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vendredi 10 mai 2019

« […] si tous les faits énoncés sont corroborés, M. Patrice TALON doit démissionner pour avoir versé le sang des paisibles et innocentes populations », appelle Candide Azannaï, au cœur d’une déclaration fleuve

Dans le cadre d’échanges avec les hommes des médias

L’après-midi du mardi 7 mai 2019 a permis à Candide Azannaï, homme politique béninois, d’animer une conférence de presse à son Cabinet particulier situé au quartier de Mènontin à Cotonou, avec un thème bien précis : « Résistance totale contre le leadership névrotique et destructeur du pouvoir dit de la rupture : activation de l’article 66 de la Constitution de la République du Bénin ». Dans une longue déclaration préparatoire aux questions des journalistes, l’ancien Ministre délégué à la Défense du premier Gouvernement de la Rupture a proposé sa lecture des événements des 1er et 2 mai 2019, entre autres, tirant à boulets rouges sur le pouvoir actuel, évoquant les qualités reconnues aux forces béninoises de sécurité et de défense, attirant l’attention sur l’importance de l’article 66 de la Constitution béninoise et, bien avant cela, au passage, allant jusqu’à réclamer la démission du Chef de l’Etat, Patrice Talon, au cas où certaines informations se trouveraient vérifiées … Découvrir l’intégralité de la Déclaration de Candide Azannaï.  

Candide Azannaï (Archives)


Intégralité de la Déclaration de Candide Azannaï


« RÉSISTANCE TOTALE CONTRE LE LEADERSHIP DESTRUCTIF DU POUVOIR DIT DE LA RUPTURE : ACTIVATION DE L’ARTICLE 66 DE LA CONSTITUTION »

Mesdames et Messieurs les journalistes,
Mesdames et Messieurs,


D’entrée, je salue la mémoire des martyrs de la Démocratie, de l'Etat de droit, du pluralisme politique et de la préservation des Acquis de l’Historique Conférence Nationale de 1990.

Il apparaît malheureusement que c’est M. Patrice TALON, lui-même en personne qui aurait ordonné le massacre des populations dans le but d’imposer par la terreur, sa folie d'une dictature despotique, chez nous, en République du Bénin.

L'auteur des manœuvres, totalement insensées contre l'ordre constitutionnel et le modèle démocratique hérités de la Conférence Nationale est également celui des macabres assassinats des 1er et 2 mai 2019 à Cotonou et à Kandi.

En effet, au cours de ces deux journées effroyables, il a basculé dans l'inacceptable en couvrant l’usage d’armes automatiques sur les pauvres populations béninoises, qui manifestaient contre l’arbitraire.

Permettez-moi de transmettre l’interrogation afflictive de mon épouse, en tant que mère à la première dame : « Chère madame, regardez votre époux droit dans les yeux et posez lui la question suivante : quel sentiment vous anime lorsque vous voyez la vidéo d’une nourrice innocente assassinée, sous les balles des forces de l’ordre ? ».

Je m'incline devant la mémoire de toutes ces victimes des 1er et 2 mai 2019, et je réclame justice, sanction pour ces tueries.


Mesdames et Messieurs les journalistes,
Mesdames et Messieurs,


Je voudrais m'adresser à vous, cet après-midi, sur le thème intitulé :
« RÉSISTANCE TOTALE CONTRE LE LEADERSHIP NARCISSIQUE ET TOXIQUE DU POUVOIR DIT DE LA RUPTURE : ACTIVATION DE L'ARTICLE 66 DE LA CONSTITUTION DE LA RÉPUBLIQUE DU BENIN ».


Il convient de rappeler ce qui est en jeu, ainsi que l'enjeu de la Résistance Nationale, et d'attirer l’attention des uns et des autres sur la nature du pouvoir dit de la rupture.

J’évoquerai les préconisations de la Constitution, à travers les dispositions de son Art. 66 en cas de coup de force quelconque, de coup d’Etat, de confiscation de pouvoir, avant de m'étendre sur les axes de notre causerie. Pour terminer, je vais saluer le panache avec lequel le Peuple béninois a exprimé sa maturité, le 28 avril 2019.

Le 28 avril 2019 a consacré le triomphe du mot d'ordre : « Pas d'élections législatives sans l'Opposition ». LA RÉSISTANCE POPULAIRE NATIONALE a révélé au monde entier que le Président Patrice TALON, avec toutes les composantes du pouvoir dit de la rupture, représente à peine 5% des électeurs béninois, et au sens large, des populations béninoises. Une cinglante déculottée que la terreur, que les mitraillettes automatiques et les massacres ne peuvent réduire au silence.

La solution ne saurait être au bout du fusil, des commerces de terreurs ou des fuites en avant, qui trouveraient refuge dans les hypothétiques interventions de la Providence, ou dans les incantations de mains étrangères salvatrices.

La solution est dans la capacité de l'ensemble des résistants à assumer avec opiniâtreté à partir de l’intérieur avec hauteur et dignité les dispositions impératives de l'Art. 66 de la Constitution.



• LA RAISON DE LA RÉSISTANCE POPULAIRE NATIONALE


Mesdames et Messieurs les journalistes,
Mesdames et Messieurs,


Après une très longue nuit d'une dictature militaire et marxiste - léniniste sous l'étendard du parti-État, PRPB ( Parti de la Révolution Populaire du Bénin ), le Peuple béninois s'est réconcilié avec lui-même, au cours de la Conférence Nationale de l'ensemble des Forces vives de la Nation en février 1990.

Un pacte républicain a été conclu, à l'issue de cette historique Conférence des filles et fils de notre pays, sur la base du consensus national: proclamation de la République du Bénin autour des valeurs et des principes universels de la Démocratie, de l'Etat de droit, du pluralisme politique et sur la profession de foi de respecter les engagements ainsi pris, qui constituent les Acquis du Renouveau démocratique.

L'Armée a solennellement prêté serment de se retirer dans les casernes, à travers son Chef d'Etat major de l’époque.

C'est à ce pacte fondateur de la République du Bénin, que s'attaque M. Patrice TALON sous le piège de prétendues réformes du code électoral et du système partisan.

Il détruit sous ce complot despotique, tous les partis politiques, exclut des élections toute la classe politique à l'exception de ses partisans qu'il autorise à constituer le prochain parlement après les avoir répartis en Union progressiste (UP) et Bloc républicain (BR).

En réalité, l'UP et le BR sont deux branches d'un parti-État parrainé par une seule et même personne, Monsieur Patrice TALON.

Le retour au monolithisme politique vient ainsi d'être engagé. Par cette option, M. Patrice Talon vient de rompre son serment du 06 avril 2016 de fidélité et de loyauté à la Constitution de décembre 1990, comme Loi suprême de l'Etat.

Le but poursuivi n'est rien d'autre que la confiscation du pouvoir législatif, l’imposition d’une nouvelle Constitution et, bien entendu, l'instauration d'un régime dictatorial de type despotique, mafieux et terroriste.

Tous les spécialistes sérieux du monde vous diront que le recours à un coup de force pour changer unilatéralement la nature d’un régime, ou pour renforcer un pouvoir ou pour prendre un pouvoir est un coup d'Etat. La nature du coup de force auquel on recourt dans la perpétration du coup d'Etat et son mode opératoire déterminent sa qualification ...

En l’espèce, nous sommes en face d'un coup d'Etat. Un coup d'Etat pur et simple que certains qualifient de coup d'Etat institutionnel, parce que c’est l'institution constitutionnelle génératrice du pouvoir législatif qui est attaquée, braquée et en voie de confiscation.


Un coup d'Etat avec usage de deux coups de force, qui a consisté en :
1 - la modification unilatérale du processus électoral par l'érection d'une pièce illégale et vecteur d'exclusion dénommée "Certificat de conformité".

2- le recours aux forces de sécurité et de défense pour empêcher toute réaction de contestations populaires contre la confiscation du pouvoir législatif.



Mesdames et Messieurs,


Nous devons retenir que:

- Ce n'est pas pour l'intérêt général que le Chef de l’Etat a choisi, le 11 avril 2019, de faire la sourde oreille aux appels des forces politiques de l'opposition qui lui proposaient la voie du consensus apaisé et inclusif.

Ce n’est pas pour l’intérêt général qu’il a décidé d’ignorer les réserves des émissaires des Nations Unies, de la CEDEAO, de l'Union Africaine, de l'Union Européenne, du voisin nigérian, les réserves perceptibles de représentations de certains pays à l’instar des États-Unis qui lui déconseillaient le raidissement contre les traités, accords, protocoles et mécanismes internationaux en matière de gestion préventive des conflits notamment des conflits électoraux ...

Ce n'est pas pour l'intérêt général qu’il s'est radicalisé.

Ce n'est pas pour l'intérêt général qu'il s'empresse de confisquer le pouvoir législatif.

C’est pour protéger ses arrières et pour couvrir les atrocités du leadership déviant du pouvoir dit de la rupture par des lois vénales pouvant garantir impunité et immunité.

C’est pour sa gloire personnelle qu'il s'obstine à démolir une à une les lois compatibles avec la Démocratie, avec l'Etat de droit, avec le pluralisme et avec les Acquis du Renouveau démocratique.


- Recadrer la Résistance Populaire Nationale :

Il importe devant ce tableau sombre que la RÉSISTANCE POPULAIRE NATIONALE ne se laisse pas divertir ni par ce qui n'est pas son objet ni par les provocations du pouvoir dit de la rupture encore moins par les tentatives de fixation orientée sur des règlements de compte halogènes à la raison de la résistance.

La résistance doit se déconnecter de rivalités politiques antérieures à son objet et à son objectif principal.

Je tiens à faire cette clarification parce qu'il est nécessaire et urgent de repréciser que la Résistance a pour objet et pour raison la mobilisation générale pour faire échec au complot de confiscation du pouvoir législatif, première étape de l'assassinat de la Démocratie et de l’Etat de droit.

La Résistance vise à faire échec au coup d'Etat qui est perpétré actuellement, avec le recours à certains responsables des forces de sécurité publique et de l'armée.

La Résistance s'impose comme une option impérative qui fonde sa légitimité sur la raclée historique administrée personnellement au Pouvoir par le Souverain, qu'est le Peuple béninois le 28 avril 2019.

Venons-en aux faits. Qui a provoqué les incidents malheureux des 1er et 2 mai 2019 ? Qui a donné l’ordre de faire le siège du domicile de l'Ancien Président Boni YAYI ?

L'examen de ces questions édifie à plus d’un titre.


Mesdames et Messieurs les journalistes,
Mesdames et Messieurs,


Permettez-moi de rendre un sincère hommage au Président Nicéphore Dieudonné SOGLO, pour avoir peint le week-end dernier, la moralité de ceux qui nous dirigent. Je passerai la psychologie du leadership de la rupture au scanner de certaines études influencées par OWEN, VERGNES et surtout OUIMET.

Nous avons à la tête de la rupture, un leadership pathologique, destructif, une pathologie que redoutait Jean-Claude MONOD dans son ouvrage intitulé : ´´Qu’est ce qu’un Chef en Démocratie ´´?

•LEADERSHIP DESTRUCTIF: versants narcissique et toxique


C’est à travers la phénoménologie du pouvoir que se révèle le diagnostic du leadership qui le met en œuvre, qui lui sert de vecteur directeur.

Depuis des années, j'ai souvent évoqué, à l’occasion de plusieurs conférences publiques, le danger que constituent pour les communautés et pour le pouvoir d'État, les leaderships pathologiques.

Selon David OWEN, médecin et ancien ministre britannique des Affaires étrangères, une personne atteinte de la maladie d'Hubris, encore appelé « maladie du pouvoir », développe « une forte tendance narcissique au point de voir le monde comme une arène où exercer son pouvoir et où rechercher la gloire. Son égo l'amène à avoir une confiance excessive en son propre jugement et à mépriser les critiques et les conseils d'autrui. Dans sa folie du pouvoir, il s'identifie avec la nation, en prenant son point de vue et ses intérêts pour ceux des populations, de ses concitoyens, de ses compatriotes. Pour lui, aucune autre vision n'est valable, tant il conçoit la sienne comme étant messianique. Un tel leader croit avec force qu'au lieu d'être responsable devant l'opinion publique, le seul tribunal auquel il devra répondre sera celui de l'histoire et que le jugement de ce tribunal lui sera favorable. Il perd ainsi le contact avec la réalité et se mue dans un isolement progressif. Il rompt toute coopération, évite de prendre en considération les aspects pratiques ou même d'évaluer les coûts et les conséquences de son choix d'exclure les autres intelligences. En fait, la confiance excessive qu'il a en lui-même, le rend incompétent à mesurer les rouages habituels de la politique et du droit. Bref, il se croit omnipotent, omniscient ».

Comme on peut le voir, la personnalité d'un individu atteint de l’hubris ou maladie du pouvoir se résume au narcissisme, à l'arrogance, la prétention, l'égoïsme, la manipulation, le mensonge, le mépris pour l'avis des autres, le sentiment d'invulnérabilité, d'invincibilité et de toute-puissance, l'identification totale entre le sort de l'individu et de l'institution qu'il dirige.

Un dirigeant atteint de l’hubris " ou " pathologie du pouvoir", perd totalement le sens du leadership servant qui est le type de leadership qu'ambitionne toute communauté humaine dont le but est de se débarrasser de la nature animale qui est en nous pour chercher le bonheur dans la vie associative porteuse de l'humanité.

Cette pathologie est souvent remarquée chez les dirigeants dans un régime décadent montrant ses limites, perdant la boussole mais qui s’efforce, dans le sens du mal, à se maintenir. Lorsque cela survient dans une Nation, le dirigeant plonge dans un leadership à la fois narcissique et toxique, deux versants du leadership destructif. Un tel pouvoir devient dangereux pour la paix et la cohésion nationale.

Philippe VERGNES dit d'un tel pouvoir, basé sur un leadership toxique, qu'il influence et abuse les gens relevant de son autorité en utilisant une panoplie de moyens directs ou détournés, tous condamnables. Il use de la marginalisation, l'ostracisme, la moquerie, le harcèlement, l'humiliation, la coercition, la compétition malsaine, l'agression physique, la menace, le mensonge et la tromperie ... tous procédés mis de l'avant pour aboutir à des fins personnelles du dirigeant ou pour réaliser les mandats qui lui sont confiés. Le leadership toxique cantonne l'expression de son pouvoir sur l'établissement d'un régime de la terreur.

Pour VERGNES, tout individu atteint du narcissisme toxique est enclin à se préoccuper des fantaisies de succès illimités, de pouvoir, de splendeur. Il a de l'inclination à l'ostentation c'est-à-dire qu'il est à la recherche constante d'attention et d'admiration. Par contre, il affiche une froide indifférence envers les autres ou de vifs sentiments de rage, d'infériorité, de honte, d'humiliation ou de vide lorsqu'il doit faire face à la critique ou l'indifférence des autres ou, encore, la défaite. Il développe un caractère cynique c'est-à-dire qu'il éprouve du plaisir à exploiter les autres, à les abuser, les mettre au service de ses propres désirs et de son épanouissement personnel. Il méprise le respect de l'intégrité et des droits d'autrui. Il éprouve du plaisir à dévaloriser les autres. Il n'a de sentiment pour personne.

Le danger que court une Nation dirigée par une personne développant un "égo surdimentionné" est grand. Car dans ce cas précis, on assiste à un leadership narcissique où les actions du leader sont motivées par l'adhésion à des croyances et la satisfaction de besoins "égomaniaques", et ce, au détriment des gouvernés, des administrés.

Un tel gouvernant a pour mode opératoire, comme le souligne Gérard OUIMET, la mise à profit de son charisme, la promotion de fascinants projets utopiques, le recrutement de collaborateurs dépendants et serviles et le traitement machiavélique des dossiers (étatiques et administratifs).

Ai-je besoin de commenter un tel scanner du pouvoir dit de la rupture?

Nous pouvons donner l'éventail des illustrations à partir de vos questions?

Me référant, d'une part, à la sémiologie du leadership pervers de type narcissique et toxique qui précède et, d'autre part, à la peinture argumentée de la moralité de la rupture brillamment exposée par l'Ancien Chef d’Etat, Nicéphore Dieudonné SOGLO, à laquelle tantôt je faisais allusion, on peut comprendre que les tueries des 1er et 2 mai participent d'une planification macabre visant à réduire au silence par la terreur les protestations quasi-générales des populations frustrées devant l'arrogance de l'imposture du pouvoir dit de la rupture.



• LE RECOURS AUX ARMES DE GUERRE POUR IMPOSER UN COUP D'ÉTAT: QUI A DONNÉ L'ORDRE D'ABATTRE LES INNOCENTES POPULATIONS CIVILES?


Mesdames et Messieurs les journalistes,
Mesdames et Messieurs,


J'ai suivi avec attention, le comportement de nos forces de sécurité publique. J'ai également observé l'attitude de nos Forces de défense nationale. J’avais cherché à comprendre pourquoi soudainement certains responsables militaires commençaient par s'inviter dans l'atmosphère politique de plus en plus délétère. C'est pour éviter et prévenir de telles excitations susceptibles de violer la stricte neutralité de l'Armée que j'avais, à titre informatif, adressé une correspondance au Chef d'Etat Major Général des Armées au nom de l'ensemble des forces politiques de l'Opposition dès que M. Patrice TALON a décidé de recourir au "Certificat de conformité" pour opérer le coup de force visant à la confiscation du pouvoir législatif.

J’ai écouté les allusions politiques du Chef d’Etat major de l'Armée de terre, alors qu’il exposait officiellement les motivations des opérations de sécurisation anti – terroristes ...

J'ai analysé les communiqués produits par certains responsables de l'Armée à la veille de la parodie électorale et surtout après le désaveu historique asséné par le Peuple béninois aux aventuriers nostalgiques des régimes despotiques de triste réputation.

J'ai eu le privilège de connaître la psychologie de notre Armée et surtout la philosophie de défense largement répandue au sein du Haut Commandement Militaire. Notre Armée n'est pas une armée d'assassins. Nos responsables militaires font partie des meilleurs de notre sous-région et même de leur génération. Et pour la plupart, ils justifient d’une solide assise intellectuelle et de sens de discernement dans l'art du Commandement et des approches civilisées en matière de maintien de paix.

Nous n'avons pas une armée de bouchers. Si je dois avouer redouter des signes d'inquiétude qui seraient le rêve de quelques responsables militaires ayant le refrain langagier léger de tireurs sans état d'âme, ils sont bien un infime nombre à la recherche de promotion et de promotions imméritées ... D’ailleurs, ceux-là sont bien connus.

J’ai la conviction que la caractéristique de notre Armée n'est pas le massacre des populations civiles.
Au plus fort des débordements populaires des antagonismes politiques, notre histoire ne retient pas de nos Forces de sécurité et de défense les caractéristiques d'une armée qui tuent les populations civiles, sans état d’âme.

J'ai également recueilli plusieurs témoignages, des photos, vidéos et audios continuent de me parvenir sur les comportements et même des propos de certains responsables militaires. Je tiens à soutenir que les scènes de tuerie des 1er et 2 mai 2019, sont loin d'illustrer les pratiques de notre Armée.

Il convient de savoir d'où vient l'ordre d'assassiner les populations civiles?

Qui a conduit les opérations militaires d'abattage des populations civiles le 1er mai?

Qui a conduit les massacres du 2 mai?

De quelles unités ou compagnies provenaient les exécutants des tueries?

Quels sont les responsables militaires qui y ont pris part ?


Ces interrogations sont toutes également valables en ce qui concerne la scène de guerre à laquelle se livraient des éléments armés qui visiblement ignorent à quel point ils ont sali les uniformes de la République.

Ma connaissance de notre Armée et celle de nos Forces de sécurité publique me confortent que cette opération est loin, d'être une décision du Haut Commandement de notre Armée.

L'Armée doit redorer son blason en se désolidarisant des projets dignes de la dictature.

J'apprends que des entreprises horribles sont en cours pour dissimuler ou effacer des preuves ...

En démocratie, il y a des limites à ne pas franchir.

Qu'un des nôtres, devenu Président de la République, soit atteint de l'hubris, et qu'il piège la colère populaire en déclenchant des règlements de compte irresponsables contre un de ses anciens protagonistes est inacceptable !

Au demeurant, si tous les faits énoncés sont corroborés, M. Patrice TALON doit démissionner pour avoir versé le sang des paisibles et innocentes populations.



• L'ART. 66 et le DEVOIR DE RÉSISTANCE TOTALE:


J'avais indiqué l'intérêt des grandes valeurs et des principes universels qui forment la profession de foi de notre Pays à travers le Préambule de notre Constitution.

J'ai eu à plusieurs reprises à indiquer les dispositions des Articles 19 et 36 de la Constitution.

Face à l'assassinat en cours de la Démocratie béninoise, la première démocratie issue de la première Conférence Nationale pacifique en Afrique, j'avais indiqué le recours à l'Article 66 comme une préconisation en cas de déstabilisation ou de tentative de déstabilisation de l'ordre constitutionnel.


Mesdames et Messieurs les journalistes,
Mesdames et Messieurs,


Que préconise l’Art. 66 ?
« En cas de coup d' Etat, de putsch, d'agression par des mercenaires ou de coup de force quelconque, tout membre d'un organe constitutionnel a le droit et le devoir de faire appel à tous les moyens pour rétablir la légitimité constitutionnelle, y compris le recours de coopération militaire ou de défense existants.

Dans ces circonstances, pour tout béninois, désobéir et s'organiser pour faire échec à l'autorité illégitime constituent le plus sacré des droits et le plus impératifs des devoirs. »

Notre Pays traverse trois situations de coup de force qui appellent l'activation de l'Article 66:

1- Le coup de force consistant en une confiscation du pouvoir législatif par la mise en œuvre forcenée d'une politique sectaire, d'exclusion et de déni de démocratie;

2- Le cinglant désaveu infligé au pouvoir dit de la rupture le 28 avril 2019 par le Peuple béninois ;

3- Le massacre des populations par le recours aux armes de guerre.

Ces trois raisons sont constitutives des circonstances prévues par la Constitution et qui recommandent l'activation de l'Article 66.

J'appelle (et vous comprenez pourquoi) chaque béninoise et chaque béninois, à rejoindre la RÉSISTANCE et la rendre INTENSE et TOTALE.

Le format de notre organisation de la résistance intérieure pour faire échec à la forfaiture et au pouvoir illégitime n'est pas la rébellion. La résistance doit être purgée de tout vandalisme.

Notre résistance ne doit pas avoir recours à des moyens et à des méthodes exorbitantes aux préconisations de la Constitution.

Les démocrates et patriotes de la RÉSISTANCE POPULAIRE NATIONALE doivent retenir que la victoire quoique certaine, passera inévitablement par la qualité de l'organisation et par la capacité de chaque responsable à réussir par rendre le courage plus contagieux d'un instant à l'autre ; et agir en direction du plus grand nombre qui doit se déshabiller de la peur qui tressaille au regard de la terreur que répand le pouvoir et sa soldatesque aux abois.

La Constitution nous recommande de désobéir, de nous organiser et de faire échec au leadership toxique du pouvoir dit de la rupture qui s’en est pris par la pathologie de l’Hubris à la Démocratie, à l’Etat de droit, au pluralisme politique et aux Acquis du Renouveau démocratique.

Sur nos étendards, nos fanions, arborons les couleurs de la République, des bandeaux blancs et avançons pour dire non au pouvoir au son de l'Aube Nouvelle et avec des pancartes renseignant sur les raisons de la résistance.

Je vous remercie de votre attention.

Candide Armand - Marie AZANNAÏ
Ancien Ministre Porte - Parole du Gouvernement, Ancien Ministre Chargé de la Défense Nationale.
Hall des Conférences du Cabinet Particulier du Président sis Siège National Cotonou, le 07 mai 2019.

vendredi 29 mars 2019

« […] nous sommes en train de vivre les derniers moments d’un Bénin, État de droits et de Démocratie moderne », avertit gravement Candide Azannaï

Dans son point de presse commémoratif du mercredi 27 mars 2019

Le mercredi 27 mars 2019, Candide Azannaï, Président du Parti ’’Restaurer l’espoir’’ (Re) a commémoré d’une manière très politique la deuxième année de sa démission du Gouvernement du Président Patrice Talon. Ainsi, il a tenu une grande déclaration sous le couvert d’un point de presse qu’il a animé dans l’après-midi de la journée concernée. En substance, deux faits sont revenus, de manière récurrente, dans la déclaration de cette personnalité de l’Opposition : d’une part, le pourrissement entretenu par le pouvoir en place pour en arriver à des élections législatives n’engageant que les deux partis de la mouvance présidentielle. D’autre part, Candide Azannaï a abordé  le double langage contradictoire de la même mouvance. Par ailleurs, cet acteur politique a comme prédit la destruction des derniers remparts de la démocratie béninoise. Voici l’intégralité de la Déclaration de Candide Azannaï, structurée en 7 points, retraçant, notamment, les faits marquants de la crise politique actuelle.

Marcel Kpogodo

Candide Azannaï (Archives)


Intégralité de la Déclaration de Candide Azannaï


Mesdames et Messieurs,

Chers invités,

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Militantes et militants,


Permettez-moi, d’engager cette séance de déclaration politique commentée avec Karl MARX:
« L’histoire se répète tout d’abord comme une tragédie, après comme une farce. »
K. MARX.

Notre pays est face à son destin.

Je voudrais avant tout propos, saluer votre présence ici cet après-midi.

J’ai pris l’habitude de m’adresser à vous chaque fois que je pressens la nécessité de le faire au nom de l’intérêt général.

Notre pays amorce un virage délicat et ceux qui le gouvernent en ce moment, ne me paraissent pas en train de mesurer toute la gravité de leurs propensions suicidantes à se croire au nom de la prétendue toute puissance de l’argent, tout permis en système de démocratie moderne fondé sur les exigences de l’Etat de droits.

La corruption des lois par abus de la vénalité pathologique des législateurs soumis par l’ignorance, la nécessité et la couardise expose à suffisance comment le pouvoir de la rupture fait basculer la Démocratie et l’Etat de droits en un régime despotique de type ploutocratique par l’instauration d’un État de lois caractéristiques d’un pouvoir autocratique.

Il y a une confusion entre État de lois et État de droits qu’il convient de dénoncer afin de nous en prémunir. Lorsque les lois nuisent aux valeurs, aux principes, et aux droits fondamentaux de la personne humaine, l’Etat qui s’en prévaut cesse d’être un État de droits. Un tel État qui se fonde sur des lois iniques, injustes, incongrues et inapplicables perd dans cette condition le statut de Démocratie moderne et d’Etat de droits.

Nous sommes dans un tel cas actuellement en République du Bénin.

C’est face à cette évidence suite à la déclaration faite par le Chef de l’Etat, Monsieur Patrice TALON, le 06 mars 2019, et après l’évaluation de la stratégie du pourrissement que déploient actuellement les relais parlementaires du pouvoir de la rupture, que je voudrais m’entretenir avec vous sur l’impasse électorale et la crise politique conséquente.

J’évoquerai les limites interdites de franchissement par l’article 66 de la Constitution de la République.

Je réitérerai l’appel à la rencontre de l’ensemble de la classe politique en vue de solutions consensuelles pour une sortie de crise apaisée.

Je finirai par nous rappeler que le choix de ce jour 27 mars 2019 est pour marquer l’an 2 de mon retrait volontaire du Gouvernement et de l’équipe de la rupture. J’inscris mon action de ce jour comme un nouvel avertissement dans la même ligne sacrificielle du 27 mars 2017.


LE CONTEXTE ACTUEL :


La majorité parlementaire soutenant le pouvoir de Patrice TALON a poussé aux votes les « yeux fermés », de lois inopérantes, gorgées d’incongruités donc inapplicables.

Ainsi, la mise en œuvre de la loi sur la réforme du système partisan et de celle sur le Code électoral a conduit à une situation d’impasse électorale.

L’opposition appelle à une concertation de la classe politique en vue de solutions consensuelles le 19 février 2019.

Le Président Patrice TALON esquive le 25 février 2019.

Un complot de retour à un parlement de type ANR  (Assemblée Nationale Révolutionnaire ) est ourdi par le pouvoir de la rupture avec Patrice TALON lui-même à la manette.

La CENA a été contrainte visiblement à prêter faveurs aux seules deux formations politiques de Patrice TALON érigées par obscurantisme d’Etat en partis politiques. Et, par enchantement, ces deux seuls désormais partis - le bloc républicain (br) et l’union progressiste (up) - sont qualifiés pour prendre part aux élections législatives du 28 avril 2019.

Toute l’Opposition est exclue.

Tous les partis politiques estimés hostiles à Patrice TALON sont disqualifiés.

Une crise politique s’installe.

La communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest CEDEAO est saisie.

Le 06 mars 2019, le Président Patrice TALON reconnaît l’impasse et appelle dans une déclaration publique à une sortie de crise.


Mais dans les faits, il choisit la voie du pourrissement et de l’enlisement :

- Il confie au Président de l’Assemblée Nationale Me Adrien HOUNGBEDJI, le dénouement de cette crise (feignant d’ignorer le rôle de celui-ci dans le vote des lois inapplicables qui plombent actuellement l’organisation apaisée des élections législatives du 28 avril 2019 );

- Il ne rappelle à l’ordre ni les membres de son Gouvernement qui continuent de déclarer que seuls les deux partis politiques du Président TALON prendront part aux élections législatives du 28 avril 2019, ni ses députés du bmp qui se déclarent avec véhémence hostiles à toute solution consensuelle de sortie de crise.

Et ça traîne depuis le 06 mars 2019. Pourtant, il y a urgence à agir. 

L’Opposition depuis le 18 février 2019, ne cesse d’attirer l’attention de l’opinion nationale et internationale sur le coup de force planifié et en cours d’exécution au BÉNIN contre la première démocratie issue de la première Conférence Nationale pacifique en Afrique.
La responsabilité personnelle de Patrice TALON est engagée contre l’ordre républicain et démocratique hérité de la Conférence Nationale de 1990.


LA PRÉCONISATION :


1 - Méthodologie :


• Concertation de la classe politique en configuration Opposition / Mouvance à l’effet de la réalisation d’un large consensus sous la médiation d’une personnalité indépendante et crédible.

• Traduction à l’Assemblée Nationale du consensus obtenu en actes législatifs par l’adoption de nouvelles lois garantissant des élections inclusives et dans un climat apaisé.

• Prise d’actes réglementaires conformes aux exigences du consensus obtenu.

• Mise en place d’un mécanisme de suivi et de facilitation de mise en œuvre des mesures arrêtées par la feuille de route du consensus qui a force exécutoire.


2- Éléments excluants:


• Le risque de retour à la pensée unique par l’initiative de deux partis politiques par le Président de la République Monsieur Patrice TALON :

Les partis bloc républicain (br) et union progressiste (up) sont la création du Président de la République, Monsieur Patrice TALON. En réalité, il s’agit de deux sections figurées d’un parti unique déguisé et fantôme érigé sur le socle politique du BMP. Nous sommes dans le cas d’un parti-Etat de type nouveau.

Il faudra interdire de telles pratiques visant à la la falsification du système partisan et à une fausseté du jeu démocratique.

Aucune individu ne doit ni promouvoir, ni créer plus d’un parti politique. Le br et l’up doivent être dissouts. En ne le faisant pas, le risque est le contrôle par une seule fraction politique et de l’espace réservé à la majorité et de l’espace réservé à l’Opposition au profit d’un seul homme - le promoteur – ici, Patrice TALON.

Nous sommes dans le cas d’une confiscation du pouvoir législatif par Patrice TALON,  par le truchement d’une parodie électorale  en perspective et nous devons tous, nous dresser contre.


• Le certificat de conformité :

Le certificat de conformité est inventé pour aider les formations br et up à franchir le cap de l’article 19 de la Charte des partis politiques et pour confisquer le récépissé des partis politiques de l’Opposition bénéficiaires des dispositions transitoires de l’article 56 de la même loi.

Le 14 février 2019, le Ministre de l’Intérieur s’en justifiait avec peine.

Les réformes projetées sous le couvert de la Charte des partis politiques et du Code électoral sont des alibis pour ourdir la décapitation du pluripartisme et pour l’instauration du monolithisme politique de tristes mémoires; tous nous devons nous lever contre ce complot, cette dérive despotique.
Le certificat de conformité doit être dénoncé, interdit et supprimé.


• Les alliances entre partis politiques :

La politique est essentiellement fondée sur le couple alliance/mésalliance. La dialectique entre les combinaisons d’idées, de visions est fonction des rapports de forces à travers les équilibres entre jeux et enjeux politiques sur l’échiquier politique. Les alliances constituent un facette existentielle de la liberté d’association, fondement et présupposé majeurs de la démocratie moderne et il est une incongruité de vouloir les interdire. Nous devons nous dresser contre toute ruine du substrat de la politique en démocratie moderne que constitue le couple alliance/mésalliance.


• L’article 242 et la falsification de la représentativité:

Hormis l’illisibilité de cette article par ceux-là mêmes qui l’ont inspiré, c’est l’illogisme du seuil de 10% au plan national qui vide le Code électoral des exigences que sont l’équité et la justice sans lesquelles aucune disposition ne saurait acquérir le statut de loi.  L’imposition du seuil de 10% est une source potentielle du vol aux électeurs concernés du suffrage exprimé par eux dans leurs circonscriptions électorales, avec le risque de l’instauration d’une démocratie à représentation injuste, tronquée et faussée.


• L’indécence de la caution de 249 Millions :

Il s’agit d’une indécence ridicule et avilissante. Il convient de ne pas nous divertir sur cette singularité mondiale qui renseigne sur la psychologie pathologique des auteurs de la sélection du droit électoral par la discrimination censitaire. Ici, c’est l’intrusion de la perversion de l’argent avec le risque de l’instauration de l’apartheid électoral sans aucun compte tenu du pouvoir d’achat très faible, caractéristique du béninois dans sa larges diversité d’une région à une autre, d’une catégorie sociale à une autre et même au sein des mêmes classes sociales ou des mêmes communautés ...

Nous devons nous dresser contre une telle moquerie envers les plus pauvres porteurs pourtant de plus grande probité envers l’intérêt général.



3 - Rencontre SOGLO/TALON :


Il se dégage un contraste entre optimisme du Président SOGLO et pessimisme du double langage du clan TALON. TALON a accordé de recevoir SOGLO à la demande de SOGLO. Quel est le bilan de cette rencontre ?

La piste HOUNGBEDJI montre ses limites et échoue. Le pourrissement continue de plus bel avec les thuriféraires de Patrice TALON retranchés au sein du BMP et sous l’armure prédatrice de la dictature de la majorité parlementaire.

Qu’en est-il de l’engagement fait par  Patrice TALON et rapporté par Nicéphore SOGLO ?

Je cite :
« Deux points majeurs méritent d’être soulignés :
1- Il mettra tout en œuvre, malgré les difficultés prévisibles, pour revenir aux lois qui ont permis son élection en 2016 sans qu’il soit besoin de toucher à la Constitution de 1990.

2- Il est aussi disposé à examiner favorablement, et dans les meilleurs délais, la proposition de Monseigneur GANYE, d’une loi d’amnistie en faveur de nos compatriotes actuellement en exil. »

Nicéphore D. SOGLO, Déclaration sur la crise de la Démocratie au Bénin le pays des Conférences Nationales Souveraines en AFRIQUE, Cotonou, 21 mars 2019 ».


Même si pour être bien vu dans ce pays, nous devons nous résoudre à la sagesse des trois singes et que je dois laisser chacun à son examen de conscience, nous devons exiger de la Présidence de la République une déclaration officielle sur ces engagements qui auraient été pris par le Président Patrice TALON tel que rapporté par le Président Nicéphore SOGLO.



4 - Comprendre ce qui est en jeu et quel est l’enjeu :


Nous sommes dans un coup d’Etat mafieux au Bénin. Ici, sous le pouvoir de la rupture, l’argent remplace la kalachnikov. Une excessive vénalité a ruiné toute dignité, tout sérieux et toute crédibilité à la plupart des acteurs politiques. La déchéance du politique a atteint un pourrissement tel que l’impression me ronge de me résoudre à suspecter que chacun attend son prix pour rompre l’identité entre sa conscience, son être et son paraître.  A la limite, parmi le peu de crédibilité qui existe encore, beaucoup ne comprennent pas ce qui se joue (le coup de force en cours) et ce qui est l’enjeu (le pluralisme politique, la Démocratie et l’Etat de droits).

Certains esprits réducteurs ne s’efforcent par d’examiner les faits sans les œillets des préjugés. D’autres épargnent les faits au profit d’égarements fixés sur l’ignorance et l’inconscience. Il y en existe qui ont fait le choix de n’orienter leur libre-arbitre que sur le soutien 100% aveugle à tel ou le dénigrement 100% aveugle à tel autre.

La politique est discours. Mais pas n’importe quel discours. Le discours politique est exigence de pertinence. La pertinence en politique est éprouvée par la résistance aux exigences des valeurs et des principes inscrits dans le marbre constitutionnel.

Qu’est-ce qu’un coup de force ?

« Un coup de force consiste, in globo,  en une opération qui vise sans tenir compte des principes ou des procédures mises en place, à prendre le pouvoir ou à le renforcer ». Me DORLEAN Jean Fritz Noldy.

Nous avons cette expression de coup de force dans l’article 66 de la Constitution, article 66 qui évoque en le réprimant  le « cas de coup de force quelconque »
Le concept « coup de force » est également utilisé dans le domaine administratif précise l’auteur de cette signification.

Qu’est-ce qu’un coup d’Etat ?

C’est « un acte d'autorité consistant dans une atteinte réfléchie, illégale et brusque, aux règles d'organisation, de fonctionnement ou de compétence des autorités constituées, atteinte dirigée, selon un plan préconçu et pour des raisons diverses, par un homme ou par un groupe d'hommes réunis en un parti ou un corps ; dans le but soit de s'emparer du pouvoir, soit d'y défendre ou d'y renforcer sa position, soit d'entraîner une simple modification de l'orientation politique du pays ». (Source : Wikipédia).

« Un coup d'État se définit seulement comme étant un coup de force dans le but de s'accaparer du pouvoir politique en utilisant des procédés illégaux », ajoutera Me DORLEAN.
Dans le cas qui nous intéresse, c’est la corruption qui abuse de la cupidité et de la vénalité de la quasi-totalité de la classe politique de notre pays.
Mais je n’occulte pas que le coup d’Etat peut être armé ; on parlera de putsch ou coup d’Etat militaire.

Ce qui est en cours est le vol des législatives de 2019, des présidentielles de 2021 en passant par la mise à sac de la Constitution de décembre 1990, le vandalisme des élections communales, municipales et locales de l’année prochaine.

Nous sommes devant un hold-up mafieux et rocambolesque sur la Démocratie moderne, sur l’Etat de droits, sur les Acquis du Renouveau démocratique.

Je vous l’avoue, nous sommes en train de vivre les derniers moments d’un Bénin, État de droits et de Démocratie moderne.



5 - Les limites interdites par l’article 66 de la Constitution de la République :


La Constitution a prescrit à chaque citoyen ce qu’il doit faire en de pareilles circonstances. Nous avions en 1990, prévu qu’un jour des délinquants d’un type crapuleux, une fois le sommet de l’Etat atteint, pourraient être atteints de la folie de l’érosion et de la remise en cause du pacte républicain.

Quelle est la nature du régime politique de la République du Bénin ?

Rappelons que c’est la République du Dahomey (1958) entre temps appelée République Populaire du Bénin  (en 1975) qui est devenue le 1er mars 1990, la République du Bénin. Elle a pour fondement, la Démocratie moderne, l’Etat de droits, le pluralisme politique.

Chacun devra retenir cette caractéristique de la République du Bénin.

Ces trois clôtures de notre pays ne sauraient être démolies par l’un quelconque d’entre nous.
Ne pas le retenir amènera à croire et à faire croire qu’au Bénin, tout est permis impunément.


6 - Limites interdites :


A l’examen de la situation que nous vivons, et que nul n’ignore, nous avons décidé de rappeler à chacun le libellé de l’article 66 de notre Constitution qui fixe des limites politiques infranchissables en République du Bénin.

« Article 66:
En cas de coup d’Etat, de putsch, d’agression par des mercenaires ou de coup de force quelconque, tout membre d’un organe constitutionnel a le droit et le devoir de faire appel à tous les moyens pour rétablir la légitimé constitutionnelle, y compris le recours aux accords de coopération militaire ou de défense existants.
Dans ces circonstances, pour tout Béninois, désobéir et s’organiser pour faire échec à l’autorité illégitime constituent le plus sacré des droits et le plus impératif des devoirs ».


Nous invitons tous le peuple et tous les démocrates indépendants et libres à rester mobilisés, engagés et prêts pour empêcher toute forfaiture et toute remise en cause de la profession de foi de la République telle que consignée dans le préambule de la Constitution de 1990.


7 - Appel à la mobilisation générale


Mesdames et Messieurs,
Chers invités,
Mesdames et Messieurs les journalistes,
Militantes et Militants,

Notre pays, à grand pas, fonce vers un désastre despotique et un déni de démocratie à travers le complot qui se prépare minutieusement contre les élections législatives du 28 avril 2019.

Nous avions avec les FCBE et avec les partis politiques qui partagent notre engagement libre de défendre la Démocratie et l’Etat de droits quoiqu’il peut nous en coûter, donné l’alerte le 18 février 2019. Le 19 février 2019 nous avions appelé le Chef de l’Etat, Monsieur Patrice TALON, à sa responsabilité en lui indiquant la voie prévue par la Charte Africaine sur les élections, les accords de BAMAKO, de DAKAR, de LOMÉ et surtout les exigences de la CEDEAO : la réunion de l’ensemble de la classe politique en vue de solutions consensuelles pour l’organisation dans un climat apaisé des élections législatives inclusives, crédibles.

Le 06 mars 2019, date à laquelle le Président de la République a reconnu l’impasse électorale, tout devrait être mis en œuvre, afin que la recherche du consensus, se fasse simultanément avec l’arrêt du processus électoral.

Hélas!

Nous assistons à une comédie politique, qui n’est rien d’autre que la carte du pourrissement.
Au cours de la plénière du vendredi 22 mars 2019 à l’Assemblée Nationale, le Député André OKOUNLOLA dans son intervention a dit :
« Si, le consensus, pour vous de la minorité, c’est que nous puissions remettre en cause ce que nous avons voté dans le code électoral, alors vous ne l’aurez jamais, car nous n’allons jamais vous le concéder ».

Distraire les acteurs politiques nationaux, souffler le chaud et le froid avec la communauté internationale et sous-régionale, faire du dilatoire à l’Assemblée Nationale, tenir un double langage, d’une part, avec le médiateur imposé, Maître Adrien HOUNGBEDJI et, d’autre part, radicaliser les positions de sa majorité mécanique à l’Assemblée Nationale, voilà le tableau lugubre et pas sincère sur lequel jouent le régime actuel et ses soutiens au parlement.

L’opposition joue la carte de la franchise et du dialogue dans un contexte où la mouvance présidentielle ruse et prépare le pire pour notre démocratie.

Des appels et des mots d’ordre populaires de résistance nationale seront lancés sans autorisation en fonction de notre appréciation de l’évolution de cette impasse électorale et de cette crise préélectorale occasionnée de toute pièce par le pouvoir dit de la rupture.

Enfin, aujourd’hui 27 mars 2019, il y a deux ans que, redoutant les conséquences dommageables de ce qui se complote, j’ai décidé non seulement de m’en séparer mais également de le combattre.

Mon combat n’est dirigé contre la personne de qui que ce soi.

Certains pensent que je suis contre la personne de Patrice TALON. Il ne s’agit pas de sa personne mais je ne suis pas d’accord avec le troc de la Démocratie moderne, de l’Etat de droits, des Acquis de la Conférence Nationale auquel s’adonne sa politique contre le retour à un despotisme grégaire au profit d’intérêts particuliers.

Mon combat est un combat pour la préservation des engagements de la Conférence Nationale de février 1990 tels que consignés dans la Constitution de la République surtout en son préambule.

Mon combat est pour l’amélioration des conditions de vie de nos communautés.

Je ne cours derrière ni grade, ni poste encore moins derrière aucun avantage, aucune matérialité. 

Ce dont il est question, est plus grand que les calculs particuliers - logos et egos, petits sièges de députés serviles, strapontins politiques et affairisme ... -   ils s’agit de la préservation de la Démocratie moderne, de l’Etat de droits et du pluralisme politique, de l’observance de la profession de foi de la République du Bénin telle que consignée dans le préambule de la Constitution de 1990.

Je voudrais m’acquitter d’une promesse faite tout au début de cet entretien, vous offrir un mot d’espoir avec Conficius :

« Notre plus grande gloire n’est pas de ne jamais tomber, mais de nous relever à chaque fois que nous tombons.»
CONFICIUS.

Je vous remercie.

Vive le Bénin !

Vive la Démocratie !

Vive l’Opposition !

Dieu bénisse le Bénin !