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mercredi 1 décembre 2010

Jeunesse et politique au Bénin

L’électorat des jeunes

L’une des clés qui déterminera l’issue du double scrutin prévu pour mars 2011 au Bénin, se trouve au niveau des jeunes. Sur les 8 millions d’habitants que compte le pays, plus de la moitié a moins de 30 ans. C’est dans cette optique que tous les blocs politiques en compétition pour cette course électorale de longue haleine, s’évertuent à la chouchouter par tous les moyens. Du côté de la mouvance présidentielle, il y a, notamment, les jeunes turcs de la République et les jeunes patriotes. Du côté de l’Union fait la nation (Un), c’est également la même dynamique. Preuve en est du meeting politique, dénommé « Camp des jeunes ambassadeurs », organisé le week-end dernier sur la plage de Cotonou. Alors, au-delà de ces manifestations grand public, il est une fois encore posé la question de la vision qu’ont les hommes politiques béninois pour la jeunesse du pays. Les discours de circonstance sont des strapontins qui ne trompent plus grand monde. Le fait de mettre des personnalités prétendues jeunes à des postes dits de responsabilités, est une carte qui n’a plus les attributs d’un bon joker. Dans un pays où les lendemains se révèlent plus incertains qu’avant, les hommes politiques s’érigent, tous autant qu’ils sont, en défenseurs de la jeunesse. Et, pour la circonstance, ces jeunes qui sont mis en avant pour vilipender le camp d’en face ne sont juste que des marionnettes. Au mieux, si l’objectif politique qui est celui de la victoire est atteint, le jeune en question est nommé quelque part, en guise de récompense. Au pire pour lui, ceux qui lui faisaient naguère une cour assidue auront tôt fait de le ranger aux placards de l’histoire. Aujourd’hui, le nombre de jeunes diplômés grossit de jour en jour, et ceux qui n’ont pas le piston parental pour un emploi se retrouvent sur le carreau. L’école béninoise fabrique, depuis des décennies, des apprenants moulus dans un système éducatif complètement carbonisé et qui a besoin qu’on lui donne un second souffle. Mais, malgré cela, à la fin de chaque année scolaire, c’est la même rengaine des résultats aux différents examens et des soutenances pour tel ou tel autre diplôme de l’enseignement supérieur. On va droit dans le mur, mais personne ne prend vraiment conscience du danger qui guette et qui est déjà à nos portes. A cela viennent se gangréner ces jeunes, apprentis sorciers de la paresse, qui ont trouvé dans l’arnaque sur internet, un débouché pour se faire de l’argent et se donner un statut social de lugubre nom. Un renversement des valeurs qui a touché le fond dans nos centres d’instruction, ces arnaqueurs n’hésitant pas à narguer leurs professeurs, en prétendant être capables de leur payer le salaire qu’ils gagneront durant toute une année. Ces voyous du net œuvrent impunément chaque jour dans les cybercafés de la ville de Cotonou. Et, même les autres grandes agglomérations du pays en sont touchées. Alors, dans une société en manque de repères, c’est la boîte de Pandore qui est ouverte à toutes les dérives, sans que personne ne puisse lever le petit doigt pour dire stop. Ceux qui nous dirigent sont loin de la vertu et ne donnent pas l’exemple qu’il faut. Ils se chamaillent, juste pour des intérêts politiques en monnaie sonnante et trébuchante, pendant que la majorité du peuple croupit dans une misère sans fin. La société béninoise ne fabrique plus beaucoup de modèles auxquels elle peut valablement s’identifier. Ou ces modèles en question se sont fait distancer par ces mauvais exemples qui proposent une vision de l’instantané sans se soucier nullement de l’avenir. L’heure est grave et, la perspective des prochaines échéances est une formidable opportunité pour mettre sur la table toutes les questions qui demandent plus que jamais une solution concrète qui soit solide et digne du nom. Mais, avec ce qui se passe depuis que la campagne électorale précoce a commencé, tous les hommes politiques sont déjà à côté de la plaque. Un autre acte manqué de plus.

(Chronique parue dans le Journal Le Mutateur, paraissant à Cotonou)

Bernado Houenoussi

mercredi 10 novembre 2010

Affaire Simon Pierre Adovèlandé

Gestion de l'Affaire "Adovèlandé"



Une politisation de plus



Suite à la libération, vendredi 05 novembre dernier, de l’ancien Coordonnateur du Millenium challenge account-Bénin, Simon Pierre Adovèlandé, le communiqué du Ministère de la Justice est clair, en ce qui concerne les chefs d’accusation : « Défaut de libération de parts sociales, abus de biens sociaux, défaut de déclaration de cessation de paiement, faux en écriture de commerce, détournement de deniers publics, ... etc. ». Ceci signifie que, loin d’un emprisonnement purement politique, Simon Pierre Adovèlandé se trouve avoir de nombreuses choses à clarifier avec la Justice béninoise. Malheureusement, à l’instar de l’Affaire ’’Sonacop’’ avec l’Honorable Séfou fagbohoun, la ’’Sbee’’ impliquant Kamarou Fassassi, celle ’’Lépi’’ concernant Alain Adihou, nous avons des personnalités qui, à un moment donné de leur évolution professionnelle ou politique, se sont compromis mais qui, à la faveur de la ’’politisation’’ ambiante, ont tôt fait de se voir métamorphosés en des anges et en des martyrs qui seraient sous la vindicte du Régime du Changement, compte tenu de leur appartenance à l’Opposition. Dans le cas d’espèce, Simon Pierre Adovèlandé, malgré la gestion scabreuse du dossier des logements sociaux par l’entreprise dont il était le Président du Conseil d’administration, la Gbb, il se trouve en quelque sorte comme un saint qui gérait paisiblement ses honorables affaires du Mca quand il s’est mis à être persécuté par le pouvoir en place pour avoir laissé entendre, dit-on, au cours de ses tournées dans le Bénin profond, qu’il ne lui déplairait pas de se faire candidat aux élections présidentielles de 2011. Et, c’est parti pour des supputations et des invectives, des pétitions sur le net pour le faire libérer, comme s’il avait été un prisonnier politique. Le Bénin ! Finalement, on ne s’est plus dans quel pays l’on est ! L’un de ceux où les cadres passent le temps à vouloir une chose et son contraire !



Marcel Kpogodo

mardi 20 avril 2010

Lépi au Bénin

MESSAGE DE L’UNION FAIT LA NATION AU SUJET DE LA LEPI


Béninoises et Béninois, chers compatriotes,
Notre pays a opté pour la réalisation d’une Liste Electorale Permanente Informatisée (LEPI) en vue de la modernisation de notre système électoral et pour imposer plus de transparence dans les élections. Une telle démarche nous est apparue indispensable pour la paix dans notre pays et la consolidation de notre système démocratique, c’est pourquoi l’UNION FAIT LA NATION en a fait son cheval de bataille.

C’est donc avec beaucoup d’espoir que nous avons voté la loi 2009-10 du 13 mai 2009 et pris part au démarrage de la réalisation de la LEPI. Malheureusement, il est apparu très vite que le gouvernement FCBE, usant et abusant de la majorité qu’il s’est constitué au sein de la Commission Politique de Supervision de la LEPI, a pesé sans retenue sur le recrutement des experts de la MIRENA, allant jusqu’à retarder de plusieurs mois la désignation du spécialiste des questions électorales, pour n’avoir à ce poste qu’une personnalité qui lui est sensiblement proche.

Les conséquences d’une telle situation ont rejailli immédiatement sur la mise en œuvre du processus qui a démarré par la cartographie censitaire mal conduite aboutissant ainsi à :

1. Des cas de non dénombrement des ménages ;

2. Des cas de dénombrement fantaisiste de ménages,

3. Des cas d’agglomérations entières non cartographiées,

4. Des créations ou disparitions de villages ou quartiers de villes,

- 477 villages et quartiers de villes au lieu de 311 dans le département de Borgou ;

- 355 villages et quartiers de villes au lieu de 380 dans le département de l’Atacora ;

- Des populations de 8 ans et plus supérieure à la population totale estimée à la même période dans le département du Plateau,

5. Délimitation imprécise de plusieurs localités et bases de données des villages et quartiers de villes non stables ;

6. De mauvaises prises des coordonnées GPS de certaines localités, ainsi, le 1er arrondissement de Porto-Novo se retrouve dans la commune de Adjarra.

Tenant compte de ces insuffisances avérées, l’ensemble des forces politiques, lors de la rencontre avec le Chef de l’Etat, a demandé expressément que ces imperfections qui entachent le processus soient corrigées et validées avant d’entamer une phase ultérieure. L’UNION FAIT LA NATION l’a également signifié clairement le mercredi 14 avril 2010 au Superviseur Général de la CPS-LEPI au cours de leur rencontre tenue au siège de l’UNION.

L’UNION FAIT LA NATION observe que :

- Malgré les carences inconcevables soulignées par la Mission Indépendante du Recensement National Approfondi (MIRENA) dans son rapport d’évaluation à mi-parcours confirmées par le Groupe de travail constitué par le Chef de l’Etat à l’issue de la rencontre d’échanges du 9 mars 2010 ;

- Malgré la démission de quatre députés représentant les tendances non FCBE à la CPS-LEPI ;

- Malgré les départs préoccupants de plusieurs grands experts chargés d’apprécier de façon objective et impartiale les opérations techniques entrant dans le cadre de la réalisation de la LEPI,
- Malgré la destitution non expliquée du premier Président de la MIRENA la démission tout aussi inexpliquée du premier Superviseur Général de la CPS/ LEPI,

- Malgré la déclaration de la société civile datée du 14 avril 2010 qui observe « Que le groupe de travail mis en place par le Chef de l’Etat a rendu public son rapport le 26 mars 2010 et a fait des recommandations qui constituent désormais des pistes / facteurs de décrispation du climat politique et de mise en confiance des acteurs pour une LEPI consensuelle » ;

Béninoises et Béninois, chers compatriotes,

En dépit de tout ce qui précède,

L’UNION FAIT LA NATION constate que la marche forcée pour réaliser une LEPI monocolore se poursuit sans désemparer, sans tenir compte des recommandations faites au Groupe de travail à l’issue de la séance du 6 avril 2010 pour opérationnaliser les conclusions de ses travaux. Il apparaît donc ainsi très clairement qu’il s’agit de nous imposer non pas la LEPI que nous appelons de nos vœux, mais un outil de fraude et de tricherie programmées pour gagner les élections en 2011.

Par ailleurs, l’UNION FAIT LA NATION apprend de sources dignes de foi et confirmées par les membres des CCS que le Superviseur Général de la CPS s’apprête à lancer, de force et dans la confusion la plus totale dès demain, lundi 19 avril 2010 ou dans les tous prochains jours le recensement porte à porte sans le concours de la MIRENA pourtant chargée par la loi de la réalisation technique de la LEPI. L’UNION FAIT LA NATION ne s’y associera pas, prend le peuple béninois à témoin et réaffirme que toute continuation du processus dans ces conditions est un crime contre la démocratie, la paix et la stabilité dans notre pays.

L’UNION FAIT LA NATION en appelle aux Partenaires Techniques et Financiers afin que leur aide serve effectivement la paix, la démocratie et la stabilité. Car, il apparaît de plus en plus clairement au niveau de bon nombre de béninois, en particulier dans les couches populaires que la poursuite du financement du RENA et de la LEPI dans les conditions ci-dessus évoquées, ne sert ni les intérêts du Bénin, ni celle de la paix qui sont pourtant les objectifs de la coopération internationale.

L’UNION FAIT LA NATION tiendra le Gouvernement du Président YAYI BONI responsable de toutes les conséquences qui découleraient de son entêtement à imposer au peuple béninois un instrument de fraudes programmé pour les élections de 2011.

L’UNION FAIT LA NATION et le peuple béninois s’opposeront par tous les moyens à la supercherie.

VIVE LA DEMOCRATIE VIVE LE BENIN

COTONOU LE 17 AVRIL 2010

samedi 10 avril 2010

Choux gras - Rubrique du Journal Le Mutateur

Choux Gras

Visa Bénin- Gabon

Lors de la visite, en début de semaine, du Président gabonais dans notre pays, il a été signé entre les deux Etats un accord qui dispense de visa les détenteurs d'un passeport de service et ceux en mission officielle voyageant entre les deux pays. Et les citoyens ordinaires dans tout cela ? Ils doivent toujours se taper cette formalité car aucun des deux pays n'a envie d'accueillir une horde de clandestins qui auraient profité d'une telle mesure. Comme quoi l'immigration choisie inspire aussi nos dirigeants. Vive le panafricanisme !

Drôle de calendrier

Il circule des calendriers à l'effigie du chef de l'Etat actuel. Une remarque tient au fait que ceci couvre la période d'octobre 2009 à fin mars 2011. La logique veut qu'il soit étendu à une période plus longue, puisque tout est fait pour que le président rempile en 2011. Mais, comme il a dit qu'il n'était pas candidat à quelque chose en 2011 et que son mandat s'achève à la fin du mois de mars 2011, on saisit mieux.

Energie renouvelable

Le ministre chargé de l'énergie a prononcé cette semaine un discours dans le cadre de la journée des énergies renouvelables. En ces temps de coupures intempestives du courant, il est à espérer que ce n'est pas l'astuce trouvé pour résoudre ce récurrent problème. L'énergie solaire est une des variantes des énergies renouvelables. Et, comme il y a une canicule actuellement, c'est peut-être une manière pour montrer aux populations que le soleil peut être utile pour pallier le délestage.

Loi abrogative

Les députés de l'opposition parlementaire se sont échinés pour préparer leur propre sauce au sujet de la Lépi en rejetant par la même occasion celle que le gouvernement leur a proposé. Ils ne voulaient pas y goutter. Voilà que la cour constitutionnelle les y oblige maintenant. Espérons vivement qu'ils n'auront pas une indigestion en y gouttant.

Guinée Bissau

Les militaires de Guinée- Bissau se sont fait taper sur les doigts par une mission de la communauté internationale à cause du coup d'Etat original qu'ils ont opéré récemment. Les membres de cette mission ont intérêt à vite quitter le territoire de ce pays à cause d'un putsch éventuel. Ces militaires-là, rien ne les arrête maintenant et cette nouvelle manœuvre subversive peut aller loin. Suivez mon regard. New-York et Addis Abeba en ligne de mire.

Terre blanche

C'est le patronyme de cet homme politique sud-africain blanc qui était mû par l'idée de faire de la nation arc-en-ciel une terre blanche et de lui donner son nom. Et, comme l'appétit vient en mangeant, il aurait joué des pieds et des mains pour être le président de cette terre blanche. Cela aurait donné Eugène Terre Blanche, président de la terre blanche. Mais, mal lui en a pris car il a été assassiné. Il reposera donc bientôt dans la terre noire sud-africaine.

Statue de la renaissance africaine

Cette statue représentant un homme et une femme dont la hauteur dépasse celle de la statue de la liberté s'offre aux yeux des habitants de Dakar pour l'éternité, depuis quelques jours. Comme tout grand monument, il sera visité. Et, dites-vous bien que 30% des fonds qui seront récoltés lors des visites du public reviendront au Président sénégalais, Abdoulaye Wade. On n'est jamais mieux servi que par soi-même. Et puis, c'est la preuve que son excellence a été plus maline que François Mitterrand et Jacques Chirac qui, au cours de leurs présidences, ont permis la mise en place du musée du Louvre, pour le premier, et celle du Quai Branly, pour le second, mais n'ont pas fait le nécessaire pour ce que vous savez.

Camp militaire français

Le 04 avril dernier, lors du 50ème anniversaire de l'indépendance de son pays, Abdoulaye Wade déclare que son pays reprend possession à minuit des camps militaires qui ont été concédés à la France depuis plusieurs décennies. C'était un secret de polichinelle qui évidemment n'en était pas un pour le président.

Bernado Houènoussi

jeudi 8 avril 2010

Bilan de 4 ans de Boni Yayi

Eugène Azatassou, Coordonnateur de l'Alliance Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe)

Bilan des quatre années de Boni Yayi au pouvoir






Eugène Azatassou soutient le Changement





Le mandat du Président de la République, Boni Yayi, tire à sa fin. Ainsi, dans le cadre du bilan de son action après quatre années d’exercice, le Coordonnateur de l’Alliance des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), Eugène Azatassou a accepté, de nous confier ses analyses sur les résultats de cette période de gestion du pouvoir.





Journal Le Mutateur : Monsieur le Coordonnateur des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), ce jour 06 avril est la commémoration de la 4ème année au pouvoir duPrésident de la République. En

quatre ans, est-ce que vous pensez qu’il y a eu une certaine évolution au niveau du Bénin ?







Eugène Azatassou : En quatre ans, il y a eu une évolution indéniable et, ça, tout le monde le sent, tout le monde le sait, tout le monde le voit. Il y a une évolution dans tous les domaines. Si l’on prend le domaine économique, on sent bien qu’il y a eu beaucoup d’investissements faits, notamment dans l’agriculture, la question de la mécanisation de l’agriculture ; il y a eu beaucoup d’investissements sur le coton. Les investissements continuent ; il est vrai, là, les problèmes sont très profonds et, il faudra encore beaucoup d’efforts pour sortir le coton de l’ornière. Mais, on a vu qu’au niveau des produits vivriers, nous avons des céréales, ça a pris très bien. Et, il y a au domaine économique, les infrastructures qui se développent, les infrastructures sont nettement visibles à Cotonou mais, c’est un peu partout comme ça que cela se passe : les routes, les ponts, les routes goudronnées, les pistes et tout ça. C’est vrai que beaucoup de choses restent encore à faire dans beaucoup de régions et ça donne l’impression que ce qui est fait a une portée limitée mais personne ne peut dire sérieusement que rien n’a été fait.



Lorsqu’on prend le micro-crédit aux plus pauvres, ça a un aspect social, mais ça a un aspect économique important, puisque ça permet aux femmes d’entrer petitement, c’est vrai, mais d’entrer quand même dans le processus de production ; le micro-crédit permet aux femmes les plus pauvres de s’activer et de produire par elles-mêmes, c’est extrêmement important.



En dehors de ça, dans le domaine social, on a noté des avancées : les différentes gratuités, que ce soit dans l’enseignement, que ce soit la césarienne, les différents investissements au niveau de l’école, au niveau de la santé, sont là et notables, distribués sur toute l’étendue du territoire.



Toujours dans le domaine social, les salaires des travailleurs ont été revus à la hausse, notamment les salaires les plus bas. La situation des enseignants de tous ordres a été améliorée. Donc, il y a eu beaucoup d’avancées à ce niveau-là aussi.



Si on prend au plan politique, là encore, on a noté le fait que la démocratie est bien en place, parce que l’Opposition a un statut qu’elle peut utiliser à loisir, même si elle ne l’utilise pas, et ça, ce n’est pas la faute au Gouvernement. Les libertés fondamentales sont respectées, disons la liberté de presse ; si on voit tous les titres contre le Gouvernement et contre le Chef de l’Etat dans la presse écrite et dans la presse audiovisuelle, on ne peut pas dire qu’il n’y a pas de liberté de presse. Si ce sont les médias publics, il y a beaucoup de critiques à ce niveau ; toujours est-il que lorsque des gens organisent des événements et veulent les faire passer sur les médias publics, je crois qu’il n’y a pas d’opposition fondamentale à cela. Et puis, il y a la Haac qui joue son rôle de régulation ; on a vu à travers ses différentes décisions qu’elle n’est pas partiale, elle frappe dans tous les sens. Je me rappelle que l’Ortb a été sommée de diffuser une émission de Me Adrien Houngbédji, c’est Me Adrien Houngbédji qui n’est pas venu. Par conséquent, on ne peut pas dire qu’il n’y a pas de liberté de presse au Bénin.



On a parlé souvent des interdictions de marches, à gauche, à droite, pour parler de liberté d’expression. En fait, il n’y a aucun pays au monde où l’autorité administrative ne détient pas la capacité de juger si une manifestation peut conduire aux troubles à l’ordre public ou pas ; ce serait un pays d’anarchie. Donc, l’autorité dispose de cela, et l’autorité peut en user quand les informations lui permettent de penser qu’il y aura trouble à l’ordre public. Il suffit que les différentes autorités concernées n’abusent pas de cela. C’est vrai qu’il y a eu des interdictions de marche, mais il y a eu des marches et, l’opposition ne peut pas dire qu’elle n’a pas marché, elle a marché, elle est allée, elle est venue, sous le soleil et tout, donc, il n’y a pas eu d’entraves aux marches de l’Opposition, quand on a compris que ça ne pouvait pas conduire aux troubles à l’ordre public. Donc, là encore, je ne vois vraiment pas de problème.



L’autre problème, au plan politique, ce sont les prétendues atteintes à la liberté. Disons qu’on se souvient que l’Opposition a recherché fébrilement un prisonnier politique, parce que, pour renverser un pouvoir, surtout au Bénin, on sait qu’il faut trouver des atteintes aux libertés, des atteintes à la démocratie, il faut trouver des prisonniers d’opinion, parce qu’on sait que le Béninois est extrêmement sensible à cela. Donc, on a inventé même des situations, on a le cas d’Amégnissè, on a vu ce que ça a donné, c’était un pur montage ; on a vu le cas du Maire de Dangbo où on a marché, on a projeté des marches, mais, dès que le Procureur de la République a fait sa sortie, tout le monde est parti s’asseoir sans demander son reste. Donc, là non plus, il n’y a eu aucun problème. On ne peut pas dire que la démocratie n’est pas en marche au Bénin.



Il y a eu les élections et l’installation des conseils communaux issus des élections de mars 2008 ; ça a donné lieu à des gorges chaudes et à des écrits, pour montrer que la loi n’était pas respectée, etc. Mais, on a vu que ces élections étaient une catastrophe, une catastrophe organisée par une Cena proche de l’Opposition, et que la victoire des peuples a été carrément volée par endroits. Donc, ce qui était demandé au pouvoir, c’est d’installer les conseils issus du vol de la victoire des peuples, en marchant éventuellement sur des cadavres, en sortant les chars d’assaut ; le pouvoir a montré qu’il faut procéder plutôt par la persuasion pour discuter avec les populations au lieu de les massacrer, parce que, si on les avait massacrées, nos amis auraient été les premiers à trouver que le Gouvernement est sanguinaire, est barbare, etc. Donc, on a procédé par la persuasion et vous voyez, les conseils sont installés. En passant, il faut dire ces élections ont montré la limite de notre processus électoral. C’est pour cela que le Chef de l’Etat a autant insisté sur la réalisation de la lépi. On voit bien qui est contre la lépi ! C’est clair que le processus électoral que nous avons ne peut pas continuer. Supposez un instant que ce soient les élections législatives ou présidentielles qui soient dans le même sort et que la Cour constitutionnelle ou la Cour suprême soit obligée de gérer et de faire reprendre deux bonnes années après. Qu’est-ce que ça aurait donné comme atteintes à la paix sociale ? Donc, pour ne pas en arriver là, il faut au moins régler le premier maillon de la fraude qu’est la liste électorale. C’est pour ça que le Chef de l’Etat insiste tant. Par contre, on a vu que les gens préfèrent allègrement revenir à la liste manuelle, la liste où les morts peuvent voter, où les mineurs peuvent voter, où les étrangers peuvent voter ; c’est ça qui les intéresse mieux. A quelles fins ? Vous leur tendrez votre micro pour qu’ils puissent vous le dire, mais, nous, on trouve que c’est inadmissible et qu’on ne peut pas jouer comme ça avec notre destin, le destin d’un peuple pacifique. Voilà, je pense qu’au plan politique, si on fait le tour, en réalité, il n’y a pas d’atteintes à la démocratie. Au plan politique, il y a des avancées, il y aura encore davantage d’avancées, si on met moins d’entraves à l’action du Chef de l’Etat ; les institutions fonctionnent, les institutions fonctionnent correctement. De temps en temps, le Parlement est bloqué mais ce n’est pas dû au Chef de l’Etat. On accuse le Chef de l’Etat d’avoir la mainmise sur certaines institutions. En fait, c’est des gens qui veulent contrôler les institutions et qui n’y parviennent pas qui le disent. Nous, on a trop de respect pour les personnalités qui sont les institutions de la République, on sait que c’est des gens qui sont des hommes d’honneur, qui savent se battre pour leurs convictions et qui ne s’exécutent pas comme des moutons. Par conséquent, on ne peut pas dire ça décemment dans notre pays.



Sur le plan de la gouvernance, il y a deux aspects : l’aspect de la corruption, du pillage des deniers publics et l’aspect du régionalisme, qui font couler beaucoup d’encre. En ce qui concerne la corruption, le pillage des ressources, il faut dire que, dans notre pays, la corruption était à l’état endémique et est toujours à l’état endémique. Un phénomène comme celui-là ne se résout pas par quelques mesures, ne se résout pas parce qu’on le veut bien ; il faut prendre des mesures, les exercer et les suivre, et surtout, tenir le bon bout. Le Chef de l’Etat actuel a montré, en réveillant les structures de contrôle, l’Ige (Ndlr : Inspection générale d’Etat), les Igm (Ndlr : Inspection générale des ministères), qu’il veut bien faire le contrôle ; il a montré, dans un cas précis comme l’affaire Cen-sad, qu’il pouvait même se débarrasser de ses collaborateurs et les mettre à la disposition de la manifestation de la vérité ; il n’a pas protégé des gens parce qu’ils sont ses collaborateurs, il leur a dit : « Vous êtes ministres, vous pouvez quitter le portefeuille de ministre et vous présenter comme simples citoyens ». Et, on attend la manifestation de la vérité.



Je crois que beaucoup de gens ne font pas mieux que ça ; j’en veux pour preuve l’affaire du Maire de Dangbo, qui a montré que certains sont contre la corruption quand ce n’est pas leur partisan qui est corrompu. Il y avait des présomptions de détournement qui ont fait que la justice a pris des mesures. Mais, on a marché, on a projeté de remarcher, mais on a compris que c’était un peu trop gros, et c’est pour ça qu’on a arrêté. Donc, ces amis-là sont virulents contre la corruption quand ce n’est pas leur partisan ; je me demande ce que ce sera quand ils seront au pouvoir. C’est un problème Donc, sur ce plan-là, la résurgence des affaires ne doit pas surprendre mais, la façon dont on les traite, c’est ça qu’il faut regarder et, surtout, ce qui reste à faire, c’est la réforme de la justice, pour l’adapter de façon à ce que les affaires, lorsqu’elles apparaissent, que leurs auteurs soient réprimés à la juste mesure de leur forfait.



En ce qui concerne le régionalisme, il y a deux aspects : il y a l’aspect consistant à favoriser une région et celui selon lequel le Nord a trop dirigé. Concernant le premier aspect, tous ceux qui ont une parcelle de pouvoir subissent des pressions qui viennent d’abord de ceux qui sont proches, donc de ceux qui sont dans le même parti, de ceux qui sont dans le même mouvement, de ceux qui sont dans la même région ; c’est d’abord eux qui peuvent faire pression. Les autres qui ne sont pas connus font difficilement pression. Par conséquent, ces pressions, dans un Etat comme le nôtre, on doit y résister et on doit pouvoir faire l’équilibre. Donc, il s’agit de faire le point pour savoir si c’est équilibré ; si ce n’est pas le cas, il faut le faire. Mais, ceux qui font les critiques-là ne sont pas des exemples, ce ne sont pas eux qui peuvent nous donner des leçons en la matière ; ils ont géré par le passé et on a vu que, eux, ils n’ont pas pu du tout résister à ces pression. Quelqu’un a été Premier ministre ici et, en plus de son portefeuille, trois autres ministères ; ça fait quatre : il les a concentrés dans son environnement immédiat, il n’en a même pas donné un à la région, en dehors de son environnement immédiat. Donc, il ne faut pas qu’on nous trompe ; il y en a d’autres, quand ils prennent les ministères, on a l’impression que ce sont les parents et les gens de la même région qui les remplissent. Donc, ça devrait amener les une et les autres à être plus indulgents et à être plus sereins, à ne pas se poster en donneurs de leçons, alors qu’eux-mêmes ne valent pas mieux.



L’autre aspect, c’est : « Le Nord a trop dirigé ; maintenant, il faut que ce soit le Sud ». Moi, ça m’amuse quand ce sont les tombeurs de Soglo en 1996 qui véhiculent ça. Les tombeurs de Soglo. A l’époque, le Président Kérékou avait dirigé dix-huit ans, Maga avait dirigé trois ans d’abord et deux ans ensuite. Si on totalise tout, le Nord avait dirigé longtemps, le Sud très peu. Mais, ils n’ont pas hésité à s’allier au Président Kérékou pour faire tomber le Président Soglo ; ils ne se sont pas demandés si le Président Kérékou était du Nord. En 2001, ils ont réitéré la chose alors que le Président Kérékou venait encore de faire cinq ans de plus. Mais, ça ne leur a pas posé des problèmes ; c’est maintenant quand c’est leur tour de devenir président qu’ils trouvent que le Nord a trop dirigé. Cela veut dire que ces amis politiques ne sont pas régionalistes, il ne faut pas croire ça, non ; ils s’aiment, ils se tiennent à travers toutes les régions du pays mais, c’est quand leur intérêt commande qu’ils peuvent ressusciter les vieilles théories, mettre le pays à feu et à sang, opposer les peuples entre eux, rien que pour gouverner. Le peuple béninois doit combattre ça avec la dernière énergie.



Voilà à peu près ce que je voulais dire par rapport au bilan du Chef de l’Etat, après quatre ans de pouvoir.







Pensez-vous que ce bilan est largement suffisant pour faire réélire le Président Boni Yayi en 2011 ?







Il y a eu beaucoup de chantiers ouverts et, quand je dis chantiers, je ne pense pas aux routes et aux ponts seulement, aux bâtiments, non, je pense à tout, dans tous les domaines. Dans le domaine de la lutte contre la corruption, c’est un chantier, puisqu’il reste des choses à faire, il reste à poursuivre ce qui a été fait. Si vous prenez même les micro-crédits, c’est un chantier, on ne peut pas penser qu’on a distribué 30 mille francs ou 50 mille francs aux femmes et qu’on en reste là. Normalement, celles qui savent s’organiser doivent être poussées plus loin dans le processus de la production. Donc, dans tous les domaines, c’est des chantiers et, on ne peut pas s’attendre à ce que, en cinq ans, un chef d’Etat ait fait tout et très bien. Par conséquent, le bilan est élogieux, à mon avis, mais il montre que c’est des chantiers qui sont ouverts et qu’il vaut mieux que celui qui les a ouverts les achève ; si on amène quelqu’un qui n’est pas responsable de ça, les gens qui trouvent que les choix du Chef de l’Etat sont hasardeux, s’ils ne sont pas concernés par les différentes mesures prises, si vous les amenez et qu’ils arrêtent tout ça, qui sera responsable ? Vous ne leur demanderez pas des comptes, puisque ce n’est pas eux qui les ont entamés. Celui qui les a entamés, s’il ne les achève pas, on a le droit de lui demander des comptes, quand il aura fini et qu’il ne les aura pas poussés jusqu’à un certain point. A moins, celui-là, on peut l’interpeller ; les autres peuvent arrêter allègrement sans qu’on ait le droit de leur demander quoi que ce soit. Par conséquent, je pense que le peuple béninois doit reconduire le Chef de l’Etat actuel, ne serait-ce que pour qu’il finisse ce qu’il a commencé et qu’il mette le Bénin sur l’ornière.







Propos receuillis par Marcel kpogodo

vendredi 2 avril 2010

Augmentation des factures d'électricité au Bénin

Sacca Lafia, Ministre de l'Energie du Bénin




Hausse des factures d’électricité depuis hier 1er avril




La grave insuffisance du plan de Godfroy Tchékété




Le 24 mars dernier, Godfroy Tchékété, Directeur général de la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee), est monté au créneau. Dès lors, les Béninois savent que depuis hier, 1er avril 2010, leur consommation électrique est supplémentairement facturée de 10 francs le kilowatt/heure. Cependant, ce que les citoyens ne savent pas est le maintien des nombreux avantages acquis par les cadres de cette entreprise d’Etat, malgré une atmosphère générale d’austérité financière annoncée par le Dg.




Pour qu’un sacrifice soit facilement accepté, les autorités qui en prennent la décision doivent d’abord le vivre. Mais, à la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee), il n’en est rien. En effet, l’un des avantages dont les cadres de l’entreprise sont amenés à jouir est la dotation de façon cyclique en un nombre donné d’ampères de consommation du courant. Ceci suppose que ceux-ci ont le droit de bénéficier gratuitement d’une certaine quantité d’énergie électrique. Dans un pays comme le Bénin, nos sources permettent de comprendre que des fonctionnaires à divers niveaux de la Sbee ne font pas dans la demi-mesure en ce qui concerne la jouissance de cette opportunité. Ainsi, non seulement leur consommation familiale se trouve allégée au niveau du porte-monnaie, ce qui, naturellement, donne lieu à tous les excès en matière de multiplication d’activités lucratives utilisant le courant à grande échelle et en matière de gaspillage de la part de leurs proches mais, aussi, certains cadres en font profiter leurs différents bureaux hors mariage, qui se trouvent pourvus en compteurs au nom de ceux-ci, ce qui fait jouir à ces femmes de l’exonération, puisque le compteur attribué l’est au nom du cadre de la Sbee. Dans ces conditions, le plus humble citoyen béninois se trouve à payer ce type de consommation. Si ce n’est pas le cas, que le Dg de la Sbee explique au peuple par quel mécanisme les ampères gratuits dont jouissent les cadres à divers niveaux de la Société sont matérialisés dans les comptes de l’entreprise en espèces sonnantes et trébuchantes. Si ces dotations sont prises en compte dans le budget de l’institution, cela revient à déduire que c’est toujours le contribuable qui fait les frais de la consommation gratuite de l’énergie électrique qui appartient à tous. Et c’est là le principal point d’achoppement des mesures de revalorisation des finances de la Sbee sur fond de majoration des factures.



La copie est à revoir




Si le Dg Godfroy Tchékété en est à sa deuxième annonce de hausse du prix du courant devant les professionnels des médias, en considérant que le 02 juillet 2009, il avait procédé à une augmentation de 20% de la consommation des abonnés, il reste à se demander ce qu’il a fait du supplément qu’il a recueilli en près de huit mois de cet exercice de majoration et, par extension, de quelle manière s’est effectuée la contribution apportée par les cadres de la Société. Dans son argumentation très savante et bien réfléchie pour justifier le passage de 98 à 108 F le kilowatt/heure, il n’a mentionné, à aucun moment de son propos, que la situation financière préoccupante de la Sbee les amenait, le Conseil d’administration et lui, à priver tous les cadres de l’entreprise des exonérations de paiement de factures, afin qu’eux aussi participent à ce qu’on peut appeler un effort de guerre pour relever la Société, développer ses capacités en fourniture énergétique et pour lui faire améliorer la qualité de ses prestations tant décriées. Par conséquent, même si les Béninois n’auront pas d’autre choix que d’honorer le coût exorbitant de leurs prochaines factures d’électrique, ayant au-dessus de leur tête l’épée de Damoclès de la coupure, il n’en demeure pas moins que pour eux, la Sbee sera toujours cette structure budgétivore, problématique, dont deux anciens directeurs ont leur mauvaise gestion actuellement couverte par l’immunité parlementaire. Donc, à l’ère du Changement, Godfroy Tchékété et les responsables à divers niveaux de la Société ont l’obligation de montrer patte blanche en renonçant publiquement et dans les faits à tous les privilèges en exonérations de toutes sortes qui leur viennent de l’entreprise. Cela permettra aux consommateurs qui ne sont aucunement actionnaires de la Sbee de faire moins grise mine en payant aux guichets de l’entreprise des factures toujours plus élevées et moins convaincantes, dans des rangs kilométriques défiant ceux du restaurant des universités publiques de notre pays. Et, Sacca Lafia, Ministre de l’Energie et de l’eau, a intérêt à les y contraindre, ne serait-ce que pour sa propre petite crédibilité.




Marcel Kpogodo





COMMUNIQUE DE PRESSE



En décidant d'une deuxième augmentation de 15% après celle de juin 2009 qui elle était de 20%, portant la hausse en moins d'un an à 35%, la Direction Générale et le Conseil d'Administration de la S.B.E.E, viennent de porter un coup dur au pouvoir d'achat des ménages béninois avec à la clé une désinvolture à nulle autre pareille. Tenez ! Comment le consommateur moyen béninois pourra-t-il encore supporter cette charge supplémentaire sans qu'on ne lui ait fait le bilan comptable de la 1ère augmentation d'il y a à peine huit (08) mois. Il est temps que nous consommateurs béninois agissons comme nos frères nigériens, ivoiriens, sénégalais voire français afin de mettre un terme à ces hausses sans précédent. Alors en consommateur libre:



· Nous dénonçons énergiquement une hausse «escroc» et inopportune, car les 400.000 abonnés de la SBEE d'une part, payent souvent leurs factures incomprises et d'autre part, ne sont aucunement actionnaires de la dite société pour qu'on les exhorte à la hussarde à sa recapitalisation.


· Nous interpellons les députés toutes tendances confondues ainsi que tous les syndicats, les ONG, tous les partis et les leaders d'opinions à se joindre à nous pour faire échec à cette augmentation asphyxiante financièrement pour les ménages béninois.


· Nous exigeons, si ladite augmentation arriverait à être effective, la démission immédiate et sans condition aussi bien de l'actuel D.G, que de tous les membres du Conseil d'Administration et surtout en priorité des soi-disant représentants des consommateurs y siégeant sans d'ailleurs notre aval.


· Nous invitons le Gouvernement béninois à sursoir à cette décision en ayant pitié des consommateurs béninois qui ne peuvent plus supporter une nième augmentions après celle de juin 2009, celle des produits pétroliers, celle du ciment et celle de l'eau dans le pays.



AGBO D. Montand



1er Consommateur Libre

Présidentielles au Bénin

Boni Yayi




Médiation entre Gouvernement et enseignants par Pascal Irénée Koupaki



Boni Yayi prépare un dauphin pour 2016



S’il est une personnalité qui fait l’unanimité du côté de la mouvance présidentielle et de l’Opposition, c’est Pascal Irénée Koupaki, Ministre d’Etat chargé de la prospective, du développement et l’évaluation de l’action publique. Et, vu que son charisme de cadre accompli reste au beau fixe, du fait de son utilisation très mesurée par le Chef de l’Etat, plusieurs observateurs voient en ce super Ministre la clé de Boni Yayi pour passer la main, si son mandat allait jusqu’en 2016.



Le Chef de l’Etat prépare quelque chose de substantiellement intéressant pour Pascal Irénée Koupaki, l’un des deux Ministres d’Etat de l’actuel Exécutif. En effet, il jouit d’un traitement particulier qui fait de lui un ministre prestigieux. En effet, on ne l’aura jamais vu sur le terrain, en mission gouvernementale, quand il s’agit d’aller entretenir les populations sur une situation par rapport à laquelle le Gouvernement voudrait manifester une communication à grand impact. Par conséquent, à toutes les occasions où le Président de la République a envoyé ses ministres, chacun en ce qui le concerne, dans son département d’origine, il était absent sur la liste des orateurs en mission. On a encore constaté cette situation lors de la tournée gouvernementale qui a consisté pour les membres de l’Exécutif, il y a seulement quelques jours, à aller exposer aux populations les réalisations en faveur des enseignants, avec de profonds détails sur les milliards dépensés par le pouvoir en place, depuis l’avènement du régime du Changement. La dernière fois qu’on a vu Pascal Irénée Koupaki plancher publiquement, c’est à la veille de l’adoption du budget 2010 qui a vu une erreur d’une importance capitale s’infiltrer dans le système de transmission des documents très sensibles de la loi de finances aux parlementaires ; il était venu au secours du Gouvernement pour expliquer aux professionnels des médias les tenants et les aboutissants de l’erreur monumentale. En réalité, un fait pas trop anodin montre la prédilection du Chef de l’Etat pour cet homme et le statu de joker qu’il lui donne ; après s’être fâché avec les représentants du Front des syndicats des trois ordres d’enseignements, il aurait été très difficile pour Boni Yayi de donner l’impression de ravaler ses vomissures en revenant s’asseoir à la même table que ces interlocuteurs d’un genre particulier pour négocier la reprise des cours et le sauvetage de l’année. C’est à Pascal Irénée Koupaki qu’il a confié la délicate mission d’aller échanger pendant quatre jours avec Raouffou Affagnon et ses amis. Résultat : le calumet de la paix a été préparé et il restait qu’au Ministre d’Etat à le tendre au Chef de l’Etat et à ses différents protagonistes, pour le fumer. Le marché conclu, le Président avait beau jeu de donner des recommandations aux syndicalistes.


La partition pour les présidentielles


Selon des sources proches de l’entourage d’influence du Président de la République, celui-ci serait en train de loucher sur Irénée Koupaki pour prendre la relève de la Marina, au cas où il serait réélu en 2011 pour terminer son nouveau mandat cinq années plus tard. Le choix de ce Ministre d’Etat pour assumer une responsabilité aussi lourde serait dû à plusieurs faits concomitants : la force de l’homme à convaincre sur les dossiers stratégiques de l’Etat, la déception par rapport à Abdoulaye Bio Tchané qui, au lieu de l’aider à prolonger son séjour au pouvoir, se présente en un adversaire coriace qui se dispose à partager avec lui le Septentrion électoral, la lassitude de plus en plus grandissante des populations béninoises de voir, comme par hasard, des hommes du Nord gagner la présidence de la République. Surfant sur ces différentes circonstances, Boni Yayi, rêvant à un second mandat, espère réaliser son objectif et, par extension, se positionne pour imposer un homme d’un tempérament calme mais d’une trempe technocratique impressionnante. Reste à savoir si les événements lui en donneront la chance et si Pascal Irénée Koupaki acceptera d’entrer dans une arène présidentielle qui exige beaucoup plus que de la poigne intellectuelle.



Marcel Kpogodo

mardi 24 novembre 2009

Lépi au Bénin: choc entre Yayi et Houngbédji

Boni Yayi et Adrien Houngbédji se prononcent sur la mise en oeuvre de la Liste électorale Permanente Informatisée (Lépi)



Message à la Nation de son Excellence Docteur Boni Yayi, Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement, à l’occasion du lancement officiel du Recensement Electoral National Approfondi (RENA), le 19 novembre 2009



Béninoises, Béninois, Chers compatriotes,

Voici bientôt vingt ans que notre peuple souverain, à l’issue de la Conférence nationale des Forces Vives de février 1990, s’est engagé sur la voie de l’édification d’un Etat de droit dont les principes de gouvernance sont fondés sur la démocratie.


La Constitution du 11 décembre 1990 qui est la traduction populaire de ce choix définit l’organisation politique et administrative de notre pays comme un régime de type présidentiel doté d’institutions de contre-pouvoir.


Cette Loi fondamentale et les textes subséquents qui en sont issus précisent la durée des mandats électifs, corollaires du principe de démocratie qui suppose l’alternance dans la gestion des affaires de la cité commune.


C’est ainsi qu’un organe, la Commission Electorale Nationale Autonome (CENA), a été créé pour assurer la gestion des élections dans notre pays. Depuis lors, la CENA s’est employée au prix de fortunes diverses à organiser des élections dont la première phase commence par l’établissement des listes électorales.


Mais, la question de la fiabilité et du coût récurrent lié à la confection de ces listes électorales ont toujours constitué une préoccupation de notre peuple, de notre classe politique ainsi que de la société civile. Ce constat a alimenté régulièrement les grands débats nationaux et plusieurs décisions ont été rendues par la Cour Constitutionnelle et la Cour Suprême, chacune dans son domaine de compétences pour corriger les dysfonctionnements observés. Malheureusement, ces dispositions n’ont pas suffi pour rassurer sur la crédibilité des procédures actuelles de production des listes électorales dans notre cher pays.


Les contestations nées de cette situation qui s’aggrave d’une élection à une autre depuis 1991, ont fini par entamer la crédibilité de nos élections et constituent une source potentielle d’instabilité politique et une menace pour notre jeune démocratie.


De même, les charges qu’engendrent les opérations d’inscription des citoyens en âge de voter sur les listes électorales ne cessent d’augmenter à chaque échéance électorale, rendant l’option d’une Liste Electorale Permanente Informatisée (LEPI) politiquement et économiquement impérative.

Mes très chers compatriotes,

C’est dans ce contexte de recherche de solution durable à cette épineuse question que des initiatives ont été prises par mes prédécesseurs en vue de doter notre pays d’un projet de réforme de notre système électoral.


Bien qu’ambitieux, ce projet n’en demeure pas moins incontournable dans la mesure où il favorise le renforcement et la consolidation des bases de notre jeune démocratie. A cet égard, la Liste Electorale Permanente Informatisée (LEPI) représente une étape majeure qui a pour objectifs, vous le savez, dans sa phase actuelle, de procéder à un recensement systématique de la population électorale, d’installer un système efficace d’identification de l’électeur, d’éviter les inscriptions multiples d’un même électeur sur la liste électorale et les achats de cartes d’électeurs, de moderniser le mécanisme de gestion des listes électorales et de création des bureaux de vote, de professionnaliser l’administration électorale et enfin, de minimiser le coût trop élevé de l’organisation des élections. Dans une phase ultérieure, ce projet vise l’introduction dans notre pays du vote électronique.


Sur le chemin pour parvenir à la LEPI, plusieurs étapes ont été déjà franchies à savoir : la manifestation de la volonté politique contenue dans le document intitulé « Le Bénin Emergent », et conformément aux orientations stratégiques de développement du Bénin 2006 – 2011 reprises par le rapport d’évaluation du Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs ;
la requête du Gouvernement au Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et à l’Union Européenne en vue de l’actualisation et de la formulation du projet LEPI ;
le vote par la représentation nationale de la loi n°2009-10 du 13 mai 2009 portant organisation du Recensement Electoral National Approfondi (RENA) et établissement de la LEPI ;
la prise des décrets n° 2009 – 270 du 22 juin 2009 portant nomination des membres de la Commission Politique de Supervision (CPS) du RENA et la LEPI et n° 2009-432 du 27 août 2009 portant nomination des membres de la Mission Indépendante du Recensement Electoral National Approfondi (MIRENA) ;
la prise du décret n° 2009-514 du 13 octobre 2009 portant règlement financier de la Commission Politique de Supervision et de la Mission Indépendante du Recensement Electoral National Approfondi ;
la signature entre le Gouvernement et le PNUD, Chef de file des Partenaires Techniques et Financiers, d’un protocole d’accord relatif à la réalisation effective et efficace des objectifs du Projet LEPI le 12 juin 2009 ;
la signature entre le Gouvernement et le PNUD, du Projet d’Appui pour la LEPI le 15 septembre 2009 pour lequel, le Gouvernement contribue à hauteur de trois milliards cinq cent millions de francs CFA au panier commun géré par le PNUD et estimé à plus de 17 milliards de francs CFA ;
l’adoption par le Gouvernement du budget prévisionnel de fonctionnement de la Commission Politique de Supervision et de la Mission Indépendante du Recensement Electoral National Approfondi d’un montant de six milliards de francs CFA ;
la prise du décret n° 2009-583 du 17 novembre 2009 fixant la date de démarrage de la phase opératoire du Recensement Electoral National Approfondi conformément aux dispositions de l’article 15 de la loi précitée.


C’est le moment de rendre un hommage mérité aux Honorables Députés à l’Assemblée Nationale qui, en dépit de leur diversité d’opinions, se sont mobilisés pour doter le Bénin d’un cadre légal fixant les modalités d’organisation du Recensement Electoral National Approfondi et d’établissement de la Liste Electorale Permanente Informatisée. J’adresse également les remerciements de la Nation à tous nos Partenaires Techniques et Financiers qui nous accompagnent dans ce processus notamment l’Union Européenne et le Programme des Nations Unies pour le Développement.

Béninoises, Béninois, Mes chers compatriotes,

Vous convenez avec moi que la modernisation de notre système électoral ne devra pas s’arrêter à la confection de la LEPI ; avec l’expérience des consultations électorales passées, des faiblesses importantes et des dysfonctionnements de la Commission Electorale Nationale Autonome (CENA), des déficiences dans la gestion des infrastructures et équipements de vote et des problèmes chroniques dans la transmission des résultats ont été relevés.


C’est pour corriger ces faiblesses de notre administration électorale, que mon Gouvernement a mis en place une commission de juristes indépendants de haut niveau, présidée par le Professeur AHANHANZO GLELE dont le rapport, objet de projet de loi devrait nous permettre, s’il était voté par notre institution parlementaire, de reformer totalement et dans une approche participative, la Commission Electorale Nationale Autonome afin qu’elle s’adapte aux impératifs d’une Liste Electorale Permanente Informatisée.

Mes chers Compatriotes,

Comme l’indique la loi, le concept de Liste Electorale Permanente Informatisée comprend trois phases opérationnelles :
l’étape de la cartographie censitaire ;
l’étape du recensement des citoyens ;
l’étape de l’enregistrement des électeurs.
La phase de la cartographie censitaire permettra l’identification des ménages, le positionnement des infrastructures de référence des localités et la confection d’outils pour assurer l’exhaustivité du recensement électoral.


La phase du recensement est une opération de dénombrement porte-à-porte où, grâce à un système d’information géographique, le repérage des ménages et des lieux d’habitation des citoyens sera relié aux données personnelles et biométriques.


Enfin la troisième phase, celle de l’enregistrement des électeurs consistera à capturer les empreintes digitales, les photos numériques et d’autres données personnelles biométriques prévues par la loi.


La LEPI est donc avant tout un instrument technique de régulation des élections pour s’assurer de la fiabilité des listes électorales. La démarche pour son élaboration procède de techniques universellement reconnues et le Bénin, notre pays, n’est pas le premier à engager une telle démarche. Des pays africains tels que l’Afrique du Sud et le Ghana pour ne citer que ces deux exemples nous ont devancé sur cette voie.


Aujourd’hui, les conditions sont réunies pour qu’enfin, notre pays se dote d’instruments modernes de gestion des consultations électorales et réduise efficacement et durablement toutes menaces de fragilisation de notre système démocratique.


Voilà pourquoi, je voudrais réaffirmer avec force, la nécessité de conduire les prochaines élections présidentielles et législatives sur la base d’une liste électorale sécurisée et consensuelle, affranchie d’un système de mise à jour manuelle et répétitive, et à terme, moins coûteuse.


J’invite toute la Nation béninoise, à travers toutes les composantes de notre société, les partis politiques, la société civile, les Maires, les Conseillers communaux et municipaux, les Conseillers de villages et de quartiers de ville, les femmes, les jeunes, les responsables de cultes et confessions religieuses, les artisans à adhérer massivement au processus d’établissement de la LEPI, en vue d’en garantir le succès pour le triomphe de notre démocratie.


Conformément aux dispositions de la loi portant organisation du RENA et établissement de la LEPI, j’invite toute la classe politique de notre pays au dialogue et à la tolérance afin d’assurer au processus la sérénité requise. Il devrait être possible qu’au cours des jours à venir, nous puissions nous retrouver en présence notamment de toutes les forces politiques et de la société civile pour procéder à une première évaluation.


En tout état de cause, mon Gouvernement tient à jouer pleinement sa partition pour rendre disponible la LEPI en temps opportun et assurer ainsi la transparence et la crédibilité de nos prochaines consultations électorales.


L’occasion est certainement propice pour réaffirmer à la Nation et à la communauté internationale que le serment que j’ai prêté le 6 avril 2006 sera intégralement respecté. Il est donc clair dans mon esprit que le mandat du Président de la République est de cinq ans. En d’autres termes, le 5 avril 2011 à minuit prendra fin la mission que le vaillant peuple béninois m’a confiée à la tête de notre Nation. L’élection présidentielle de 2001 sera par conséquent organisée à bonne date par la grâce de Dieu tout Puissant, Créateur du Ciel et de la Terre.

Mes chers compatriotes,

Poursuivons donc ensemble notre marche vers le progrès et la modernité en vue de faire du Bénin une Nation démocratique, unie et prospère. Nous devons défendre la riche expérience accumulée depuis deux décennies par notre peuple dans la voie de la démocratie et œuvrer pour consolider nos acquis qui forcent l’admiration et l’estime de nos partenaires techniques et financiers.


A leur endroit, je voudrais, de nouveau, réitèrer toute la gratitude du peuple béninois notamment à ceux qui ont déjà annoncé leur contribution au financement de la LEPI. J’invite les autres amis du Bénin à nous rejoindre incessamment suite à la table ronde d’Abuja du 6 novembre 2009.


Grâce au concours de tous, le Bénin pourrait s’inscrire au registre des pays africains pionniers dans la crédibilité des consultations électorales.


Ma conviction est que notre chère patrie est capable de relever le défi de la LEPI dont la finalité, je le répète, demeure l’amélioration de notre système électoral.


C’est pourquoi, j’exhorte toutes les Béninoises et tous les Béninois de toutes conditions à se mobiliser pour la réussite des opérations du Recensement Electoral National Approfondi qui démarrent le 23 novembre 2009 sur l’ensemble du territoire national. La LEPI est l’affaire de chacune, la LEPI est l’affaire de chacun, la LEPI est de l’affaire de tous.

Vive la LEPI,
Vive la démocratie béninoise,
Vive la coopération internationale,
Que Dieu bénisse le Bénin, Notre patrie!


Je vous remercie.





Message aux Béninois d'Adrien Houngbédji, Président du Parti du renouveau démocratique (Prd), au nom de l'Union fait la nation (Un), le 23 novembre 2009



Mes chers compatriotes, Bonsoir !

C’est de la LEPI que je veux vous parler ce soir. Un sujet préoccupant ! Le peuple béninois dans son écrasante majorité, toutes opinions confondues, la souhaite depuis des lustres et s’est engagé à la voir réalisée.


Pourquoi ? Eh bien parce que, au fil des élections, il est devenu évident pour chacune et chacun d’entre nous, que dans notre système actuel, la confection des listes électorales, élément essentiel dans un processus démocratique, n’est ni fiable ni contrôlée, et est émaillée de fraudes. De sorte que le modèle béninois envié partout en Afrique parce qu’il a permis d’organiser 11 scrutins sans violence et sans contestation majeure, repose en réalité tout entier sur notre attachement à la paix et sur la capacité de vos responsables politiques à accepter au nom de cette paix, des situations qui partout ailleurs engendrent tensions et guerre civile.


Devant ce constat et pour soustraire notre Pays aux risques de contestations et de violences, nous avons ensemble décidé de voter le 13 mai dernier une loi instituant la Liste Electorale Permanente Informatisée. Son objectif est de réduire les inscriptions frauduleuses, de fiabiliser les listes et d’aboutir ainsi à des élections transparentes, en confiant à l’outil informatique la gestion des données recueillies sur le terrain par les hommes. Il s’agit donc d’un instrument qui associe l’Homme et l’outil informatique. Il n’y a donc de bonne LEPI que si les hommes chargés de sa mise en œuvre s’accordent sur les méthodes et sur les agents. Car avant que l’outil informatique ne soit saisi, ce sont des hommes qui vont sur le terrain, qui font la cartographie, c’est-à-dire, identifient les ménages, les villages et les hameaux. Car encore, avant que l’outil informatique ne soit saisi, ce sont des hommes qui, de porte en porte, grâce aux éléments fournis par les cartographes, procèdent au recensement de la population. Car enfin, avant que l’outil informatique ne soit saisi, ce sont des hommes qui relèvent les empreintes digitales, prennent les photos numériques ... etc. Comme vous le voyez, à chaque étape du processus interviennent des hommes. Des hommes avec leurs parti¬-pris, leurs convictions, leurs passions qu’il importe de contrôler et de neutraliser, faute de quoi la transparence et la fiabilité deviennent de vains mots. Il suffit par exemple qu’une équipe de cartographes décide d’ignorer un hameau ou d’en inventer un, selon que la configuration politique à cet endroit du territoire est ou non favorable à son camp, pour que les données confiées à l’ordinateur soient fausses. Il suffit de même qu’une équipe de recensement décide d’amputer ou de majorer le nombre de personnes recensées dans une localité, pour que les chiffres confiés à l’ordinateur se trouvent majorés ou minorés. C’est pour écarter ces potentialités de fraude qui, sous prétexte de modernité et d’informatisation, nous ramènerait en réalité au système actuel, que la loi a prévu qu’à chacune des étapes où le sort du dispositif est confié à des hommes, le consensus doit être de règle. Consensus pour la désignation des responsables ; consensus pour la désignation des cartographes ; consensus pour la désignation des agents recenseurs ... etc.


Il n’est de bonne LEPI que consensuelle. Cette règle, le consensus dont notre pays connaît le contenu et les contraintes depuis 1 ’historique Conférence Nationale des Forces Vives, rejette les rapports majorité/minorité et privilégie le dialogue et l’entente entre les acteurs. Dans le cas de la LEPI où il s’agit de s’assurer que les données recueillies par les hommes sont exemptes de fraude, il est impératif que les représentants du pouvoir, comme ceux de l’opposition, participent à toutes les opérations pour neutraliser les velléités de tricherie ; tout comme il est impératif que des représentants avérés de la société civile y participent, leur présence étant un gage de modération et de sincérité. C’est à ce prix que le GHANA, pionnier dans notre sous-région, a pu organiser une élection propre.


Les violations répétées de la loi et du consensus que nous avons dénoncées au cours de notre Conférence de presse du 17 novembre resteraient de simples signaux d’alarme, si 24 H après, le Chef de l’Etat lui-même n’avait publiquement apporté sa caution au forfait qui se perpétrait en lançant lui-même les opérations. Comme à son habitude, le Président Yayi BONI agit d’abord et réfléchit après. Nos écoles, nos hôpitaux et centres de santé, nos universités et même nos champs de culture ont déjà fait les frais de ce mode de gestion, fait d’improvisation et de précipitation. A sa place, tout autre se serait donné le temps et les moyens de vérifier les allégations de notre Conférence de presse, d’en discuter avec nous avant toute décision, et de rechercher des solutions.


Que constatons-nous aujourd’hui, après la décision du Conseil des Ministres du 18 novembre ?
Nous constatons vous et moi, que les 2 premières étapes de l’opération qui en comporte 3, se déroulent avec la seule participation des représentants du pouvoir puisque cartographes et recenseurs sont tous désignés par la majorité FCBE dont le superviseur général de la CPS est devenu l’exécuteur des hautes œuvres, promettant à la télévision de « serrer la corde au cou » des opposants. La LEPI dont nous voulions qu’elle instaure transparence et fiabilité est devenue la LEPI de l’exclusion et de l’opacité. Une LEPI hors la loi ! La LEPI dont nous voulions qu’elle soit un facteur de paix est devenue un facteur de division et, à terme, un facteur de trouble, aux dires mêmes de Monsieur Chabi SIKA qui promet déjà la prison à tous ceux qui ne partageraient pas la vision chaotique qu’il en a. Ce qui est en jeu, c’est la stabilité et la paix dans notre pays. La stabilité et la paix imposent à nos responsables un sens élevé de leurs devoirs et au Chef de l’Etat, celui de remplir loyalement les fonctions que notre peuple lui a confiées.


Au nom de l’Union fait la Nation, j’en appelle une fois encore à la sagesse du Président Yayi BONI pour que la suggestion qu’il a émise de se « retrouver en présence de toutes les forces politiques et de la société civile pour procéder à une première évaluation » ne soit pas, cette fois encore, une clause de style et un faux semblant. Au nom de l’Union fait la Nation, je salue les efforts de la Communauté internationale pour accompagner le Bénin sur la voie de l’amélioration de son système électoral, notamment les pays de l’Union Européenne, les Etats-Unis d’Amérique, ainsi que le système des Nations Unies. Je veux leur dire que le peuple béninois est mobilisé pour la réalisation de la LEPI. Cependant, nous pensons que les ressources que les contribuables de leurs pays respectifs mettent à la disposition du Bénin doivent servir, non pas à manipuler notre peuple et à légitimer une LEPI partisane au service de la réélection d’un homme, mais plutôt à assurer l’avènement d’une vraie démocratie et à améliorer le climat de paix qui règne chez nous.
Au nom de l’Union fait la Nation, j’invite notre peuple à la vigilance. Jamais nous n’accepterons la LEPI non consensuelle et non transparente qui se met en place. Organisons-nous pour qu’elle soit tenue en échec : ni les menaces, ni le double langage n’entameront notre détermination.
Continuons le combat pour que la LEPI ne soit pas la chose d’un parti, la chose d’un clan, mais la LEPI du Bénin.

Unis, nous sauverons notre pays de la dérive.



Je vous remercie.