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lundi 1 avril 2019

Les déclarations respectives de la majorité et de la minorité parlementaires à l'Assemblée nationale

Face à l’impasse électorale

Le vendredi 29 mars 2019, les députés de la Majorité parlementaire, représentés par l’Honorable Jean-Michel Abimbola, se sont prononcés sur la crise liée au déroulement des élections législatives prévues pour le 28 avril 2019. Dans son propos, cette personnalité, évoquant l’échec du consensus, est allé jusqu’à inviter le peuple béninois à se tenir prêt à aller au vote à la date indiquée.
En réponse à cette allocution, les députés de la Minorité parlementaire se sont prononcés à l’Assemblée nationale ce lundi 1er avril 2019. En substance, il s’agit de retenir qu’ils se sont désolidarisés de la responsabilité que leurs collègues de la majorité ont voulu leur faire porter de l’inexistence du consensus et ont situé les conditions dans lesquelles la majorité a été amenée à monter au créneau. Ensuite est revenu le crédo cher à l’Opposition selon lequel des élections législatives ne sauraient avoir lieu sans elle. A lire l’intégralité des deux déclarations …

Marcel Kpogodo

Siège de l'Assemblée nationale du Bénin


Intégralité de la Déclaration des députés de la Majorité parlementaire


Monsieur le Président de l’Assemblée nationale ;
Mesdames et Messieurs les députés ;
Chers collègues ;

C’est avec gravité que nous soussignés, députés à l’Assemblée nationale du Bénin, après analyse de la situation politique de ces derniers jours tenons à faire la déclaration dont la teneur suit :

Depuis plusieurs jours, et dans leur logique d’agitation du spectre de menace à la paix sociale, certains acteurs politiques évoquent les pouvoirs que conférerait l’article 66 de notre Loi fondamentale comme moyen ultime à mettre en œuvre pour contraindre à la participation de tous les partis politiques en délicatesse avec les lois, aux élections législatives prochaines en lieu et place de la voie du consensus prônée et demandée avec force par le Chef de l’Etat.

Nous voudrions dénoncer cette nouvelle tentative de manipulation de l’opinion par cette démarche ridicule et dangereuse du point de vue constitutionnel qui est une véritable ineptie juridique.

En effet, l’article 66 de la Constitution précise clairement les circonstances dans lesquelles les actions envisagées par l'opposition sont autorisées et possibles. Pour rappel, il s’agit des articles 66 et 67 du titre III relatif au Pouvoir Exécutif. L’article 66 dispose : « En cas de coup d' Etat, de putsch, d'agression par des mercenaires ou de coup de force quelconque, tout membre d'un organe constitutionnel a le droit et le devoir de faire appel à tous les moyens pour rétablir la légitimité constitutionnelle, y compris le recours aux accords de coopération militaire ou de défense existants.

Dans ces circonstances, pour tout béninois, désobéir et s'organiser pour faire échec à l'autorité illégitime constituent le plus sacré des droits et le plus impératifs des devoirs ».

Toute interprétation biaisée, maladroite, nocive et toxique de cet article qui amènerait nos compatriotes à inciter et/ou à poser des actes de désobéissance civique et tenter de troubler l’ordre public comme le promettent les défenseurs de cette hérésie viendrait en violation des lois établies et ne pourrait qu’être sévèrement punie.

Par ailleurs, dans la perspective de trouver une issue à la situation politique qui prévaut en cette veille d'élections, nous voudrions rappeler qu’à la plénière d’hier jeudi 28 mars 2019, les députés ont rejeté à l'unanimité moins une abstention, les deux (2) propositions de lois dérogatoires pour défaut de consensus, conformément au Protocole Additionnel de la CEDEAO. C'est fort de cela que le Président de l’Assemblée nationale a, dans sa synthèse précisé qu’il fallait laisser une dernière chance à la solution consensuelle et ce jusqu’à ce jour vendredi 29 mars 2019.

Nous profitons de cette occasion pour rappeler à chacun et à tous que nous sommes à moins de 30 jours de la date prévue pour le scrutin et informer que de nouvelles propositions de lois dérogatoires ont été transmises par le Président de l’Assemblée nationale à la minorité et à la majorité parlementaires pour approbation.

Mais depuis le matin de ce vendredi 29 mars 2019 où nous devrions en discuter en plénière et jusqu’à cette heure, nous attendons l’opposition qui serait partie consulter ses ténors et ses responsables pour prendre des instructions sur la conduite à tenir.

Nous invitons par conséquent l’opinion publique nationale et internationale à constater avec nous que l’opposition à travers la minorité parlementaire poursuit le dilatoire, jouant toujours avec les nerfs de nos populations impatientes d’une issue à ce feuilleton qui n’a que trop durer.

En tout état de cause, constatant cette attitude malsaine et vicieuse, nous venons marquer notre totale désapprobation, et exprimons par cette même occasion notre vif  regret de noter que notre opposition n’est aucunement dans la logique de la recherche du consensus.

Nous prenons dès lors solennellement acte du défaut du consensus tant attendu et décidons de nous en tenir désormais au respect strict des textes en vigueur et du calendrier électoral.

Nous appelons le peuple Béninois à se tenir prêt pour exercer son devoir citoyen en se déplaçant massivement pour aller voter le dimanche 28 avril 2019.

Nous vous remercions.





Intégralité de la Déclaration de la Minorité parlementaire


ASSEMBLÉE NATIONALE : Plénière de ce lundi 01/04/2019


Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,
Chers collègues Députés,
Peuple béninois,

Dans la soirée du vendredi 29 mars dernier, nous avons entendu une déclaration lue à la tribune de l’Assemblée Nationale par l’Honorable Jean Michel ABIMBOLA, au nom et pour le compte de 36 députés membres du BMP. Dans cette déclaration, il est estimé que le consensus n’est pas trouvé, du fait de l’opposition qui « à travers la minorité parlementaire poursuit le dilatoire, jouant toujours avec les nerfs de nos populations impatientes d’une issue à ce feuilleton qui n’a que trop duré ».

Cette déclaration mensongère n’est qu’une illustration supplémentaire de la mauvaise foi qui a caractérisé la majorité parlementaire tout au long du processus de recherche de solutions pour des élections législatives inclusives.

Or en réalité, nos collègues de la majorité savent bien que dans la mi-journée de ce vendredi, aux environs de 13heures 30 minutes, les présidents des groupes parlementaires ont été appelés par le Président de l’Assemblée Nationale dans son bureau, afin de recevoir les différents avant-projets de propositions de lois dérogatoires. Cette séance de travail qui a duré une heure environ, a été l’occasion pour proposer à la majorité et à la minorité, de prendre contact avec la classe politique, étant entendu que la question de la révision de la constitution a refait surface.

A la demande des députés de l’opposition de mettre le week-end à profit pour que le travail se fasse sereinement afin que le lundi, l’étude en commission et plus tard la plénière adopte les deux textes, le président OKOUNLOLA soutenu par les présidents IDJI et AKE, ont martelé qu’il fallait en finir le vendredi, même s’il faut aller jusqu’à deux heures de la nuit.

C’est sur cette base que nous nous sommes quittés pour aller consulter les nôtres. C’est avec étonnement qu’aux environs de 19 heures, alors que le Président de l’Assemblée Nationale était dans son bureau attendant les deux parties aux négociations, et nous, en pleine séance de travail autour des nouveaux avant-projets de propositions de lois dérogatoires, avions appris qu’une déclaration se faisait à la tribune de l’Assemblée Nationale. Que fut notre surprise d’entendre que les présidents IDJI, OKOUNLOLA, AKE et l’honorable ADOMAHOU représentant le président NAGO, ont signé cette déclaration, alors que tous, dans le bureau du Président de l’Assemblée Nationale, ont proposé que nous travaillions jusqu’à même tard la nuit pour une issue de sortie de crise.

Nous condamnons fermement cette attitude de ce groupe de députés qui ne traduit pas une volonté de recherche du consensus.


Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,
Chers collègues Députés,

Dans la résolution de la crise, le Président de la République a désigné un facilitateur qu’est le Président de l’Assemblée Nationale. Revenait-il à l’honorable ABIMBOLA, de décréter l’échec des négociations alors que le facilitateur désigné n’a pas encore déposé son rapport ?

N’est-ce pas là la tricherie que nous avons toujours dénoncée depuis l’ouverture des pourparlers ?


Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,
Chers collègues Députés,
Peuple béninois,

Après cette forfaiture, les faucons de la mouvance présidentielle ont pris tout le week-end pour parcourir le pays et annoncer aux populations que seuls les deux partis privés du Président de la République iraient aux élections le 28 avril. Ceci nous laisse croire à un jeu flou dans le camp du Chef de l’Etat vis-à-vis de la Nation toute entière. C’est la raison pour laquelle nous tenons à rappeler à Son Excellence, Monsieur Patrice TALON, que le 06 avril 2016, à sa prise de fonction, il a hérité d’un pays pas riche comme les grandes puissances, mais heureux. Il a hérité d’un pays qui lui a personnellement tout donné et qui lui a permis d’en être la première fortune, un pays démocratique qui a permis vaille que vaille, le retour d’exil d’un de ses fils pour l’en faire Président de la République. Mais aujourd’hui, ce sont les partisans de cet enfant prodige qui veulent détruire ce beau pays.


Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,
Chers collègues Députés,
Peuple béninois,

Pour nous, il ne saurait y avoir d’élections législatives sans l’opposition, car, il est difficile de prendre tous les Béninois pour des incultes en leur faisant croire que c’est seulement les partis politiques privés du Président de la République, qui n’ont pas trois mois de vie, qui sont capables de prendre part aux consultations électorales tandis que les partis d’opposition qui ont régulièrement pris part aux joutes électorales, sont exclus de la compétition.


Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,
Chers collègues Députés,
Peuple béninois,


Cette déclaration de ce groupe de députés de la majorité parlementaire est une provocation inacceptable. Elle n’est ni plus ni moins qu’une tentative de passage en force du BMP, et une volonté de confisquer le droit du peuple béninois à choisir librement ses représentants.

Du haut de cette tribune, nous invitons la classe politique, la société civile, les centrales syndicales et la population béninoise toute entière, à se lever pour barrer la route à l’exclusion, à l’arbitraire et à la remise en cause de notre démocratie. Nous invitons de ce fait la population béninoise à se tenir prête pour les mots d’ordre de l’opposition.

Nous réaffirmons notre disponibilité à œuvrer pour la recherche d’une solution consensuelle pour des élections inclusives.

En tout état de cause, nous affirmons solennellement qu’il n’y aura pas d’élections sans opposition.

Vives les élections inclusives !
Vive la démocratie !
Vive le Bénin !

Je vous remercie.

mardi 13 février 2018

« […] le Béninois ne peut pas dire qu’il a deux repas par jour », dixit l’Honorable Jean-Marie Alagbé

A l’issue du deuxième Congrès des Fcbe


Les 10 et 11 février 2018, le Centre d’Alphabétisation de la ville de Parakou a abrité le deuxième Congrès ordinaire des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Après avoir drainé un monde impressionnant à la cérémonie d’ouverture de la mi-journée du samedi 10 février, qui s’est déroulée sur l’Esplanade de la Place ’’Bio Guéra’’, et qui fut honorée par la présence de l’ancien Président de la République, le Docteur Boni Yayi, et par celle de bon nombre d’autorités du régime défunt, ce deuxième Congrès a tenu ses travaux. A l’achèvement de ceux-ci, au petit matin du matin du dimanche 11 février, l’Honorable Jean-Marie Alagbé, Rapporteur du Présidium les ayant conduits, a accepté de nous accorder une interview, ce qui a permis à cette personnalité de se prononcer sur diverses préoccupations cardinales liées au fonctionnement de la Minorité parlementaire à l’Assemblée nationale.

Le Député Fcbe, Jean-Marie Alagbé
Journal ’’Le Mutateur’’ : Bonjour Honorable Jean-Marie Alagbé. Nous sommes à la fin du deuxième Congrès ordinaire des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Quelles impressions avez-vous à livrer, à l’issue de ces assises ?


Honorable Jean-Marie Alagbé : Mes impressions sont très bonnes. Vous avez vu la grande mobilisation qu’on a eue, malgré tout le sabotage qu’il y a eu autour de cet événement, autour de notre deuxième Congrès ordinaire. Vous avez vu que les populations sont sorties suffisamment ; cela a été une fête ! Je pourrai vous dire que, maintenant, la machine, la nouvelle machine des Forces cauris pour un Bénin émergent vient d’être lancée ici, à Parakou.


Pourquoi a-t-on choisi Parakou pour ce deuxième Congrès ordinaire des Fcbe ?

Parakou fait partie des trois villes à statut particulier du Bénin. Si nous l’avons choisie, c’est à cause des déclarations qui ont été répandues selon lesquelles on n’y avait plus personne, c’est à cause des propos selon lesquels personne ne pouvait plus, aujourd’hui, nous suivre, surtout, dans la huitième circonscription électorale. C’est pour cela que nous sommes venus faire une démonstration de force ; nous sommes venus nous mesurer pour voir si, effectivement, nos militants étaient encore disponibles, s’ils étaient encore présents pour faire la lutte prochaine.


Concernant votre travail à l’Assemblée, vous vous êtes particularisé par votre appartenance assidue à la minorité parlementaire, c’est-à-dire à l’Opposition. Quel est le secret qui vous permet d’animer, avec vos autres collègues, cette opposition, contre vents et marées ? Comment parvenez-vous à réussir cela ? Comment parvenez-vous à le faire, malgré les attaques ?

C’est simple : la vérité ne porte pas beaucoup ; nous sommes en train de voir tout ce qui se passe dans le pays. On vous l’a dit souvent ; vous-mêmes, vous êtes présent, vous êtes Béninois : vous avez vu qu’il y a eu des casses dans ce pays ! La césarienne, ce qui se faisait gratuitement à nos épouses, à nos enfants, aujourd’hui, toutes ces choses sont payantes ! Vous avez vu : aujourd’hui, le Béninois ne peut pas dire qu’il a deux repas par jour ; ce n’est pas possible, il y a la misère ! Vous rencontrez les gens, les Béninois, aujourd’hui, vous lisez, sur leur visage, la misère … C’est pour cela que, depuis toujours, moi, je prends position, je dis que, nous autres, nous ne faisons pas l’Opposition pour l’opposition mais, ce qui est bon pour le peuple, les lois qui arrivent à l’Assemblée et qui sont bonnes pour le peuple, qui sont bonnes pour la jeunesse, nous, nous allons les voter. Mais, quand ce n’est pas bon, l’argent ne peut pas nous acheter.


Personnellement, vous avez adressé un certain nombre de questions orales au Gouvernement et qui, jusqu’à aujourd’hui, n’ont pas trouvé de réponse …

Si ce sont les questions orales, j’en ai déposé plusieurs et, comme on sait que ces questions, si jamais le Gouvernement vient pour y répondre, il y aura des étincelles dans l’air, au haut niveau même du Bureau de l’Assemblée, on n’aime pas programmer ces questions orales au Gouvernement avec débat …


Alors, qu’est-ce que la minorité parlementaire entend faire pour que cela change ?

Pour que cela change, maintenant, c’est facile : nous déposons nos questions orales au niveau de l’Assemblée mais, si le Président de l’Assemblée nationale n’arrive pas à les programmer, nous avons la presse qui est là, nous allons nous adresser à elle avec une conférence de presse, c’est déjà clair ! Nous ne sommes pas allés à l’Assemblée pour dormir. Si, aujourd’hui, on ne veut pas nous entendre, il y a des voies par lesquelles on peut se faire entendre : c’est vous, les journalistes, c’est la presse !


Nous nous acheminons lentement vers la fin de la septième législature, est-ce que vous pensez vous présenter à nouveau aux élections législatives, dans votre circonscription électorale ?

Je n’ai pas de volonté, l’homme même ne se choisit pas chef, c’est Dieu ; tout dépend du comportement que j’ai eu tout le long de ce mandat ; il appartient aux populations, il appartient aux membres du Parti de porter leur choix ou non sur ma personne. Donc, retourner à l’Assemblée, c’est le Parti qui en décidera, ce sont les populations qui en décideront.


Propos recueillis par Marcel Kpogodo

samedi 13 janvier 2018

L’Honorable Guy Mitokpè redonne vie à ’’La voix du peuple’’

Dans le cadre de son adhésion à ce Groupe parlementaire


Depuis le vendredi 12 janvier 2018, le Groupe parlementaire dénommé ’’La voix du peuple’’ a été ressuscité, à la faveur de l’adhésion en son sein d’un nouveau membre qui n’est personne d’autre que le Député, anciennement non inscrit, Guy Dossou Mitokpè.

Guy Dossou Mitokpè
Guy Dossou Mitokpè vient de rejoindre le Groupe parlementaire ’’La voix du peuple’’, le remettant en fonction. Le constat qu’ont dû faire ses collègues, le vendredi 12 janvier 2018, à la lecture, à l’Hémicycle, d’une déclaration, par l’un des parlementaires, membre de la structure politique, l’Honorable Nourénou Atchadé. Ainsi, Issa Salifou retrouve son fauteuil de Président, ce qui lui donne à nouveau le droit de siéger dans l’instance stratégique, à l’Assemblée nationale, de la Conférence des Présidents.
En réalité, c’est le 2 novembre 2017 que ’’La voix du peuple’’ avait été rendu inexistant par le fait de la démission de l’Honorable Affo Obo Tidjani pour le Bloc de la Majorité parlementaire (Bmp). Et, si le Député Guy Dossou Mitokpè a pu combler le vide laissé par son homologue, c’est parce que le 31 octobre 2017, il avait démissionné du Groupe ’’L’union fait la nation’’ (Un). A l’heure actuelle, ’’La voix du peuple’’ contient juste le nombre des neuf députés qu’il faut pour exister en tant qu’entité parlementaire : Issa Salifou, Nourénou Atchadé, Mohamed Atao Hinnouho, Jean-Marie Alagbé, René Bagoudou, Amadou Issifou, Justin Adjovi, Simplice Codjo Dossou et Guy Mitokpè.
Dans la déclaration de reconstitution, l’Honorable Nourénou Atchadé a réaffirmé l’appartenance de ’’La voix du peuple’’ à la Minorité parlementaire constituant l’Opposition au régime du Président Patrice Talon. « En nous reconstituant ce jour 12 janvier 2018, notre groupe parlementaire  « LA VOIX DU PEUPLE » entend faire savoir son refus catégorique de trahir le peuple, son refus d’assister muet et de se résigner à l’instauration de la terreur comme mode de gouvernance. Nous sommes de la minorité parlementaire mais nous ne sommes pas complexés, pas le moins du monde, par ce vocable […] », a-t-il clamé.

Marcel Kpogodo


Intégralité de la Déclaration de l'Honorable Nourénou Atchadé



DECLARATION DE RE-CONSTITUTION DU GROUPE PARLEMENTAIRE « LA VOIX DU PEUPLE »

Monsieur le président de l’Assemblée nationale,

Honorables députés, chers collègues,

Du haut de cette tribune, je voudrais avoir une pensée envers tous les citoyens  de notre pays qui ont lutté, bravé la mort, et pour d’autres, consenti au sacrifice suprême, pour favoriser l’avènement de l’Etat de droit.
Ce furent le sang des uns, la sueur des autres, les larmes de certains qui ont forgé cette démocratie dont nous sommes les héritiers et même  des pionniers pour d’autres.
Nous avons le devoir de nous souvenir de cette histoire et de sauvegarder dignement cet acquis, car un peuple sans histoire, est un monde sans âme.
Au nom de cette histoire, je voudrais avoir une pensée positive à l’endroit de notre collègue, l’Honorable Atao HINNOUHO, que les manœuvres de la ruse viennent de constituer en exilé politique.
Combien ne sont-ils à ce jour, les victimes du pouvoir, de ce pouvoir déchaîné, qui fait feu de tout bois, pour traquer les résistants à une gouvernance tyrannique, face à laquelle et  au pied de laquelle  certaines personnes  pour des intérêts inavoués ont décidé de s’aplatir, parfois au mépris de leurs  ressentiments  personnels, de leurs convictions inhibées, de leurs valeurs muselées, de leurs consciences embastillées.
En nous reconstituant ce jour 12 janvier 2018, notre groupe parlementaire  « LA VOIX DU PEUPLE » entend faire savoir son refus catégorique de trahir le peuple, son refus d’assister muet et de se résigner à l’instauration de la terreur comme mode de gouvernance.
Nous sommes de la minorité parlementaire mais nous ne sommes pas complexés, pas le moins du monde, par ce vocable ; être d’une minorité, cela est une réalité arithmétique mouvante qui ne saurait remplacer la morale  qui fonde des Nations solides.
Car comme le disait Mahatma Gandhi «Même réduite à un seul homme, une minorité peut soulever une révolution morale ».
Nous sommes une minorité et les grandes batailles de l’histoire ont souvent opposé les plus faibles aux plus forts ; les minorités brimées à des pouvoirs puissants et surarmés ; des hommes de convictions  à ceux qui font de la seule conservation de leurs vies et de leurs intérêts, un défi plus important que le service de la nation.
Nous entendons incarner cette révolution des mœurs qui place le peuple souverain et ses intérêts au cœur de l’action publique.


Monsieur le Président,

Honorables Députés, chers collègues,

Nous sommes la voix du peuple, et du sein de ce peuple où nous vivons, les cris qui remontent, sont de détresse et de regret. C’est le cri de la bonne dame, endettée auprès des institutions de micro-finance, pour le  petit commerce afin de subvenir aux charges de sa famille.
 Cette dame dont  le commerce a été rasé par le pouvoir sans ménagement aucun, sans accompagnement.  Ce pouvoir y a déversé des graviers, puis mis des fleurs en terre  comme si un jardin au bord des rails,  avait plus de valeur que cette dame qui a faim, et ne trouve plus à manger, qui ne peut plus payer la scolarité à ses enfants ; qui est malade et ne peut faire face à l’ordonnance médicale.
Le pouvoir que  nous refusons de soutenir, c’est celui qui dit avoir dépensé près de deux mille milliards en 2017, dans ce pays, pendant qu’un  lycéen de Banikoara, fils de paysan,  est mort des suites d’une incapacité de son lycée à prendre en charge ses soins de santé après une morsure de serpent.
Le pouvoir que nous refusons de soutenir, c’est celui des audits ciblés, des redressements fiscaux sélectifs, des exonérations tendancieuses  au profit du clan qui dirige.
Cela ne trouble pas la conscience du pouvoir ; mais le peuple, au nom duquel nous sommes ici, c’est aussi tout ça.
C’est pourquoi, nous avons refusé de voter les  yeux fermés  la loi de finance 2018.
C’est aussi pour cela que nous avons fait bloc, pour dire non au retrait punitif du droit de grève aux magistrats, agents de santé, et paramilitaires.
Car au fond, ce que garantit le droit de grève, ce n’est pas d’abord la grève ; c’est le devoir pour le pouvoir exécutif de regarder et de traiter les serviteurs de l’Etat de toutes catégories, avec considération et bienveillance ; c’est l’exigence d’écouter leur cri de détresse. En définitive, ce que garantit le droit de grève, c’est l’Etat de droit.
Monsieur le président, Honorables députés, chers collègues, telle est la substance du message qu’il nous plaît de délivrer en ce début d’année, du haut de cette tribune, au nom des Béninois qui viennent de passer le Nouvel An dans une rare morosité.
Le groupe parlementaire LA VOIX DU PEUPLE a pour Président l’honorable
ISSA Salifou. 

Vive la minorité parlementaire !

Vive le peuple souverain !

Vive la démocratie !

Vive le Bénin !


PORTO-NOVO, LE  12  JANVIER 2018

jeudi 21 décembre 2017

Les 4 représentants de la minorité parlementaire dans le Cos-Lépi sont connus

Dans le cadre de la seconde déclaration de la minorité parlementaire

La journée du jeudi 21 décembre 2017 a vu se dérouler le vote par les Députés béninois du Budget général de l'Etat, exercice 2018, à une majorité de 61 pour, 19 contre et, 00 abstention. Avant cette action fatidique, les parlementaires ont prêté oreille à un certain nombre de déclarations. Parmi celles-ci, deux ont émané de la minorité parlementaire. La première, lue par l'Honorable Garba Yaya a, entre autres, précisé les huits motifs pour lesquels les membres de ce Groupe n'entendaient pas voter le Budget. Quant à la seconde, elle a été présentée par l'Honorable Guy Mitokpè. Malheureusement, interrompu par Maître Adrien Houngbédji, Président de l'Assemblée nationale, il n'a pu mener ses propos à leur terme. Mais, la copie du discours que la Rédaction du Quotidien ''Le Mutateur'' a pu se procurer , a permis de se rendre compte que la minorité a déjà fait la proposition de ses quatre représentants au Conseil d'Orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos-Lépi).

L'Honorable Guy Dossou Mitokpè

Léon Comlan Ahossi, Abiba Dafia, Justin Adjovi et Guy Dossou Mitokpè. Les quatre Députés mandatés par la minorité parlementaire pour appartenir au Conseil d'Orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos-Lépi), ce qui ressort de la seconde Déclaration préparée par cet ensemble et lue mais interrompue par Adrien Houngbédji, devant la plénière des parlementaires, le jeudi 21 décembre 2017, au Palais des Gouverneurs, à Porto-Novo. 
En agissant ainsi, la minorité parlementaire s'est montrée préoccupée par la nécessité de se conformer au délai butoir fixé par la Cour constitutionnelle, pour la désignation des Députés dans cette institution chargée d'actualiser périodiquement la liste électorale.
En réalité, l'ensemble de la seconde Déclaration de la minorité montre un pilonnage du fonctionnement du Parlement. Lire plutôt ...

Marcel Kpogodo


DECLARATION DE LA MINORITE PARLEMENTAIRE

- Excellence Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

- Chers collègues Députés,

Comme poussée par une fatalité aveugle qui s’acharne depuis Avril 2016 à compromettre dangereusement l’avenir de notre Nation, notre parlement, au plus grand mépris de ses attributions constitutionnelles s’est résolument installé dans le rôle d’un exécutif bis. 
Pendant une année, nous de la minorité parlementaire, avons observé et tenté d’opiner diplomatiquement sur les dérives du Gouvernement à travers les rencontres folkloriques du Chef de l’Etat avec les groupes parlementaires, mais nous n’avons pas été écoutés.
En Avril 2017, nous avons empêché la mise en œuvre de la plus vaste machination qui allait ouvrir la voie à la décapitation de notre jeune démocratie. Depuis, nous subissons les assauts les plus redoutables, mais qui ne nous émeuvent point et qui sont condamnés à l’échec, car nous avons foi en notre peuple. Ainsi donc, vous assumez la lourde responsabilité, appuyé par nos collègues retranchés avec vous dans une zone de confort moralement inconfortable, la lourde responsabilité disons-nous, de la destruction programmée de notre jeune démocratie, une démocratie dont la vivacité offre à tous la tranquillité de vivre et même à un exilé la possibilité de revenir sur la terre de ses ancêtres se faire élire Président de la République.
Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, nous sommes Députés, et assumons à notre moral défendant, toutes ces lois inappropriées que nous votons dans cet hémicycle au nom de la dictature de la majorité, à travers une commission des lois à genoux devant le Ministre de la justice.
Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, notre peuple s’inquiète et cette inquiétude dont nous nous faisons légitimement l’écho s’est aggravée, lorsque le parlement, avait désigné ses neuf (9) représentants, qui ne sont que des spectateurs de luxe dans la Commission RAVIP. 
Nous y voici aujourd’hui dans la mise en œuvre sur le terrain. Pas de matériel de travail, pendant que l’existant ne fonctionne pas, avec le calvaire des populations qui sont appelées à parcourir une dizaine de kilomètres, voire plus, pour se prêter à un exercice aux contours flous, avec à la clé, un certain SAFRAN, recruté dans la plus grande opacité pour les besoins de la cause par le Gouvernement, décrié dans tous les pays où il a trainé ses tares et combines. Même l’avionneur français DASSAULT vient de dénoncer son contrat avec cette nébuleuse seulement ce mercredi 13 Décembre 2017. 


Le but inavoué et bien perçu par nos concitoyens est de jeter le flou sur les consultations électorales à venir, par ce RAVIP que vous, Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, défendez de toutes vos énergies.

Nous avons reçu la nouvelle programmation des points que le parlement devra aborder avant la fin de l’année. Nous faisons plusieurs remarques dont deux importantes :

- Premièrement, la programmation s’est élargie à dessein à des points et ce en dehors des conclusions de la Conférence des Présidents dont le rôle dans le cas d’espèce est une exigence du règlement intérieur de notre Institution

- Deuxièmement, Le processus de désignation des membres du COS LEPI, qui est une décision de la Cour Constitutionnelle n’y figure pas, malgré le calendrier qui le permettait : le vendredi 15, le lundi 18 et le mardi 19 décembre 2017 qui pouvaient y être consacrés.
Heureusement qu’il y a la Cour Constitutionnelle. Nous avons aujourd’hui la preuve que si elle n’existait pas, il aurait fallu l’inventer et la faire animer par des hommes qui ont le sens de l’Etat.
Nous voudrions donc rendre un hommage mérité à cette Cour, même si elle n’a fait que son devoir, car certaines institutions sont incapables de faire convenablement le leur.
Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, la Cour Constitutionnelle nous a rappelés à nos devoirs et il ne nous reste qu’à nous ajuster en prenant la mesure de la gravité de l’enjeu et du ton impératif de la décision. Il nous faut la respecter scrupuleusement pour éviter d’être des parjures, et nous ne souhaitons pas que l’histoire retienne que vous avez été l’acteur majeur d’une telle infamie, vous sachant légaliste et respectueux des textes.
C’est pourquoi, nous, membres de la Minorité Parlementaire, conformément à la décision de la Cour Constitutionnelle avons procédé à la désignation de nos quatre représentants dont les noms suivent : 

- AHOSSI Léon Comlan

- DAFIA Abiba

- ADJOVI Justin

- MITOKPE Dossou Guy

Du haut de cette tribune, nous en appelons à tout le peuple béninois, afin qu’il se mobilise pour défendre les acquis démocratiques. Nous en appelons également à la communauté internationale au sein de laquelle notre pays devient de moins en moins visible bien qu’appartenant à part entière à l’UEMOA, à la CEDEAO, à l’UA et à l’ONU, même si nos pratiques depuis avril 2016, nous désignent comme un pays entièrement à part.
Monsieur le Président, la question de la continuité du COS LEPI, reste une préoccupation à plus d’un titre, non seulement la décision de la Cour Constitutionnelle rappelle que cet outil électoral, reste valide jusqu’en 2021, mais nous savons également, qu’il a été financé à coût de plusieurs dizaines de milliards du contribuable béninois et des partenaires techniques et financiers.
Pour notre part, nous, députés de la Minorité Parlementaire, promettons de nous battre pour la mise en œuvre intégrale de cette décision combien salutaire pour notre processus démocratique. Le temps des dictatures est derrière nous.

Non à la violation des lois de la République !

Non à la vassalisation de l’Assemblée Nationale !

Vive la Démocratie !
La Minorité Parlementaire.
Je vous remercie !


Les 8 griefs pour lesquels la minorité parlementaire ne votera pas le budget 2018

A en croire sa Déclaration à la tribune du Parlement

Les Députés de la minorité parlementaire viennent de rendre publique une Déclaration, à la tribune du Parlement béninois, ce jeudi 21 décembre 2017. Il ressort de celle-ci que le Budget général de l'Etat, exercice 2018, annoncé, tambour battant, comme devant être voté à l'unanimité, le sera, paradoxalement, sans les voix des Députés de ce Groupe. En effet, ces parlementaires viennent d'identifier le Budget 2018 invotable, en l'état, étant donné pas moins de huit éléments de contestation, qu'elle y a trouvés. 

Marcel Kpogodo

Adrien Hougbédji, Président de l'Assemblée nationale du Bénin


Intégralité de la Déclaration de la minorité parlementaire à l'Assemblée nationale


DÉCLARATION DE LA MINORITÉ PARLEMENTAIRE A L'OCCASION DE L'ÉTUDE ET DE L’ADOPTION DU PROJET DE LOI DE FINANCES EXERCICE 2018

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,
Chers collègues Députés,

Le 5 octobre 2017, le gouvernement a transmis au Parlement dans les délais constitutionnels le projet de loi de finances exercice 2018 pour son examen et son adoption.
Conformément aux dispositions du règlement intérieur de notre institution, vous avez affecté, Monsieur le Président, ledit projet de loi à la Commission des Finances et des échanges, quant au fond, et à la Commission du Plan, de l’équipement et de la production, pour avis.
Qu’il nous soit permis de saisir cette opportunité pour féliciter et remercier, au passage, le Président de la Commission des inances pour toutes les diligences faites pour faciliter l’internalisation par les députés du contenu de ce projet de loi de finances.

Monsieur le Président de l'Assemblée nationale,

Chers collègues députés,

Le lundi 13 et le mardi 14 novembre 2017, le Gouvernement a présenté, 

dans cet hémicycle, le projet de loi de finances, exercice 2018. Il ressort de cette présentation que les objectifs phares du Gouvernement, déclinés dans le projet de budget, sont la croissance économique et le bien-être des populations.

Quoi de plus noble ! Pourrait-on se demander. 

Suivant le canevas de présentation des documents budgétaires que la Commission des inances et des échanges recommande au Gouvernement et aux institutions de la République, le point de l'exécution du budget de l'année en cours doit être présenté en tenant compte de son niveau d’exécution à fin septembre.
Curieusement, au mépris de cette recommandation, le Ministre des Finances a fait une présentation en tenant compte du niveau d’exécution à fin juin 2017. Il a ensuite utilisé une extrapolation mathématique pour estimer le taux d’exécution du budget 2017, à l’atterrissage, à 92 %.
La minorité parlementaire est en droit de se demander si la ruse ne s’est pas invitée dans l’exécution du budget 2017.

Monsieur le Président de l'Assemblée nationale,

Honorable députés,

Dans la folle hypothèse que le budget ait effectivement été exécuté à hauteur de 92% en termes de recettes, le Gouvernement devra donc admettre qu’il a eu recours à une politique d’endettement massif pour renflouer les caisses de l’Etat à travers les emprunts obligataires et les bons du trésor relevant ainsi le plafond de la dette nationale de 42 à plus de 60% du Produit Intérieur Brut (PIB), en 18 mois de gestion seulement.
Le cas échéant, ces 92% correspondant au 1850 milliards injectés dans l'économie béninoise, pourraient être targués d'exploit. Paradoxalement, lors de son passage, pour la présentation du Programme d'Investissement Public (PIP), le mardi 14 novembre 2017, le ministre d'Etat chargé du Plan et du développement, a évoqué un faible taux d'exécution physique et financière des projets et programmes par rapport aux prévisions. Il a notamment indiqué que seuls dix-sept (17) anciens projets sont arrivés à terme, soit 6% du PIP représentant 5% du PAG.

Monsieur le Président,

Chers Collègues,

Où sommes-nous là?
Les deux autorités parlent-elles du même budget? 

Sont-ils du même Gouvernement?

Où sont donc passés les milliards récoltés?


Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,

Chers collègues députés,

Nulle part sur le territoire national, on a eu de salle de classe construite, pas un seul mètre de bitume sur nos routes, aucune infrastructure sanitaire, pour être plus clair, même pas une seule latrine estampillée "Nouveau Départ". N'est-on pas en droit de se demander si notre quitus de décembre 2016, consensuellement accordé au budget de 2010 milliards, n’a pas été trahi?

Monsieur le Président de l'Assemblée nationale,

Chers collègues,

La minorité parlementaire se pose la question de savoir si la recherche du bien-être des populations est traduite dans ce projet de loi de finances exercice 2018, en réponse aux observations de la Directrice générale du FMI, lors de son récent passage au Bénin dont les propos ont relevé une insuffisance de mesures sociales dans les actions du Gouvernement. C'est pour ça que la minorité parlementaire a formulé 26 amendements afin de donner un visage plus social à la loi de finance 2018.
Les plus importants de ces amendements sont :
1- Amendement sur la Taxe professionnelle synthétique : la TPS telle qu’instituée par la loi de finances 2017 à l’article 1084-21 était un acquis pour les micros et petites entreprises en les encourageant à quitter l’informel pour la formalisation. La nouvelle disposition prévue par le présent projet de loi de finances est un recul fiscal pour les opérateurs économiques.
2- Amendement sur l’exonération des camions neufs : l’art 18 de la loi de finances 2018 a prévu une exonération de tout droit, taxe de douane et de la TVA sur l'achat des camions neufs importés fabriqués ou vendus durant la période du 1er janvier au 31 décembre 2018.
Monsieur le Président, cette mesure est un canular présenté, à dessein, comme une mesure devant profiter aux transporteurs. La réalité nous la connaissons. Cette exonération profitera aux hommes d'affaires bien ciblés. Sinon, combien sont-ils, les Béninois qui peuvent s'acheter un camion à l'état neuf? Nous suggérons la suppression de cette exonération.
3- Amendement sur la redevance de 60 f à payer sur le kilogramme de noix de karité : l’article 13 du projet de loi de finances exercice 2018 a institué une contribution à la recherche agricole. Dans ce cadre, il est prévu un prélèvement d’une redevance de 60 FCFA par kilogramme de karité alors que le prix de cession de ce produit est dérisoire et que cette filière ne bénéfice d’aucune attention de la part de l’Etat. La minorité a proposé au Gouvernement de supprimer cette taxe sur le Karité.
4- Amendement sur la RAU et RSC :

La RAU et la RSC sont des mesures antisociales perçues au cordon douanier et donc supportées par le dernier consommateur. La minorité parlementaire, soucieuse du bien-être des populations, a suggéré la suppression de l’article 14 de la loi de finances qui les a instituées à partir de janvier 2018.
5- Amendement sur la taxe sur les véhicules à moteur d’au moins quatre roues et utilisés pour le transport privé. C’est dans ce même hémicycle que le Ministre des Finances, lors de l’étude de la loi de finances 2017, a promis aux députés le retrait de cette taxe dans la loi de finances 2018. Et, comme pour insulter notre mémoire, il reconduit cette taxe anti-sociale qui remplace la vignette, supprimée depuis des années.

Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,

Chers collègues députés,

Au vu de ce qui précède, est-il possible qu’un député qui porte la voix du peuple puisse donner à nouveau son quitus à 
-          un tel projet de budget anti-social, 
-          un projet de budget qui ne prend pas en compte les aspirations du peuple,
-          un projet de budget conçu pour faire la part belle aux riches hommes d’affaires,
-          un projet de budget dirigé contre les pauvres populations des zones les plus déshéritées de notre pays,
-          un projet de budget qui participe à l’amenuisement du panier de la ménagère,
-          un projet de budget de pression sur les opérateurs économiques,
-          un projet de budget qui sera encore exécuté à plus de 90% sans impact positif sur la vie des Béninois comme ce fut le cas pour le budget de 2010 milliards,
-          bref un budget dont l’exécution sera entourée de mystères ?

Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,

Chers collègues députés,

Nous, députés de la minorité parlementaire, en vertu du pouvoir que le peuple souverain nous a conféré, ne sommes pas prêts à accorder notre voix à ce projet de budget exercice 2018. Car autoriser ce budget, c’est participer à un crime contre l’économie nationale et contre les populations que nous représentons au parlement. Si malgré tout, ce projet de loi de finances exercice 2018 venait à être adopté, cette fois ci c’est le peuple qui avisera.

Vive la minorité parlementaire !

Vive le peuple souverain !

Vive le Bénin !

Je vous remercie !!!