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lundi 13 décembre 2010

Politique au Bénin

Situation en Côte d’Ivoire

Que pense Bruno Amoussou du hold-up de Gbagbo ?

Président de l’Union fait la nation (Un) mais, avant tout, celui du Parti social démocrate (Psd), Bruno Amoussou est membre de l’International socialiste, au même titre que le Front populaire ivoirien (Fpi) de Laurent Gbagbo. Le Parti socialiste (Ps) français qui est également membre de cette union qui regroupe les partis politiques d’obédience socialiste, s’est prononcé officiellement en faveur de la position de la communauté internationale. Proche de Laurent Gbagbo ou, tout au moins, sur le plan idéologique, Bruno Amoussou s’est muré dans un silence lourd de sens au sujet du contexte sociopolitique actuel en Côte d’Ivoire.

Au mois de juin 2008, le Bénin a abrité le sommet de la Cen-Sad. Boni Yayi, hôte de la rencontre, accueille ses homologues à l’aéroport de Cotonou. A l’arrivée de l’avion présidentiel ivoirien duquel on attendait que ce soit Laurent Gbagbo qui en sorte le premier, c’est Bruno Amoussou, tout sourire, qui pointe son nez, suivi, quelques instants plus tard, par celui que Boni Yayi attendait. Ce fait a provoqué beaucoup de commentaires à l’époque. Mais, cela en disait long sur la proximité entre les deux hommes que sont Bruno Amoussou et Laurent Gbagbo, le second ayant permis au premier de bousculer le protocole d’usage. Quoi qu’il en soit, Bruno Amoussou ne s’est pas encore prononcé sur la situation actuelle en Côte d’Ivoire. L’Union fait la nation (Un), dont il est l’un des ténors, accuse le pouvoir actuel de vouloir verrouiller tout le dispositif qui sera mis en place pour l’échéance électorale de mars 2011. Et, lors d’un point de presse, tenu le 06 décembre dernier, Janvier Yahouédéhou, l’un des lièvres de l’opposition, laissait entendre que le Bénin courait le risque d’avoir à l’avenir deux ou trois présidents, si on ne prenait pas garde de veiller à une bonne organisation du prochain scrutin présidentiel qui est en ligne de mire. Le diable étant dans les détails, certaines analyses perfides pourraient déduire du silence actuel d’Amoussou, un consentement tacite aux manœuvres de Gbagbo pour garder le pouvoir. L’Un fait partie du Front pour la défense de la démocratie (Fdd), un regroupement qui professe de défendre la démocratie béninoise qui serait en danger. Le Fdd peut aussi valablement prétendre à une vocation sous-régionale, car des initiatives du même type sont notées dans d’autres pays de lasous-région ouest-africaine. Amoussou a plus qu’intérêt à se prononcer, car il n’est pas tenu à une certaine obligation de réserve, comme le Gouvernement béninois. Même si comparaison, n’est pas raison, la victoire de Ouattara peut résolument inciter l’Un à décupler davantage ses forces pour la bataille politique de 2011. Ouattara ayant réussi à renverser la vapeur, de même que tous les pronostics qui le donnaient perdant face à Gbagbo, sa victoire a aussi sonné, comme une piqure de rappel au camp yayiste, la réélection de Boni Yayi n’étant pas acquise et, ce, malgré tout ce qui est dit, ici et là.

Bernado Houenoussi

vendredi 3 décembre 2010

Politique au Bénin

Boni Yayi, Président du Bénin



Après la proclamation de la victoire d’Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire



Panique dans le camp Yayi




Le verdict des urnes est tombé en Côte d’Ivoire, depuis hier. Alassane Dramane Ouattara a été déclaré vainqueur du second tour des élections présidentielles ivoiriennes, avec 54,1%, par la Commission électorale indépendante. Contre toute attente, ce résultat a produit un certain branle-bas dans le microcosme politique béninois, version mouvance présidentielle. Dans le camp du Président de la République, on craint un effet de contagion pour les consultations présidentielles de mars 2011.




Si la victoire d’Alassane Dramane Ouattara crée la panique au Bénin, c’est à cause des conditions dans lesquelles ce candidat a, en fin de compte, été déclaré vainqueur. Le chemin a été semé d’embûches mais, finalement, celui qui sera intronisé Président de la République lorsque le Conseil constitutionnel ivoirien va lever sa réserve, a dû, en dernier ressort, contracter une alliance de poids avec son ancien irréductible ennemi politique, Henri Konan Bédié. Ceci l’a crédité d’un pourcentage de 57%, si l’on fusionne ce qu’Ado a pu obtenir au premier tour au score de l’Ancien Chef d’Etat et Dauphin d’Houphouët-Boigny. Ainsi, le report des voix a produit son effet et, Gbagbo a eu beau se débattre, il a été contrecarré par cette alliance houphouëttiste. Et, c’est justement ce qui inquiète le camp politique du Docteur Boni Yayi. Harcelé politiquement depuis plusieurs mois par le bloc L’Union fait la nation (Un) qui, à coups de marches très populaires, avec à leur tête les leaders phares du Groupe, contribuent à écorner l’image du régime du Changement, affaibli par un certain nombre d’affaires non encore complètement réglées jusqu’à maintenant, le Président de la République se doute bien que sa cote de popularité n’est plus d’un niveau si reluisant.



Tout se corse …


Pour tout compliquer, la candidature plus que jamais certaine d’Abdoulaye Bio Tchané ruine les espoirs du Chef de l’Etat de se taper la grande exclusivité des voix du Nord Bénin. Alors, de plus en plus, il se murmure que l’Union fait la nation et le bloc Abt vont coordonner leurs efforts électoraux, en cas de situation stratégique d’arbitrage, pour booter hors de la Marine Boni Yayi. Et, les résultats proclamés hier en Côte d’Ivoire ne viennent que rappeler au 1er des Béninois l’épée de Damoclès qui pèse sur sa tête, celle de la chute démocratique de son régime, au lendemain des élections présidentielles de mars 2011, sauf en cas de circonstances exceptionnelles. Ainsi, les nouvelles qui nous parviennent des milieux proches du Président Boni Yayi laissent croire qu’à l’heure actuelle, on se pose la question de savoir s’il faut prendre les dispositions, dès maintenant, pour se libérer dès avril prochain des affaires publiques, ou fourbir des armes d’espérance pour que des solutions providentielles aident à retourner les choses en sa faveur. Wait and see !



Marcel Kpogodo