mardi 14 novembre 2017

Les clarifications du Pcb qui clouent le bec aux détracteurs de Laurent Mètongnon

Dans le cadre d'un point de presse qui s'est tenu à Cotonou

Le vendredi 10 novembre 2017 a été organisé un point de presse, à l'initiative du Parti communiste du Bénin (Pcb) dont le Premier secrétaire, Philippe Noudjènoumè, a remis les pendules à l'heure concernant les accusations portées contre Laurent Mètongnon, visant à faire croire qu'il s'est mis au centre d'actes de mauvais placements et de corruption, alors qu'il était Président du Conseil d'Administration de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss). C'était à travers une grande Déclaration.

Philippe Noudjènoumè

Intégralité de la Déclaration de Philippe Noudjènoumè


PARTI COMMUNISTE DU BENIN (PCB)
01 B.P. 2582 Recette Principale Cotonou (Rép. du Bénin)
Tél. : 21 30 03 22/97 98 35 65 – Site : www.la-flamme.org


POINT DE PRESSE
Cotonou, le 10 Novembre 2017
A PROPOS DE L’AFFAIRE DITE CNSS/ METONGNON Laurent

Thème :
A PROPOS DE LA PROVOCATION DU GOUVERNEMENT DANS L’AFFAIRE DITE CNSS/ METONGNON Laurent
            Par Philippe NOUDJENOUME, 1er Secrétaire du PCB
Mesdames et Messieurs, Chers camarades, Chers amis de la presse,
Depuis quelques jours, l’actualité est occupée par l’affaire dite CNSS/Métongnon Laurent. Je ne pense pas exagérer en déclarant que c’est aujourd’hui l’affaire du jour.  Et, comme on sait sous les cieux de la « Rupture » avec des articles « copier-coller » les mêmes titres toujours accusateurs s’affichent à la Une de maints journaux de la place avec la sentence déjà prononcée.
I-         Dans quel contexte politico-social le gouvernement met en avant la présente affaire ?
Depuis plusieurs mois, le gouvernement de Talon est dans une impasse totale. Impasse économique avec le Pag en panne et l’acharnement contre les opérateurs économiques nationaux afin de faire place nette à la consolidation et l’extension de l’empire économique et financier du Chef de l’Etat et de son clan. Impasse sociale avec l’aggravation de la misère et de la faim provoquant de nombreux mouvements de grèves et de manifestations de travailleurs ; l’ensemble des centrales syndicales ont organisé une grande marche le 20 octobre indiquant la duperie d’un dialogue social également en panne. Perte de crédibilité voire de légitimité avec la dénonciation du népotisme, du pillage du pays avec des contrats gré à gré par le Chef de l’Etat et le clan autour de lui, de même que les atteintes grossières aux libertés avec des méthodes nouvelles comme le brouillage de radios non conformistes. Impasse diplomatique avec l’humiliation du pays sur la scène internationale. Impasse politique avec l’exigence de plus en plus large des Etats généraux prônés par le Front pour le Sursaut Patriotique. Les luttes de ce Front ont vaincu les tentatives de répression des manifestations par le pouvoir et son chien de garde TOBOULA. Ainsi après avoir imposé la marche du 22 juin 2017, le FSP après son meeting géant du 13 octobre avec les députés de la minorité, organisait une marche pour le 03 novembre 2017. Ces manifestations emportent et soulignent les aspirations du peuple à une nouvelle gouvernance.
Et Laurent METONGNON est un acteur de proue tant dans le mouvement syndical, le mouvement pour la bonne gouvernance, et du FSP. Il est de ceux qui, dès le départ, ont sonné l’alerte contre un gouvernement avec des pilleurs bien connus ; il a fait la critique sérieuse et nette du premier projet de budget du pouvoir de Talon dont on connait aujourd’hui le sort avec sa réduction en catimini de plus du tiers ; il a fait la critique des marchés gré à gré montrant la gloutonnerie du pouvoir actuel. Voilà en bref le contexte dans lequel cette affaire est soulevée.
Notre point de presse de ce jour ne vise pas à soustraire un militant des poursuites judiciaires, mais à dénoncer et à combattre l’arbitraire et la provocation.
II-        Quelle est l’accusation formulée à l’encontre du camarade Métongnon Laurent ?
A la surprise générale, le Conseil des ministres en sa session du 2 Novembre 2017 entre autres points a retenu ceci « Rapport de vérification de versement de commissions occultes à des dirigeants de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS). Du 13 juin au 1er juillet 2016, la BIBE a fait l’objet d’une mission de vérification globale de la Commission Bancaire de l’Union Monétaire Ouest-africaine (UMOA). Les résultats de cette vérification ont révélé que des dirigeants de la CNSS ont souscrit à des dépôts à termes (DAT) auprès de la BIBE contre le versement de commissions à leur profit. Saisie du dossier l’Inspection Générale des Finances a procédé à des investigations complémentaires dont les conclusions se présentent comme suit : à partir de 2008, la BIBE s’est trouvée confrontée à des difficultés qui ont amené la Commission bancaire de de l’UMOA à décider le 13 décembre 2011 du retrait de son agrément. Les autorités compétentes béninoises ont cependant obtenu du Conseil des Ministres de l’UMOA en 2012 de placer l’établissement sous administration provisoire tout en lui conservant l’agrément- En dépit de de cette situation, le Directeur Général de la CNSS au moment des faits a décidé en complicité avec le Conseil d’administration de la structure de souscrire ou de maintenir auprès de la BIBE ses dépôts à terme- au total sur la période d’avril 2014 à octobre 2015, plus de dix-sept milliards cinq cent millions ont été placés auprès de ladite banque en difficulté… Il s’est avéré que cette décision a été prise contre le versement d’un montant de soixante-onze millions neuf cent quatre-vingt-quatorze mille sept cent trente-sept CFA au profit des dirigeants de la CNSS…Ces situations mettent en évidence l’intention malveillante des dirigeants concernés qui n’ont pas hésité à exposer les ressources des travailleurs et des retraités...En appréciant le compte rendu le Conseil des Ministres a instruit le Garde des Sceaux à l’effet d’engager des poursuites judiciaires à l’encontre des dirigeants de la CNSS au moment des faits… Il s’agit notamment de Mr Mêtongnon Laurent Président du CA- Monsieur Célestin Ahonon DG et Moussa Jérémie Directeur financier » (Cf. La Nouvelle Tribune du 06 novembre 2017).
Dans la journée du 06 novembre le Ministre des finances, Romuald Wadagni et le Directeur Général de la CNSS, Dramane DIATEMA sont montés au créneau pour pourfendre cette fois les coupables. Pour le ministre Wadagni, « il n’est pas sérieux de mettre les fonds de retraite des travailleurs dans une banque en difficulté…Or le Conseil d’administration de la CNSS alors dirigé par Métongnon Laurent n’a pas hésité à y placer 16 milliards de francs CFA… La BIBE avait un retrait d’agrément et était sous administration provisoire. C’est un acte anormal de gestion que d’y verser l’argent des travailleurs… Qui a pris la décision de placer des fonds de la CNSS à la BIBE entre 2014 et 2015 ?... Autrement dit le Conseil d’administration et son Président ont la responsabilité dans la question des placements » (Le Matinal du 07 novembre 2017.). Quant au DG Diatéma il s’est évertué simplement à réfuter qu’il y ait 4 milliards de placement de la CNSS à la BIBE mais prise de participation au rachat de cette institution bancaire. Passons en revue ces arguments.
III-      Examen de ces argumentaires.
Il est pour le moins curieux que le Ministre des finances Romuald Wadagni, le même qui a introduit le dosser en conseil des ministres se trompe même sur le montant des placements. Le conseil des ministres parle de « plus de dix-sept milliards » ; alors que dans son show télévisé il donne le chiffre « de seize milliards ». Est-ce l’empressement de la condamnation de Laurent Métongnon ? Plus encore et c’est là que c’est pitoyable. Qu’est-ce qui oblige le ministre des finances à devoir intervenir sur un dossier dont on dit qu’il est désormais aux mains de la justice par le garde des sceaux ? Si ce n’est sur injonction du nouveau César, Patrice Talon ? et essayer de répondre aux nombreuses protestations populaires contre la décision gouvernementale ?
Je vais examiner les arguments en les rubriques suivantes :

1° Qui prend la décision de placement de l’argent de la CNSS ?
2°- Et au Conseil d’administration, comment se prennent les décisions ?
3°- Quelle est la situation de la BIBE au moment des placements dits à risque ?
4°-Quelles sont les preuves de la perception par Métongnon Laurent des rétro-commissions ?
Passons en revue ces rubriques
1°-Qui prend la décision de placement des sous dans les structures bancaires ?
Le ministre lui-même le dit. « L’organisation des opérations de placements exige que la Direction générale propose et le Conseil d’administration et son président valident ». Autrement dit c’est la Direction Générale qui a l’initiative de placement de l’argent dans les institutions bancaires. Pour faire une comparaison c’est comme dans le cas des emprunts publics ou même du budget, le rôle respectif du Gouvernement et de l’Assemblée nationale. C’est le gouvernement qui prend la décision de l’opération « d’accord de prêt » ou emprunt public et le soumet aux Députés pour autorisation de ratification. Nous sommes ici dans le même schéma. L’exécutif de la CNSS c’est la Direction Générale qui a l’initiative, autrement dit c’est le Directeur Général qui prend la décision de placement. Le rôle du Conseil d’administration est d’amender, de rejeter ou d’autoriser. La réponse au Ministre Wadagni à la question « Qui a pris la décision de placer des fonds de la CNSS à la BIBE entre 2014 et 2015 ? » est sans ambiguïté : C’est la Direction Générale.
2°-Au Conseil d’administration, comment se prennent les décisions ?
Au sein du Conseil d’administration, toutes les voix s’équivalent sans prépondérance de celle du Président. En examinant toutes les décisions d’autorisation de placement prises par le Conseil d’administration, on voit la signature de tous les administrateurs présents. Et pourquoi dans le cas d’espèce, on ne parle au sein du Conseil d’administration que de Métongnon Laurent et non des autres ? Pourquoi la décision du Conseil des Ministres ne mentionne que le Président du Conseil d’administration en omettant les autres membres qui ont tous, et dans tous les cas, apposé leurs signatures à toutes ces décisions ?
3°- Quel est la situation de la BIBE au moment des placements dits à risque ?
L’argument massue du pouvoir et des thuriféraires est que le Conseil d’administration a placé de l’argent dans une banque en faillite.
Voyons les choses.
En effet par décision n° 605/CB/C du 13 décembre 2011, la Commission bancaire de l’UMOA a retiré l’agrément de la BIBE et a nommé un liquidateur. Contre cette décision de la Commission bancaire, le ministre des finances du Bénin a fait un recours, recours qui a été examiné en conseil des ministres de l’UMOA et a donné lieu à une décision N° CM/UMOA/035/12/013 du 19 décembre 2013. Par arrêtés n° 1258- 1259-1260/MEF/DC/ SGM/DGTCP/DAMF/BMC/SP du 14 mai 2014, pris par le ministre des finances du Bénin, il a été mis fin à l’administration provisoire de la BIBE, à la fonction d’administrateur provisoire et portant nomination d’un Directeur Général par intérim de cette institution bancaire. Ce qui suppose que la banque retrouve son agrément d’exercice de la fonction bancaire.
De toutes les façons, la décision du conseil des ministres dit nettement « Les autorités compétentes béninoises ont cependant obtenu du Conseil des Ministres de l’UMOA en 2012 de placer l’établissement sous administration provisoire tout en lui conservant l’agrément ». Ce qui veut dire qu’à partir de 2012, la BIBE a recouvré son agrément.
Les placements à la BIBE des sous de la CNSS au titre de 2014 sont intervenus après la décision ministérielle de mai 2014 mettant fin à l’administration provisoire de l’institution bancaire et nomination par le gouvernement d’un DG par intérim. Les placements de l’année 2014 sont intervenus le 22 Septembre 2014. Les placements ultérieurs, ceux de 2015 répondent de la même logique. Il est donc faux d’affirmer comme il est fait maintenant que la CNSS a placé de l’argent dans une banque qui n’avait plus l’agrément. Et si elle bénéficie d’agrément, il est difficile de déclarer qu’elle est en faillite. L’article 2 de l’arrêté portant nomination du DG intérimaire dit que celui-ci a pour tâches de – « coordonner toutes les activités de la banque ». Peut-on exclure de ces « activités » de la banque la réception des placements ?
4°- Quelles sont les preuves de la perception par Métongnon Laurent des rétro-commissions ?
On a parlé de rétro-commissions de « soixante- onze millions neuf cent quatre-vingt-quatorze mille sept cent trente-sept CFA (71.994.737) au profit des dirigeants de la CNSS… ? Plusieurs questions se posent : Si rétro-commission il existe, qui en a été bénéficiaire ??  Sur le terrain du droit pénal, on sait que la preuve est un élément déclencheur de la poursuite.
Ce à quoi le ministre Wadagni s’empresse de répondre « Il faut savoir si un système de rétro-commission est payé en espèce, il est difficile d’exhiber une preuve palpable pour dire qu’une telle personne qui a perçu ». Alors de quoi parle –t-on ? On pourrait encore naviguer ici simplement sur la vague d’une simple présomption de culpabilité à l’endroit de la CNSS dans son ensemble et non du Président du Conseil d’administration.
Or de cette présomption de « rétro-commission » dont aurait bénéficié l’ensemble des organes dirigeants de la CNSS et dont on dit « qu’il est difficile d’exhiber une preuve palpable », on passe pourtant directement à la culpabilité d’un individu, Métongnon Laurent. Il s’agit là d’une provocation politique, d’une incrimination d’opinion politique.
IV-      L’attaque contre Métongnon Laurent est une attaque contre l’ensemble du peuple.
Mesdames et Messieurs les journalistes, chers camarades, chers amis, en regardant le contexte politique on voit aisément qu’il s’agit d’une opération d’intimidation politique du pouvoir de la « Rupture » contre le peuple à travers un individu. En effet qui connaît Laurent sait qui il est depuis les périodes reculées des Comités d’action de 1989, on connaît par la suite ses combats pour la probité au ministère des finances ; on connaît depuis ses prises de positions sur tous les fronts d’attaque aux libertés, de spoliations à grande échelle des biens publics au profit du président Patrice Talon et son clan, il est l’un des chefs de proue de l’alliance le Front pour le Sursaut Patriotique. Il est le porte-parole des milliers et des millions de sans-voix, déguerpis des voies publiques et qui souffrent la misère, la mort, le porte-voix de milliers de travailleurs dégagés par la suppression des entreprises publiques et la privatisation de nombreux services publics, il est le porte-voix de millions de sans-emplois, etc. Et j’en passe.
Alors il faut le faire taire. En s’attaquant à lui, on veut intimider le journaliste qui, brimé des organes de presse public et privé, n’ose pas élever la voix, sous peine de sanction immédiate ; on veut intimider le magistrat, le greffier,  qui se voit humilié dans l’exercice de sa profession, l’étudiant à qui par le biais d’un décret assassin, l’on ferme la porte des universités publiques ; le travailleur de la santé qui expose quotidiennement sa vie dans des conditions déplorables avec la menace de privatisation de l’ensemble du système sanitaire.. On veut intimider tout le peuple ; car si le bois vert flambe qu’en serait-il des bois secs ? dit-on.
Le pouvoir de Talon a réussi à mettre aux pas le Parlement- en le faisant verrouiller par les deux dinosaures pro-impérialistes : Houngbédji Adrien et Amoussou Bruno. Il a imposé un silence complice à la Cour Constitutionnelle pour prendre toute mesure à caractère constitutionnel ; il contrôle la presse par mille et un canaux occultes ou ouverts ; fait brouiller des radios avec la complicité active de la HAAC ; il a verrouillé la justice par le biais de son Ministre de la Justice qui agit par intimidation et voies de fait etc. Il ne reste que le peuple avec le Front pour le Sursaut Patriotique et Métongnon Laurent en est un des responsables de proue. Alors il faut l’attaquer.
Il s’agit d’un coup monté de toutes pièces. Au regard des éléments soulignés là-haut, surtout au regard des sommes colossales que l’équipe de Talon lui-même engloutit tous les jours dans leurs poches au détriment du peuple. Pour le pouvoir, il faut essayer de faire oublier les dossiers de pillage dans lesquels sont trempés les Olivier BOKO (les machines agricoles, etc), Sacca Lafia (Maria-gléta), Koupaki Iréné (Icc-service), Dassigli (mafia domaniale), Talon lui-même (SODECO, PVI) sans compter tous les pillages actuels de la CNSS, les domaines privés de l’Etat, le scandale SAFRAN, OFMAS, etc., etc.
Alors battus sur le terrain de la raison, le pouvoir recourt à des agressions ouvertes consistant au brouillage des ondes radio, etc. Par là le système fait montre d’une extrême faiblesse qui ne peut rester qu’à force de brutalité et de terreur. Le pouvoir de Talon manque de toute rationalité, d’où sa rage.
Telle la levée de boucliers qui se fait de toutes parts du sein du peuple contre cette attaque, telle la protestation indignée des travailleurs du ministère des finances le mercredi 08/11 dernier en soutien au « Général Métongnon ». Le peuple a compris qu’il s’agit d’une attaque contre lui-même, contre son droit à l’expression, son droit au combat pour une gouvernance patriotique et de probité.
Le Parti Communiste du Bénin ne peut que se réjouir de cette levée populaire de boucliers contre le pouvoir mafieux et liberticide de Talon. Il déclare avec le peuple « Bas les pattes le pouvoir de Talon contre les libertés ! Stop aux provocations ! Le camarade Métongnon est un de nos militants intrépides qui a toujours porté haut levé l’étendard de la probité et des libertés ! Le Parti communiste ne tolérera aucune atteinte à sa personne, à sa liberté ! » Alors travailleurs et peuple n’acceptons jamais l’inacceptable, l’arbitraire.
En avant pour les Etats Généraux du Peuple !
                                                           Le Premier Secrétaire du PCB

                                                           Philippe NOUDJENOUME

Le Front pour le sursaut patriotique évoque quatre niveaux d' "arnaque" du Ravip

Dans le cadre d'une conférence publique tenue à Cotonou

La salle de conférence du Centre de promotion de l'artisanat (Cpa) de Cotonou a abrité une conférence publique sur le Ravip, dans la matinée du jeudi 26 octobre 2017. Elle a été animée par le Front pour le sursaut patriotique (Fsp) dont les dirigeants, plusieurs membres et sympathisants étaient présents à la manifestation. Il en est sorti une Déclaration lue par Jean Kokou Zounon, Porte-parole du Fsp, qui a fait ressortir quatre points d' "arnaque" du Recensement à vocation d'identification de la population (Ravip) ...

Le présidium de la conférence publique


Intégralité de la Déclaration du Fsp sur le Ravip


FRONT POUR LE SURSAUT PATRIOTIQUE (FSP)
Cél : 97983565 / 97980179
                                                                                 
     CONFERENCE PUBLIQUE A PROPOS DU RAVIP AVEC SAFRAN
Cotonou, CPA, le 26 octobre 2017

Introduction liminaire
                                   Par Jean Kokou ZOUNON, Porte-parole du FSP

LE RAVIP AVEC SAFRAN : UNE ARNAQUE (OPERATION DE FRAUDE) TECHNIQUE, POLITIQUE, ELECTORALE ET FINANCIERE CONTRE LE PEUPLE BENINOIS.

Introduction
Le gouvernement de Patrice Talon projette organiser à partir du 1er novembre 2017 un Recensement initial administratif à vocation d’identification de la population (RAVIP) en vue de la mise en œuvre de la loi n° 2017-08 du 19 juin 2017 portant identification des personnes physiques en République du Bénin.
Le peuple qui a connu ces quinze dernières années une cascade de recensements administratifs (Ravec, Rena) et statistiques (RGPH3 et 4) se pose tout naturellement des questions sur les finalités et donc l’utilité et les véritables objectifs du gouvernement Talon.
Ces questions sur l’opération du RAVIP sont d’autant plus légitimes que l’opérateur technologique dit "assistant technique" SAFRAN est connu comme ne garantissant pas la transparence, ni la compétence en matière de recensement et/ou de travaux du genre en Afrique.
 En réponse à ces questions légitimes, les autorités au pouvoir se sont lancées dans des explications et déclarations contradictoires pour finalement, comme à bout d’arguments, en venir aux menaces vertes et brutales contre tout citoyen qui oserait critiquer l’opération.
Alors, tout le monde peut sentir qu’il y a certainement anguille sous roche et que les mérites vantés des produits de cette opération ne seraient que de la fumée pour couvrir une vaste arnaque à laquelle le pouvoir de Talon nous a habitués depuis son arrivée.
Au FSP, nous disons que le RAVIP avec SAFRAN est une vaste arnaque technique, politique, électorale et financière contre le peuple béninois.

1-         Le RAVIP : une arnaque technique
Selon la loi n° 2017-08 citée supra, le Recensement initial Administratif à Vocation d’Identification de la Population, est réalisé par l’Agence Nationale d’Identification des Personnes (ANIP). Mais, « en attendant la mise en place de l’ANIP, l’ANT en exerce les missions et attributions. » (Article 90)
C’est donc l’Agence Nationale de Traitement qui est, au cours de cette phase, l’opérateur au plan technique. La Société SAFRAN ne lui prêterait que son assistance technologique.
Il est prévu un Comité technique de pilotage pour la préparation et le suivi technique du RAVIP et enfin une Commission nationale de supervision composée de neuf (09) députés désignés par l’Assemblée nationale (dont 7 pour le Bloc de la majorité présidentielle et 02 pour la minorité) et de neuf (09) membres du Gouvernement sous la coordination d’un membre du gouvernement et qui « sert à tout besoin d’identification de personnes physiques en République du Bénin » (article 91). 
La première remarque qui saute aux yeux, c’est que l’article 2 de la loi 2017-08 relatif à l’identification nominative et personnelle d’une personne reprend les mêmes éléments prévus dans la loi 2009-10 du 13 mai 2009 portant organisation de recensement électoral national approfondi et établissement d’une liste électorale informatisée. Il en est de même des données biométriques. Pourquoi organiser alors un autre recensement général ?
La seconde remarque qui saute aux yeux, c’est qu’aucun organisme technique compétent, stable reconnu dans notre pays n’assure ni la préparation, ni la mise en œuvre, ni le suivi du RAVIP. Un comité de pilotage est un organisme transitoire qui ne permet aucune capitalisation des expériences. La présidence de la supervision est revenue non pas au ministre chargé de la statistique, mais au ministre de la justice qui ne dispose d’aucun organe compétent pour superviser techniquement l’exécution d’un recensement. 
Or le pays dispose d’un organisme compétent de recensement : l’Institut National de la Statistique et de l’Analyse économique (INSAE) qui a accumulé des expériences depuis 40 ans bientôt dans l’exécution de quatre opérations de recensements généraux de la population et des dizaines d’enquêtes démographiques. Bruno Amoussou et Adrien Houngbédji réclamaient cet institut lors de la réalisation des Lépi. Sous leur pouvoir de la Rupture, l’INSAE est royalement ignoré (son DG siège en tant que conseiller). Or le développement exige et signifie accumulation croissante des expériences. En ce sens l’INSAE est le meilleur réceptacle de tout recensement futur pour le bien du pays, pour l’accumulation et la capitalisation des expériences.
La troisième remarque est que le RAVIP est un recensement initial pour l’identification des personnes physiques. Mais après l’initialisation, comment se fera l’actualisation ? Qui devra assurer la collecte des naissances, des décès, des mariages ou divorces, des changements de résidence principale ou secondaire ? Quel organe permanent a les qualités pour suivre ces éléments d’état civil ? Un organe transitoire du genre d’un comité de pilotage ne peut le faire, ni même l’ANIP qui est censé mettre à jour (sans autres précisions) les Registres national et communaux des personnes physiques. Or sans un système de saisie et d’enregistrement des mouvements d’état civil, tout registre des personnes physiques est obsolète dès le lendemain même de sa mise en place et est voué à très court terme à l’échec.
Le dispositif échafaudé par le pouvoir de Talon est fait comme pour ne pas laisser des traces. Le RAVIP est ainsi exécuté à l’image des gens qui surgissent, agissent et disparaissent, donc à l’image des voleurs.
2-         Le RAVIP : une arnaque politique
La loi sur le RAVIP fait partie des lois scélérates et pirates (sur l’embauche, les collaborateurs extérieurs, l’espionnage des citoyens, etc.) que le pouvoir de Talon a fait introduire en sous-mains par ses députés en propositions de loi et étudiées en séminaire gouvernemental à Dassa-Zoumè dans le but de la vassalisation de l’Assemblée nationale et de contournement de la Cour suprême. Le RAVIP est donc, dès le départ, un projet scélérat.
Aujourd’hui, on nous le présente avec beaucoup de qualités. Ainsi, le RAVIP promet "une carte qui simplifie la vie" à tout citoyen. Or, la carte du RAVIP ne remplace pas les autres documents d’identification (carte d’identité, passeport). C’est le gouvernement qui veut compliquer la vie des citoyens, en instituant l’inscription du numéro personnel d’identification sur tout autre acte administratif (articles 7,8 et 9 de la loi) et en imposant que « nul ne doit obtenir un document d’identification s’il n’est détenteur d’un numéro personnel d’identification et s’il n’est enregistré dans le registre national » (article 53). Donc, en fait, c’est plutôt le gouvernement qui veut se simplifier la surveillance de la vie des citoyens, se faciliter l’intervention dans leur vie. Et ce n’est pas un acte de développement comme le prétendent les thuriféraires du pouvoir, mais un acte de police et de contrôle plus serré des citoyens. Et tous les pays qui avant le nôtre l’ont adopté ne le cachent guère. On peut ainsi commencer à comprendre déjà pourquoi le cerbère du Littoral, le Préfet Toboula, aboie contre toute critique du projet.
Seulement, ici, chez nous où la ruse est une doctrine politique de gouvernance, il faut tromper le peuple, lui cacher les véritables objectifs d’une opération qui lui coûtera des dizaines de milliards de francs, des heures d’ennuis, des inquiétudes sur ce perpétuel recommencement sans fins d’opérations de recensements.
Les mensonges ont atteint des niveaux insoupçonnés lorsque le pouvoir et ses députés du Bloc de la majorité parlementaire disent, proclament, jurent que le RAVIP n’a pas de but électoral. Or l’article 13 alinéa 2 de la loi encadrant le RAVIP dit explicitement : « le registre national sert de base à la production des données nominatives, personnelles et biométriques à mettre à la disposition de l’organe chargé par la loi pour l’établissement de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Ces données serviront également au recensement administratif à vocation d’identification de la population….»
Ensuite, parmi les informations à collecter auprès de chaque personne, il est prévu son centre de vote que ce soit dans sa résidence principale ou dans sa résidence secondaire. Malgré tout cela, le pouvoir et ses agents continuent de mentir.
Le registre national est établi avec l’enregistrement des données d’identification des personnes physiques. Les registres communaux  sont destinés à la collecte des données des personnes physiques dans les communes. Ils sont tenus par les maires. On comprend alors la hargne du pouvoir de Talon de se soumettre tous les maires pour leur docilité à exécuter ses volontés. Les destitutions de ceux soupçonnés de résistance visent cet objectif.
Enfin, la remise de l’exécution du RAVIP à l’Agence Nationale de Traitement, une structure chargée justement de la gestion de la Lépi et non à l’INSAE montre bien que l’objectif premier de toute cette opération est d’ordre politique, électoral et non technique. Le choix de SAFRAN, bien connu dans les tripatouillages électoraux, souligne bien la volonté politique du pouvoir de TALON et de son clan. Et à chaque fois pour l’homme qui dans tout ce qu’il fait pense d’abord à lui-même, l’action politique se double toujours d’une arnaque financière.
3-         Le RAVIP : une arnaque financière avec SAFRAN
La société SAFRAN a été choisie en Conseil des ministres le 18 novembre 2016 en procédure de gré à gré longtemps avant le vote de la loi 2017-08 du 19 juin 2017 portant identification des personnes physiques en République du Bénin et encadrant le RAVIP. Il y avait évidemment un deal conclu entre cette société dont la réputation sulfureuse est connue pour ces méfaits en Afrique. Dès novembre 2016 « le choix de la société SAFRAN pour le recensement administratif fait polémique » comme on peut le constater à travers des médias de la place. Ainsi le journal "La Nouvelle Tribune" en date du 24 novembre a pu reporter ce qui suit :
« Invité ce mercredi 23 novembre 2016 sur le plateau de l’émission   100 % Bénin » de la chaîne panafricaine SIKKA TV, Clotaire Olihidé, juriste et spécialiste des questions électorales, a évoqué un certain nombre de faits qui retirent toute crédibilité à la société SAFRAN. Il s’agit en premier lieu de la qualité de ses prestations qui laisse à désirer. Il donne pour preuve, les dernières prestations de la société française en Guinée Conakry et au Ghana. « Quand SAFRAN est intervenue en Guinée Conakry, le fichier qui en est sorti est impropre. (…) Lorsqu’elle est intervenue au Ghana, ça été pareil » a fait savoir Clotaire Olihidé indiquant que ces deux pays ont été contraints de débourser de nouvelles ressources et faire appel à d’autres opérateurs pour reprendre le travail.
Outre la qualité des prestations, le juriste reproche également à la société SAFRAN son implication dans des affaires de corruption notamment en Côte d’Ivoire, au Nigeria et au Mali.
Au vu de ces différents éléments, Clotaire Olihidé pense que c’est une grave erreur d’avoir attribué le recensement administratif à vocation d’identification de la population au groupe français qui, à en croire le ministre des Infrastructures et des Transports, est aussi la société à qui le gouvernement a accordé le marché de sécurisation des aéroports, mais qui devra créer une société de droit béninois, notamment la société Morpho Dys pour l’exécution du contrat».
Ailleurs, on peut lire sur le site de "benintimes" en date du 5 octobre 2017:
« Le géant français Safran spécialisé entre autres dans la fabrication des documents électroniques, la biométrie électorale ayant bénéficié de Talon la réalisation de RAVIP, entendez Recensement initial Administratif à vocation d'identification de la Population est une entreprise très contestée et diversement appréciée en Afrique.
En effet, lors des élections présidentielles kenyanes d’août passé, Morpho Safran avait été accusé de "subvertir la volonté du peuple" en fournissant à la commission électorale des services technologiques non conformes à la loi kényane.
En Côte d'Ivoire, Safran a savamment orchestré un Hold-up électoral en faisant élire Ouattara au premier tour à 83 %. Au Mali, Safran avait produit plus de huit (8) millions de cartes d’électeurs alors que selon le recensement électoral effectué dans ce pays, le nombre des électeurs n’atteignait même pas sept (7) millions. Cette supercherie a valu à Sidi Kagnassi, patron de Safran Morpho en Afrique de l’ouest, une nomination à la présidence malienne au poste de conseiller spécial par le Président Ibk.
Est-il inutile de rappeler que Morpho Safran avait été condamné en 2012 pour avoir été mêlé à une affaire de corruption au Nigéria sous la présidence de Olusegun Obasanjo où le groupe connu pour ses magouilles avait versé des pots-de-vin pour l’octroi d’un contrat de fabrication de 70 millions de cartes d’identité, reconnu coupable l’opérateur avait versé 500.000 euros d’amendes. En clair, voilà la fiche signalétique de Safran qui est chargée de réaliser le RAVIP au Bénin. » 
Le cas actuel du Kenya, où la société SAFRAN est accusée de tripatouillage des élections présidentielles qui ont été annulées par la Cour Suprême de ce pays et qui risque de sombrer dans une guerre civile devrait conduire au rejet de la société SAFRAN de l’exécution du RAVIP au Bénin.
En conclusion
L’opération RAVIP est véritablement une arnaque technique, politique, électorale et financière. Des milliards de  francs cfa sont donnés à SAFRAN pour consolider la gestion autocratique de Talon et préparer les hold-up électoraux. Le maquillage et la duperie par la ruse et la rage à propos d’une certaine simplification de la vie du citoyen sont indicatifs de la nature de ce pouvoir qui ne vise que les intérêts de Talon-Boko et leur clan.
L’opération RAVIP 2017 avec SAFRAN constitue une menace contre la démocratie, contre la paix et la sécurité au Bénin. Cela vient aggraver la crise multidimensionnelle que traverse le pays.  Le peuple a faim. L’école est en ruine et les enfants des pauvres davantage exclus du système. Le chômage s’est aggravé avec la politique de privatisation sauvage. Les libertés sont attaquées avec de nouvelles méthodes comme le brouillage des émissions de radio (Soleil Fm). Le pouvoir reste sourd aux cris et aux luttes dans plusieurs secteurs (santé, justice) sans aucun égard au sort des populations.  Plus que jamais, le peuple doit se lever pour rejeter la politique du pouvoir de Talon-Boko et ses projets avec la société SAFRAN, faiseur de trouble et exiger la tenue des Etats généraux afin de revoir les bases de reconstruction et de la gouvernance de notre pays.
SAFRAN, HORS du BENIN !
Vive le peuple béninois debout !

 Merci.