflits d’intérêts au sommet de l’Etat  avec une véritable Offre Publique d’Achat sur le Bénin et sur toutes ses ressources au profit exclusif du Chef de l’Etat et de son clan. 
2 / Une opacité totale de la gestion des affaires du pays 
3 / Des privatisations sauvages (sous divers noms) des secteurs vitaux de l’économie nationale et la dernière en date est celle du Port Autonome  de Cotonou livré à un Groupe étranger dans des conditions totalement inconnues du peuple.
4 / Des licenciements massifs des travailleurs des secteurs structurés ainsi que des destructions des moyens et conditions d’existence des petites gens et des couches populaires complètement fragilisées et affamées.
5 / Les destitutions systématiques des Maires soupçonnés d’opposition au  pouvoir dit de la Rupture.
6 / Le mépris du peuple et le refus du dialogue franc avec les travailleurs et autres Autorités morales de ce pays.
7 / Des attaques frontales aux libertés fondamentales, acquises de haute lutte par le Peuple et consacrées par notre Constitution, qu’il s’agisse des libertés d’association, de presse, de manifestation et d’opinion.
8 / Une véritable chasse à l’homme est ouverte, sous le couvert de la lutte contre la corruption, contre les opposants à la politique actuelle, qu’il s’agisse des hommes d’affaires, des élus locaux, des syndicalistes de proue et des femmes de marchés.

9 / Une attaque frontale contre la Justice dont on veut remettre en cause l’indépendance, une justice qui a tenu bon et permis aux exilés de retrouver la terre de leurs ancêtres dans un passé récent.

La conséquence de cette gouvernance catastrophique, c’est que notre pays est paralysé depuis bientôt trois mois,  et les rswouages principaux du fonctionnement de l’Etat sont bloqués : les établissements scolaires et les universités sont fermés. Les élèves et étudiants sont dans les rues et ne savent plus à quel saint se vouer. Les hôpitaux sont fermés et la population est privée du droit élémentaire aux soins de santé. Les tribunaux sont, eux aussi, fermés avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur la vie quotidienne des paisibles citoyens. Beaucoup d’autres administrations participent également à ce mouvement général sans être formellement en grève. Le dialogue avec les partenaires sociaux est dans l’impasse: tout le peuple est en rébellion contre la politique actuelle.

Béninoises, Béninois !
Chers Compatriotes !

La Constitution qui est le Contrat social qui lie tous les citoyens de ce pays, est attaquée de front par celui-là même chargé par serment, de la Garantir et de la Protéger. Par ses déclarations et actes quotidiens, le Président de la République affirme s’opposer aux Décisions de la Cour Constitutionnelle, la plus haute Juridiction constitutionnelle de notre pays et véritable clé de voûte de notre Constitution qu’il se refuse systématiquement à exécuter.

Le dernier cas en date est la non application jusqu’à ce jour, en complicité avec le Président de l’Assemblée nationale, de la décision DCC 17-262 faisant injonction au Parlement de désigner ses représentants au COS-LEPI au plus tard le 21 décembre 2017 et d’installer le COS-LEPI au plus tard le 29 décembre 2017.

Béninoises, Béninois !
Chers Compatriotes 

La plupart des pays en guerre en Afrique sont ceux qui gèrent mal entre autres les conflits post-électoraux lesquels conflits naissent pour l’essentiel de la mauvaise gestion des listes électorales. Le refus par le Gouvernement du Président Patrice TALON en complicité avec l’Assemblée Nationale d’installer le COS-LEPI en vue de l’apurement de la liste électorale permanente informatisée (LEPI), est une porte ouverte à cette dangereuse perspective.
Aucun patriote démocrate ne peut accepter cette posture. La Cour constitutionnelle a rappelé dans sa décision que la LEPI a une validité de dix ans et court de 2011 à 2021. Nous devons donc tous nous mobiliser pour qu’elle soit actualisée pour éviter des crises postélectorales.
Le Gouvernement a l’obligation de garantir un processus électoral transparent, équitable, consensuel car dans notre pays, le consensus a une valeur constitutionnelle ainsi que l’a souvent rappelé la jurisprudence constante de la Cour constitutionnelle. Pour ce faire donc, il urge d’installer sans délai le COS-LEPI conformément à la loi 2013-06 du 25 novembre 2013 portant Code électoral en République du Bénin, et la décision DCC 17-262 de la Cour Constitutionnelle.

Béninoises, Béninois !
Chers Compatriotes 

- Nous, Forces Vives et Patriotiques de la Nation, sous le haut parrainage de leurs Excellences, les Anciens Présidents de la République, Nicéphore Dieudonné SOGLO et Thomas Boni YAYI,
- de Sébastien AJAVON, Président d’honneur de l’USL,
- Pr Albert TEVOEDJRE, Médiateur émérite de la République,
- Pr Philippe NOUDJENOUME, 1er Secrétaire du Parti Communiste du Bénin,

- de certaines Hautes Personnalités comptables des décisions de l’historique Conférence Nationale des Forces Vives,
- des Députés acteurs du rejet du projet de constitution le 4 avril 2017
-  des Hauts Responsables du Front pour le Sursaut Patriotique (FSP),
-  des Personnalités des Organisations de la Société Civile
- et avec les soutiens des autorités morales, des forces populaires et républicaines,

réunies ce jour, Samedi 14 Avril à Djeffa dans la commune de Sèmè-Kpodji déclarons solennellement :

1°- Que la Constitution du 11 décembre 1990 est l’expression unique de notre vouloir vivre ensemble.
2°- que le Président de la République est coupable de violations manifestes du serment prêté le 06 avril 2016 en ne respectant pas les décisions de la Cour constitutionnelle ainsi que les lois de la République.
3°- Mettons en garde l’Assemblée Nationale contre toute velléité visant à faire remplacer la LEPI par une liste extraite du RAVIP.

En conséquence nous demandons au Président Patrice Talon de prendre la  mesure des choses et de :
1°- faire installer, sans délai, le COS-LEPI conformément aux décisions de la Cour Constitutionnelle ;
2° faire procéder à un audit préalable de cette LEPI, en vue des élections législatives et présidentielles, constitutionnelles qui sont insusceptibles de report.
2°- Redonner la parole au Peuple en convoquant d’urgence une Assise nationale des Forces Vives de la nation en vue de redéfinir de nouvelles bases consensuelles de gouvernance du pays.
3°- En cas de non satisfaction de ces exigences le peuple béninois, Maître unique de sa souveraineté sera invité à prendre ses responsabilités, conformément à l’article 66 de la Constitution.

Nous tenons à saluer ici le Clergé catholique et l’Union Islamique du Bénin ainsi que toutes les Bonnes volontés  pour tous leurs efforts en faveur de la paix.

Que le Dieu de Bêhanzin, Kaba et Bio Guerra bénisse notre pays,
Enfants du Bénin, debout !

vendredi 5 janvier 2018

« La parole du Chef de l’Etat du Bénin n’est plus crédible … », accuse le Front pour le Sursaut patriotique

Dans un point de presse qu’il a animé à Cotonou


L’une des salles de conférence du Chant d’oiseau de Cotonou a abrité le premier point de presse des membres du Front pour le Sursaut patriotique (Fsp), pour le compte de la nouvelle année. L’événement s’est déroulé le jeudi 4 janvier 2018. A travers la Déclaration lue par Jean Kokou Zounon, Coordonnateur et Porte-parole de la formation politique, et rendue publique, il a été dénoncé l’absence de l’organisation des Etats généraux du peuple et l’aggravation du climat social dans le pays, tout en pointant du doigt, en passant, un fait : le Président de la République, Patrice Talon, n’inspire plus confiance …

Marcel Kpogodo
Les leaders du Fsp (Photo d'archives)


Intégralité de la Déclaration du Front pour le Sursaut patriotique



DECLARATION A PROPOS DE LA SITUATION NATIONALE ACTUELLE


Le 13 octobre 2017, à l’occasion d’un géant meeting de protestation contre la gouvernance du Président Talon organisé à la Bourse du Travail à Cotonou avec la participation des députés de la minorité parlementaire, le Front pour le Sursaut Patriotique avait publié une déclaration à propos de la situation nationale. Dans cette déclaration, nous montrions que « le peuple a faim… , que jamais l’inégalité n’a atteint des proportions aussi vertigineuses dans notre pays et, ce, dans tous les domaines, …, que l’impunité et la corruption sont protégées au sommet de l’Etat et la rigueur, soi-disant de la loi, ne frappe que les faibles et les opposants…, que jamais l’administration n’a été aussi politisée…, que jamais les institutions n’ont été aussi avilies par un Président de la République.., que jamais les libertés n’ont été autant violées », bafouées, niées par le pouvoir en place. Nous montrions que le « Président avait perdu toute crédibilité à cause des reniements spectaculaires de la parole donnée ». Nous avons montré que cette situation est très grave et « demande des mesures courageuses de changement de sa gouvernance ». C’est pourquoi le Front pour le Sursaut Patriotique avait demandé solennellement ce jour-là, vendredi 13 octobre 2017, « au Chef de l’Etat, Patrice Talon, s’il lui reste encore un peu d’amour pour ce pays, d’accéder à l’exigence pressante de la réunion d’une Assise nationale d’ici le 31 décembre 2017 pour revoir la gouvernance du pays. »
Le 31 décembre 2017 est passé. Au lieu de la lueur d’espoir qu’aurait suscitée l’adhésion du Chef de l’Etat à cette exigence des Etats généraux, aujourd’hui réclamés par des acteurs dans maints secteurs, le Président de la République plonge davantage le peuple dans l’angoisse, la famine et la misère et se lance dans la restauration d’une dictature autocratique au profit d’une mafia au sommet de l’Etat.
En effet, depuis octobre 2017, la situation du pays s’est aggravée dans tous les domaines. La faim et la misère se sont étendues avec l’augmentation des prix des produits de première nécessité face à un pouvoir d’achat en chute libre. Aucune perspective au profit des milliers de petits producteurs déguerpis des rues ; au contraire, le pouvoir menace, dans un mépris total de la personne humaine, de poursuivre les casses sans avancer une alternative. Le chômage s’est aggravé avec des licenciements économiques de milliers de salariés. Le climat des affaires s’est davantage dégradé et il n’y a plus de certitude pour les opérateurs économiques non associés au clan au pouvoir. La dépendance économique du pays s’est renforcée avec la remise dans une opacité totale des centres névralgiques du pays à des monopoles étrangers et des sociétés écrans appartenant au Chef de l’Etat et à son clan.
Non seulement la misère et la faim, mais c’est à la mort que le pouvoir de Talon condamne le peuple avec la multiplication des obstacles à l’accès à la santé dont on veut à tout prix privatiser les centres. En témoignent les restrictions à la prise en charge des milliers de fonctionnaires en fonction ou à la retraite ainsi que leurs familles qui ont poussé le CNHU, l’hôpital public de référence, à refuser les modestes prises en charge des malades de ces secteurs. Nous disons qu’il s’est agi là, rien moins qu’un crime de masse.
Et pour établir un silence de cimetière au Bénin, des mesures des plus assassines contre les libertés sont prises en complicité avec une Assemblée nationale corrompue, ligotée d’un côté et bâillonnée de l’autre. Des députés sont interdits de parole au sein même de l’hémicycle ; des lois scélérates liberticides sont prises tous les jours sans égard à la Constitution et à la Cour Constitutionnelle. Celle-ci est superbement ignorée dans toutes ses mesures pouvant aller à l’encontre de la volonté du Chef de l’Etat. Ainsi, la décision sans équivoque et avec des délais formels, pour l’installation du Cos-Lépi est rejetée par la majorité présidentielle. Les libertés syndicales et le droit de grève sont retirés à la police, aux travailleurs de la santé, de la justice et aux magistrats. Le pays renoue avec des poursuites et des détentions politiques que l’on essaie de couvrir par des montages judiciaires et de slogans de lutte – sélective - contre la corruption.
Aujourd’hui, tous les droits conquis par le peuple dans sa victoire sur l’autocratie en 1989-1990 et consacrés par la Constitution sont dans les fers. Il n’y a plus d’institutions de contre-pouvoir. Le Parlement est vassalisé. La Haac est à ordre et continue de fermer des organes de presse non conformistes. La liberté de presse est traquée. Une guerre est lancée contre la Justice pour sa soumission totale au désidérata du Chef de l’Etat. La Cour constitutionnelle, clé de voûte du système, est méprisée et ses décisions ne valent que ce que le Chef de l’Etat veut en faire. La Constitution elle-même est, chaque jour, piétinée et les droits fondamentaux des citoyens et des travailleurs sont niés. Notre pays n’est plus un Etat de droit, mais est devenu un Etat voyou et policier où les décisions de justice, y compris celles de la plus haute instance en matière constitutionnelle, sont rejetées.
            A la place de l’Etat de droit et de la dignité de la parole donnée, on assiste au déploiement nauséeux de la ruse et de la rage. A la place de la satisfaction des accords négociés par le Chef de l’Etat en personne avec des travailleurs en grève, le pouvoir, à l’échéance du moratoire, organise un coup de force anticonstitutionnel contre le droit de grève. La parole du Chef de l’Etat du Bénin n’est plus crédible et plus aucune crédibilité ne peut désormais lui être accordée.
            Telle est la situation actuelle. En réponse à la demande solennelle de la réunion des Etats généraux, le président Talon, par les mesures prises, entend soumettre le peuple à sa dictature autocratique et faire des citoyens du Bénin des employés de la société Talon et Cie.
            Le peuple est en face d’un défi, celui de rejeter la dictature autocratique du Président Patrice Talon. Il lui appartient désormais de prendre ses responsabilités comme il a su les prendre par le passé face aux présidents "gouverneurs" et dictateurs autocrates. Déjà, de partout, les fausses tribunes de dialogue social mises en place par le pouvoir de la duperie sont dénoncées et boycottées. Déjà se multiplient les exigences de la réunion des Etats généraux de la santé, de dialogue social, etc. Il appartient au peuple de se lever pour laver l’imposture, les parjures ainsi que la honte dont le pouvoir de Talon couvre le Bénin et les Béninois. Il appartient au peuple de se lever pour venir à bout de la gouvernance de la ruse et de la rage.
Et dans ce combat salutaire, le peuple saura, à coup sûr, réunir les conditions et moyens de tenir ses Etats généraux afin de recouvrer et de consacrer toutes les libertés, d’instaurer une autre gouvernance, une gouvernance patriotique et de probité.
            Le Front pour le Sursaut Patriotique (FSP) ainsi que toutes ses organisations membres demeurent debout et confiants. Il salue et soutient les organisations des travailleurs, de la jeunesse, les honnêtes députés dans leurs diverses actions légitimes de protestation contre le danger public de la dictature autocratique. Les régimes oppresseurs ne peuvent perdurer. La dictature autocratique ne passera pas Ici, c’est le Bénin !
            Ensemble nous vaincrons !     
Enfants du Bénin debout !

Cotonou, le 04 janvier 2018


Le Front pour le Sursaut Patriotique