mardi 6 décembre 2011

La pédagogie du gouvernement

Mise en œuvre du Pvi et du guichet unique


La surenchère verbale de Boni Yayi


Après que, les parcs de vente de véhicules d’occasions importés d’Europe aient été fermés par leurs gestionnaires, le Chef de l’Etat a fait revenir ceux-ci à la raison en utilisant une tactique dont il est friand depuis sa réélection : celle de la menace.


Boni Yayi, Chef de l'Etat béninois


Ces trois derniers mois, le gouvernement a lancé deux réformes. L’une à la douane, et l’autre au sein de la filière de vente des véhicules d’occasions importés d’Europe. A la douane, la réforme avait trait à la mise en œuvre du Programme de vérification des importations (Pvi). Celle de la filière des véhicules d’occasions, concerne la mise en place d’un guichet unique. En décryptant ce que, Boni Yayi a eu à faire et à dire dans chacune de ces deux situations, on en déduit qu’il utilise une pédagogie où la surenchère faite de menace tient dorénavant une place de plus en plus essentielle. C’est un peu comme s’il n’avait plus rien à perdre, depuis sa réélection. Ainsi lorsqu’il a rencontré la semaine dernière, les gestionnaires des parcs de vente de véhicules d’occasions importé, il a menacé ceux-ci de leur retirer l’agrément, par lequel l’Etat leur concède la gestion de ces parcs. Boni Yayi a agité cette menace, parce que les gestionnaires de ces enceintes les avaient fermés durant plusieurs jours pour protester contre la mise en place du guichet unique. Mis à part cela, c’est le fait qu’il n’ait pas associé ceux qui étaient concernés par ces deux réformes lors de leurs préparations qui est cause. Et quand ceux-ci se rebiffent à tort ou à raison, le Chef de l’Etat se sachant en position de force, dégaine donc à chaque fois l’arme de la menace. Les douaniers béninois, en ont eu l’amère expérience en octobre dernier. Lorsqu’ils se sont mis en grève le Chef de l’Etat a menacé ceux-ci de les faire radier de la fonction publique. Il a acté son idée par le vote d’une loi taillée sur mesure, qui interdit aux douaniers de faire la grève faute de quoi ils ne feront plus partie de la fonction publique.


Bernado Houenoussi

Aucun commentaire: