samedi 22 avril 2017

Les acteurs culturels remercient Patrice Talon

Dans le cadre d'une Déclaration rendue par leur Plateforme représentative

Les acteurs du secteur des Arts et de la culture se sont massivement mobilisés, ce samedi 22 avril 2017, au Stade de l’Amitié Général Mathieu Kérékou. Leur objectif était de témoigner leur gratitude au Président de la République, Patrice Talon. Ceci s’est réalisé à travers le point de presse donné par la Plateforme des Confédérations et des fédérations d’artistes et d’acteurs culturels du Bénin. Ainsi, une Déclaration a été lue par Pascal Wanou, Président de cette instance. C’était en présence du représentant des artistes et des acteurs culturels au Conseil économique et social (Ces) et du Directeur général du Fonds des Arts et de la culture.

De gauche à droite, Pascal Wanou transmettant la Déclaration à Gilbert Déou-Malé
« […] nous voudrions ici publiquement et solennellement saluer le Chef de l’Etat, le Président Patrice Talon, pour son écoute et pour sa clairvoyance ». Ainsi s’est exprimé Pascal Wanou, Président de la Plateforme des Confédérations et des fédérations d’artistes et d’acteurs culturels du Bénin, dans la matinée de ce samedi 22 avril 2017, au Stade de l’Amitié Général Mathieu Kérékou de Cotonou, dans une Salle n° 110, Vip 2, archi-comble qui ne pouvait contenir les centaines de participants composés d’artistes, d’acteurs culturels de tous ordres et de responsables d’associations culturelles, de fédérations, de confédérations, apparemment décidés à ne pas se faire conter l’événement.

Pascal Wanou, au cours de son allocution
La gratitude manifestée par Pascal Wanou au Chef de l’Etat, Patrice Talon, au nom des artistes et des acteurs culturels, fait suite à l’injonction express faite par la première autorité administrative du pays à Ange N’Koué, Ministre du Tourisme et de la culture, de procéder au paiement des reliquats des subventions octroyées aux bénéficiaires concernés, dans le cadre des gros projets sélectionnés pour lesquels la première tranche des financements leur avait été octroyée, en 2016. La manifestation de cet acte de reconnaissance a été précédée de l’évocation par Pascal Wanou d’un bilan particulièrement sombre des 12 mois de gestion de son Ministère par Ange N’Koué.

Aperçu de la grande masse des artistes et des acteurs culturels ayant fait le déplacement
Par ailleurs, le Président de la Plateforme des Confédérations et des fédérations d’artistes et d’acteurs culturels du Bénin a assorti ses propos de 6 recommandations au Président de la République : « la mise en conformité effective de l’Aof du Fac avec les propositions de réformes formulées par les acteurs culturels », « le fonctionnement effectif et diligent du Conseil d’Administration du Fac », « la nécessité de respecter strictement et de mettre rigoureusement en exécution le budget du Fac, tel que voté par son Conseil d’Administration », « le lancement diligent de la saison artistique » et la proposition qu’il soit tenu compte, « dans la définition du profil devant guider au choix du Ministre de la Culture, de la connaissance et de la maîtrise des réalités du monde artistique et culturel ». Enfin, Pascal Wanou a déclaré : « Nous exprimons le même souhait dans la désignation des cadres du Ministère, et des Conseillers culturels de nos ambassades à l’extérieur, afin de pallier le manque cruel de cadres spécialisés ».
En outre, il a montré l’adhésion totale des artistes et des acteurs culturels au Programme d’action du Gouvernement (Pag), de même que de leur volonté à accompagner l’Exécutif dans les chantiers spécifiques relevant du secteur des Arts et de la culture.
Après la présentation de la déclaration de gratitude des artistes et des acteurs culturels au Chef de l’Etat, Pascal Wanou en a symboliquement remis le texte à Gilbert Déou-Malé, Directeur général du Fonds des Arts et de la culture (Fac), qui a promis de transmettre fidèlement le document au Président Patrice Talon.


Marcel Kpogodo



Déclaration de la Plateforme des Confédérations et fédérations d'artistes et d'acteurs culturels du Bénin




PLATEFORME DES CONFEDERATIONS ET FEDERATIONS D’ARTISTES ET D’ACTEURS CULTURELS DU BENIN
Tél. 97 98 34 74 / 95 79 61 45/97 78 03 48
COTONOU
                                                                 
DECLARATION
Mesdames, Messieurs,
Chers amis artistes et acteurs culturels,
Chers amis des médias,

            Voici déjà un an, que le Chef de l’Etat, son Excellence le Président Patrice TALON, a pris les rênes de notre pays, le Bénin.
            Voici déjà un an, qu’il a mis en place son premier Gouvernement.
            Voici déjà un an, qu’il a nommé monsieur Ange N’KOUE, Ministre du Tourisme et de la Culture.
            Voici donc 12 mois, que le Ministre Ange N’KOUE a mis en marche sa gouvernance au Ministère du Tourisme et de la Culture, mais pour quels résultats ?
            Voici 12 mois, que les artistes et les acteurs culturels n’ont de cesse de se plaindre de la gouvernance du ministre N’KOUE et de la décrier.
            Depuis 12 mois donc, le secteur culturel béninois est plongé dans une crise sans fin, dans une léthargie totale ; depuis 12 mois, le secteur ne vit plus, il est complètement bloqué, parce que soumis aux humeurs et à des décisions non concertées et irréalistes du seul et tout puissant Ministre qui veut tout inventer, au mépris et en méconnaissance des réalités du secteur. Oui, depuis 12 mois, le secteur de la culture vit au rythme des errements du Ministre N’KOUE qui l’a plongé dans un immobilisme indescriptible et inédit, caractérisé par la clochardisation et l’anéantissement des valeurs. 12 mois, durant lesquels le Ministre Ange N’KOUE a brillé par l’amateurisme, l’ignorance, la négation, l’arbitraire, les conflits, les divisions, les humiliations, l’égocentrisme… En un mot, durant les 12 derniers mois, le Ministre N’KOUE a mis en berne le secteur culturel béninois, et les mots ne sont pas assez forts pour exprimer l’amertume, le désarroi et la révolte des artistes et des acteurs culturels.
Face aux multiples sollicitations, critiques, revendications, mouvements, et propositions des artistes et des acteurs culturels, la sourde oreille et la ruse ont été les réponses apportées par le Ministre. Pendant les 12 derniers mois, les artistes et les acteurs culturels ont fait des sorties médiatiques et entrepris des actions de plaidoyer comme jamais ils n’en ont fait. Le ras-le-bol  est généralisé.
Cependant, s’il est d’une triste évidence que le Ministre N’KOUE a érigé un mur en face des acteurs que nous sommes, empêchant toute communication efficace et brisant toute confiance et tout espoir, il est fort heureux de constater que nos cris de détresse sont parvenus aux oreilles les plus avisées, celles du Chef de l’Etat qui n’est pas resté insensible.


En effet, Mesdames, Messieurs, chers amis, il importe de rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu !
Au cours de cette période de détresse, nous nous sommes adressés à plusieurs reprises et, de différentes manières au Chef de l’Etat, le Président Patrice TALON, lui demandant de prendre la mesure de la gravité de la situation et d’agir pour le bien du secteur. Qu’il vous souvienne, que nous avions même demandé la démission du ministre N’KOUE, vu sa gouvernance calamiteuse et son incapacité à résoudre la crise qui secoue le secteur.
C’est ici le lieu de reconnaitre publiquement et de saluer les actions et les autres mesures prises par le Chef de l’Etat en vue de résoudre, sinon d’atténuer la crise. Nous pouvons citer :

Premièrement : la nomination d’un nouveau Directeur Général du Fonds des Arts et de la culture. Il est unanimement admis dans le rang des acteurs culturels, que la nomination du Directeur Général du FAC, un homme qui connaît bien le secteur parce qu’il en est issu lui-même, un homme qui maîtrise bien les problèmes du monde artistique et culturel parce qu’artiste et acteur culturel lui-même, a permis de mettre un terme au désordre et à l’opacité qui caractérisaient déjà la gestion mise en place par le ministre N’KOUE au FAC, au mépris des textes. Cette nomination a permis au FAC de renouer avec son fonctionnement normal, contraignant ainsi le Ministre à proroger le mandat du Conseil d’Administration. Le désormais nouveau Directeur Général du FAC sait exactement agir dans l’intérêt des usagers du FAC que sont les artistes et les acteurs culturels.

            Deuxièmement : le budget du Ministère du Tourisme et de la Culture a connu, pour le compte de l’exercice 2017, un accroissement considérable, passant de 11 milliards FCFA à
35.755.346.000 FCFA, démontrant ainsi la volonté et la détermination du Chef de l’Etat de booster le secteur culturel béninois et de l’arrimer véritablement au Tourisme. Il faut reconnaitre ici ? encore, l’esprit d’écoute du Chef de l’Etat qui lui a permis de freiner, voire d’arrêter, les supercheries orchestrées en vue de distraire les ressources budgétaires.

            Troisièmement : face aux élucubrations et autres contre-vérités visant à faire croire au Chef de l’Etat que le FAC ploie sous le coup des endettements et des dépassements budgétaires, qu’il  n’est pas viable, et qu’il faille le supprimer, ce que contestaient les acteurs culturels, le Chef de l’Etat a commandité une mission d’audit au FAC, aux fins de vérifications. Le rapport de l’audit et ses recommandations ont éclairé le Chef de l’Etat qui a pris des mesures justes, à savoir notamment :
-          La non suppression du FAC, mais sa restructuration ;
-          Le paiement effectif et intégral des reliquats des avances sur financement de projets (qui en réalité ne constituent pas un endettement, mais plutôt des reports de crédits) ;
-          La mise à disposition diligente du nouveau Décret portant AOF du FAC en vue de permettre la mise en place de ses nouveaux organes de fonctionnement.
C’est donc avec une grande satisfaction que les artistes et les acteurs culturels ont appris ces dernières mesures prises par le Chef de l’Etat, en faveur de la résolution de la crise qui secoue la Maison ’’Culture’’ depuis 12 mois.

            A cet effet, nous voudrions ici publiquement et solennellement saluer le Chef de l’Etat, le Président Patrice TALON, pour son écoute et pour sa clairvoyance. Nous voudrions lui témoigner toute notre gratitude pour ces mesures qui vont dans le sens de l’apaisement et de la relance du secteur de la Culture.
            Nous voudrions toutefois, appeler à nouveau l’attention du Chef de l’Etat sur certains points non moins importants, à prendre en compte pour une sortie de crise définitive, et pour une meilleure gestion du secteur de la Culture. Il s’agit de :

-          La mise en conformité effective de l’AOF du FAC avec les propositions de réformes formulées par les acteurs culturels ;
-          Le fonctionnement effectif et diligent du conseil d’Administration du FAC ;
-          La nécessité de respecter strictement et de mettre rigoureusement en exécution le budget du FAC tel que voté par son Conseil d’Administration ;
-          Le lancement diligent de la saison artistique ;
-          La nécessité de tenir compte, dans la définition du profil devant guider au choix du Ministre de la Culture, de la connaissance et de la maitrise des réalités du monde artistique et culturel ;
-          Nous exprimons le même souhait dans la désignation des cadres du Ministère, et des Conseillers culturels de nos ambassades à l’extérieur, afin de pallier le manque cruel de cadres spécialisés.

            Nous voudrions également saisir cette occasion pour dire haut et fort au Président Patrice TALON, que le Programme d’Action du Gouvernement (PAG), dans ses volets Tourisme et Culture, est déjà approprié par nous, artistes et acteurs culturels, et que notre disponibilité pour sa mise en œuvre est totale. Nous n’attendons plus qu’une seule chose, c’est qu’il relève la tête et qu’il nous mobilise effectivement les ressources financières prévues pour renforcer  le rayonnement de notre culture, car c’est sur cette base que se fera son évaluation finale, et nous, artistes et acteurs culturels, entendons jouer pleinement notre partition.

            Notre engagement et notre détermination à œuvrer pour le rayonnement de la culture béninoise, pour la promotion de la destination Bénin, et donc pour la réussite du PAG, sont sans faille. Il y va de l’intérêt de la République.

            Vive la culture !
            Vive le Bénin !
            Nous vous remercions.

                                                                                                 Fait à Cotonou, le 22 avril 2017


M.K.

Léonce Houngbadji s’adresse aux Béninoises et aux Béninois

Dans le cadre du rejet par la Cour constitutionnelle de la Loi n° 2017-03


Le 20 avril 2017, la Cour constitutionnelle s’est prononcée sur la Loi n° 2017-03 portant régime général d’emploi des collaborateurs externes de l’Etat, votée pat le Parlement, le 17 mars dernier. Elle l’a déclarée non conforme à la Constitution du 11 décembre 1990. Cette situation a poussé Léonce Houngbadji, Président du Parti pour la libération du peuple (Plp), à rendre publique une Déclaration à l’endroit du peuple béninois, par le biais de la presse nationale et internationale, dont la teneur, ci-dessous.

Léonce Houngbadji,Président du Parti pour la libération du peuple (Plp)


Déclaration du Président du Parti pour la Libération du Peuple (PLP) à la presse nationale et internationale

Cotonou, le 21 avril 2017

Mes chers compatriotes,

Encore un nouveau camouflet pour le régime Talon. La Cour Constitutionnelle vient de porter un coup dur aux dérives autoritaires de ce Gouvernement, caractérisé, entre autres, par le vote de lois scélérates et liberticides, au gré des circonstances ou en fonction d’intérêts fluctuants.

Qu'il vous souvienne que le 16 mars 2017, le Parti pour la Libération du Peuple (PLP) était aux cotés des travailleurs, notamment de la CSTB et de la Fésyntra-Finances, sur l’esplanade de l’Assemblée Nationale, dans le cadre d’un sit-in, pour exiger le retrait pur et simple de la Loi N°2017-03 portant régime général d’emploi des collaborateurs externes de l’Etat, finalement votée par l’Assemblée nationale, le 17 mars 2017. Mais, la majorité parlementaire mécanique, forte de sa suprématie numérique, est passée outre l'avertissement du peuple travailleur.

Par Décision DCC 17-087 du 20 avril 2017, la Cour Constitutionnelle a déclaré cette loi inconstitutionnelle.

La Constitution est le texte qui fonde l’organisation de notre Etat et qui garantit le respect des droits fondamentaux des personnes. Pour ces deux raisons, il est nécessaire de la protéger des modifications de circonstance et de la violation des principes qu’elle définit. La Décision DCC 17-087 de la Cour Constitutionnelle est donc une victoire pour le peuple béninois sur le pouvoir despotique de Monsieur Patrice Talon, qui méprise les institutions de la République et viole allègrement la loi fondamentale et d’autres textes et lois qui fondent notre République.

Le contrôle de constitutionnalité qu’exerce de plus en plus la Cour permet d’éviter des atteintes injustifiées à la Constitution. Il est donc reproché au Gouvernement une loi alors qu’il en existe déjà une autre loi portant statut général de la fonction publique, votée le 27 août 2015, mise en conformité le 23 février 2017 et non encore promulguée, à ce jour. Que cache alors une nouvelle loi spéciale portant régime général d’emploi des collaborateurs externes de l’Etat ? La réponse est claire : privatiser la fonction publique et dilapider les fonds publics. En témoigne le fait que la proposition de loi votée par les députés n’était pas accompagnée de propositions de recettes pour compenser les dépenses générées par ladite loi. De plus, la ligne budgétaire et la grille indiciaire applicable à ces agents n’ont pas été proposées.

Depuis le 06 avril 2016, le Gouvernement Talon a déjà violé plus de dix fois la Constitution du 11 décembre 1990. Pire encore, il ignore royalement les décisions de la Haute juridiction : Loi PPP, cumul de fonctions pour le Ministre de la Justice, Joseph Djogbénou, interdiction d’activités aux organisations d’étudiants, code des marchés publics, loi sur les collaborateurs externes, suspension des membres de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes du Bénin (Arcep-Bénin), … La liste est longue.

En un an, le Président de la République et son Gouvernement ont battu le record de la violation de la Constitution du 11 décembre 1990. La Constitution est formellement violée, tous les jours. Le Chef de l’Etat a régulièrement empiété sur les prérogatives de la Cour Constitutionnelle. Une dérive qui s'est aggravée avec l’application de la Loi sur le Partenariat Public-Privé, sans sa mise en conformité avec la Constitution.

On peut considérer, aujourd’hui, que nous sommes la seule monarchie de la sous-région ouest-africaine. Non pas au sens de royauté mais au sens de "pouvoir d’un seul". Je ne crois pas qu’il y ait, dans notre espace sous-régional, un pays où un seul homme puisse dire « Je veux » et être certain que ça deviendra une loi, au bout de quelques jours.

Le Président de la République doit son omnipotence à son influence sur les parlementaires. Le problème est que la vie politique tourne autour du Président. En ce sens, il est difficile de parler de séparation des pouvoirs, on devrait dire confusion des pouvoirs.

Le Parti pour la Libération du Peuple (PLP) encourage la Cour Constitutionnelle à continuer d’accomplir pleinement et convenablement sa mission républicaine, conformément à la loi, et l’invite à ne pas céder aux pressions, au chantage, au mépris, à la «ruse» et à la «rage» d’un régime impérieux, qui cherche à légaliser la mal gouvernance, la corruption, l’impunité, les écoutes téléphoniques, les intimidations, les filatures, le népotisme, les conflits d’intérêts au sommet de l’Etat et l’écrasement des faibles et des voix critiques.

Le Parti pour la Libération du Peuple (PLP) invite le peuple béninois, épris de paix, de liberté et de justice, et les députés qui sont encore en phase avec le peuple à rester mobilisés pour faire échec aux propositions de loi sur le renseignement, le secret de la défense nationale, l’identification des personnes physiques et bien d’autres lois sur la table des députés, à l’Assemblée Nationale. Seule la lutte paie. Debout le Bénin.

Vive le Bénin !
Vive la liberté !
Vive le PLP !

Je vous remercie !