jeudi 9 février 2017

Gabriel Laurex Ajavon : « [ Il faut] contrer Patrice Talon, dans sa volonté d’asphyxier les Béninois »

Dans le cadre d'une interview de l'ancien candidat à la présidence de la République, sur la gestion de Patrice Talon, après 10 mois de pouvoir


Dix mois après son accession à la magistrature suprême, le Président Patrice Talon est à l’œuvre pour l’exécution de son plan d’actions. A l’épreuve du pouvoir, ses initiatives et ses choix politiques ne font pas l’unanimité. Ainsi, l’ancien candidat à la présidence de la République, Gabriel Laurex Ajavon, frère aîné de Sébastien Ajavon, qui a bien voulu répondre aux questions de notre Rédaction, s’est consacré, en matière de son regard sur les 10 mois au pouvoir du Chef de l’Etat, au pilonnage de l’action gouvernementale, de même qu’il s’est ouvert sur certaines coulisses de la dernière élection présidentielle, au sein de la Coalition de la Rupture, ayant facilité l’arrivée au pouvoir de Patrice Talon qui ne serait donc pas aussi irréprochable, au point de vue du financement du second tour de la présidentielle …

Gabriel Laurex Ajavon
Journal ’’Le Mutateur’’ : Bonjour à vous, M. Gabriel Laurex Ajavon. En tant qu'ancien candidat à l'élection présidentielle des 6 et 20 mars 2016, au Bénin, comment appréciez-vous la gestion du Président de la République, Patrice Talon, surtout que demain, mardi 6 février 2017, il totalisera 10 mois au pouvoir ?

Gabriel Laurex Ajavon : J’avais eu à parler de cette gestion le 19 juin 2016, sur une radio de la place. Et, je disais, à l’époque, déjà, que le pays était très mal géré. Là, on va de mal en pire, tout se dégrade : la filière des véhicules d’occasion est à terre, alors qu’il aurait fallu peut-être réduire les taxes d’exportation pour qu’elles ne pénalisent pas la chute du Naïra. Mais, on n’a rien fait ; aujourd’hui, il n’y a plus rien. Plus de 2 mille Libanais sont déjà partis du Bénin ; c’est un manque-à-gagner pour l’Etat ! Moi, je dis : on perçoit chez l’usager près de 400 mille ; à peine 200 mille vont dans la caisse de l’Etat, le reste, c’est des redistributions de la Ségub (Société d’exploitation du guichet unique du Bénin, Ndlr). On aurait pu amputer les redistributions-là de moitié pour que les Nigérians continuent à arriver, pour qu’on maintienne au moins les 200 mille qui vont dans la caisse de l’Etat. Mais, je ne sais pas si c’est volontairement ou involontairement qu’on a voulu tuer cette filière qui nourrit quand même des milliers de Béninois.
On fait des contrats de marché de gré-à-gré, à l’aéroport, partout. On gère le Bénin comme l’on gère une Sarl (Société à responsabilité limitée, Ndlr), même pas comme une Sa (Société anonyme, Ndlr), mais comme une Sarl. Les étudiants sont fâchés, à juste titre, parce qu’ils doivent payer maintenant des inscriptions dont ils n’avaient l’habitude, et ils ne disposent plus de la liberté d’association. Et, dans le même temps, on annonce la gratuité des enregistrements aux Domaines. Je vous donne un exemple simple : si l’enregistrement aux Domaines était de 12% sur les biens acquis, l’Etat aurait perçu, en plus des 900 et quelque millions que le Président Talon veut payer pour s’approprier le domaine de l’Etat, 12% de ce montant et, d’après les dires d’un cadre de l’Agence nationale de la propriété foncière, rien que ces taxes, ces recettes rapportent à l’Etat béninois, chaque année, plus de 50 milliards.
La gratuité de l’inscription des étudiants coûte combien par an ? Je pense qu’on prend des mesures qui ne favorisent que le Chef de l’Etat et son entourage, alors que le Bénin est un patrimoine commun ; c’est à nous tous et, partant de là, le Chef de l’Etat doit rendre compte. On ne peut pas gérer un pays comme l’on gère sa société.  



Voulez-vous dire que le Président de la République, depuis son accession à la magistrature suprême, n'a rien réussi ? Il y a, tout au moins, le Programme d’actions du Gouvernement (Pag) qui a été lancé le 16 décembre 2016 …

En tant que show, la présentation a été réussie, mais est-ce que c’est le show qu’on va bouffer ? C’est le show qui va nous nourrir ? Non. Il faut aller dans le Programme d’actions du Gouvernement. C’est bien beau, mais, quand on prend seulement le Budget général de l’Etat, pour l’année 2017, le Président va trouver les 2010 milliards où ? On calcule le risque avant de prêter à quelqu’un ! Le risque sur le Bénin, aujourd’hui, est élevé ; le Bénin ne peut pas lever des fonds à 1%. Donc, si le risque est élevé, le Bénin voudra même emprunter à 7% et il ne trouvera pas les fonds, parce qu’avant de prêter, il faut être sûr que celui qui emprunte a les moyens de rembourser.
Libérer l’espace public, c’est une bonne chose, mais il aurait fallu prendre des mesures d’accompagnement, parce que les pauvres, ils ont emprunté de l’argent dans les institutions de microfinance, ils ont des échéances à payer, ils vont les rembourser comment, maintenant que tout est détruit ?
Je pense que la plus grosse erreur qui ait été faite est que Talon a voulu gérer seul ; « une seule hirondelle ne fait pas le printemps ». On ne peut pas gérer sans humilité ; il faut être humble, écouter tout le monde. L’homme est une créature divine et, tout ce que Dieu fait est bon ; ça veut dire qu’il y a du bon dans chaque individu que nous sommes.



En affirmant que le Président de la République a voulu gérer seul, de quoi parlez-vous, M. Ajavon ?

Depuis son accession au pouvoir jusqu’à ce jour, je n’ai jamais échangé avec lui. Pourtant, j’étais membre de la Coalition de la Rupture ; on avait dit que M. Patrice Talon allait nous donner les moyens pour lui faire campagne au second tour ; il y en a qui ont reçu de l’argent de lui pour faire campagne mais, moi, je lui ai fait campagne avec mes propres sous. Cela, c’est quelque chose qu’il me doit et qu’il me paiera, tôt ou tard, parce que les preuves sont là que j’ai dépensé mon argent pour faire campagne pour lui ! Et, je ne suis peut-être pas seul dans le cas. Même les autres candidats, la lune de miel a duré combien de temps avec eux ? Moi, je n’ai pas été candidat pour être ambassadeur dans un pays ou pour être nommé ministre ; j’ai été candidat parce que je veux gérer ce pays et, je me suis préparé pour.



Face à toutes ces dénonciations, quelles solutions constructives proposez-vous, pour chacune des critiques faites ?

Je pars du fait que personne ne nous juge ; ce sont nos actes et nos paroles qui nous jugent. Si M. Patrice Talon dit qu’il pense d’abord à lui, c’est normal, c’est humain et, c’est légitime et, en parlant de la gestion de ses sociétés, d’accord ! Mais, en parlant de la gestion du patrimoine commun qui est le Bénin, ce n’est pas normal. Vous savez, la différence qu’il y a entre les occidentaux et nous, Africains, c’est que les occidentaux pensent d’abord à leur pays, à l’Etat, parce qu’ils savent qu’ils ne sont rien sans ce pays, que la force qu’ils ont vient de ce pays ; ils le font avant de penser à leur petite personne. Mais, les Africains, c’est des mange-petit ; ils ne pensent qu’à leur petit ventre, ils ne se soucient pas de leur pays, alors qu’ils ne sont rien sans ce pays.



Et, vous pensez sûrement que c’est le cas du Président Patrice Talon …

Si celui qui a financé sa campagne au second tour ne s’entend plus avec lui, si cette personne a failli se retrouver en prison pour quelque chose qu’il n’a pas fait, suivez mon regard, tirez la conclusion vous-même.



Que pourriez-vous faire pour donner une concrétisation à vos idées de développement, qui ne sont pas certainement celles du Gouvernement ?

Je pense que c’est une question de volonté, d’abord. Si M. Patrice Talon n’a pas la volonté de développer le Bénin, s’il veut juste devenir plus riche que Dangoté, je ne sais pas quoi lui faire, je ne serai pas utile pour lui. Mais, si c’est pour développer le Bénin à partir des ressources du Bénin, avec la participation de tous les Béninois, je suis prêt et, c’est faisable. Mais, comment vous pouvez imaginer que le Togo, à côté, qui fait la moitié du Bénin, a un port en eau profonde et qu’un navire de 25 mille tonnes ne peut pas accoster au Bénin, pourtant, on a près de 200 kilomètres de côte. Notre piste d’atterrissage ne fait que 2700 mètres, la piste de Lomé fait 3100 mètres ; c’est une question de volonté. On veut gérer le Bénin comme si c’était un héritage personnel, ça ne peut pas marcher, on a besoin de tous les Béninois pour développer ce pays, il faut être humble, il faut les écouter, il faut échanger avec eux.



Quelle est votre analyse concernant l’interdiction par le Préfet du Littoral, Modeste Toboula, de l’utilisation des lieux publics, pour la prière du vendredi ?

Est-ce qu’un homme, une créature divine, peut interdire qu’on adore son créateur ? C’est une question que je pose. Moi, je suis catholique fervent ; je suis, tous les matins, à l’église, parce que toute notre vie est action de grâces. C’est pourquoi, tous les matins, je vais rendre grâces à Dieu, pour lui confier ma journée, pour le remercier pour le sommeil qu’il m’a donné et pour mon réveil en bonne santé. L’homme qui interdit de prier sur la voie publique n’est pas quelqu’un qui est bien dans sa tête, parce que, s’il est humble, s’il n’est pas prétentieux, il saura que son réveil, le lendemain, n’est pas de sa volonté ; Dieu est toujours à sa place et, quand il nous donne un petit pouvoir, on pense qu’on peut se substituer à lui. L’homme ne sera jamais Dieu, l’homme restera toujours un homme au service des hommes, parce que Dieu l’a voulu ainsi.
   


Vous l’avez abordé un peu tout à l’heure : que pensez-vous de l'état actuel des relations entre Patrice Talon et votre propre frère, Sébastien Ajavon ?

Vous savez, moi, j’ai la crainte de Dieu, et, je ne sais pas mentir ; Sébastien Ajavon et Patrice Talon n’ont jamais été amis. Même si, à l’époque, Sébastien a eu des problèmes avec l’ancien Président, M. Yayi, c’est à cause de M. Patrice Talon. Donc, cela a été une alliance de circonstance et, moi, je savais que ça n’irait pas loin ; le 19 juin 2016, je l’avais dit sur une radio de la place : le seul langage que Patrice Talon connaît, c’est celui d’employés à employeur, il ne comprend pas le vocabulaire de collaborateur, il est le patron et, c’est fini ! Donc, ça ne pouvait jamais marcher et, ce n’est pas pour ça que M. Sébastien Ajavon ne va pas continuer à œuvrer pour le développement de ce pays. Nous, dans la famille Ajavon, nous avons toujours œuvré pour le développement de ce pays, pour le social ; parcourez tout le Bénin et demandez d’après notre maman. Nous, on a toujours été dans le social, parce que, quand Dieu vous donne, il ne faut pas croire que vous êtes quelque chose, c’est une faveur que Dieu vous a faite. Donc, en reconnaissance, vous devez lui rendre grâces en contribuant à l’évolution, à l’épanouissement de vos concitoyens.     



Le peuple béninois peut-il s'attendre à une alliance d'actions entre les deux frères Ajavon, surtout que le Chef de l'Etat semble désormais votre ennemi commun ?


Sébastien Ajavon sera toujours mon petit frère. Et, en tant que grand frère, même si, politiquement, on ne voit pas les choses de la même façon, mon soutien lui est acquis, sans conditions ; je le soutiendrai, en tant que grand frère, dans tous les autres domaines. Mais, quand il s’agira de la politique, il va falloir qu’on arrondisse les angles, pour qu’on voie ensemble ce qu’il est possible de faire et ce qui n’est pas possible.



Qu'est devenue la coalition de la Rupture à laquelle vous avez appartenu avec bon nombre d'autres anciens présidentiables ?

Vous savez, parmi les 33 candidats, il y en a qui ont été candidat, juste pour accepter un poste d’ambassadeur ou un poste ministériel ou un poste de Dg dans une institution mais, moi, je ne peux pas parler à leur place ; je peux juste dire que, depuis mon intervention sur une radio de la place, le 19 juin 2916, moi, je ne fais plus partie de cette Coalition, parce que, quand vous faites de la politique, il faut pouvoir dire la vérité ; quand vous ne parlez pas au bon moment, après, vous n’êtes plus audible. Moi, je veux avoir un langage de vérité, un langage franc avec les Béninois : tout ce que j’avais dit, le 19 juin, se réalise. J’avais dit que 90% des Béninois étaient mécontents de Patrice Talon ; aujourd’hui, quand j’échange avec les gens, on me dit : « Ah, tu avais raison, tu avais raison ! ». Non, ce n’est pas que j’avais raison, j’aurai toujours raison, parce que vous ne pouvez pas trouver le bon remède si vous n’avez pas le bon diagnostic. Et, les Béninois ne veulent pas faire un diagnostic et, comment voulez-vous qu’ils trouvent le bon remède ? Il faut faire une analyse objective de la situation pur pouvoir trouver une bonne solution.  



M. Ajavon, concernant les promesses qui avaient été faites au sein de la Coalition de la Rupture, pendant le second tour de l’élection présidentielles, pouvons-nous revenir sur les autres assurances qui avaient été données aux présidentiables par Patrice Talon et qui n'ont pas été respectées ?

L’aspect pécuniaire, l’aspect financier, ce n’est pas le plus important ; le plus important, c’est gérer ensemble. Mais, il y en a beaucoup qui se sont contentés de l’aspect financier parce qu’ils ne peuvent rien gérer, cela les engage et, ils en répondront, un jour, devant les Béninois.



Serez-vous encore candidat à l'élection présidentielle en 2021?

Pourquoi vous, les journalistes, aimez-vous poser ce genre de questions ? Le fauteuil présidentiel n’est pas pour moi une obsession et, on n’a pas forcément besoin d’être Président de la République avant de contribuer au développement de notre pays, le Bénin ; vous l’avez vu avec mon frère qui, tout en étant un simple citoyen, a construit, entre autres, des modules de salles de classe, un complexe pour la formation de jeunes footballeurs. Nous, les Ajavon, nous sommes comme ça ! Donc, comme vous le voyez, 2021 est encore très loin ; l’essentiel, aujourd’hui, est de contrer Patrice Talon, dans sa volonté d’asphyxier les Béninois, à son seul profit : c’est mon cheval de bataille immédiat.



Comment le peuple béninois peut-il définir votre identité politique, actuellement ?

Il n’y a pas de miracle. Aujourd’hui, le monde est devenu un petit village ; Obama met un parfum à Washington, vous avez instantanément l’odeur, ici, au Bénin, mais les hommes politiques ne l’ont pas compris, de même que les occidentaux, ils ne savent pas qu’aujourd’hui, on ne peut plus gérer comme il y a trente ans, comme il y a vingt ans. En effet, il n’y a rien de caché sous le soleil. Concernant mon identité politique, je suis social-démocrate ; la démocratie, sans le social, est vouée à l’échec.



Actuellement, peut-on dire que vous êtes de la mouvance présidentielle ou de l’opposition ?

Je suis de l’opposition et, ce n’est pas le cas de tous ceux qui ont été aux dernières élections ; je suis de l’opposition, parce que tout va de travers et, il faut avoir le courage de le dire.



Avez-vous pris des initiatives pour faire connaître vos idées au Président Talon, pour lui faire connaître votre déception, votre désillusion ?

Il a mon numéro de téléphone, je n’en ai jamais eu deux, j’en ai un seul et, il l’a. Moi, je n’ai pas le sien. Donc, si quelqu’un doit appeler l’autre, c’est lui qui doit m’appeler.



Au sein de la Coalition de la Rupture, ne parveniez-vous pas à le joindre ?

En dehors des réunions, on a eu à parler une fois, au téléphone, parce que je voulais le voir pour une information et M. Sacca Lafia l’a appelé, puis il m’a passé le téléphone, on a parlé.


Et, c’était la seule occasion d’échanges avec le candidat qu’était Patrice Talon ?

Oui, parce que je n’ai pas à courir après lui pour parler du Bénin, pour trouver des solutions, pour la gestion commune ; c’est à lui de m’appeler et, en tant que Béninois, j’aurai l’obligation de me mettre à sa disposition pour parler du bien commun qu’est notre cher et beau pays, le Bénin.



Comme le Président ne vous appelle pas, ne serait-il pas approprié que vous preniez l’initiative de le joindre, quitte à savoir qu’en son temps, vous auriez fait tout ce qui était possible pour recoller les morceaux entre vous ?

Non, vous savez, je suis très humble mais, j’ai ma fierté aussi. J’ai été présidentiable comme lui. Je ne vais pas courir après Patrice Talon pour qu’on pense que c’est pour lui prendre de l’argent ou quoi que ce soit. J’ai 55 ans, je n’ai jamais fait de marchés d’Etat, je n’ai jamais travaillé pour quelqu’un, dans ma vie, et j’ai un train de vie qui est au-dessus de celui de la moyenne des Béninois, donc, je n’ai pas à courir après les gens.



Quels sont vos projets d’ordre politique, à court et à moyen termes ?

Parcourir le pays, échanger avec tous les Béninois. 



Avez-vous des vœux pour la nation béninoise ?

Je voudrais dire aux Béninois, à mes frères, qu’on est bénis de Dieu, qu’on a le Nigeria à côté qui fait plus de 180 millions d’habitants, qu’on a le Niger et le Burkina qui sont enclavés, qu’on a près de 200 kilomètres de côte, qu’il faut qu’on se comprenne, qu’on s’asseye et qu’on discute ; c’est seulement comme ça qu’on pourra développer ce Bénin, parce qu’on a tout pour réussir, mais nous ne voulons pas réussir parce qu’on ne pense qu’à nos ventres ; on ne pense pas à ce pays, à cette terre, à cette nation qui nous a tout donné.


Propos recueillis par Marcel Kpogodo

mercredi 8 février 2017

Les mises au point de Dieu Esprit-Saint Daagbo

Dans le cadre de  la messe d’action de grâces à la Mission de Banamè
(Son Eternité Daagbo a présenté Ses condoléances aux familles éplorées à la suite de la cérémonie de purification)


Le samedi 4 février 2017 s’est déroulée à Sèkandji, à l’est de Cotonou, une grande messe d’action de grâces à laquelle ont participé des dizaines de milliers de fidèles de la Très sainte église de Jésus-Christ, relevant de la Mission de Banamè. Cet office religieux a été dirigé par le Pape Christophe XVIII, et a connu la présence effective de Dieu Esprit-Saint Daagbo, le Créateur du ciel et de la terre. En marge de cette manifestation, Son Eternité Daagbo a tenu un enseignement qui lui a permis de remettre les pendules à l’heure concernant plusieurs questions faisant l’objet d’intoxication. Il n’a pas manqué, entre autres, de présenter Ses condoléances aux familles des disparus enregistrés à l’issue de la cérémonie de purification de la nuit du vendredi 27 au samedi 28 janvier 2017.

Daagbo, au cours de Son enseignement
« Les portes des cieux sont ouvertes et vous détenez le passeport du Royaume des cieux ! ». Ainsi s’est exclamé Dieu Esprit-Saint Daagbo, en débutant Son enseignement, à l’issue de la messe d’action de grâces, qui s’est déroulée le samedi 4 février dernier, à Sèkandji, dans le cadre de la victoire massive des fidèles de la Très sainte église de Jésus-Christ, à la cérémonie de l’examen blanc, avec un pourcentage de 84%.
Consécutivement à cette annonce, Son Eternité Daagbo a évoqué la joie profonde qui était la Sienne, face à cette bonne nouvelle. Selon le Dieu Créateur de l’humanité, la cérémonie de l’Examen blanc, qui a eu lieu dans la nuit du vendredi 27 au samedi 28 janvier 2017, a permis de trier le bon de l’ivraie, ce qui L’a amené à rappeler Son amour pour Ses enfants, qu’ils soient Daagbovi ou non, les Daagbovi étant les fidèles de la Très sainte église de Jésus-Christ.

Un aperçu du Clergé de la Mission de Banamè
Par ailleurs, Daagbo a montré ne retenir aucune colère contre ceux qui L’insultent, vu qu’à en croire Ses propos, un géniteur a toujours des enfants dont certains sont bons et d’autres, mauvais. Ainsi, abordant la question relative aux personnes décédées à Porto-Novo, à l’issue de la cérémonie de l’Examen blanc, Son Eternité Daagbo a d’abord présenté Ses condoléances aux familles éplorées, attirant l’attention des dizaines de milliers de fidèles ayant fait le déplacement de la messe d’action de grâces sur le fait que Son amour s’étend à tous Ses enfants, qu’ils soient partisans de la Mission de Banamè ou pas, ce qui L’a amené à déplorer ces décès et à faire comprendre que ce qui s’est passé à Porto-Novo devrait permettre à tous ceux qui seraient encore tentés de  mettre à l’épreuve le Dieu Créateur du ciel et de la terre de tirer la leçon selon laquelle la Très sainte église de Jésus-Christ ne ressemble aucunement aux autres confessions religieuses au sein desquelles les sorciers s’épanouissent en toute quiétude. « On a dit que j’étais une petite fille et ils ont voulu Me tenter. ’’Les mêmes causes produisent les mêmes effets’’ », s’est indigné Daagbo, avant de conclure, montrant une profonde impartialité : « Si les Daagbovi font la même chose, ils écoperont des mêmes conséquences ». « La comédie dans les autres religions n’est pas valable à Banamè », a renforcé Son Eternité Dieu Esprit-Saint. Et, revenant sur ces décès, Daagbo a rappelé : « Ils ne sont pas morts pour leur foi en Banamè, mais pour leur foi en la sorcellerie ».



Diverses autres préoccupations

Dans Son enseignement, Dieu Esprit-Saint Daagbo a abordé d’autres sujets de grand intérêt, notamment, les exactions dont les Daagbovi sont quotidiennement victimes. « Dieu est parmi vous gratuitement et, les gens vous en veulent pour cela, ce qui les amène à vous faire subir toutes sortes de maltraitances ; cela vous honore », a-t-Il félicité, avant de Se faire menaçant : « Les auteurs de ces exactions seront punis ; ils le paieront ».
Evoquant l’actuel Président de la République, Patrice Talon, Daagbo a fait ressortir ses nombreuses qualités : « C’est un homme équilibré et lucide, c’est un vrai Président », s’est-Il confié, avant de continuer : « Il sait où se trouve la vérité ou le mensonge ». Ensuite, Il a rassuré l’énorme assemblée de Daagbovi qui L’écoutaient : « Soyez patients et patients, laissez-les, il nous rendra justice ». Attirant l’attention sur le dextérité de l’homme d’Etat, Son Eternité Daagbo a affirmé : « Talon n’est pas de Banamè, mais du Bénin, il n’a pas de parti pris ; si Banamè a tort, le Président le dira ».
S’adressant à l’ensemble des Béninois, Daagbo leur a lancé un message vibrant : « Ce n’est pas l’encens ni les bougies leur problème, mais, tout simplement, Banamè ! Ce nom provoque colère et indignation », avant de les avertir fermement : « Béninois, calmez-vous, sinon vous allez mourir sans voir la fin de Banamè ; vous allez contracter la tension ou une affection cardiaque et en mourir gratuitement ». « Pourquoi tant de haine ? Pourquoi tant d’acharnement ? », a fini par S’interroger Daagbo.  

Vue partielle de la foule présente
Ces questions ont servi de transition à Son Eternité pour revenir sur les événements de Goho, à Abomey, le 8 janvier 2017. Il s’est indigné des cruels traitements dont les Daagbovi ont été victimes, aussi bien de la part des jeunes de Djimè que des forces de l’ordre. Dieu Esprit-Saint S’est alors appesanti sur le sort plus que méprisable et douloureux qui a été faits aux fidèles chargés de sécuriser les cellules, suite à la menace de leur attaque par les jeunes d’Abomey. « C’est un sacrilège ! », s’est-Il vivement exclamé. Aussi, Daagbo a prodigué des conseils à Ses enfants, les exhortant à ne pas développer un complexe de supériorité par rapport aux autres Béninois, et à respecter les lois du pays : « Vous êtes des citoyens béninois comme tous les autres, agissez donc selon la loi, selon la justice, soyez prudents comme le serpent et candides comme la colombe ». « Ne tombez pas sous le coup de la loi, parce que vous n’aurez pas la même chance que ceux qui ne sont pas Daagbovi et qu’on épargne des rigueurs de cette loi », a-t-Il averti. Closant Son propos, Son Eternité Daagbo a instruit Son auditoire à éviter les surcharges, lors des voyages, sur tous les types de véhicules, et à se préoccuper, pour ceux d’entre eux qui possèdent des véhicules, de toujours se munir de leurs pièces, avant d’aboutir à une consigne très ferme leur demandant de ne pas répondre aux provocations. Concluant sentencieusement son propos, Daagbo a lancé : « La victoire de Banamè, c’est dans le temps ».

Ramane Aïsso