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mercredi 25 octobre 2017

« La lutte du peuple togolais est la nôtre, […] Faure Gnassingbé, dégage ! », a exigé Gilbert Kouessi

Dans le cadre d'un meeting de solidarité avec le peuple togolais


Le vendredi 6 octobre 2017 s’est tenue une cérémonie de soutien à la lutte du peuple togolais, organisée par la Convention patriotique des forces de gauche (Cpfg). C’était à la Bourse du Travail de Cotonou.

Gilbert Kouessi
« 50 ans de dictature clanique, ça suffit ! Faure Gnassingbé, dégage ! ». Ainsi s’est violemment terminée l’allocution introductive au meeting de soutien au peuple togolais en lutte pour mettre fin au règne du clan Gnassingbé, depuis un demi-siècle, qui s’est tenu le vendredi 6 octobre 2017, à la Bourse du Travail de Cotonou.
La déclaration circonstancielle, lue par Gilbert Kouessi, au nom de la Convention patriotique des forces de gauche (Cpfg), structure organisatrice de la manifestation, a permis de retracer l’historique du passage au pouvoir de Gnassingbé Eyadéma qui, décédé en 2005, a vu le système politique organiser sa succession par son fils, Faure Gnassingbé, ce que la déclaration a vivement dénoncé avant d’exiger son départ de la tête de l’exécutif togolais.

Rodrigue Yarégo
D’autres interventions ont meublé le meeting : celles des représentants respectifs d’organisations de jeunes, de femmes, de travailleurs retraités, notamment. Par ailleurs, Rodrigue Ayégo, journaliste togolais, correspondant d’une radio suisse, a ému par son témoignage sur les tueries orchestrées par les militaires au Togo. Ont aussi eu droit au pupître des membres de la diaspora togolaise vivant au Bénin.

Ramane Aïsso



Intégralité de la Déclaration de la Convention patriotique des forces de gauche (Cpfg)


CONVENTION PATRIOTIQUE DES FORCES DE GAUCHE (CPFG)
Tél : 98 33 29 88/ 90 91 41 97
PCB, CDP, PSD-Bélier, CSTB, FESYNTRA-Finances, UNSEB, UNAPEEB, ANADEC, ODHP, INIREF, CCUMAB, CPCM, MFLPP

MEETING DE SOUTIEN A LA LUTTE DU PEUPLE TOGOLAIS
Cotonou, Bourse du Travail, 06 octobre 2017
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Allocution introductive

VIVE LA LUTTE HEROIQUE DU PEUPLE TOGOLAIS
            Le 13 janvier 1963, alors qu’il se préparait à doter le Togo de sa monnaie nationale, le père de l’indépendance nationale Sylvanus Olympio a été assassiné par un groupe de soldats de l’armée togolaise, téléguidé par les services français de Jacques Foccart et conduit par le sergent GNASSINGBE Eyadema. Après un intermède de 4 ans, où le pays est dirigé par un pantin de la FrançAfrique, la France fait prendre le pouvoir, le 13 janvier 1967 par le même Eyadema GNASSINGBE, indiquant que le jour de l’assassinat du premier président du Togo est la date fondatrice de son pouvoir. A son arrivée, tous les partis politiques ont été dissous ; l’armée, républicaine au départ, a été transformée en une armée clanique avec l’élimination physique systématique de tous ceux qui pouvaient lui faire ombrage. En 1970, avec le soutien et la complicité d’intellectuels opportunistes, il a créé son parti unique, le RPT, avec obligation pour tout le monde d’y militer ; aucune voie discordante n’est tolérée et toute velléité d’opposition est noyée dans le sang. Ainsi, depuis 1967, le peuple togolais souffre le martyr avec un régime dictatorial et kleptocrate.
             En 1990, comme beaucoup de peuples africains, le peuple togolais s’est soulevé pour mettre fin à la dictature. Le 5 octobre 1990, la jeunesse togolaise, à travers le MO5, mouvement du 5octobre, s’est soulevé pour demander la fin de la dictature. La répression a été terrible ; mais le mouvement s’est poursuivi, aboutissant à la Conférence Nationale où les rapports de force auraient permis de chasser Eyadema, n’eut été la trahison de certains leaders togolais toujours enclins à la compromission avec la dictature. Malgré cela, d’importantes avancées démocratiques ont été obtenues limitant les marges de manœuvre du dictateur. On se rappelle dans quelles conditions atroces, le clan GNASSINGBE a pris d’assaut la primature pendant la transition en massacrant des centaines d’innocents. On se rappelle aussi, comment les troupes françaises en route pour Lomé pour soi-disant aller sauver la démocratie togolaise, se sont en définitive arrêtées au Bénin et comment elles ont été chassées de notre pays parce qu’elles voulaient profiter de la situation pour s’éterniser au Bénin et souiller ainsi le pays de Béhanzin, de Kaba et de Bio Guerra.
            Au sortir de la Conférence Nationale, une Constitution a été adoptée qui comme la nôtre, limite le nombre de mandats à deux, avec impossibilité d’y déroger en aucun cas. Le 31 décembre 2002, arrivé au terme de ses deux mandats après 27 ans de règne, GNASSINGBE-Père change la Constitution et impose la non limitation des mandats. D’autre part, pour commencer à préparer le terrain pour son fils Faure GNASSINGBE, âgé de 36 ans, il rabaisse l’âge d’éligibilité de 45 ans à 35 ans. Sur cette base, il se fait réélire en juin 2003.
            Le 5 février 2005, le dictateur  meurt brutalement. C’est la panique au sein du clan. La Constitution togolaise prévoit en son article 65 qu’en cas de vacance de pouvoir, c’est le Président de l’Assemblée Nationale qui assure l’intérim. Voilà que ce Président n’est pas de la famille GNASSINGBE ; que faire ? Comme le hasard fait bien les choses, et que le Président de l’Assemblée Nationale est à l’étranger, il faut l’empêcher de rentrer. C’est ce qui a été fait. L’avion de ce dernier, sur sa route de retour, a été détourné à Cotonou où le Président de l’Assemblée Nationale a été retenu en otage. Dans la même nuit du 5 février 2005, la France envoie un juriste français pour modifier la Constitution le 6 février 2005, pour permettre à l’héritier du dictateur,  de monter sur le trône. C’est ainsi que Faure GNASSINGBE est arrivé au pouvoir. Il serait bon que ceux qui parlent de droit, de légalité, d’ordre constitutionnel, sachent comment leur grand démocrate et ami, Faure GNASSINGBE, a pris le pouvoir.
             Depuis lors, d’élections truquées en élections préfabriquées, Faure se maintient au pouvoir, aggravant la souffrance du peuple togolais. Comme cette famille a pris le peuple togolais en otage, le petit dictateur devait croire que lui aussi allait mourir au pouvoir et se faire remplacer par son fils. Mal lui en a pris, puisqu’aujourd’hui, le peuple togolais est dans la rue aux cris de : 50 ans de dictature, on n’en veut plus !
             En effet, Depuis le 19 août 2017, le peuple togolais qui légalement depuis 1967, mais de fait depuis 1963 subit la dictature implacable du clan GNASSINGBE, s’est dressé pour dire : « Ca suffit ! ». Depuis là, la mobilisation ne se dément pas. Les 6 et 7 septembre 2017, les 20 et 21 septembre, le 29 septembre journée ville morte, les 4 et 5 octobre 2017 et ça continue. Et on voit comment ce peuple qui s’est toujours battu, qui a brillamment conquis son indépendance en 1958 au prix de son sang, se bat avec courage et fait  l’admiration des autres peuples et surtout du nôtre qui doit lui apporter son soutien le plus ferme.
            Alors,  quand on entend une femme, qui plus est béninoise, comme Dandi Gnamou (Directrice du centre de droit international et d’intégration africaine), qui se dit agrégée de droit, déclarer le 27 septembre 2017 sur SIKKATV qu’il faut respecter la  légalité parce que Faure a été élu et bien élu, on croit rêver et on a envie de pleurer. Cette dame a-t-elle une pierre à la place de son cœur ! Suit-elle la souffrance du peuple togolais ? Sait-elle comment ce petit dictateur est arrivé au pouvoir après la mort de son père ? Sait-elle que la volonté du peuple est supérieure à toute Constitution ? Notre agrégée de droit sait-elle qu’en juin 1989, Kérékou avait été légalement et « brillamment » réélu avant d’être chassé quelques mois plus tard par notre peuple. Sait-elle que Ben Ali en Tunisie était en plein mandat quand le peuple tunisien l’a chassé ? Sait-elle qu’il en est de même de Compaoré au Burkina ? Alors, nous disons à notre agrégée nationale, si vous avez des intérêts obscurs à défendre, laissez le droit et la légalité de côté. Ici, il est question de la souveraineté du peuple, de son droit à l’insurrection reconnu par tous les instruments et instances internationaux aujourd’hui.
             Pour notre part, chers amis, nous voulons relayer ici, le soutien de notre peuple au peuple frère du Togo. La lutte du peuple togolais est la nôtre. Voilà pourquoi nous disons avec lui :
50 ANS DE DICTATURE CLANIQUE ÇA SUFFIT ! FAURE GNASSINGBE DEGAGE !

Cotonou, le 6 octobre 2017
Pour la Coordination de la CPFG

            Gilbert KOUESSI

vendredi 15 septembre 2017

Le Pcb dénonce 17 plaies du régime Talon

Dans le cadre d’un point de presse donné ce vendredi 15 septembre


Il a été tenu un point de presse par le Parti communiste du Bénin (Pcb), dans la matinée du vendredi 15 septembre 2017, à son siège, sis quartier Aïbatin, à Cotonou. Il ressort de la déclaration rendue publique la stigmatisation de 17 points noirs de gestion, relevés au niveau du régime du Nouveau départ par la formation politique.

Gilbert Korssi, présentant  la Déclaration du Pcb
« Le pays est alors en danger ; l’heure est grave, très grave. Sous la houlette de la mafia au pouvoir et de ses suppôts au Parlement, le pays va droit dans le mur ». La déduction, après un long réquisitoire fait par le Parti communiste du Bénin (Pcb), au régime du Président Patrice Talon, lors du point de presse qu’il a organisé ce vendredi 15 septembre 2017, à son siège d’Aïbatin, du 13ème Arrondissement de la ville de Cotonou.
Avant d’appeler le peuple à la tenue des « Etats généraux du peuple », Gilbert Koessi, Responsable aux Affaires extérieures du Pcb, lecteur de la Déclaration émanant du Bureau politique du Parti, a égrené un chapelet de dix-sept faits manifestant une gestion non satisfaisante des affaires par le régime du Nouveau départ : « les déguerpissements sauvages et sans alternative », la hausse du prix du kilomètre des routes et des pistes rurales construites ou réhabilitées, la conclusion des marchés d’Etat de gré à gré et dans l’opacité, la grande communication concernant les cantines scolaires, l’attribution à soi par le Gouvernement du paiement des arriérés salariaux aux enseignants, l’inadéquation du système d’enseignement avec le milieu d’influence de l’apprenant, la mise en place de réformes concoctés dans des conditions favoritistes et opaques, le contrôle du Parlement sur fond d’impunité favorisant des députés anciennement aux affaires et soupçonnés de mauvaise gestion, le contrôle de l’action gouvernementale par « le trio Patrice Talon, Olivier Boko et Johannès Dagnon », l’endossement des projets de loi du Gouvernement par des députés, l’absence d’interpellation du Gouvernement par l’Assemblée nationale face à un budget de 2010 milliards, non réaliste, le mépris par l’Exécutif des décisions de la Cour constitutionnelle, le manque d’indépendance de la justice, la destruction du prestige politique des maires, le manque d’indépendance de la presse, la violation des libertés et, enfin, l’absence de perspectives pour la jeunesse.

Quelques membres du Bureau politique du Pcb, présents au point de presse
Ces nombreux griefs du Pcb contre le régime Talon n’ont pas empêché la formation politique de s’intéresser à la situation au Togo et au débat ambiant lié au Franc Cfa. « Le Pcb salue le peuple togolais, soutient son combat pour la démocratie et contre la dynastie qui cherche, par tous les moyens, à se maintenir. La lutte du peuple togolais encourage tous les combattants pour une Afrique libre, souveraine et démocratique », a affirmé, en substance, Gilbert Koessi.

Marcel Kpogodo   





Intégralité de la Déclaration du Bureau politique du Pcb


PARTI COMMUNISTE DU BENIN (PCB)
01 B.P. 2582 Recette Principale Cotonou (Rép. du Bénin)
Tél. : 21 30 03 22/97 98 35 65 – Site :www.la-flamme.org


DECLARATION DU BUREAU POLITIQUE SUR LA SITUATION POLITIQUE ACTUELLE

            Dans une déclaration en date du 18 décembre 2016, le PCB, après huit mois d’observation vigilante de la gouvernance du pouvoir de Talon, concluait qu’au total, « le pouvoir de Talon se révèle un pouvoir dictatorial de type césariste où même des individus n’ayant aucun titre officiel donnent des ordres à des ministres comme naguère Amadou Cissé sous l’autocrate Mathieu Kérékou». Le Parti appelait alors « à reprendre fermement le chemin de l’organisation des Etats Généraux en vue de l’érection d’un gouvernement patriotique et de probité. »
Depuis lors, pendant qu’il s’acharne à la destruction des conditions de vie et de survie des travailleurs et des petits producteurs des bords de rue, à la confiscation des parcelles de libertés publiques l’autocrate, de façon forcenée, s’emploie à la reconstruction, l’extension et la consolidation de son empire économique et financier.  La dérive vers la terreur pour "mettre au pas le Béninois qui serait trop « têtu » donne lieu aux délires avec les aboiements provocateurs des Toboula, Djogbénou, contre le peuple et surtout à la tentative d’imposer, en dehors de toute consultation populaire naguère promise et arrogamment reniée après, une nouvelle constitution qui légalise le despotisme. Nul doute en tout cas, que le peuple infligera au dictateur qui se proclame "le compétiteur-né" contre sa patrie, un échec cuisant. Après le rejet de la révision de la Constitution, au lieu de tirer de justes leçons de cet avertissement populaire qui a eu raison de la corruption et des intimidations des députés vénaux, le pouvoir en désarroi et en furie lance à l’adresse du peuple qu’il gouvernera désormais avec « ruse et rage » (sic).
            Alors la rage se déploie. Le pouvoir autocratique de Talon complètement isolé et rejeté par le peuple, tente désespérément de reprendre la situation en mains. Pour cela, ses actions vont dans deux directions : La première, entretien de l’illusion, et en se battant comme un beau diable pour reconquérir quelque crédit populaire : remise sur pied des « microcrédits aux plus pauvres », renforcement de « cantines scolaires », lancement de quelques infrastructures routières (contournement de Porto-Novo, voie Savalou- Djougou, etc.) et d’approvisionnement d’eau. Mais en vain.
            En vain, car le peuple a vu et connaît depuis bientôt vingt-cinq ans le PADME ainsi que les crédits aux plus pauvres ; mais le peuple n’a jamais connu un gouvernement qui détruit par des déguerpissements sauvages et sans alternative, les activités de survie auxquelles le micro-crédit est justement destiné. En vain, car le peuple a vu sous tous les gouvernements passés, construire ou réhabiliter des routes et pistes rurales, mais le peuple n’a jamais vu le prix du kilomètre monté à un tel niveau, ni les marchés passés de gré à gré dans une telle opacité. Le peuple connaît les cantines scolaires avec les vivres PAM, mais il n’a jamais vu un gouvernement organiser autant d’actions de communication autour. Tous les gouvernements passés ont essayé d’obtenir une "rentrée scolaire apaisée", mais l’on n’a jamais vu un gouvernement mettre à son actif le payement d’arriérés de salaires à des enseignants, dix mois après leur prise de fonction. Pire, l’on ne peut que mesurer l’abîme d’incompétence et d’apatridie d’un gouvernement qui laisse perdurer un système d’enseignement étranger à l’environnement que l’apprenant est censé transformer. Tous les gouvernements passés ont tenté des réformes ; mais on n’a jamais vu un gouvernement entreprendre des réformes par des comités secrets, formés de parents, d’amis et de cabinets associés d’affaires, réformes que l’on vient de force imposer aux acteurs des secteurs concernés.
            Alors, la colère du peuple ne peut s’apaiser.  Car, il n’a jamais vu un pouvoir aussi insensible à la misère de son peuple, à la misère humaine tout court. Des dizaines de milliers d’emplois sont brutalement supprimés sans aucune alternative. Le peuple n’a jamais vu un Président qui ne se porte pas au secours des populations sinistrées, ni au chevet des victimes de catastrophes, comme cela se fait partout dans le monde. Des gouvernements ont attenté aux libertés, lancé la police contre des innocents ; mais le peuple n’a jamais vu un gouvernement réuni en conseil des ministres décider de la poursuite des parents, des amis, des avocats venus témoigner de leur assistance à un citoyen aux prises avec la police. Le peuple a connu des pouvoirs d’arbitraire, de règlement de compte contre ses opposants ; mais, il n’a jamais vu le faire avec autant de rage et de ruse, et finalement avec autant de stupidité où un DG de la SBEE peut donner une conférence de presse pour dénoncer les dettes d’un seul client, où les redressements fiscaux peuvent atteindre plus du dixième du budget de l’Etat. Le peuple connaît et subit le pillage des ressources publiques par les clans au pouvoir ; les prédateurs ont eu à avouer qu’ils ont bouffé avec la cuillère et dénoncé ceux qui bouffaient avec la louche ; mais, il n’a jamais vu un pillage aussi effréné, aussi méthodique, où les salaires officiels des dirigeants sont secrets d’Etat, où le gré à gré est devenu la règle de passation des marchés publics, où les fonds du trésor public sont décaissés dans une si grande opacité et selon le bon plaisir du prince. Ce qui aurait fait dire au ministre des finances lui-même que c’est : "Ali Baba et les quarante voleurs". Le peuple a connu des pouvoirs désignés de clanique, mais l’on a jamais vu un pouvoir où les agents du ministère des Affaires étrangères dénoncent que sur 36 nominations dans les postes diplomatiques, 30 sont des parents du Président de la République. Notre pays, dans ses plus lugubres moments de crise a connu un pouvoir désigné comme un monstre à trois têtes, et un autre de calamité nationale. Aujourd’hui le pouvoir autocratique est détenu par un trio, un monstre à trois têtes dont les intérêts privés sont au-dessus de tout et qui impose ses désirs comme décisions de l’Etat.
            Et pour tenter de soutenir cette gouvernance maléfique, intervient la deuxième direction des actions de l’autocrate : évincer les rivaux de sa classe et faire taire toute opposition interne à la classe : opération de mise au pas de maires à fidélité douteuse (comme celui de Porto-Novo désormais complètement fragilisé par une affaire de détournement) ; poursuite des destitutions de maires ouvertement opposants au régime, cas d’Adjovi et de Léady Soglo après les destitutions des maires d’Allada, de Parakou ; destruction de partis non acquis au système : cas de la Renaissance du Bénin (RB) et du Parti Social-Démocrate (PSD) avec les éléments dits « frondeurs » dont la caractéristique est d’être tous acquis au régime de Talon. Et pour couronner tout cela, la reprise de la politique de super-médiatisation des actions gouvernementales avec les ministres et même des personnalités comme Amoussou Bruno, envoyés à la chasse à courre pour « populariser le PAG » manifestement en panne.
On observe comme la tentative de constitution autour du nouveau César d’une vaste coalition compacte d’hommes liges composés de gens pour l’essentiel en rapports d’affaires autrefois avec Talon comme Amoussou Bruno, ou voulant se protéger des crimes et scandales commis contre le pays et le peuple comme les Kassa Barthélémy, Bako Nassirou, Rachidi Gbadamassi, Arifari Bako et autres Okounlola,  Dègla ou d’hommes vénaux à tout crin ancrés à la droite réactionnaire française à l’image d’un Houngbédji Adrien qui a décidé ne plus jamais faire l’opposition, etc. Tout cela dans la perspective de se pérenniser au pouvoir, même au-delà des deux mandants que les émissaires de Talon chantent déjà dans nos campagnes.
            Adrien Houngbédji et Bruno Amoussou ratissent pour le nouvel autocrate et tiennent en otage les députés pour qu’ils votent « les yeux fermés », contre espèces sonnantes et trébuchantes comme c’est publiquement et officiellement connu depuis les retentissantes révélations de Rosine Soglo lors de l’épisode du vote de prise en considération du projet de révision de la Constitution. Le fameux Bloc de la majorité présidentielle est une caisse de résonnance à sous de l’autocrate, refuge de tous les repris de justice, des pilleurs impénitents, des danseurs de ventre, des bénis oui oui ou plutôt des piiin…pan. La lutte contre l’impunité ne vise pas ces plus grands pilleurs ; la soi-disant rigueur ne vise que le bas peuple et ne sert qu’à couvrir l’arbitraire contre les opposants.
Ainsi, toutes les institutions sont réduites à l’état d’instruments serviles à l’autocrate. On sait que le gouvernement n’existe que de nom, puisque l’ami du Président sans titre officiel est de tous les voyages officiels, donne des ordres aux ministres, et que tout se décide  par le trio  Patrice Talon-Boko Olivier-Johannes Dagnon.  Au Parlement, les députés du bloc de la majorité présidentielle et leurs dirigeants, Houngbédji et Bruno Amoussou sont devenus les portefaix des lois dont Talon ne veut pas ouvertement porter la responsabilité. Ainsi se multiplient des propositions de lois scélérates par des députés rassemblés dans des séminaires sous le coaching des ministres et émissaires de Talon. On n’a jamais vu une présidence de l’Assemblée aussi incapable de s’assumer au point de ne pouvoir interpeller un gouvernement dont le budget voté avec grande publicité à 2010 milliards se trouve réduit de plus du tiers dans son exécution. La Cour Constitutionnelle, dans toutes les décisions non favorables au Chef de l’Etat est superbement et arrogamment ignorée et toutes les lois reconnues non conformes à la Constitution sont mises en œuvre par Talon sans que la Cour ne puisse rappeler l’Exécutif à l’ordre. La justice est plus que jamais sous ordre. Elle est toujours favorable au camp du pouvoir comme on l’a vu dans les affaires au sein du PSD et de la RB.  Enfin, la décentralisation est complètement vidée de son contenu, le pouvoir de Talon ayant réduit les maires à l’état de sous-préfets sans autonomie et sous les ordres des préfets comme Toboula. Ainsi, par exemple, dans le projet grand Nokoué regroupant les communes de Ouidah, Abomey-Calavi, Cotonou, Sèmè et Porto-Novo, c’est le ministre du cadre de vie, donc le gouvernement qui lance l’appel d’offres pour la construction de marchés dans les quartiers de ville.
            La presse est sous ordre. La direction de la cellule de communication de la Présidence est aujourd’hui le directeur de publication et le rédacteur en Chef de la majorité des organes de presse. Et quotidiennement, des articles siamois s’étalent à la Une des journaux sous ordres pour clamer des Viva à la gloire du nouvel autocrate. La réalité de la vie du pays, de ses hommes dans la peine, de ses jeunes dans la galère, de ses femmes dans la misère,  est niée et masquée dans les colonnes des journaux et dans la plupart des émissions de radio et de télévision. Les rares journaux et organes non conformistes sont traqués par tous les moyens, mesquins et grotesques. Les libertés sont violées et la répression s’abat, brutal sur tous ceux qui s’opposent au déploiement de l’arbitraire et de la mauvaise gouvernance. Ainsi en est-il des éléments et chefs des services de police, de la gendarmerie, des eaux et forêts qui osent, comme le leur reconnaissent la Constitution et leur mission républicaine, défendre les libertés, la souveraineté du pays et la transparence dans la gestion du bien public.
            Alors, le pays s’enfonce dans l’abîme et une pourriture sans nom. On peut ainsi entendre un Roger Gbégnonvi avouer sans honte que les conseillers ayant voté la destitution du maire Adjovi à Ouidah ont été corrompus par les Venance Gningla et Célestine Adjanohoun. Evidemment lorsque le Président corrompt les députés pour obtenir le vote de la Constitution, il n’y a plus de barrières pour épargner le peuple des razzias de la maffia tant que celle-ci sera au pouvoir. Alors aucune alternative, aucune transparence, aucune régularité ne peut être attendue dans les consultations au Bénin.
            Le pays est alors en danger ; l’heure est grave, très grave. Sous la houlette de la mafia au pouvoir et de ses suppôts au parlement, le pays va droit dans le mur. Aucune perspective n’est offerte à la jeunesse dans sa formation, ses loisirs et l’emploi. Il se pose au peuple un défi : se débarrasser de cette gouvernance mafieuse, autocratique, ruineuse pour le pays, ses hommes et sa jeunesse. La nécessité d’une Assise nationale, des Etats généraux est devenue alors une urgence.
            A ce propos, le PCB salue toutes les organisations démocratiques et patriotiques, le Front pour le Sursaut Patriotique et ses démembrements qui œuvrent pour ces assises. Le PCB salue toutes les autres organisations et personnalités, qui rejoignent le combat pour cet objectif salutaire. Le peuple qui a rejeté la recolonisation et choisi Talon est capable de se défaire de sa gouvernance mafieuse. Le peuple qui a vaincu le pouvoir  de Mathieu Kérékou-Prpb est toujours là, débout et capable de se défaire du pouvoir autocratique, clanique et mafieux de  Patrice Talon.
            Et l’actualité, en Afrique et tout près de nous au Togo, montre l’invincibilité des peuples. Les jeunesses d’Afrique se lèvent contre les bases posées depuis des décennies contre la souveraineté des pays africains de la zone franc. La lutte contre le franc cfa, ce socle du pacte colonial, cette monnaie de servitude au profit de l’impérialisme français, fait rage. Une révolution est en œuvre contre le néocolonialisme. Et les actes arbitraires de répression contre l’activiste Kémi Seba ne font que dénoter le désarroi des autorités françaises et le servilisme des dirigeants pro-impérialistes de nos pays. La tutelle coloniale sur les réserves de pays souverains est inacceptable. L’économie du Bénin est plus intégrée à celle de Nigéria qu’à celle de l’Allemagne et de la France. L’Economie du Togo est plus intégrée à celle du Ghana qu’à celle de l’Espagne. Alors une monnaie commune favorable au développement de ces pays doit intégrer le Nigéria et le Ghana, et servir ces pays. Le PCB salue le combat contre le franc Cfa, fustige le silence du pouvoir de Talon dans ce combat pour la souveraineté de nos Etats.
            Au Togo, la dictature dynastique, vieille d’un demi-siècle est secouée par le soulèvement du peuple togolais. Ni les assassinats, ni la répression sauvage n’arrêtent les combattants qui exigent la fin de la dynastie au pouvoir. Le PCB salue le peuple togolais, soutient son combat pour la démocratie et contre la dynastie qui cherche par tous les moyens à se maintenir. La  lutte du peuple togolais encourage tous les combattants pour une Afrique libre, souveraine, démocratique.
            Notre peuple aussi a mené avec acharnement, ce combat pour le recul de l’autocratie et la conquête des libertés formelles ; mais les souches de l’asservissement par les dictatures ne sont pas encore déracinées. Le contrôle de la gestion du bien public par les travailleurs et les citoyens n’a pu s’établir. L’élection et la révocabilité des responsables, seule alternative pour la bonne gestion du bien public, n’est pas encore érigée en loi. Alors, les dictatures repoussent, entretenues et encouragées par le pacte colonial qui perdure, la FrançAfrique toujours présente. L’abîme dans lequel le pouvoir de Talon jette notre pays fait mieux voir que l’œuvre de démocratisation de notre pays, n’est pas achevée ; que l’impunité ne peut être combattue que par un gouvernement patriotique et de probité. Les luttes actuelles en Afrique, celles qui se déroulent dans notre pays en particulier contre le pouvoir de Patrice TALON indiquent qu’il nous faut une autre gouvernance au Bénin. Or ? seul le peuple rassemblé en une grande Assise Nationale peut en décider les contours. Voilà pourquoi le Parti Communiste du Bénin appelle le peuple à intensifier ses combats partout dans le pays pour préparer les conditions pour une réunion rapide des Etats Généraux du peuple.
                                                                                              Cotonou, le 13 septembre 2017
                                                                                              Le Bureau Politique du PCB

mardi 11 décembre 2012

Relais de l'information culturelle ouest-africaine

Cultures en ligne pour combler un déficit dangereux 


Le Complexe culturel artistique et polyvalent (Ccap13) de Cotonou, sis quartier Akpapa, était très animé le samedi 8 décembre 2012 en début de soirée. A l'actif de Koffi Attédé, Directeur des ''Editions Plurielles'', s'est déroulé le lancement officiel du Projet ''Cultures en ligne'', destiné à diffuser l'information culturelle ouest-africaine. Plusieurs personnalités du monde de la culture et des journalistes spécialistes du traitement de l'information dans ce domaine étaient présents à la cérémonie qui a permis d'assister à des manifestations artistiques.


Un aperçu de page de www.bénincultures.com

Le concept Cultures en lignes, financé par l'Organisation internationale de la francophonie et, porté sur les fonts baptismaux, le samedi 8 décembre 2012, au Complexe culturel artistique et polyvalent (Ccap13) d'Akpakpa, symbolise une vision de mise en ligne progressive des manifestations culturelles en provenance de huit pays francophones de l'Afrique de l'Ouest. Il se comprend donc comme une "plateforme virtuelle francophone ouest-africaine de diffusion de l'information culturelle". Mais, pour un début, le Togo, le Niger et le Bénin sont ceux qui auront l'opportunité de voir partager sur Internet les réalités culturelles profondes qui émanent d'eux. Ainsi, trois sites web représentent respectivement ceux-ci : www.arts-togo.com, www.fofomag.com et www.benincultures.com. A partir d'eux, l'internaute pourra découvrir les activités intrinsèques de la culture africaine, en réalité, mal relayée et victime de préjugés visant à limiter la portée et la force de sa richesse.

Koffi Attédé, lors de la cérémonie de lancement de ''Cultures en ligne''

Ceci reste le constat de Koffi Attédé, Directeur des Editions plurielles, structure porteur du Projet. A en croire cette personnalité, il a démarré depuis mai 2011 et est prévu pour s'achever courant mars 2013. Dans son sillage, vu qu'il n'exploitera que le numérique, il a permis plusieurs acquis, entre autres, la formation d'à peu près 90 jeunes, acteurs et journalistes culturels, de 18 à 35 ans, sur les contours d'Internet, les méthodes journalistiques et sur la pratique de la critique d'art, la conception, la réalisation et la distribution à ceux-ci d'un DVD Rom multimédia interactif d'initiation aux logiciels libres et à Internet, l'édition et la distribution, toujours à ces jeunes, d'un ouvrage didactique d'initiation à plusieurs logiciels libres, le processus de la mise en réseau des trois sites Internet partenaires, la dotation des associations partenaires d'équipements informatiques et numériques. Par ailleurs, de manière précise, les objectifs que s'imposent d'atteindre le promoteur Attédé et son équipe restent l'achèvement du processus de mise en réseau des sites Internet partenaires, la réalisation d'actions de leur visibilité et le renforcement de leur animation. 

Pour des retombées insoupçonnées


Concernant une cérémonie de lancement de Cultures en ligne, riche en prestations artistiques et pour laquelle, notamment, Honoré Mègbémado et Nicolas Ago, représentant respectivement l'Organisation internationale de la Francophonie et le Ministère de la Culture, ont pris la parole, il s'est posé la préoccupation de la pérennisation de cette initiative salutaire, au-delà de la période de déroulement du Projet. Il faudrait donc réussir le pari de la durée dans le temps du processus mis en route, surtout que, sans en donner l'air, il emploie un nombre non négligeable de jeunes.

Marcel Kpogodo