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vendredi 27 avril 2018

« [Patrice Talon] a montré […] qu’il ne connaît pas le commerce … », a commenté Jean Kokou Zounon du Fsp


Dans le cadre d’une conférence de presse animée par l’Alliance politique à Cotonou

Les membres du Front pour le Sursaut patriotique (Fsp) ont tenu une conférence de presse le jeudi 26 avril 2018, à la Bourse du Travail de Cotonou. Etait au centre des échanges avec les journalistes la très récente intervention du Chef de l’Etat, Patrice Talon, sur trois médias français. Ainsi, les grands axes de cette sortie médiatique ont été passés au peigne fin, ce qui a conduit les principaux conférenciers à remettre en cause la compréhension qu’a montrée le Président béninois du fonctionnement de certains secteurs d’activités, dans notre pays, dont celui du commerce.

De gauche à droite, Eugène Azatassou, Jean Kokou Zounon et Gilbert Kouessi, membres du Fsp, au cours de la conférence de presse
« Cet homme d’affaires a montré dans cette interview qu’il ne connaît pas le commerce qui d’après lui ne doit pas courir derrière le client, cet homme d’Etat qui ne sait pas que l’offre doit être le plus rapidement accessible à la demande. Ce Chef d’Etat ne connaît ni la pratique quotidienne des vendeuses de galettes ou de pain qui courent derrière le client dans notre pays. Cet homme d’affaires ne sait pas que dans les pays développés où les boîtes aux lettres sont bourrées de prospectus, les écrans envahis par la publicité, le client est roi. L’homme d’affaires bénéficiaire des monopoles d’Etat ne court pas derrière le client et aujourd’hui, le Chef d’Etat décrète que les petits vendeurs, les petits commerçants, ne devant pas courir derrière le client doivent être déguerpis des espaces publics à eux concédés par les autorités avant lui ; le Chef d’Etat dit : ’’surtout, il faut les éduquer’’, même si entre temps ils doivent mourir de faim ». Un extrait fort, rendu public, dans le milieu de la matinée du jeudi 26 avril 2018, à la Bourse du Travail de Cotonou, de l’analyse du Front pour le Sursaut patriotique (Fsp) sur les idées défendues par le Président de la République, lors de l’entretien qu’il a accordé à deux journalistes français, le dimanche 22 avril 2018, pour le compte des organes français de presse, ’’Tv5’’, ’’Rfi’’ et ’’Le monde’’.
En dehors de la spécificité du comportement commercial des populations à la base, d’autres points d’intérêt de Patrice Talon ont été ardemment et patiemment démontés par le Front pour le Sursaut patriotique (Fsp), à travers son Porte-parole, Jean Kokou Zounon, qui a présenté la totalité de la déclaration de la formation politique. Ainsi, le conférencier a évoqué l’échec du Chef de l’Etat à réaliser le bilan de ses deux premières années de pouvoir, qu’il a caractérisées d’une « gouvernance autocratique, népotiste, affameuse et de pillage des ressources du pays ».
Par ailleurs, Jean Kokou Zounon a relevé comme fausses plusieurs assertions du Premier magistrat béninois, celles qu’il a faites au cours de l’émission : les conflits d’intérêts dans lesquels il serait plutôt en permanence englué, l’indigence financière qui le caractérise plutôt, lui qui s’accapare indirectement les secteurs rentables du pays, sans oublier qu’il continue de lui reprocher d’avoir acquis une portion du domaine public.
En outre, l’intervenant a dénié à Patrice Talon la posture d’ « éducateur », lui qui ne serait pas l’exemple pour cela, n’ayant pas traduit devant la justice des cas avérés de malversations, surtout, aussi, qu’après avoir reconnu publiquement avoir été comptable et profiteur du « pillage » du Bénin, il n’en a pas tiré les conséquences sur lui-même en matière de clarification de cette situation. Il lui reproche, de plus, la gestion du Port béninois par les Belges, rejetant les justifications proposées au cours de l’émission télévisée et, concluant : « […] c’est l’apatridie la plus avilissante pour le pays et qui nous fait reculer aux années de la colonisation ».
Concernant la gestion des libertés et de la démocratie par Patrice Talon, Jean Kokou Zounon a fait étalage de plusieurs facteurs de déception : les manœuvres visant à retirer le droit de grève à certains corps professionnels, la violation de la Constitution et des lois, dont seraient l’une des manifestations les actions du Procureur de la République, Ulrich Togbonon, dans la gestion de l’affaire ’’Cnss/Bibe’’, ce qui a conduit à « la poursuite » et à la « détention de Laurent Mètongnon et de ses co-accusés » et, l’orateur a analysé : « […] la soi-disant lutte contre la corruption par Talon se résume à une chasse contre les opposants politiques et les concurrents potentiels économiques ».
Un autre point de dénonciation de la Déclaration du Fsp : la confiance de Patrice Talon en sa majorité parlementaire, battant en brèche ce postulat et s’appuyant, à cet effet, sur des expériences d’échec de cette manière de concevoir les choses, dans les années 1960 et 1980. Ceci fut le tremplin pour Jean Kokou Zounon de revenir sur la rencontre de Djeffa et sur ses deux exigences fortes : « la fin des parjures » et « le retour de la parole au peuple par la convocation d’urgence d’une Assise nationale des forces vives de la nation en vue de redéfinir de nouvelles bases consensuelles de gouvernance du pays ».
Avant de clore son propos, le Porte-parole Jean Kokou Zounon a jeté un regard panoramique, à travers le monde, sur les peuples « en lutte pour la liberté, la dignité et contre les agissements des puissants », évoquant la Syrie, Madagascar et l’Arménie.
Enfin, l’orateur s’est exprimé au nom de son alliance politique, exhortant le peuple : « Le Fsp appelle à la multiplication, à la diversification des luttes pour mettre fin à la gouvernance de dictature autocratique, de pillage, de famine et pour la tenue des Etats généraux du peuple en vue d’un gouvernement patriotique et de probité ».


Les deux questions d’Eugène Azatassou

Le Porte-parole adjoint du Fsp, Eugène Azatassou, n’est pas resté en marge des interventions. Se maintenant dans la même logique de pensée que son prédécesseur, il a fait ressortir le caractère à la fois autocrate et ploutocrate du régime Talon et a posé deux questions, l’une au Chef de l’Etat et, l’autre, au peuple. « Pourquoi avoir accepté de diriger le Bénin si ce pays est un désert de compétences ? », a-t-il demandé à Patrice Talon, avant de questionner ainsi la population béninoise : « N’est-il pas mieux de trouver quelqu’un qui soit des nôtres et qui nous connaisse bien, pour nous diriger ? ».

Marcel Kpogodo 


     

Intégralité de la Déclaration du Front pour le Sursaut patriotique (Fsp)





FRONT POUR LE SURSAUT PATRIOTIQUE (FSP)
Cél : 97983565 / 97980179

CONFERENCE DE PRESSE DU 26 AVRIL 2018

Propos liminaire du Comité de suivi

La dernier point de presse du Front pour le Sursaut Patriotique date du 06 avril 2018 pour rendre compte des journées du 04 au 06 avril 2018, au cours desquelles, dans le cadre de la « Deuxième journée nationale d’action » lancée par le FSP, dans toutes les différentes régions du pays, se sont tenues des Assises de réflexion sur le bilan des deux ans du pouvoir de Talon et de préparation des Etats Généraux. Ces assises régionales ont montré, partout, le rejet par le peuple béninois du pouvoir de la ruse et de la rage et sa détermination à en finir.
Depuis lors, l’actualité nationale est riche d’événements, qui montrent tous dans notre pays l’aggravation de la crise politique, économique et sociale et aussi les prouesses et la détermination du peuple dans la lutte pour une issue favorable à lui. Les luttes des travailleurs, la rencontre de Djeffa sont illustratives de cette détermination, pendant que les agissements du pouvoir, notamment la sortie médiatique du Chef de l’Etat à travers des médias internationaux le 22 avril 2018 jettent une lumière plus vive et plus insupportable sur la profondeur de la crise dans notre pays.
En commençant par cette sortie, il est loisible à tout citoyen honnête de voir, que contrairement à ce qui a été annoncé, à savoir, faire un bilan des deux ans de sa gouvernance, le Chef de l’Etat, a plutôt tenté de justifier et de convaincre sans y parvenir des éléments de sa gouvernance autocratique, népotiste, affameuse et de pillage des ressources du pays pour lui et son clan.
Devant l’opinion nationale et internationale, Patrice Talon a montré la permanence des conflits d’intérêts au sommet de l’Etat. Lorsque vous dites que vos enfants, vos amis et vos associés continuent de gérer vos parts que vous leur avez cédées, vos intérêts ne sont-ils pas toujours en œuvre ? Lorsque, Chef d’Etat, vous cédez la collecte des recettes des douanes de tout un pays à une société dont votre ami et associé ainsi que vos enfants sont propriétaires, vous ne pouvez pas nier les conflits d’intérêts ? Le Président Patrice Talon, s’est ainsi enfoncé, directement, durant toute sa sortie du 22 avril sur toutes les questions cruciales où il pensait donner le change.
Il est au-dessus des besoins, répète-il à tout propos ? Il en fait même un critère de garantie de gestion sans prévarication. Mais quel besoin a-t-il donc d’accaparer le domaine foncier public ? Quel besoin donc de reprendre le PVI pour lui et ses enfants, de reprendre le coton au premier Conseil des ministres, de rentrer dans tous les secteurs rentables ? Le besoin de l’homme d’affaires, d’agrandir ses affaires, de devenir toujours plus riche, au détriment des autres, par les moyens qui l’ont rendu riche, le monopole concédé par l’Etat.
Cet homme d’affaires a montré dans cette interview qu’il ne connaît pas le commerce qui d’après lui ne doit pas courir derrière le client, cet homme d’Etat qui ne sait pas que l’offre doit être le plus rapidement accessible à la demande. Ce Chef d’Etat ne connaît ni la pratique quotidienne des vendeuses de galettes ou de pain qui courent derrière le client dans notre pays. Cet homme d’affaires ne sait pas que dans les pays développés où les boites aux lettres sont bourrées de prospectus, les écrans envahis par la publicité, le client est roi. L’homme d’affaires bénéficiaire des monopoles d’Etat ne court pas derrière le client et aujourd’hui, le Chef d’Etat décrète que les petits vendeurs, les petits commerçants, ne devant pas courir derrière le client doivent être déguerpis des espaces publics à eux concédés par les autorités avant lui ; le Chef d’Etat dit : « surtout, il faut les éduquer. », même si entre temps ils doivent mourir de faim.
L’homme au-dessus du besoin se veut éducateur du petit peuple. Bien, admettons. Les dirigeants doivent effectivement éduquer. Mais la seule et meilleure manière d’éduquer, c’est l’exemple. Patrice Talon, Chef de l’Etat accapare un domaine public pour son compte et pendant ce temps clame que l’espace public doit être dégagé. Patrice Talon en Conseil des ministres publie les sanctions contre les directeurs d’écoles pour vol d’un sac de riz, d’un bidon d’huile.. Mais, ce Chef d’Etat, éducateur, dit et ne regarde pas dans le rétroviseur pour ceux qui ont volé 45 milliards devant servir à donner de l’électricité aux populations. Le gouvernement de ce Chef éducateur a avalisé le non-lieu pour ceux qui ont volé des milliards de francs cfa devant servir à donner de l’eau à des milliers d’enfants. En effet quel crime abominable de voler un bidon d’huile des vivres des cantines scolaires ! Mais voler des milliards qui doivent servir à donner de l’eau aux populations (Ppea2), à donner l’électricité (Maria gléta), voler les économies des petits épargnants (ICC service), payer à 5 millions une moto qui coûte au plus un million, surfacturer les commandes de l’Etat, non, ce n’est rien tant que l’on est dans la cour, près du Grand éducateur.
D’ailleurs, lui-même, n’a-t-il pas reconnu par deux fois, ici devant l’Episcopat catholique et puis devant son maître Macron à Paris, qu’il est aussi responsable et bénéficiaire de la gouvernance de pillage qui a plongé le pays dans le chaos. Mais, n’a-t-il pas déjà répondu qu’en principe, l’aveu signifie pour lui faire table rase du passé ? Oui, pour lui, le Grand éducateur, l’aveu suffit et ni la justice, ni le peuple n’ont pas le droit de savoir comment et dans quelle mesure il a été responsable et bénéficiaire de la mauvaise gouvernance du pays. Mais les autres, ceux qui refusent de servir le compétiteur-né, ceux qui se battent contre sa politique, la justice doit les poursuivre, sans autre forme de procès.
Pendant son interview, donnant les raisons à la base de la cession du Port à une société belge, Patrice Talon dit qu’il est à la recherche de l’efficacité et cherche à ce qu’on le félicite pour avoir résisté à ses parents et partisans qui voulaient le poste. Ainsi donc, pour lui, le Bénin se réduit à ses parents et partisans et c’est en leur sein qu’il recherche et nomme les compétences. Y-a-t-il meilleure preuve de népotisme ! Pire, en dehors de ces parents et partisans, c’est l’apatridie la plus avilissante pour le pays et qui nous fait reculer aux années de la colonisation. L’attitude de servile vis-à-vis des colons est tellement puante et indigne que des journaux étrangers (La lettre du Continent du …) en ricanent et s’en félicitent en rappelant que le grand-père de Patrice était français !
Un pouvoir de pilleurs impénitents, de parasites de décrets et des ressources d’Etat, de népotisme, voilà déjà ce que nous pouvons dire. Et les libertés et la démocratie ? Le Grand éducateur n’en a cure. Par un raisonnement par sophisme comme le pratique son avocat, Joseph Djogbénou, Talon par du principe qu’il a des secteurs qui ne doivent pas faire grève, pour justifier le retrait du droit de grève à la justice, qualifiée de corrompue, et à la santé qualifiée d’assassins en quelque sorte. Aucun n’est tenu de la Constitution et des lois du pays. Patrice Talon fait du tourisme un secteur prioritaire, donc, le droit de grève doit être arraché aux magistrats et aux agents de santé. Telle est la volonté du Chef, de l’autocrate qui ne jurerait que par l’efficacité et pour cela dirige le pays comme une entreprise privée, la sienne, et les citoyens comme ses employés, nous a-t-il redit à travers cette interview du 22 avril.
Lui, avec ses aveux, table rase doit être faite de son passé de pilleur. Mais les autres qui ne s’agenouillent pas devant lui, ceux qui osent le critiquer pour sa gestion, doivent être envoyés en prison. Le retour des poursuites et détentions politiques est là, et des magistrats de cette justice qu’il qualifie de corrompue sont à ordre. Le procureur Ulrich Togbonon s’est fait dans ce contexte une réputation non seulement nationale (la Décision DCC 18-098 du 19 avril 2018) mais désormais internationale « de bras judiciaire du régime de Talon ». Cette décision de la Cour Constitutionnelle condamnant sans appel le gouvernement dans son rapport sur l’affaire CNSS/BIBE ainsi que le procureur Togbonon pour avoir violé ou méconnu la Constitution confirme la dignité du combat des travailleurs, des femmes, de la jeunesse et de tous les démocrates contre la poursuite et la détention de Laurent Métongnon et de ses co-accusés. En fait cette décision de la Cour Constitutionnelle et leur détention hors la loi montrent désormais que nous avons un pouvoir qui prend ces citoyens "gênants" en otage, comme le font les mafieux.
La condamnation du gouvernement dans la poursuite et la détention de Laurent Métongnon et ses co-accusés pour avoir violé les principes du contradictoire, de présomption d’innocence et d’égalité devant la justice s’étend à d’autres nombreuses affaires brandies contre les opposants par le pouvoir de Talon dans des audits réalisés de façon opaque et népotiste (l’actuel ministre des finances était un cadre de Deloitte sans parler des autres associés dans des cabinets comptables) dans la violation de ces principes. Elle confirme que la soi-disant lutte contre la corruption par Talon se résume à une chasse contre les opposants politiques et les concurrents potentiels économiques. La dictature autocratique au service des intérêts de clan est bien épinglée.
Cette dictature est sourde aux exigences du peuple et aux interpellations de tout ce que le pays compte de personnalités. Répondant aux interpellations de la Rencontre de Djeffa, Patrice Talon renvoie à sa majorité au Parlement. Il avance que c’est l’Assemblée nationale qui représente en un moment T, l’opinion et les exigences d’un peuple. Ceci n’est pas toujours vrai. En des moments T, beaucoup de parlements sont en porte à faux et déconnectés du peuple. Dans notre pays en 1963 et de 1985 à 1989, les parlements au Bénin étaient déconnectés du peuple béninois. Et face à l’aveuglement des pouvoirs de ces moments-là, le peuple s’est levé pour balayer et parlement et gouvernement.
Et c’est justement cette leçon que rappelle la rencontre de Djeffa. « Notre pays, le Bénin va mal. Le Bénin est plongé dans une crise aux dimensions multiples, politique, économique, sociale et culturelle » a clamé la Rencontre de Djeffa. Elle demande la fin des parjures (installation du Cos-lépi, audit de la lépi, etc) et le retour de la parole au peuple par la convocation d’urgence d’une Assise nationale des forces vives de la nation en vue de redéfinir de nouvelles bases consensuelles de gouvernance du pays.
Les luttes sociales en cours, qui rejettent et balaient tous les complots, les achats de conscience, qui mettent en œuvre la souveraineté de la base sur les responsables mandataires au sommet indiquent que le peuple s’éveille et se réveille.
Ce n’est pas seulement au Bénin que le peuple est en lutte pour la liberté, la dignité et contre les agissements des puissants. Partout dans le monde, les peuples se dressent contre la force brute, les puissances d’argent qui les oppriment et surtout contre les pouvoirs corrompus et affameurs. En Syrie, les dernières frappes américaines, françaises et britanniques suites à des attaques chimiques non prouvées, indiquent qu’on veut nous faire rejouer le film des armes de destructions de Saddam et entrainer le monde dans une nouvelle boucherie ; mais les peuples sont vigilants et veillent ; autant ils veulent la paix, autant ils mènent une résistance farouche contre les régimes prédateurs et dictatoriaux qui les oppriment. Les derniers exemples c’est ce qui se passe en Arménie et à Madagascar où le peuple insurgé est entrain de montrer que rien n’est supérieur à sa volonté. En Arménie, après plusieurs années au pouvoir, le dictateur a voulu se maintenir au pouvoir par des tours de passe-passe. Le peuple s’est insurgé et l’a forcé à la démission, exigeant que le chef de l’opposition soit nommé à la tête du gouvernement provisoire pour espérer des élections transparentes, qui d’habitude sont gagnées à coup d’argent et de fraude. Ce qui est remarquable, et comme le font remarquer les médias internationaux, c’est la fraternisation entre la force armée et le peuple, montrant que toujours, les soldats et policiers issus du peuple et ayant les mêmes problèmes que lui se rangent toujours de son côté quand il monte à l’assaut d’un régime oppresseur. Il en est de même aujourd’hui à Madagascar où le peuple épuisé est dans la rue, demandant la démission du président et la fin de son pouvoir corrompu. Le peuple béninois qui est dressé contre le pouvoir oppresseur de Patrice Talon doit continuer son combat, prendre exemple sur ce que sont en train d’accomplir sous nos yeux les braves peuples arméniens et malgaches en se convainquant que la victoire sur le pouvoir autocratique de Patrice Talon n’est pas loin.
Le Front pour le Sursaut Patriotique dit bravo à tous les travailleurs, artisans, paysans, jeunes, étudiants et élèves, les femmes qui sont au combat malgré la faim, la répression, la ruse et les mensonges d’Etat, les complots et trahisons de certains responsables syndicaux. Le FSP appelle à la multiplication, à la diversification des luttes pour mettre fin à la gouvernance de dictature autocratique, de pillage, de famine et pour la tenue des Etats généraux du peuple en vue d’un gouvernement patriotique et de probité.

Enfants du Bénin, debout pour que Vive la démocratie, pour que survive le Bénin !

Cotonou, le 26 avril 2018

Pour le Comité de Suivi,

Le Porte-parole,

Jean Kokou ZOUNON

vendredi 5 janvier 2018

« La parole du Chef de l’Etat du Bénin n’est plus crédible … », accuse le Front pour le Sursaut patriotique

Dans un point de presse qu’il a animé à Cotonou


L’une des salles de conférence du Chant d’oiseau de Cotonou a abrité le premier point de presse des membres du Front pour le Sursaut patriotique (Fsp), pour le compte de la nouvelle année. L’événement s’est déroulé le jeudi 4 janvier 2018. A travers la Déclaration lue par Jean Kokou Zounon, Coordonnateur et Porte-parole de la formation politique, et rendue publique, il a été dénoncé l’absence de l’organisation des Etats généraux du peuple et l’aggravation du climat social dans le pays, tout en pointant du doigt, en passant, un fait : le Président de la République, Patrice Talon, n’inspire plus confiance …

Marcel Kpogodo
Les leaders du Fsp (Photo d'archives)


Intégralité de la Déclaration du Front pour le Sursaut patriotique



DECLARATION A PROPOS DE LA SITUATION NATIONALE ACTUELLE


Le 13 octobre 2017, à l’occasion d’un géant meeting de protestation contre la gouvernance du Président Talon organisé à la Bourse du Travail à Cotonou avec la participation des députés de la minorité parlementaire, le Front pour le Sursaut Patriotique avait publié une déclaration à propos de la situation nationale. Dans cette déclaration, nous montrions que « le peuple a faim… , que jamais l’inégalité n’a atteint des proportions aussi vertigineuses dans notre pays et, ce, dans tous les domaines, …, que l’impunité et la corruption sont protégées au sommet de l’Etat et la rigueur, soi-disant de la loi, ne frappe que les faibles et les opposants…, que jamais l’administration n’a été aussi politisée…, que jamais les institutions n’ont été aussi avilies par un Président de la République.., que jamais les libertés n’ont été autant violées », bafouées, niées par le pouvoir en place. Nous montrions que le « Président avait perdu toute crédibilité à cause des reniements spectaculaires de la parole donnée ». Nous avons montré que cette situation est très grave et « demande des mesures courageuses de changement de sa gouvernance ». C’est pourquoi le Front pour le Sursaut Patriotique avait demandé solennellement ce jour-là, vendredi 13 octobre 2017, « au Chef de l’Etat, Patrice Talon, s’il lui reste encore un peu d’amour pour ce pays, d’accéder à l’exigence pressante de la réunion d’une Assise nationale d’ici le 31 décembre 2017 pour revoir la gouvernance du pays. »
Le 31 décembre 2017 est passé. Au lieu de la lueur d’espoir qu’aurait suscitée l’adhésion du Chef de l’Etat à cette exigence des Etats généraux, aujourd’hui réclamés par des acteurs dans maints secteurs, le Président de la République plonge davantage le peuple dans l’angoisse, la famine et la misère et se lance dans la restauration d’une dictature autocratique au profit d’une mafia au sommet de l’Etat.
En effet, depuis octobre 2017, la situation du pays s’est aggravée dans tous les domaines. La faim et la misère se sont étendues avec l’augmentation des prix des produits de première nécessité face à un pouvoir d’achat en chute libre. Aucune perspective au profit des milliers de petits producteurs déguerpis des rues ; au contraire, le pouvoir menace, dans un mépris total de la personne humaine, de poursuivre les casses sans avancer une alternative. Le chômage s’est aggravé avec des licenciements économiques de milliers de salariés. Le climat des affaires s’est davantage dégradé et il n’y a plus de certitude pour les opérateurs économiques non associés au clan au pouvoir. La dépendance économique du pays s’est renforcée avec la remise dans une opacité totale des centres névralgiques du pays à des monopoles étrangers et des sociétés écrans appartenant au Chef de l’Etat et à son clan.
Non seulement la misère et la faim, mais c’est à la mort que le pouvoir de Talon condamne le peuple avec la multiplication des obstacles à l’accès à la santé dont on veut à tout prix privatiser les centres. En témoignent les restrictions à la prise en charge des milliers de fonctionnaires en fonction ou à la retraite ainsi que leurs familles qui ont poussé le CNHU, l’hôpital public de référence, à refuser les modestes prises en charge des malades de ces secteurs. Nous disons qu’il s’est agi là, rien moins qu’un crime de masse.
Et pour établir un silence de cimetière au Bénin, des mesures des plus assassines contre les libertés sont prises en complicité avec une Assemblée nationale corrompue, ligotée d’un côté et bâillonnée de l’autre. Des députés sont interdits de parole au sein même de l’hémicycle ; des lois scélérates liberticides sont prises tous les jours sans égard à la Constitution et à la Cour Constitutionnelle. Celle-ci est superbement ignorée dans toutes ses mesures pouvant aller à l’encontre de la volonté du Chef de l’Etat. Ainsi, la décision sans équivoque et avec des délais formels, pour l’installation du Cos-Lépi est rejetée par la majorité présidentielle. Les libertés syndicales et le droit de grève sont retirés à la police, aux travailleurs de la santé, de la justice et aux magistrats. Le pays renoue avec des poursuites et des détentions politiques que l’on essaie de couvrir par des montages judiciaires et de slogans de lutte – sélective - contre la corruption.
Aujourd’hui, tous les droits conquis par le peuple dans sa victoire sur l’autocratie en 1989-1990 et consacrés par la Constitution sont dans les fers. Il n’y a plus d’institutions de contre-pouvoir. Le Parlement est vassalisé. La Haac est à ordre et continue de fermer des organes de presse non conformistes. La liberté de presse est traquée. Une guerre est lancée contre la Justice pour sa soumission totale au désidérata du Chef de l’Etat. La Cour constitutionnelle, clé de voûte du système, est méprisée et ses décisions ne valent que ce que le Chef de l’Etat veut en faire. La Constitution elle-même est, chaque jour, piétinée et les droits fondamentaux des citoyens et des travailleurs sont niés. Notre pays n’est plus un Etat de droit, mais est devenu un Etat voyou et policier où les décisions de justice, y compris celles de la plus haute instance en matière constitutionnelle, sont rejetées.
            A la place de l’Etat de droit et de la dignité de la parole donnée, on assiste au déploiement nauséeux de la ruse et de la rage. A la place de la satisfaction des accords négociés par le Chef de l’Etat en personne avec des travailleurs en grève, le pouvoir, à l’échéance du moratoire, organise un coup de force anticonstitutionnel contre le droit de grève. La parole du Chef de l’Etat du Bénin n’est plus crédible et plus aucune crédibilité ne peut désormais lui être accordée.
            Telle est la situation actuelle. En réponse à la demande solennelle de la réunion des Etats généraux, le président Talon, par les mesures prises, entend soumettre le peuple à sa dictature autocratique et faire des citoyens du Bénin des employés de la société Talon et Cie.
            Le peuple est en face d’un défi, celui de rejeter la dictature autocratique du Président Patrice Talon. Il lui appartient désormais de prendre ses responsabilités comme il a su les prendre par le passé face aux présidents "gouverneurs" et dictateurs autocrates. Déjà, de partout, les fausses tribunes de dialogue social mises en place par le pouvoir de la duperie sont dénoncées et boycottées. Déjà se multiplient les exigences de la réunion des Etats généraux de la santé, de dialogue social, etc. Il appartient au peuple de se lever pour laver l’imposture, les parjures ainsi que la honte dont le pouvoir de Talon couvre le Bénin et les Béninois. Il appartient au peuple de se lever pour venir à bout de la gouvernance de la ruse et de la rage.
Et dans ce combat salutaire, le peuple saura, à coup sûr, réunir les conditions et moyens de tenir ses Etats généraux afin de recouvrer et de consacrer toutes les libertés, d’instaurer une autre gouvernance, une gouvernance patriotique et de probité.
            Le Front pour le Sursaut Patriotique (FSP) ainsi que toutes ses organisations membres demeurent debout et confiants. Il salue et soutient les organisations des travailleurs, de la jeunesse, les honnêtes députés dans leurs diverses actions légitimes de protestation contre le danger public de la dictature autocratique. Les régimes oppresseurs ne peuvent perdurer. La dictature autocratique ne passera pas Ici, c’est le Bénin !
            Ensemble nous vaincrons !     
Enfants du Bénin debout !

Cotonou, le 04 janvier 2018


Le Front pour le Sursaut Patriotique

lundi 25 décembre 2017

Le discours de Patrice Talon sur l’état de la nation est « un discours déconnecté et négateur de la réalité du pays et de la vie de ses hommes », selon le Front pour le Sursaut patriotique

Dans le cadre d’un Communiqué qu’a publié la formation politique de l’opposition


Le Président de la République, Patrice Talon, s’est prononcé, le vendredi 22 décembre 2017, devant les Députés, sur l’état du Bénin, à quelques jours de la fin de l’année en cours. Au lendemain de cette déclaration solennelle du Chef de l’Etat, le Front pour le Sursaut patriotique (Fsp) a fait paraître, le 23 décembre, sous la signature de son Coordonnateur et Porte-parole, Jean Kokou Zounon, un Communiqué battant en brèche les axes d’avancée, évoqués par Patrice Talon. Lisons plutôt …

De gauche à droite, Léonce Houngbadji et Jean Kokou Zounon, du Fsp


Intégralité de la Déclaration du Front pour le Sursaut patriotique (Fsp)


FRONT POUR LE SURSAUT PATRIOTIQUE (FSP)
Cél : 97983565 / 97980179

COMMUNIQUE A PROPOS DU DISCOURS DU CHEF DE L’ETAT SUR L’ETAT DE LA NATION : UN DISCOURS DECONNECTE ET NÉGATEUR DE LA RÉALITÉ DU PAYS!


Comme prévu par la Constitution, le Chef de l’Etat a délivré hier, 22 décembre 2017, son discours sur l’état de la nation. Pour tous ceux qui ont eu le courage de le suivre ou de lire ce discours, on a l’impression que le Président Patrice Talon ne parle pas de ce pays, des peines de ses hommes et femmes, du désespoir de sa jeunesse. Alors au lieu d’un discours sur l’état de la nation, c’est-à-dire sur la situation actuelle dans laquelle a conduit sa politique, le Président s’est lancé encore dans la déclinaison de son programme, dans ses « Projet et Dessein » (sic) pour aligner les annonces pour 2018 et conclure, sans aucun élément probant et faute de perspectives réjouissantes pour le peuple, que « notre pays va de mieux en mieux et surtout ira mieux demain. » (sic).  Ainsi, le discours du Chef de l’Etat est un discours déconnecté et négateur de la réalité du pays et de la vie de ses hommes.
Le Chef de l’Etat, dans son discours a passé son temps à nous redire, encore et encore, qu’il « s’est attelé quotidiennement depuis bientôt deux ans, à construire les bases solides de notre développement durable et harmonieux » (sic). Or la réalité que vit le peuple, c’est que depuis deux ans bientôt, le président Talon s’est attelé quotidiennement à construire, à l’aide du pouvoir d’Etat, les bases solides de son empire économique et financier dans tous les secteurs vitaux de notre économie, et ce, au détriment de tous les concurrents potentiels, sans état d’âme pour le sort des travailleurs, les petits et les pauvres gens. La réalité dans le domaine économique, c’est la privatisation sauvage qui n’a jamais conduit, à l’époque actuelle des grandes puissances dominatrices, au développement des pays dépendants et arriérés.
La réalité du pays, ce sont des milliers de petits producteurs réduits au chômage en 2017 par la destruction de leurs outils et lieux de production avec les déguerpissements insensés et sans alternative. La réalité, c’est le chômage aggravé pour les jeunes à cause des liquidations des sociétés publiques, de la chasse aux entreprises privées qui se trouver obligées d’opérer des licenciements économiques. Avant le discours du Chef de l’Etat, son ministre chargé du développement, Bio Tchané, avait parlé de 60.000 emplois créés. Il s’agit là et dans tout le discours du Chef de l’Etat lui-même, de chiffres qu’aucune source indépendante, y compris l’Institut national de la statistique dépouillé de ses attributs et moyens, ne peut attester. Du reste, au vu des emplois détruits depuis le 06 avril 2016, du nombre des jeunes venus sur le marché du travail, sans parler des promesses du PAG, ce chiffre traduit, dans les faits, un échec patent de la politique de Talon.
La réalité, c’est l’analphabétisme qui frappe encore plus de la moitié de la population en âge de travailler ; et sans éradiquer « l’ignorance des lettres » (sic), le pays ne peut s’élever au niveau de l’utilisation massive et conséquente des nouvelles technologies. La réalité, c’est la poursuite de la destruction de l’Ecole, avec des classes sans maîtres, sans professeurs, sans matériels didactiques, avec des coûts d’accès aggravés. Quelles bases solides et quel avenir pour la formation de la jeunesse lorsque la majorité des jeunes est exclue de l’enseignement supérieur à cause de l’augmentation des coûts de formation et de la multiplication des barrières d’accès depuis l’enseignement secondaire ?
Dans son discours, le Président Talon avance que son gouvernement a dépensé 200 milliards de F Cfa pour les dépenses sociales prioritaires, « bien au-delà » des objectifs fixés et des engagements pris avec le FMI. Mais pourtant, lui et son gouvernement se sont tus lorsque la directrice générale du FMI, au cours de son séjour au Bénin, a répété l’insuffisance du social dans l’action du gouvernement et la non tenue des engagements pris. Le mensonge sur le social est-il destiné au peuple ?
Patrice Talon parle de l’assainissement des finances publiques. La réalité, c’est la multiplication des collaborateurs extérieurs payés hors grille, pendant que la majorité des fonctionnaires est réduite à leur salaire de misère. La réalité, c’est la multiplication des marchés gré à gré dans l’opacité totale, la gestion opaque du trésor public. Et si « l’argent facile ne circule plus comme c’était le cas » (sic), mais pourquoi l’argent mérité manque pour les travailleurs et le peuple ?
La réalité au niveau de la justice, c’est la vassalisation poussée de la justice. La réalité, c’est ce que Me Robert Dossou, ancien bâtonnier, ancien doyen de la faculté de droit, ancien ministre, ancien président de la Cour constitutionnelle, a constaté et a dû dire : en 44 ans de carrière d’avocat au Bénin, il n’a jamais eu affaire à une justice aussi à ordre. Jamais dans notre pays, l’inégalité devant la loi n’a été aussi criarde. La soi-disant lutte contre la corruption ne frappe que les opposants politiques et les concurrents économiques, pendant que les dignitaires pilleurs au pouvoir et leurs affidés sont tranquilles.
La réalité dans notre pays, c’est le mépris des institutions qui ne se soumettent pas au désidérata du Chef de l’Etat ; c’est la mise en exécution de lois non approuvées par la Cour Constitutionnelle.
La réalité au plan politique, c’est le retour d’un pouvoir autocratique où des individus sans aucun titre officiel peuvent donner des ordres à des ministres. Et avec l’autocratie, le pays renoue avec la vassalisation de l’Assemblée nationale où les députés qui ne veulent pas « voter les yeux fermés » comme le demande le Chef de l’Etat, sont interdits de parole au parlement. Le pays renoue avec la période sombre où un préfet, au nom du Chef de l’Etat autocrate, peut piétiner le pouvoir judiciaire et s’introduire jusqu’au palais de la justice pour "faire régner l’ordre". Avec l’autocratie, le pays renoue avec le passé douloureux et sombre des détentions et sanctions politiques des opposants, tels les cas de Laurent METONGNON ou du capitaine TREKPO.
NON et non, c’est faux, notre  pays ne va pas mieux. Il va certainement mieux pour vous et la caste autour de vous. Mais, il va de mal en pis pour le peuple. Et à cette allure, la catastrophe n’est pas loin. Un Président qui connaît vraiment ce pays, qui connaît ses forces et faiblesses, qui connaît surtout ses attentes et à qui il reste un brin d’amour pour lui, devrait à l’occasion solennelle du discours sur l’état à la nation, prendre la mesure de la situation et accéder à l’exigence de la réunion des Etats généraux du peuple afin de revoir les bases véritables du développement et pour une autre gouvernance. Cette alternative clamée par le FSP est aujourd’hui illustrée par maints acteurs qui, en rejet de la politique du pouvoir dans leur secteur, proposent ici des Etats généraux de la santé, là les Etats généraux des transports, et là encore même, des Etats généraux du dialogue social !
Voilà la réalité du pays. Voilà les attentes et perspectives pour les véritables bases du développement du pays. Et cela, le peuple le réalisera.
                                                                                  Cotonou, le 23 décembre 2017
                                                                                              Pour le FSP,
Le Coordonnateur, porte-parole,


                                                                                  Jean Kokou ZOUNON

mardi 19 décembre 2017

Le communiqué du Fsp qui précise les raisons du report du procès de Laurent Mètongnon et consorts

Dans le cadre d'un texte rendu public ce mardi 19 décembre

Le procès de Laurent Mètongnon et de ses co-accusés, très attendu pour ce mardi 19 décembre 2019, a été reporté au 30 janvier 2018. Les motivations d'une telle décision donnée au Tribunal de Cotonou et les conséquences du report ont été présentées par Jean Kokou Zounon, Coordonnateur et Porte-parole du Front pour le Sursaut patriotique (Fsp), à travers un Communiqué que cette personnalité a rendu public, dont notre Rédaction s'est procuré une copie et dont elle présente, ici, l'intégralité. 
  
Jean Kokou Zounon


FRONT POUR LE SURSAUT PATRIOTIQUE (FSP)

Cél : 97983565 / 97980179

COMMUNIQUE AU PEUPLE ET A L’OPINION INTERNATIONALE

Ce jour 19 décembre 2017, Laurent METONGNON et ses compagnons de prison se sont présentés devant le tribunal de Cotonou pour être entendus dans le dossier politique fabriqué de toutes pièces par le pouvoir de TALON contre l’organisateur principal du Front pour le Sursaut Patriotique afin de museler notre organisation. Depuis le 27 novembre 2017, Laurent METONGNON et ses coaccusés ont envoyé une lettre demandant au juge Rodolphe AZO, le juge qui a prononcé le non-lieu dans l’affaire de PPEA2 de se déporter. De leur côté les avocats des accusés avaient écrit pour récuser ce juge bien connu dans le milieu judiciaire, comme le Procureur Ulrich TOGBONON, pour sa proximité avec le pouvoir. Tout le monde s’attendait à ce que cette affaire soit confiée à un autre juge ou à un collège de juges comme cela se fait ordinairement quand un accusé soupçonne un juge de partialité et le récuse. 

Mais c’était sans compter avec l’acharnement du pouvoir de TALON qui a son agenda politique qui n’a rien à voir avec les lois de notre pays. A l’entame de l’audience, le juge aux ordres qui a reçu ses instructions du pouvoir autocratique la veille, non seulement a l’outrecuidance d'apparaître au procès, mais se met à poser des questions aux détenus comme si de rien n’était afin d’exécuter les ordres de TALON et de son clan. Mal lui en a pris puisque les détenus, de façon conséquente et courageuse, ont refusé de répondre à ses questions. A l’intervention de Me BAPARAPE démontrant l’illégalité de la procédure, le juge vendu demanda aux policiers de se saisir de lui et de l’expulser de la salle. Tollé et opposition des avocats. Après suspension de séance, le Procureur TOGBONON et le juge aux ordres Rodolphe AZO décident de renvoyer le procès au 30 janvier 2018, le temps de consulter la Cour Constitutionnelle sur l’exception d’inconstitutionnalité manifeste de la procédure, soulevée par la défense.


Ainsi donc, par la volonté de Patrice TALON, Laurent METONGNON et ses coaccusés ne fêteront pas cette fin d’année dans leurs familles. Alors que TALON et tous les pilleurs qui l’entourent sableront le champagne pour le nouvel an, Laurent METONGNON et ses coaccusés seront derrière les barreaux. Alors que le ministre de l’énergie, Jean-Claude HOUSSOU a déclaré lors de la séance de présentation du PAG, que le gouvernement a décidé de ne pas regarder dans le rétroviseur pour 45 milliards fcfa pillés dans le dossier Maria-gléta, le pouvoir de TALON fait emprisonner Laurent METONGNON pour une affaire de commission de 2.500.000 fcfa fabriquée de toutes pièces. 

Alors que la population et surtout la jeunesse étaient venues nombreuses apporter leur soutien à Laurent METONGNON et à ses codétenus, le Préfet Modeste TOBOULA est venu les provoquer. S’en sont suivies des échauffourées avec l’arrestation de plusieurs jeunes dont ANDRE ASSE connu pour sa bravoure. Le pouvoir continue la provocation et l’arbitraire en arrêtant au sein du Commissariat Central deux de ses camarades, Olivier BOSSIKPONNON et Damien DEGBE, venus lui rendre visite.

Le Front pour le Sursaut Patriotique félicite Laurent METONGNON et ses co-accusés pour leur fermeté dans la défense des droits des citoyens à une justice équitable pour tous.
Le Front pour le Sursaut Patriotique félicite toute la masse venue nombreuse exiger la libération pure et simple de Laurent METONGNON et de ses co-accusés. 

Le FSP félicite notamment la jeunesse pour sa mobilisation et sa bravoure.
Il apparaît maintenant qu’avec ses pratiques liberticides, le pouvoir affameur de Patrice TALON veut la confrontation avec le peuple. 

Le peuple béninois a donc un défi à relever, lui qui a pu renverser en 1989 une autocratie barbare. Il doit se mobiliser et s’organiser davantage contre le pouvoir autocratique de Talon pour les Etats Généraux, solution incontournable pour le redressement rapide de notre pays.

Cotonou, le 19 décembre 2017



Le Coordonnateur, porte-parole,


Jean Kokou ZOUNON

dimanche 19 novembre 2017

« Libérez immédiatement Laurent Mètongnon ! », exige le Front pour le Sursaut patriotique

Dans une conférence de presse donnée à Cotonou

La matinée du samedi 18 novembre 2017 a donné lieu à la tenue d’une conférence de presse par le Front pour le Sursaut patriotique (Fsp), à la Bourse du travail, à Cotonou. Il s’agissait pour cette organisation politique de présenter aux journalistes les tenants et les aboutissants de la mise en garde-à-vue de l’un de ses membres, Laurent Mètongnon, dans le cadre de l’affaire ’’Cnss-Bibe’’, et d’exiger sa libération immédiate.


Le Fsp, au cours de la conférence de presse
La libération inconditionnelle de Laurent Mètongnon ! L’exigence fondamentale qu’a manifestée le Front pour le Sursaut patriotique (Fsp), le samedi 18 novembre 2017, à la Bourse du travail de Cotonou au cours d’une conférence de presse, après que Jean Kokou Zounon, première personnalité à intervenir devant les journalistes, a raconté les circonstances de la mise en garde-à-vue de Laurent Mètongnon, dans le cadre de l’affaire ’’Cnss-Bibe’’, tard dans la soirée du vendredi 17 novembre, et après avoir abouti à une batterie de huit conclusions dont la quatrième présente une levée d’ambiguïté en trois éléments : « Le procès contre […] Laurent Mètongnon est un procès politique, sa détention en garde-à-vue est politique. Le camarade Laurent Mètongnon est donc un détenu politique du pouvoir de Talon ».
Pour Jean Kokou Zounon, la figure de proue du Fsp qu’est Laurent Mètongnon a été écoutée par la Brigade économique et financière (Bef), le vendredi 17 novembre 2017, l’homme s’étant présenté dans les locaux de cette institution d’enquête, dès 9h30, alors qu’il y avait été convoqué pour 10h précises. Et, ayant été écouté entre 11h et 12h, en présence de cinq avocats, il a fallu attendre la nuit tardive de cette même journée pour le mettre en confrontation avec M. Boko, ancien Directeur de la Banque internationale du Bénin (Bibe), au moment où Laurent Mètongnon était Président du Conseil d’administration de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss). Cette ancienne autorité a alors déclaré avoir fait parvenir au syndicaliste, sans aucune décharge une somme deux millions cinq cent mille (2.500.000) Francs, en qutre tranches successives d’un million de Francs, de cinq cent mille, de cinq cent mille encore puis, enfin, de cinq cent mille et d’une bouteille de champagne. Une affirmation qui a amené à décider de la garde-à-vue de Laurent Mètongnon, alors que le Conseil des Ministres du mercredi 15 novembre 2017 avait évoqué des commissions de 71 millions qui auraient été distribuées, pour un placement de plus de 17 milliards de la Cnss à la Bibe.
Voilà qui a offusqué les membres du Fsp et qui a poussé Jean Kokou Zounon, en leur nom, à tirer de nombreuses conclusions, notamment, le caractère politique de la garde-à-vue de Laurent Mètongnon.


Marcel Kpogodo



Quelques autres propos

D’autres membres du Fsp se sont prononcés, au cours de la conférence de presse.

Morceaux choisis :
Léonce Houngbadji : « Nous sommes inébranlables, malgré toutes les manœuvres ».

Eugène Azatassou : « L’heure est grave ; il est démontré qu’il s’agit d’un acharnement politique. Le fait de l’inviter un vendredi montre la volonté d’humilier Laurent Mètongnon ; c’est un pouvoir qui n’admet pas la critique, qui n’aime pas qu’on dise ce qui ne va pas. Nous comptons sur notre collège d’avocats, sur les éminents juristes que nous avons parmi nous, sur le peuple, la presse, les patriotes, les démocrates, la police, la gendarmerie, les femmes, … Laurent Mètongnon a été déposé à l’Ocertid, bien que nous ne soyons pas dans un dossier de trafic de drogue ».

Jean Kokou Zounon : « Pas un cheveu de Laurent Mètongnon ne doit être touché, il doit être libéré immédiatement. Patrice Talon mordra la poussière dans notre pays. Même si les combattants ont vieilli, ils sont encore là pour lutter vaillamment ».

Propos recueillis par Marcel Kpogodo


Intégralité de la Déclaration de Jean Kokou Zounon


Poursuites contre le camarade Laurent METONGNON : un procès politique

DECLARATION DE PRESSE du 18 novembre 2017
L’audition du camarade Laurent METONGNON par la BEF à propos de l’Affaire CNSS-BIBE a eu lieu hier vendredi 17 novembre 2017. La délégation du FSP et de nombreux militants, sympathisants, parents et amis ont maintenu un sit-in devant les locaux de la BEF de 09 heures jusqu’à deux (02) heures du matin et ce, malgré les provocations des éléments de la CRS armés jusqu’aux dents, dépêchés sur les lieux qui ont barré les voies d’accès et empêché de nombreux militants de se joindre aux manifestants qui scandaient LIBERTE POUR LAURENT METONGNON ! Les députés patriotes de l’opposition sont également venus à la BEF apporter leur soutien au camarade Laurent METONGNON.
Le camarade Laurent METONGNON qui a reçu la convocation de la BEF, la veille après 19 heures s’est présenté dès 09 heures 30 minutes pour les auditions prévues pour 10 heures décidé et déterminé à affronter et confondre tous les comploteurs fabriqués par le pouvoir de TALON dans ce dossier juridiquement vide.

D’après les informations recueillies sur place, le camarade Laurent METONGNON a fait ses dépositions entre 11 heures et 12 heures assisté de 05 avocats. Au lieu de le libérer aussitôt, la police le fera attendre pendant des heures avant de lui signifier qu’il passera aux confrontations ; et c’est tard dans la nuit qu’il y a eu la confrontation entre le camarade Laurent METONGNON et Monsieur BOKO, DG de la BIBE au moment des présumés faits.
Des informations obtenues de cette confrontation, le DG de la BIBE Monsieur BOKO déclarerait avoir envoyé par personne interposée et sans décharge au camarade Laurent METONGNON successivement un million de FCFA, puis cinq cent mille, ensuite cinq cent mille, et enfin du champagne et cinq cent mille soit au total deux millions cinq cent mille et du champagne. Et sur ces bases de témoignage sans aucune preuve, la police de TALON a décidé de garder à vue le camarade Laurent METONGNON.

Voilà à quoi se résume l’accusation fabriquée par le pouvoir de TALON publiée en Conseil des Ministres parlant de commissions occultes de 71 millions et pour placement de 17,5 milliards FCFA. Il peut fabriquer demain d’autres faux dossiers, mettre en scène d’autres faux témoins à charge. Mais, le complot est maintenant clair pour tout le monde ! Les travailleurs et le peuple se trouvent confirmés dans leur première conviction : La poursuite contre le camarade Laurent METONGNON est politique.

En effet :

1- Pourquoi dans le cadre d’une affaire de commissions occultes qu’aurait versées la BIBE, l’enquête ne devrait-elle pas commencer par l’identification et l’écoute d’abord de ceux qui auraient versé lesdites commissions ainsi que les intermédiaires avant ceux qui étaient accusés d’avoir reçues ? Connaissant la source des commissions occultes, commencer par vilipender le PCA, l’écouter après, avant ceux qui prétendraient lui avoir versé des commissions, ne laisse-t-on pas le temps à ses supposés corrupteurs et autres personnes interposées de disparaître ou d’être manipulées ?

2- Sur la base du seul témoignage du DG de la BIBE, qui dit avoir envoyé des sous par personne interposée, sans décharge, pourquoi garder à vue le camarade Laurent METONGNON qui a montré sa disponibilité en se présentant dès le lendemain moins de 24 heures après avoir reçu la convocation de la BEF ?

3- Dans le fond, toute l’accusation fabriquée par TALON et son gouvernement et publiée en Conseil des ministres pour placement hasardeux de 17,5 milliards en vue de commissions occultes se résume à 2,5 millions et du champagne envoyés sans décharge et en quatre tranches par personne interposée.

4- La conclusion est donc claire. Le procès contre le camarade Laurent METONGNON est un procès politique, sa détention en garde à vue est politique. Le camarade Laurent METONGNON est donc un détenu politique du pouvoir de TALON.

5- Pensant humilier et intimider Laurent METONGNON et le peuple, ce complot confirme la nature autocratique, prédatrice et mafieuse du pouvoir de TALON prêt à fabriquer de faux dossiers contre les opposants démocrates et patriotes. Les tribunaux du Bénin regorgent de dossiers biens documentés et de plaintes pour des affaires de plusieurs milliards de FCFA contre TALON et son clan : PVI, SODECO, Machines agricoles, ICC-services… Son gouvernement a décidé de "ne pas regarder dans le rétroviseur " (sic) en ce qui concerne le dossier de Maria-Gléta pour le pillage de 45 milliards avec SACCA LAFIA. Les pilleurs des ressources publiques, bien connus et qui doivent être traduits devant la justice et mis en prison sont : Patrice TALON, BOKO Olivier, SACCA Lafia, KASSA Barthélemy, GBADAMASSI Rachidi, Barnabé DASSIGLI, etc. Et depuis son arrivée au pouvoir, le pillage du pays avec la SODECO, le PVI, les gré-à-gré, SAFRAN, voilà les nids de commissions occultes et de surfacturations réelles.

6-En ce qui concerne la CNSS, c’est maintenant que la mise à sac a pris son envol avec des dizaines de milliards soutirés par Talon et son équipe pour financer le PAG en panne.

7- Le pays est vraiment à genoux, le peuple à faim ; le pouvoir pille, bousille l’avenir de la jeunesse, piétine les libertés, tente d’intimider et d’agresser les opposants. Le pays est en danger. Mais le FSP ne se laissera pas intimider. Le FSP s’insurge contre les manœuvres politiciennes du tyran TALON contre le peuple et ses leaders.

8- Le FSP dit : LIBEREZ IMMEDIATEMENT LAURENT METONGNON. Il dit : Peuple, travailleurs, jeunes du Bénin, debout pour sauver la patrie en danger des mains des prédateurs et mafieux TALON et BOKO. Restons mobilisés face à la montée de l’arbitraire qui persiste. Aucun dictateur ne persiste durablement à la tête du Bénin.
A bas le pouvoir despotique, pilleur, accapareur, ruineux, mafieux et népotiste de Patrice TALON !

Peuple du Bénin debout !
Cotonou, le 18 novembre 2017

Le Comité de Suivi du FSP

Le Front pour le Sursaut patriotique aiguillonne le Gouvernement sur le brouillage et le piratage de certaines radios

Dans le cadre d’un point de presse organisé à Cotonou


Il s’est tenu à la Bourse du travail de Cotonou un point de presse organisé par le Front pour le Sursaut patriotique (Fsp), sur le brouillage et le piratage de certaines radios émettant depuis la ville de Cotonou. L’événement se déroulait le mercredi 15 novembre 2017. Il ressort de la déclaration présentée, à cet effet, que le Gouvernement Talon orchestre le saccage de la liberté de presse et d’expression.

De gauche à droite, Eugène Azatassou et Jean Kokou Zounon, notamment
Le Bénin, sous le régime du Président Talon, est un pays où sont régulièrement violées la liberté de presse et la liberté d’expression. Ce qui ressort, en substance, du point de presse qu’a donné le Front pour le Sursaut patriotique (Fsp), le mercredi 15 novembre 2017, à la Bourse du travail de Cotonou. Dans son intervention devant les journalistes puis les militants et les sympathisants de l’Alliance politique, Jean Kokou Zounon qui, en est le Porte-parole, a abordé le thème : « Brouillage et piratage des médias : nouvel axe de bâillonnement de la liberté de presse, de la liberté d’expression et du droit à l’information au Bénin ». Ceci lui a permis d’évoquer, dans un premier point, le piratage de la Radio ’’Soleil Fm’’, depuis un certain temps, et le brouillage d’une émission particulière de la Radio ’’Capp Fm’’ sur laquelle devait intervenir Laurent Mètongnon, l’un des membres du Bureau du Fsp, le lundi 6 novembre nier, sans oublier les différents ennuis qu’ connus la chaîne télévisuelle émettant par satellite, ’’Sikka Tv’’, qui a été exclue de plusieurs bouquets et dont l’émission, ’’100% Bénin’’ a été interdite par la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) de diffusion sur la télévision ’’Canal 3 Bénin’’. Et, cette institution républicaine a été dénoncée, dans son inefficacité, face à la situation traversée par ’’Soleil Fm’’ avant qu’il soit conclu que la liberté de presse, notamment, et la démocratie, sont actuellement en danger au Bénin.

Un aperçu du public
Dans un deuxième point, Jean Kokou Zounon a démontré que la liberté de presse et la liberté d’expression ont toujours été menacées au Bénin par le régime Talon qui s’est toujours servi de son bras armé, entre autres, le Préfet du Littoral, Modeste Toboula. Il s’agit d’une situation contre laquelle le peuple béninois n’est pas resté inactif, selon le conférencier, dans un troisième point. En dernier lieu, il a fait l’historique de la lutte du Fsp pour la reconquête du droit de marcher puis s’est montré ferme et exigent, trois points, au nom de cette organisation politique : 
« En tout état de cause, le Front pour le Sursaut Patriotique dénonce avec la dernière rigueur le piratage et le brouillage des émissions radio et notamment de Soleil Fm. Le FSP dénonce la passivité de la HAAC et l’indifférence et/ou la complicité du gouvernement et notamment des autorités chargées de la sécurité nationale.
« Le Front pour le Sursaut patriotique exige l’arrêt immédiat du piratage et du brouillage des émissions radios, le rétablissement de Soleil Fm dans ses droits. Il appelle le peuple à poursuivre ses luttes pour la garantie de la liberté d’expression, de la liberté de presse et du droit à l’information et se tenir prêt à des actions contre le piratage des radios et le brouillage de leurs émissions.
« Le Front appelle les travailleurs, la jeunesse à poursuivre et intensifier leurs combats multiformes contre la gouvernance autocratique, népotiste, affameuse et mafieuse du pouvoir de Talon et pour la réunion des Etats généraux en vue d’un gouvernement patriotique et de probité ».

Marcel Kpogodo



   
Intégralité de la Déclaration de Jean Kokou Zounon, pour le compte du Fsp


FRONT POUR LE SURSAUT PATRIOTIQUE (FSP)
Cél : 97983565 / 97980179
                                                                                 
POINT DE PRESSE
Cotonou, Bourse du Travail, le 15 novembre 2017

THEME :
BROUILLAGE ET PIRATAGE DES MÉDIAS : NOUVEL AXE DE BAILLONNEMENT DE LA LIBERTE DE PRESSE, DE LA LIBERTE D’EXPRESSION ET DU DROIT A L’INFORMATION AU BENIN
Présenté par Jean Kokou ZOUNON, Porte-parole du FSP

Introduction

Mesdames et Messieurs les Journalistes,
Merci pour avoir répondu encore une fois à notre invitation au point de presse de ce jour sur le thème : « Brouillage et piratage des médias : Nouvel axe de bâillonnement de la liberté de presse, de la liberté d’expression et du droit à l’information du peuple au Bénin. »
Il est bien connu que le brouillage et le piratage de la fréquence de certaines radios, "Soleil Fm" depuis plusieurs semaines et "Capp Fm" le lundi 6 novembre 2017 ne sont pas les premières entraves contre la liberté de presse, la liberté d’expression et le droit à l’information au Bénin. Mais ils constituent un fait nouveau, des méthodes nouvelles dont la gravité ne peut être bien saisie que dans l’examen des entraves aux libertés depuis l’arrivée au pouvoir de Patrice Talon. C’est pour cela que notre exposé passera en revue successivement :
1-         Piratage et brouillage des médias : nouvel axe de bâillonnement des médias ;
2-         Le pouvoir de Talon et les attaques antérieures aux libertés et notamment à la liberté de presse ;
3-         Les combats des travailleurs, de la jeunesse et du peuple contre les mesures liberticides du pouvoir de Talon. Interventions du FSP ;
4-         La situation actuelle et l’échec de plus en plus patent du pouvoir de Talon.
           
I-         Nouvel axe de bâillonnement des médias : piratage et brouillage des médias
Soleil FM piraté, Capp Fm piraté et brouillé, le site du magazine l’Autre Afrique de Romuald Boko suspendu, la diffusion de "100% Bénin" de SIKKA Tv sur Canal 3  interdite, le site du journal ’’Les Pharaons’’ qui serait suspendu, telle est la situation critique des médias qui osent relayer les luttes et les cris de douleurs des travailleurs et des peuples du Bénin.
Le piratage de Soleil Fm dure depuis des semaines. La HAAC saisi ne se presse pas pour retrouver la source et les auteurs du piratage mais se lancerait dans des conjonctures. D’abord, ce serait le fait d’une radio du Nigéria voisin, mais alors pourquoi le brouillage se ferait sentir à Cotonou et non dans les autres localités du pays ? Aujourd’hui, on parle d’une surpuissance des émetteurs de Soleil Fm. Une surpuissance qui embrouillerait les émissions seulement vers Cotonou ! Mais le pot aux roses sera connu avec le brouillage de Capp Fm le lundi 06 novembre lors du passage de Laurent METOGNON de 18 heures à 19 heures. Il apparaissait alors clairement que le brouillage n’était pas un hasard, mais un acte de piratage prémédité et programmé dans le but d’empêcher les auditeurs de Cotonou d’avoir accès à des émissions dont le contenu dérange.
Sikka Tv, éjecté du bouquet Canal+ et de Strong, a commencé par relayer son émission "100% Bénin" sur la chaîne de télévision Canal3. Mais dans une promptitude après deux émissions, la HAAC envoie une mise en demeure et rappelle les règles du jeu en la matière. Alors que depuis des mois, la radio Soleil Fm est victime de piratage, la HAAC ne donne aucune information rassurante des actions pour libérer Soleil Fm.  Des informations sur les réseaux sociaux faisant état de l’identification de l’émetteur pirate comme situé non loin de la direction générale de la SONEB. Que fait la HAAC pour rassurer, confirmer ou démentir ces informations et dans tous les cas pour remettre Soleil Fm et les auditeurs dans leurs droits ?

Au vu des faits graves ci-dessus relatés, nous sommes en droit de dire que la liberté de presse, la liberté d’expression et le droit d’information qui constituent des libertés et des droits fondateurs de la démocratie sont en danger au Bénin. La démocratie est en danger.

II-        Le pouvoir de Talon et les attaques antérieures aux libertés et notamment à la liberté de presse.
Les atteintes aux libertés publiques par le pouvoir de Talon ont commencé très tôt, dès le mois de septembre 2016, par l’attaque contre les manifestants pacifiques étudiants et à propos de qui Toboula, le préfet du Littoral proclamait qu’il existerait des "lignes rouges" à ne pas franchir. Le gouvernement décrètera à la suite des protestations des étudiants de l’interdiction dans les faits des organisations estudiantines. Depuis lors, Toboula, en violation flagrante et permanente de la Loi sur la décentralisation a presque dessaisi le maire de ses prérogatives de police administrative pour se permettre la répression violente des dizaines de manifestations, notamment de femmes de marché Dantokpa.
Le pouvoir de Talon donnait ainsi le ton : réduire au silence toute couche, toute opposition, tout concurrent potentiel à sa politique dont la finalité a été indiquée dès le premier conseil des ministres de son gouvernement, à savoir : reconstituer et étendre l’empire économique et financier du nouveau César.
La liberté d’expression doit être réduite aux éloges et louanges aux actions de l’homme du Nouveau départ, sans aucune critique vis-à-vis du pouvoir dit de la Rupture. Et ne doit s’exprimer au Bénin qu’une pensée unique, celle du nouveau départ. Alors, les organes publics d’Etat (Radio et télévision nationale) continuent l’ostracisme et l’exclusion des partis, organisations et tout auteur de vues critiques, entravant la liberté d’expression des opinions non conformistes dans un pays qui se dit pourtant démocratique. La pratique des contrats d’asservissement des médias privés qui avait été critiquée par le candidat Talon est reprise et accentuée par la corruption des hommes des médias. La communication d’Etat, que disons-nous, la propagande d’Etat, à l’instar des autres activités d’Etat, (la prise des arrêtés ministériels, les marchés de gré à gré, les propositions de nominations dans les cabinets, et plus tard la supervision directe du PAG, etc.) est centralisée à la Présidence, sous l’œil du nouveau César en une cellule de communication. Des articles siamois, signés par des journalistes stipendiés envahissent et saturent l’espace médiatique, empestant davantage l’atmosphère étouffante créée par la faim et la misère matérielle aggravées par la politique désastreuse du nouveau pouvoir.
La hargne du pouvoir contre la liberté d’expression, la liberté de presse et le droit à l’information du peuple s’est décuplée avec la chasse à l’opposition politique déclarée et de plus en plus critique contre l’instauration rampante d’une nouvelle autocratie dans le pays. La mise en avant de la fameuse "affaire cocaïne" contre Monsieur Sébastien Adjavon entrainera la fermeture en novembre 2016, dans la violation de la procédure par la HAAC de plusieurs chaînes de radios et de télévision : Soleil Fm, Sikka Tv, E-télé, Eden Tv, la Béninoise Tv, Unafrica Tv et la Chrétienne Tv, etc. Les arguments les plus fallacieux sont avancés par le président de la HAAC contre la liberté de la presse et le droit à l’information. La main du pouvoir ne pouvait plus être dissimulée sous la prétendue autonomie de la HAAC. Le peuple pouvait alors se rendre compte que la liberté de presse, le droit à l’information étaient réellement menacés par le pouvoir en place. La lutte contre la politique de famine, la lutte pour le pain devait également prendre en charge la lutte pour la liberté.

III-      Les combats des travailleurs, de la jeunesse et du peuple contre les mesures liberticides du pouvoir de Talon Interventions du FSP

Le pouvoir de Talon voulait semer la terreur et son bras exécutant à Cotonou, le préfet Toboula, s’acharnait à instaurer la peur. Mais devant la réalité d’une politique affameuse, prédatrice, népotiste, autocratique, le peuple ne pouvait continuer de se taire. La faim s’est aggravée dans les foyers de la petite vendeuse des bords des rues et du petit artisan déguerpis violemment de leur lieu de travail sans aucune alternative ni accompagnement. Les travailleurs ne pouvaient continuer de se taire contre les privatisations sauvages et l’accaparement des secteurs vitaux de l’économie par Talon et son clan. Le peuple a senti que la fermeture des médias était une atteinte grave à ses libertés d’expression chèrement acquises. Les dénonciations des organisations syndicales, des partis et organisations démocratiques, des personnalités et journalistes patriotes ont fait reculer le pouvoir et la HAAC. Les scellés posés aux radios fermées ont été levés. Mais la répression contre Sikka-Tv s’est poursuivie avec son retrait du bouquet Canal+ et de Strong.
 La colère du peuple s’est ouvertement concentrée contre le projet funeste de révision de la Constitution qui tendait à concentrer la gouvernance prédatrice, autocratique et dictatoriale. Le peuple a dit NON. Le Front pour le Sursaut Patriotique s’est constitué dans ce combat, rassemblant la plus vaste coalition d’opposition politique et sociale contre le pouvoir de Talon. L’échec de son projet a fait sortir le nouveau César en furie qui menace le peuple de gouverner désormais par la ruse et la rage.
Mais le peuple sait désormais à quoi s’en tenir. La gouvernance ne peut plus se faire uniquement dans le cadre de la loi. La ruse fait désormais partie de la panoplie des actions du pouvoir en place.

IV-      La situation actuelle et l’échec de plus en plus patent du pouvoir de Talon.
La naissance du Front pour le Sursaut Patriotique a correspondu alors à un début d’essor des travailleurs et de la jeunesse contre la nouvelle autocratie. Le pouvoir a tenté de contrecarrer ces actions en renforçant les entraves contre les libertés publiques. On peut se souvenir des aboiements (le mot n’est pas trop fort) du préfet Toboula contre la déclaration déposée auprès des autorités de la mairie de Cotonou, conformément à la loi, par le FSP pour une marche le 22 juin 2017. Il aura fallu la levée de ton des responsables et organisateurs du FSP, dont notamment l’organisateur central, le camarade Laurent METONGNON, pour faire reculer honteusement le pouvoir. On fera circuler par bande annonce sur la chaîne Canal3, au soir le 21 juin, à la veille de la marche, que le président Talon autorisait la marche. Un Président de la République qui autorise une simple marche pacifique, voilà là où en est réduite la gouvernance au Bénin. Voilà qui autorise également à voir et confirmer que toutes les entraves aux libertés, les représailles fiscales contre les organes de presse véritablement indépendants sont du fait, des instructions du président de la République, Patrice Talon.  Mais, manifestement, la tentative de réprimer les marches pacifiques à Cotonou a échoué. Après le 22 juin, les organisations syndicales ont pu organiser leur marche contre la gouvernance de talon, montrant que le dialogue social prôné par le pouvoir n’est que leurre. Du reste, le chef du patronat qui avait signé la charte du dialogue social ainsi que nombre d’opérateurs économiques sont pourchassés avec des redressements fiscaux pendant que des exonérations et autres avantages fiscaux sont octroyés aux entreprises du clan du Chef de l’Etat. Etrangler et éliminer tous les concurrents économiques potentiels, éliminer par la ruse et la rage tous les opposants politiques, destituer les maires non acquis à sa cause et enfin se donner une base de fraude électorale avec son  RAVIP et SAFRAN pour des hold-up électoraux, tout en affamant le peuple et en accaparant au profit de son clan les ressources publique, telle apparaît clairement au peuple et à tout observateur honnête, la politique de Talon.
Alors, les mouvements de grève se multiplient également, à la justice (magistrats, greffiers), au port autonome, à la santé contre l’autoritarisme déployé par le nouvel autocrate et son acharnement à tout privatiser et tout accaparer. Le pays est alors entré dans une crise multidimensionnelle. Le PAG est en panne. La lutte contre la corruption est depuis longtemps rangée dans les placards et l’impunité règne avec la présence au gouvernement et leur reconduction de nombreux pilleurs bien connus dans des dossiers documentés (Maria-gléta, machines agricoles, Iccs-service, mafia domaniale, Safran, marché gré à gré, etc) L’économie stagne et les ressources publiques en réduction. Le climat social est de plus en plus tendu. Les ministres sans pouvoir sous une autocratie sont  incapables de trouver de solution. L’autocrate lui-même est obligé de venir négocier les conditions de cessation d’une grève sans convaincre les travailleurs qui exigent un accord écrit. Ils n’ont pas confiance à la parole donnée du Chef de l’Etat, Voilà où est la situation de la gouvernance de Talon. Le peuple ne croit plus à la parole donnée. Une autre gouvernance est donc manifestement appelée. De nombreuses voix en dehors du FSP le réclament. Et le Front pour le Sursaut Patriotique, à l’écoute du peuple, dans une déclaration solennelle au court d’un meeting géant le 13 octobre 2017 à la Bourse du Travail, a demandé au Président de la République de prendre la véritable mesure de la situation et « d’accéder à l’exigence pressante de la réunion d’une Assise nationale d’ici le 31 décembre 2017 pour revoir la gouvernance du pays. » Le FSP décide d’organiser le 03 novembre 2017 une gigantesque marche à Cotonou, pour appuyer cette exigence
Toboula menacera de poursuite judiciaire quiconque aura exercé son droit d’expression contre le Ravip. Le FSP le bat et organise, après une conférence publique le 26 octobre 2017, une campagne d’affichage contre cette arnaque technique, politique, électorale  et financière qu’est le Ravip avec Safran.
A la veille de la marche du FSP que le pouvoir ne peut plus interdire sans soulever une colère plus grande des masses populaires, le gouvernement de Talon, en Conseil des ministres transformé en tribunal, sur la base d’un rapport de l’IGF qui n’a jamais écouté le mis en cause, condamne et demande à la justice de poursuivre  Laurent METONGNON « pour placements hasardeux dans une banque en difficulté… dans le seul intérêt inavoué de bénéficier des commissions occultes » sic
Tout notre peuple éveillé a compris qu’il s’agit là d’un acharnement politique pour penser distraire non seulement Laurent METONGNON, mais le FSP et tous ceux qui se battent et dénoncent la gouvernance mafieuse de Patrice Talon. De sources concordantes, il se murmure que le pouvoir aux abois, aculé face à l’exigence de la réunion des Etats généraux du peuple pour le 31 décembre au plus tard, pense effrayer le peuple en commençant par s’attaquer à des principaux responsables du FSP. Et le peuple a vu juste, puisque c’est justement à ce moment que se sont révélées encore plus clairement les nouvelles méthodes de bâillonnement de la liberté de presse, de la liberté d’expression et du droit à l’information au Bénin.
Conclusion
Le piratage des médias et le brouillage des émissions sont des actes de guerre. On pirate et on brouille les émissions d’une force ennemie. Soleil Fm est-elle devenue une force ennemie ? Une émission de Capp Fm avec Laurent METONGNON est-elle l’acte d’un ennemi pour être brouillée ? La persistance du piratage et du brouillage laissent penser que les autorités du pays, la HAAC et le gouvernement prennent pour ennemis tous les citoyens qui refusent d’être considérés comme des employés de la société Talon et Compagnie, tous les citoyens qui se refusent d’être considérés comme des locataires dans leur propre pays.
Ensuite, le piratage et le brouillage persistants pose un problème de sécurité publique et nationale au plus haut niveau. Les autorités chargées de la sécurité ne peuvent se taire face au piratage et au brouillage pendant des mois d’une chaîne de radio située sur le territoire national sans s’inquiéter et sans réagir. Incapacité, démission ou complicité ? Voilà les questions que le FSP se pose et qui interpellent le pouvoir de Patrice Talon.
En tout état de cause, le Front pour le Sursaut Patriotique dénonce avec la dernière rigueur le piratage et le brouillage des émissions radio et notamment de Soleil Fm. Le FSP dénonce la passivité de la HAAC et l’indifférence et/ou la complicité du gouvernement et notamment des autorités chargées de la sécurité nationale.
Le Front pour le Sursaut Patriotique exige l’arrêt immédiat du piratage et du brouillage des émissions radios, le rétablissement de Soleil Fm dans ses droits. Il appelle le peuple à poursuivre ses luttes pour la garantie de la liberté d’expression, de la liberté de presse et du droit à l’information et se tenir prêt à des actions contre le piratage des radios et le brouillage de leurs émissions.
Le Front appelle les travailleurs, la jeunesse à poursuivre et intensifier leurs combats multiformes contre la gouvernance autocratique, népotiste, affameuse et mafieuse du pouvoir de Talon et pour la réunion des Etats généraux en vue d’un gouvernement patriotique et de probité.

Merci.