mardi 13 décembre 2011

Jacob Zuma à l’assaut du pré carré du Nigéria



Coopération bénino-sud africaine


Le Bénin : nouveau point d’appui de la nation arc-en-ciel en Afrique de l’ouest


Les 10 et 11 décembre derniers, Jacob Zuma, le Président sud-africain était en visite au Bénin. Au-delà des aspects protocolaires de son séjour, il en découle aussi des options relatives à la nouvelle stratégie diplomatique de l’Afrique du sud dans la région ouest-africaine du continent.


De gauche à droite : Boni Yayi et Jacob Zuma


Une quinzaine de jours après que le président béninois se soit rendu en Afrique du sud, son homologue lui a rendu la politesse en foulant durant un peu plus de 24 heures la terre béninoise pendant le weekend qui vient de s’écouler. Mais que peut bien chercher la 1ère puissance économique du continent, dans un pays comme le Bénin ? D’un point de vue stratégique, tout porte à croire que l’Afrique du sud veut faire du Bénin, sa nouvelle porte d’entrée en Afrique de l’ouest, une région dont la superpuissance est le Nigéria. Or ce pays et l’Afrique du sud, se disputent le leadership sur notre continent. Et si Jacob Zuma s’est tourné vers Boni Yayi, c’est parce qu’avec le chute de Laurent Gbagbo, son pays a perdu un allié de poids en Afrique de l’ouest. Aussi, le Bénin est un pays stable dont la démocratie fonctionne vaille que vaille depuis une vingtaine d’années. Boni Yayi a également l’avantage d’être au pouvoir depuis plus de 5 ans, et d’avoir une certaine expérience du pouvoir contrairement à d’autres de ses homologues de la sous-région qui sont au pouvoir depuis quelques mois. A titre d’exemple, nous avons Alpha Condé, Mahamadou Issoufou et Alassane Ouattara


Une relation glaciale avec Wade et Ouattara


Même si officiellement tout va bien entre Jacob Zuma et Alassane Ouattara, le fait que l’Afrique su sud n’ait reconnu le pouvoir d’Alassane Ouattara, qu’après la capture de Laurent Gbagbo n’apaise pas les relations entre les deux hommes d’Etats. Or, Boni Yayi vient de rencontrer ces dernières semaines à deux reprises son homologue ivoirien. Il n’est donc pas à exclure, que lors de ses différents entretiens avec Alassane Ouattara, le Président béninois n’ait pas abordé cette question. Le différend entre Jacob Zuma et Abdoulaye Wade, découle du fait que le Président sénégalais ait reconnu le Conseil national de transition (Cnt) libyen dès le début de l’insurrection contre l’ancien guide libyen. Une option aux antipodes de celle de Jacob Zuma, qui a joué des pieds et des mains pour que l’Union africaine (Ua), ne reconnaisse le Cnt qu’après la chute de Mouammar Kadhafi. Quant à Ahmadou Toumani Touré, le fait que son mandat s’achève dans moins de 6 mois le dessert, étant donné que la diplomatie sud-africaine mise sur le moyen et le long terme pour tisser la toile de son influence en Afrique de l’ouest. Jacob Zuma a également en ligne de mire, son objectif de voir un sud-africain succédé à Jean Ping à la tête de la Commission de l’Ua. Boni Yayi, a donc toutes les cartes en main pour être le Vrp diplomatique de la nation arc-en-ciel auprès de ses homologues de la sous-région, dont le soutien est indispensable pour que l’Afrique du sud puisse décrocher la Commission de l’Ua. Alors que le Nigéria, s’oppose à cette ambition de Jacob Zuma, comment le Président béninois va-t-il manœuvrer pour ne pas froisser l’allié de longue date qu’est le Nigéria pour le Bénin


Bernado Houenoussi

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