dimanche 12 août 2018

Deux prises de parole de Léonce Houngbadji en direction de la jeunesse

Dans le cadre des deux dernières lois sur la Charte des partis politiques et le Code électoral, et sur la Journée internationale de la Jeunesse

Léonce Houngbadji, Président du Parti pour la Libération du peuple (Plp), a initié deux réactions successives, parvenues à notre Rédaction. L'une concerne les lois sur la Charte des partis politiques et le Code électoral, l'autre, la Journée internationale de la Jeunesse, célébrée le dimanche 12 août 2018. Ces deux sorties présentent un point et un destinataire communs : la jeunesse ...
Léonce Houngbadji, au centre

Intégralité de la réaction de Léonce Houngbadji sur la Charte des partis politiques et le Code électoral

 « Par quelle alchimie un Béninois qui gagne sa vie à la sueur de son front trouvera-t-il 250 millions de F Cfa pour participer à une élection présidentielle ? Par quelle alchimie un parti politique qui n’est pas dans un commerce illicite trouvera-t-il 200 millions de F Cfa pour participer à une élection législative ? La jeunesse est clairement visée. C’est un complot contre les jeunes.
Depuis plus de deux ans, le Bénin a basculé dans un régime totalitaire. Nous vivons à l’heure de la NON-démocratie. La nouvelle charte des partis politiques et le code électoral en sont l’illustration.
Avec ces lois taillées sur mesure, il faut désormais être un bandit de grand chemin, un trafiquant de drogue, un braqueur de banques fédérales ou un criminel économique pour prétendre prendre part à une élection au Bénin, un pays très pauvre.

Ces mesures sont liberticides, scélérates, anticonstitutionnelles, antidémocratiques, discriminatoires et dangereuses pour la paix et l’unité nationale. Ces deux documents sont à déchirer et à brûler. Car ils nous divisent, ils nous opposent et brûleront à coup sûr le Bénin. C’est un poison, une bombe de destruction massive à mettre rapidement hors d’état de nuire.
Comme un seul homme, la jeunesse béninoise doit se lever pour dire NON à l’exclusion, NON à la légalisation de la corruption électorale, NON à la mise en place du parlement des riches, NON à l’élection du président des riches et des forts. On ne gère pas un pays comme on gère un commerce de quartier ou une cabine téléphonique.
Dans l’une de mes précédentes déclarations à la presse, j’avais dit que celui qui n’aime pas la compétition est un grand tricheur, un manipulateur, un fraudeur, un tyran, un César, un dangereux fondamentaliste.
Face à cette police politique mise en place par le président de la République, Patrice Talon, et ses députés du BMP pour empêcher la compétition électorale et réprimer les partis d’opposition, la communauté internationale, l’Union africaine, la Cedeao, l’Union européenne et les Nations Unies doivent réagir avant qu’il ne soit trop tard. 
Au niveau de l’opposition béninoise, nous faisons le travail nécessaire pour promouvoir l’inclusivité politique et la pleine participation des femmes et des jeunes aux compétitions électorales. Nous allons continuer de promouvoir et de défendre la démocratie et l'espace démocratique, afin de s’assurer que les élus à divers niveaux dans le pays obtiennent leur mandat et leur légitimité des urnes de manière totalement équitable ».



Intégralité du message de Léonce Houngbadji à l'occasion de la Journée internationale de la jeunesse 



Chers jeunes,

Le 12 août a été désigné Journée internationale de la jeunesse par l'Assemblée générale des Nations Unies et constitue une célébration annuelle du rôle des jeunes en tant que partenaires essentiels du changement. Elle permet d’attirer l’attention de la communauté internationale sur les problématiques liées à la jeunesse ainsi que de mettre en avant le potentiel des jeunes en tant que partenaires de la société d’aujourd’hui.
Au Bénin, les défis du marché du travail et un accès limité à la participation politique et civique ont conduit à un isolement croissant des jeunes dans notre société.
Les jeunes ont besoin d'espaces sécurisés où ils peuvent se réunir, s'engager dans des activités liées à leurs besoins et à leurs intérêts, participer aux processus de prise de décision et s'exprimer librement. Les espaces civiques leur permettent de s'engager dans des questions de gouvernance; les espaces publics leur offrent la possibilité de participer à des sports et à d'autres activités de loisirs dans leur communauté; les espaces numériques les aident à interagir avec le monde; et des espaces mieux agencés peuvent aider à répondre aux besoins de nombreux jeunes, en particulier, les plus vulnérables.
Lorsque les jeunes disposent d'espaces sûrs pour s'engager, ils peuvent contribuer efficacement au développement économique et social, y compris la paix, la cohésion sociale et l’unité nationale.
Le besoin d'espaces publics pour les jeunes, dans nos 77 communes et municipalités, afin de leur permettre d'interagir avec la famille et d'avoir un dialogue intergénérationnel constructif s’impose.
Alors que de plus en plus de jeunes grandissent dans un monde connecté sur le plan technologique, ils aspirent à s'engager plus profondément dans les questions politiques, civiques et sociales, et la disponibilité et l'accessibilité d'espaces sûrs deviennent encore plus cruciales pour en faire une réalité. J’exhorte le Gouvernement à donner la priorité à la fourniture d'activités de loisirs essentielles au développement psychologique, cognitif et physique des jeunes, afin d’améliorer la situation des jeunes.
Chers jeunes, je nous invite à être fiers d'être Béninois, à rêver et à voir les choses en grand. Nous avons la vie devant nous, et cette vie n'appartient qu'à nous, ne laissons personne nous la prendre ! Je  nous invite au rassemblement pour inventer un Bénin véritablement nouveau. Vous le savez, je suis contre la pensée unique et je nous incite à être unis, autonomes, responsables, libres et à s'engager pour le Bénin.
À ceux qui ne savent rien proposer d'autre à la jeunesse que de prolonger indéfiniment l'enfance, je veux opposer la morale de cette génération qui ne se reconnaissait que des devoirs.
Vous voulez étudier ? Vous voulez vous former ? Vous voulez entreprendre ? Je propose au Gouvernement la création d’une banque de la jeunesse pour le financement des activités des PME et des PMI.
Le travail, le mérite et l'effort doivent être nos valeurs. N'ayons pas peur ! Moi, je n'ai pas peur, et vous le savez très bien, car je crois dans les idées qui sont les miennes. Quand on a peur, on a déjà perdu !
Battons-nous !

Léonce HOUNGBADJI

lundi 6 août 2018

Les trois raisons de la colère noire de Grégoire Akofodji contre le régime Talon

Dans le cadre de l’installation du Bureau communal des Fcbe à Ouidah

Le samedi 4 août 2018 a été mis en place, à Ouidah, le Bureau communal des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), en présence de plusieurs délégués de cette formation politique dans les arrondissements de la Commune. L’événement s’est déroulé à l’Institut de Développement et d’échanges endogènes (Idée) sous la direction de l’ancien Député et ancien Ministre, Grégoire Akofodji, en tant que Conseiller politique du Parti précédemment indiqué. Ce fut l’occasion pour cette personnalité de se montrer profondément remonté contre la gouvernance du régime Talon, sur la base de trois griefs.

De gauche à droite, Grégoire Akofodji et Luc Sinzogan, au cours de la cérémonie d'installation
Les déguerpissements sans mesures d’accompagnement, l’importation des roches norvégiennes au Bénin et la lutte partiale contre la corruption. Les trois éléments d’accusation qu’a développés l’ancien Député et ancien Ministre Grégoire Akofodji, dans le milieu de la matinée du samedi 4 août 2018, à l’Institut de Développement et d’échanges endogènes (Idée), lors de l’installation du Bureau communal des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), pour le compte de la ville de Ouidah.
Concernant le premier point, selon ce Conseiller politique des Fcbe, les casses effectuées par le pouvoir de la Rupture « sont un désastre pour l’économie nationale d’autant qu’elles ont soumis des familles entières et, surtout, les femmes, à la ruine et à la désolation ». Pour ce qui est du deuxième, Grégoire Akofodji montre son incapacité de comprendre quand, aux fins de lutter contre l’érosion côtière, il voit le Gouvernement débloquer la monumentale somme de 150 milliards de Francs Cfa pour acquérir des roches en Norvège, pendant que celles-ci existent abondamment au Bénin. En troisième lieu, abordant la manière dont le pouvoir Talon mène la lutte contre la corruption, il n’a pas hésité à proposer, dans un ton véhément : « Que tous les Députés de la Minorité aillent offrir leur immunité parlementaire, tout de suite et, que le Gouvernement en fasse ce qu’il veut ! ». Appuyant cette simulation, l’ancien Ministre de la Justice sous le régime Yayi a entrevu même qu’on aille jusqu’à le faire emprisonner pour ses propos, concluant tout aussi violemment : « Le pouvoir a beau être fort, il ne pourra pas mettre tout le monde en prison ; il s’en trouvera d’autres pour continuer le combat ! ». Il n’a pas hésité, alors, à corser son propos : « Notre préoccupation est que ce régime qui, tous les jours, s’enrichit, dégage et rende compte au peuple ! ».


Préalables importants

Avant de déboucher sur une telle envolée, le Conseiller politique de l’ex-Parti au pouvoir a rappelé ses origines natales de la ville de Ouidah, comme pour lancer un défi au Chef de l’Etat, avec qui il partage la même provenance : « Personne n’est plus ’’ouidanien’’ que d’autres ; tous les Béninois ont les mêmes droits ». Ainsi, il a appelé les 17 membres du Bureau communal nouvellement installés à « être des soldats », à « se porter sur le front ’’Ouidah’’ », à « farfouiller, rue par rue, tata par tata », pour rassurer les populations et les préparer aux prochaines joutes électorales. Il n’a manqué, néanmoins, de prodiguer un avertissement, les appelant à se refuser à mener une bataille fondée sur les moyens financiers : « Vous n’aurez jamais assez de moyens contre ce pouvoir ». Selon lui, la solution reste de « capitaliser les actes liberticides d‘un gouvernement en perte de vitesse » et qui, chaque jour que Dieu fait, « conjugue la misère au présent par la ruse et la rage ». Par ailleurs, la personnalité a réitéré l’appartenance du Parti des Fcbe à l’Opposition, pour une raison plus que claire : « Nous sommes de l’opposition parce qu’on ne peut pas supporter un régime qui affame le peuple ». Puis, il a conduit son propos dans dans des développements d’une grande profondeur, n’hésitant à faire percevoir un état d’esprit de forte exaspération : « Être de l'Opposition, aujourd'hui, cela veut dire qu'on n'a pas mis son cerveau au niveau de son ventre. Être de l'opposition, aujourd'hui, cela veut dire qu'on a une autre idée du service national. 

Le public avait fait le déplacement des grands jours
On ne vient pas au pouvoir pour se servir. Mais, on vient au pouvoir pour servir le peuple. C'est le sens de notre slogan, ’’Le peuple d'abord ! Le peuple debout ! Le peuple debout ! », a-t-il achevé, dans une hystérie générale du public.


De l’événement lié à l’installation

En réalité, la manifestation d’installation des 17 membres du Bureau communal des Fcbe de la ville de Ouidah s’est déroulée en présence des délégués des dix arrondissements de la Commune, que sont : Avlékété, Djègbadji, Gakpé, Ouakpè-Daho, Pahou, Savi, Ouidah 1,2,3 et 4. 

Vue sur les 17 membres ...
En outre, des responsables de la Coordination des Fcbe au niveau de la 5ème Circonscription électorale y ont participé, ayant partagé le présidium avec Grégoire Akoffodji : Luc Sinzogan, Coordonnateur, Williams Déguénon, Trésorier, Marie-Thérèse Omorès, chargée des Affaires féminines et Léonard  Tchiakpè, 1er Organisateur.

... du Bureau communal des Fcbe de Ouidah, installés
Quant au cérémonial, il s’était ouvert par l’allocution de bienvenue de Bill Souleymane Kingniho, en tant que Secrétaire exécutif communal, Président du Comité préparatoire de la cérémonie concernée d’installation, et, enfin, Président du Bureau communal des Fcbe à Ouidah. Et, c’est après l’intervention aussi musclée du Coordonnateur Luc Sinzogan que Grégoire Akofodji avait pris la parole, dans un élan de clôture de la manifestation politique.

Marcel Kpogodo