dimanche 15 janvier 2017

Ficmec 2017 : l’Isma remporte le Grand prix ’’Pascal Abikanlou’’

Suite à la délibération des membres du Jury


Depuis la soirée du samedi 14 janvier 2017, les rideaux sont tombés sur la première édition du Colloque international organisé dans le cadre du 10ème anniversaire de l’Institut supérieur des métiers de l’audiovisuel (Isma), sur le thème « L’audiovisuel à l’ère du numérique en Afrique » et, surtout, sur la première édition du Festival international du court-métrage des écoles de cinéma (Ficmec), ce qui a débouché sur la publication par un jury constitué à cet effet du palmarès des 9 vainqueurs d’une compétition cinématographique ayant opposé une dizaine d’écoles de cinéma, donnant vainqueur de la suprême distinction, un jeune réalisateur camerounais.

Quelques lauréats ou leur représentant posant avec les membres du Jury
’’Papa je suis là’’. Le titre du film de fiction de 13 minutes ayant remporté le Grand prix ’’Pascal Abikanlou’’, la plus grande distinction du Festival international du court-métrage des écoles de cinéma (Ficmec), à l’issue de la délibération du Jury constitué à cet effet. C’était le samedi 14 janvier 2017, en soirée, à la Salle ’’Gbèhanzin’’ d’ ’’Azalaï Hôtel de la plage’’, à Cotonou. Présidé par le Professeur d’origine libanaise, Elie Yazbek, ce Jury était composé de deux autres membres : la cinéaste béninoise, Christiane Chabi-Kao, et l’universitaire ivoirien, musicologue réputé, Hien Sié.
Selon la première de ces personnalités, le jeune réalisateur camerounais, en fin de formation à l’Institut supérieur des métiers de l’audiovisuel (Isma), Abdallah Kadjouk Mahamat, est celui ayant réussi à rassembler le plus de points concernant des critères d’une grande exigence : la qualité technique, celles artistique et esthétique et, enfin, l’originalité du traitement. Ainsi, il remporte le Grand prix ’’Pascal Abikanlou’’. 
Une véritable performance lorsqu’on sait que le lauréat s’est engagé dans une compétition d’une rudesse remarquable, étant donné que 70 films émanant de 14 écoles de cinéma ont concouru, pour les 10 pays que sont l’Afrique du Sud, le Bénin, la Belgique, le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Ghana, le Niger et le Togo. Et, trois catégories de films ont été recensées, ce qui donne 55 films de fiction, 11 films documentaires et 4 d’animation.
Finalement, sur les 9 distinctions décernées, le Bénin et le Burkina Faso dictent leur loi par le décrochage, chacun,  de deux trophées or, sculpture de la très symbolique jarre trouée du Roi Guézo. Du côté du premier pays, l’Isma s’est imposé, notamment, dans la catégorie ’’Meilleur montage’’. Pour un établissement d’enseignement supérieur qui a déjà beaucoup fait parler de lui par de nombreuses distinctions de poids, remportées à l’extérieur, il n’y a pas de doute que sa mainmise sur le cinéma africain sera une réalité, surtout lorsque d’anciens étudiants arriveront à arracher dans leur gibecière d’autres prix prestigieux, à l’instar d’Aymar Essè qui, après ’’La pierre de Kouta’’, se fraie un chemin d’excellence dans la sous-région et en Occident.
Concernant le Burkina Faso, pays africain reconnu du cinéma, il n’est pas trop une surprise qu’il ait conquis deux prix. Ce qui impressionne néanmoins reste que ce sont deux écoles différentes qui ont réussi à se hisser sur le piédestal de la reconnaissance de la cinématographie d’école : l’Institut ’’Imagine’’ et l’Institut supérieur de l’image et du son (Isis) qui, respectivement, marquent leur passage à la première édition du Ficmec en se faisant décerner, de par la qualité du travail de leurs représentants respectifs, la distinction dans les catégories ’’Meilleur son’’ et ’’Prix du public’’.
Pari gagné donc, pour le Colonel Marcellin Zannou, Président-fondateur de l’Isma, qui, en lançant une initiative de compétition cinématographique, dans le cadre du dixième anniversaire de cet établissement d’enseignement supérieur, a innové et placé aussi bien l’Isma que le Bénin sous les feux de la rampe. En effet, le Ficmec étant une biennale, de même que le Colloque international qui l’accompagne, tous les deux ans, ces deux rendez-vous seront attendus et, avant cela, préparés, avec beaucoup d’anticipation, dans les écoles de cinéma du monde entier et dans les milieux de la recherche, pour le secteur spécifique du cinéma. Ceci, à la longue, fera du Bénin, un carrefour incontournable du cinéma africain et mondial ; ce pays verra se côtoyer des sommités scientifiques et pratiques, et des noms de la jeune pousse qui, par un travail plus exigent, s’engageront dans la sphère sacrée de la postérité.


D’autres distinctions


Serge ThéophileBalima, à gauche, recevant son trophée de félicitations des mains du Colonel Marcellin Zannou
En dehors des étudiants en cinéma, 4 personnalités ont été personnellement honorées par le Colonel Marcellin Zannou : le Professeur burkinabé, Serge Théophile Balima, qu’il a présenté comme l’âme intellectuelle du Colloque international qui a clos ses travaux le vendredi 13 janvier dernier, à l’Institut français de Cotonou. 

De gauche à droite, le Professeur Hien Sié, Christiane Chabi-Kao et le Professeur Elie Yazbek, les membres du Jury, en possession de leur trophée de félicitations
A part cette personnalité à l’humour fin, Christiane Chabi-Kao, et les Professeurs Hien Sié et Elie Yazbek ont aussi reçu un trophée de félicitations de la part de la première autorité de l’Isma, chacune d’elles l’ayant impressionnée à travers des actes antérieurs d’excellence scientifique et professionnelle, et par leur contribution à la réussite de la première édition du Ficmec et du Colloque international.

Marcel Kpogodo    



Palmarès du Ficmec 2017

1.      Meilleur son
Titre du film : ’’Le prix de l’engagement’’ – Institut ’’Imagine’’ (Burkina Faso)
Réalisateur : Daouda Zallé

2.      Meilleur montage
Titre du film : ’’Ménage à trois’’ – Isma (Bénin)
Réalisateur : Sorel Agbodémakou

3.      Meilleure image
Titre du film : ’’Z’lain’’ – Esav (Maroc)
Réalisateur : Jean-Boris Oué

4.      Meilleur film d’animation
Titre du film : ’’Paradise’’ – Ritcs (Belgique)
Réalisatrice : Laura Vandewynckel

5.      Meilleur film documentaire
Titre du film : ’’Story of fatat’’ – Iesav (Liban)
Réalisateur : Ibrahim Harb

6.      Meilleur film de fiction
Titre du film : ’’Homeless’’ – Afda (Afrique du Sud)
Réalisateur : Nathan Rice

7.      Prix du public
Titre du film : ’’30 octobre’’ – Isis (Burkina Faso)
Réalisateur : Césaire Kafando

8.      Coup de cœur du Jury
Titre du film : ’’Tugulmust, le turban dans l’Azawagh’’ – Iftic (Niger)
Réalisateur : Ali Abdou

9.      Grand Prix ’’Pascal Abikanlou’’ 
Titre du film : ’’Papa je suis là’’ – Isma (Bénin)

Réalisateur : Abdallah Kadjouk Mahamat  

M.K.

vendredi 13 janvier 2017

L’Upmb publie une déclaration de protestation contre la Haac

A l’issue du sit-in du vendredi 13 janvier 2017


Dans la matinée du vendredi 13 janvier 2017, les journalistes béninois, réunis au sein de l’Union des professionnels des médias du Bénin (Upmb), ont tenu un sit-in dans la cour de la Bourse du travail, à Cotonou. Il s’agissait de protester contre la promesse non tenue du Président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac), Adam Boni Tessi, de faire traiter avec diligence par son institution la question de la fermeture de sept radio et télévisions privées, au cours du mois de novembre 2016. La manifestation a débouché sur la lecture d’une déclaration forte par le Président de l’Upmb, Franck Kpochémè. En voici l’intégralité …


De gauche à droite, Noël Chadaré, Secrétaire général de la Confédération des organisations syndicales indépendantes du Bénin (Cosi-Bénin), Franck Kpochémè et Anselme Amoussou, Secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes du Bénin (Csa-Bénin), à la Bourse du travail


DECLARATION DE L’UNION DES PROFESSIONNELS DES MEDIAS SUR LA SUSPENSION MASSIVE ET INFONDEE DE MEDIAS AUDIOVISUELS PAR LA HAAC

                                                En qualité d’instance corporatiste à caractère fédéral et syndical des divers métiers de l’information, l’Union des Professionnels des Médias du Bénin (UPMB) exprime son indignation face au retard extraordinaire qu’accuse la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) à procéder à la réouverture des médias audiovisuels (radios et télévisions) arbitrairement suspendus. C’est l’occasion pour l’association des journalistes et des corps de la presse de déplorer la brutalité dont a fait montre le Président de la HAAC en prenant la mesure conservatoire la plus calamiteuse de l’histoire.
                          
                                                   En effet, nous comprenons  que le Président de notre institution de régulation a voulu tout simplement abuser de la confiance des professionnels des médias qu’il avait rassurés d’un rétablissement des entreprises de presse concernées, ceci, au lendemain de la Conférence des Instances de Régulation de Communication d’Afrique (CIRCAF), tenue, à Cotonou, du 06 au 08 décembre 2016. C’est en créditant le Président Adam Boni TESSI de bonne foi que les associations professionnelles ont, non seulement suspendu l’appel au boycott de la couverture médiatique de la CIRCAF, lancé, à travers un communiqué conjoint, en date du 30 novembre 2016, mais aussi, ont participé aux travaux. 
                                            S’il est vrai que des textes de loi accordent la possibilité au Président de la HAAC de prendre des mesures conservatoires, il n’en demeure pas moins que les mêmes réglementations ont prévu des démarches à observer, mais qui ont été méconnues par Monsieur  Adam Boni Tessi. Dans le cas d’espèce, il importe de se demander si les faits reprochés auxdits organes sont réellement constitués et, même s’ c’était le cas, en quoi la suspension peut être la bonne solution? Même si le Président de la HAAC croit mettre en application l’article 55 de la Loi organique, il convient de rappeler qu’à l’instar de l’article 46 de ce même texte de loi, le Code de l’Information et de la Communication prévoit des cas de rappels à l’ordre et de mise en demeure que le Président pouvait suivre, si les arguments avancés pour suspendre des médias étaient fondés. L’écrivain CHATEAUBRIAND n’a-t-il pas dit : « Plus vous prétendez compresser la presse, plus l’explosion sera forte. Il faut donc se résoudre à vivre avec elle ? ».

Aperçu de l'ambiance à la Bourse du travail, ce vendredi 13 janvier 2017

                                                 Pour avoir observé le maximum de patience face à une situation aussi chaotique, les journalistes béninois ont fait preuve de la sagesse nécessaire avant de  découvrir qu’ils ont affaire à un Président de la HAAC qui n’est pas prêt à entendre raison. En organisant le sit-in de ce jour, vendredi 13 janvier 2017, nous exigeons une réouverture sans délai et sans condition des organes victimes de l’excès de zèle d’un Président de la HAAC qui doit être le seul à connaître les motivations réelles de sa décision. Tout en rappelant que cette fermeture arbitraire et en grand nombre de stations de radios et de chaînes de télévision constitue une négation de la liberté de la presse, nous dénonçons une violation du droit du public à l’information. VOLTAIRE nous enseigne, à juste titre : « Soutenons la liberté de la presse, car c’est la base de toutes les autres libertés, c’est par là qu’on s’éclaire mutuellement ».

Non aux décisions anti-peuple !
Non aux attaques contre les libertés !
Non aux suspensions arbitraires des médias !

Plus jamais ça au Bénin !
                                      
Cotonou, le 13 janvier 2017



        Franck KPOCHEME