vendredi 24 mars 2017

L’intégralité du discours à la nation de Patrice Talon

Face au débat ambiant sur la modification constitutionnelle

Un peu d'une semaine après l'envoi par le Gouvernement à l'Assemblée nationale du Projet de loi portant modification de la Constitution du 11 décembre 1990, un grand débat s'est instauré, laissant des constitutionnalistes s'exprimer sur les propositions de l'Exécutif, sans compter que des citoyens de tous ordres ont vu déchaîner leur ardeur à opiner sur la question. Dans ces conditions, le Chef de l'Etat, Patrice Talon, s'est adressé à la nation, dans la soirée du jeudi 23 mars 2017. 

Le Président Patrice Talon s'adressant aux Béninois


Discours du Président de la République à la Nation



Béninoises, Béninois,

Mes chers compatriotes,
Il y a un an, lors de la campagne électorale et à mon entrée en fonction, je me suis engagé publiquement à opérer les réformes politiques et institutionnelles sans lesquelles, l’aspiration légitime de notre peuple à la prospérité, serait indéfiniment compromise.
Ces engagements, je les ai pris devant chacune et chacun d’entre vous, et je suis persuadé qu’ils ont contribué, pour une grande part, à la confiance que vous m’avez accordée.
L’éthique de la parole donnée, le respect des engagements pris devant le peuple, font partie intégrante des valeurs démocratiques et de la bonne gouvernance.
Respecter les engagements solennellement pris devant le peuple, c’est respecter le peuple.

Mes chers compatriotes,

C’est pourquoi, dès la formation de mon Gouvernement, j’ai mis en place une commission nationale chargée d’examiner la pertinence et la faisabilité des orientations et propositions contenues dans mon projet de société.
La composition de cette commission, où ont siégé les diverses sensibilités politiques, les sommités universitaires, les forces sociales et morales de notre pays, témoigne de la volonté de mon Gouvernement d’associer à la réflexion, l’éventail le plus large des courants d’opinion.
Je tiens ici à rendre un hommage mérité à tous les membres de ladite commission ainsi qu’à toutes les forces morales, politiques, sociales et culturelles que j’ai consultées de diverses manières, et qui ont, en groupes larges ou restreints, participé à des échanges, écouté nos motivations et nos justifications et enrichi le débat de leurs précieuses appréciations et contributions.
C’est donc un processus inclusif qui a conduit à l’élaboration du projet.

Mes chers compatriotes,
Le débat sur les mérites ou les défauts d’une Constitution, sur la nécessité de l’abolir ou pas, de réviser ou pas telle ou telle de ses dispositions, est un débat sans fin, chaque jour enrichi de nouveaux arguments, chaque jour relancé par des franges d’opinions nouvelles.

Il en est ainsi dans notre pays, comme dans toutes les démocraties du monde et cela doit être perçu comme un signe de vitalité, un signe de bonne santé démocratique. Je m’en réjouis et je nous en félicite.

Arrive, cependant, un moment où il faut arbitrer, opérer des choix en ayant à l’esprit que ce moment doit être une période de sérénité, d’accalmie politique et donc éloigné des échéances électorales, pour que la réforme n’encoure pas la critique d’une révision opportuniste.

A ce propos, le projet que j’ai soumis au Parlement, n’est constitué que de deux articles, et suggère sans ambiguïté en son article 2 ce qui suit :

« La présente loi constitutionnelle ne constitue pas l’établissement d’une nouvelle Constitution et n’emporte pas l’entrée en vigueur d’une nouvelle République. Elle entre en vigueur dès sa promulgation et sera exécutée comme loi de l’Etat. »

Cette clarification vise à rassurer de la portée objective du projet et de son dessein de ne servir que la cause de notre Patrie.

Mes chers compatriotes,
C’est tout cela qui me fonde à proposer un mandat présidentiel unique, à proposer le couplage des élections législatives avec les élections des collectivités territoriales, notamment communales.
Ce sont aussi les avis émis par les uns et les autres et cette expérience partagée avec vous, qui me fondent à proposer la restructuration de notre Cour constitutionnelle et de notre Haute Cour de Justice, pour asseoir dans notre pays, une véritable culture de la responsabilité et de la reddition de comptes par les dirigeants politiques.
Ce sont encore ces avis et cette expérience partagée avec vous, qui me fondent à vouloir le regroupement et la réduction du nombre des partis politiques, grâce en particulier au financement public de leurs activités, toute chose qui permettrait par ailleurs de mettre un frein à leur dépendance vis-à-vis des puissances d’argent.
Ce sont enfin ces avis et l’expérience partagée avec vous, qui me fondent à proposer une discrimination positive en faveur des femmes, pour promouvoir leur accès aux instances de décision, à l’échelle nationale comme à l’échelle locale, où nous savons qu’elles jouent un rôle déterminant.

Mes chers compatriotes,
Aussi ambitieux qu’il soit, le projet de révision de la Constitution reste perfectible. C’est animé de cette conviction, et m’appuyant sur les dispositions des articles 154, 155 et156 de la Constitution, que j’ai saisi l’Assemblée nationale pour son examen en session extraordinaire.
L’Assemblée nationale a fait droit à ma demande et a décidé de se réunir à compter de demain, vendredi 24 mars.
Durant cette session, elle étudiera le projet, débattra et délibérera, conformément à ses prérogatives constitutionnelles et dans le respect de son Règlement intérieur. Je veux ainsi dire qu’elle étudiera le projet en toute liberté et en toute souveraineté.
Ainsi, de même que mon rôle fut d’opérer des choix, de même le sien sera d’apprécier ces choix, de répondre aux questions que chacun d’entre nous est fondé à se poser : les modifications proposées renforcent-elles la démocratie ? Préservent-elles nos libertés ? Permettent-elles une meilleure reddition de comptes ? Organisent-elles mieux la vie politique ? Favorisent-elles le développement économique et social ainsi que l’épanouissement individuel et collectif ?

Chaque fois que la réponse à l’une de ces questions sera négative, pour l’une quelconque des propositions de modification, celle-ci pourra être rejetée.

Béninoises, Béninois,
Mes chers compatriotes,
L’histoire du monde enseigne que les nations qui surmontent les défis du développement et de la modernité, sont celles dont les leaders recherchent constamment les solutions qui dépassent les conservatismes et les clivages habituels, qui se projettent dans le temps et créent de meilleures conditions d’existence pour les générations à venir.
Les débats actuels font monter à l’entendement de tous, les appréhensions et les inquiétudes de chacun. Je les entends et les comprends parfaitement.
Pour autant, faut-il se satisfaire de l’apparente stabilité du moment et renoncer à une consolidation durable de nos institutions et de notre Etat ?
Pour ma part, j’ai inscrit mon mandat dans une perspective de transition qualitative qui donne à construire davantage la Nation, davantage l’Etat, davantage la démocratie, et davantage la bonne gouvernance.
Tout ceci, pour engager réellement la transformation pertinente de notre modèle politique.
Ce sont, dans le fond, les objectifs du projet que j’ai transmis à l’Assemblée nationale, et pour lequel je souhaite une réponse favorable. Ceci, dans l’espoir que les réformes promises et dont le Peuple m’a chargé depuis le 6 avril 2016, continueront de se mettre en place en respect du choix souverain de ce même peuple.

Vive le Bénin !
Je vous remercie.

jeudi 23 mars 2017

’’Les radars environnementaux’’ : un Projet sur fond de compétition photographique

Dans le cadre d’une présentation d’Achille Zohoun

Le Projet, ’’Les radars environnementaux’’, a été lancé, le samedi 18 mars 2017, au Centre culturel ’’Artisttik Africa’’ du quartier Agla, à Cotonou. Au-delà d’un concept de sensibilisation et d’action sur la salubrité et sur la sauvegarde de l’environnement, l’Organisation non gouvernementale, ’’Actions culturelles et paysagères’’, dirigée par Achille Zohoun, a mis au jour une compétition photographique d’un caractère particulier.

Achille Zohoun, dans sa présentation du Projet ''Les radars environnementaux''
Des photographes amateurs ou professionnels, de 18 à 50 ans, peuvent faire valoir leurs photos de description de la pollution de l’environnement. Le principe cardinal du concours lancé par l’Ong ’’Actions culturelles et paysagères’’, le samedi 18 mars 2017, au Centre culturel ’’Artisttik Africa’’ de Cotonou. Cet événement se déroulait dans le cadre de la vulgarisation des tenants et des aboutissants du concept, ’’Les radars environnementaux’’ qu’Achille Zohoun, Président de l’Organisation, s’est chargé de développer.
A en croire celui-ci, il ne faudrait plus « se taire face aux situations de violation de l’environnement ». C’est ainsi que la première phase des ’’radars environnementaux’’ consistera à proposer des solutions concrètes aux faits de pollution de la nature. Dans une seconde, les concurrents désireux de participer à la compétition photographique devront immortaliser des scènes d’atteinte à l’intégrité de l’environnement, envoyer ces photos en se conformant aux conditions contenues dans le règlement du concours. Pour Achille Zohoun, les meilleures d’entre elles seront sélectionnées afin d’alimenter des expositions sur les espaces publics et dans les établissements scolaires, ce qui devrait amener à « inter-agir » avec les populations, à les informer et à les sensibiliser sur la Loi-cadre sur l’Environnement. Celles-ci se verront ainsi mises à face à leurs mauvais comportements contre la nature et sur les conséquences néfastes qui en découlent et dont elles-mêmes peuvent être victimes.
Par ailleurs, les photos lauréates serviront de fondement à la réalisation de documentaires à diffuser sur les télévisions en ligne, et à l’impression d’un guide que l’on fera circuler dans les structures scolaires. Les affiches qui seront aussi réalisées à partir de ces photos seront diffusées dans ces lieux et celles qui auront été reconnues comme les meilleures seront exposées sur les sites d’origine où la transgression des règles environnementales a donné lieu à leur prise par les concurrents.



Une phase autant pratique

L’autre étape remarquable du concours relatif aux ’’radars environnementaux’’ amènera à mettre en place des ’’toilettes sociales’’, selon les termes d’Achille Zohoun. Pour lui, il s’agit d’un système qui permettra de créer un label en la matière, d’une part, et une base de données, d’autre part, ces données liées au réseau de ces toilettes sociales purement privées, qui seront aménagées dans des domiciles volontaires, contre une certaine compensation financière, ce qui permettra aux populations d’aller y satisfaire leurs besoins d’évacuation des selles. Au cas où, sur des endroits de pollution de l’environnement, il n’y aurait pas de volontaires pour la conversion de leurs toilettes en sociales, des toilettes sociales seront purement et simplement construites ; elles présentent uns structure double, l’une des parties pour uriner et, l’autre, pour faire ses besoins.
« C’est une responsabilité collective », s’est écrié Achille Zohoun, qui a achevé son exposé par un appel aux bonnes volontés personnelles ou institutionnelles pour accompagner l’Ong ’’Actions culturelles et paysagères’’ dans un processus si laborieux et salvateur.
Dernier acte de l’événement : le lancement du site internet de l’institution, www. actionsculturellespaysageres.org. Les personnes intéressées par le concours photographique peuvent aussi y postuler, la date limite pour l’envoi des œuvres étant fixée au 15 août 2017.

Marcel Kpogodo