Affichage des articles dont le libellé est marie-richard magnidet. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est marie-richard magnidet. Afficher tous les articles

jeudi 15 mai 2014

Dernière rencontre de Marie-Richard Magnidet avec ses partisans

" Je souhaiterais que cette victoire soit celle d'une profession et non celle d'un groupe ", dixit le candidat


" [...] Magnidet ne pourra rien, seul ... "
La Maison des médias de Cotonou a servi de cadre à une dernière rencontre entre Marie-Richard Magnidet, candidat à la cinquième mandature de la Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication (Haac), et ses nombreux partisans de la presse écrite. C'était sous le couvert d'une conférence animée par Agapit Napoléon Maforikan, ancien Conseiller au niveau de cette institution de la République.

"La Haac, 20 ans après : quel Conseiller pour la presse ? " Voici le thème sur lequel est intervenu Agapit Napoléon Maforikan, ancien Conseiller de la Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication (Haac), pour la mandature 2004-2009, élu dans la catégorie "Presse écrite", devant les partisans de Marie-Richard Magnidet, candidat dans la même catégorie, pour les élections du samedi 17 mai prochain.

Gérard Agognon, Coordonnateur général de la campagne du Candidat Magnidet a aussi fait le déplacement ...
C'est un propos à la conclusion de laquelle le conférencier a montré la nécessité pour les votants de la presse écrite de remplir certaines conditions pour l'efficacité du Conseiller de la presse écrite à la Haac. Pour lui, il faut d'abord faire de Marie-Richard Magnidet l'un des conseillers de la cinquième mandature de l'institution, au soir du vote du samedi 17 mai, vu qu'il a le profil requis pour accomplir cette lourde responsabilité, surtout qu'il est ouvert d'esprit, qu'il a du cran, qu'il s'est bien préparé à ce statut de Conseiller, après avoir gravi patiemment tous les échelons de la profession pour finir par être, respectivement, Secrétaire général et Président de l'Observatoire de l'éthique et de la déontologie dans les médias (Odem) et, enfin, qu'il a le contact facile. Insistant sur le passage de l'homme à l'Odem, il a rappelé qu'il a promu la co-régulation qui a pris corps, grâce à lui, et dont il pourrait être, à son poste, l'acteur de la nouvelle forme de régulation. Ensuite, pour Agapit Maforikan, il s'agit que les professionnels des médias maintiennent la mobilisation autour du Conseiller Marie-Richars Magnidet, s'il était élu, au soir du 17 mai 2014, et autour de l'Union des professionnels des médias du Bénin (Upmb), le syndicat des journalistes, pour une lutte commune en vue d'un meilleur exercice de leur profession par les mandants.

... de même que de nombreux journalistes de la presse écrite
" Je souhaiterais soit celle d'une profession et non celle d'un groupe ", " Magnidet ne pourra rien seul ", " Seule l'unité peut nous amener à gagner des batailles", " Je ne changerai pas de numéro après mon élection ", ... Voilà, en substance, quelques propos tenus par le candidat Magnidet, dans la fièvre des applaudissements de ses nombreux partisans, venus pour une dernière rencontre de mobilisation, appuyant ainsi les réflexions d'Agapit Maforikan selon lesquelles un Conseiller à la Haac, surtout celui émanant des médias, ne peut être efficace pour ses mandants que s'il sent derrière lui l'utilisation par les journalistes, à l'effet d'une bonne pression, de leurs journaux, de leurs micros et de leurs caméras. Dans ces conditions de grade liesse, les dernières consignes de vote ont été données aux électeurs.


Du contenu d'une conférence
  
Devant son auditoire, à la Maison des médias, en cet après-midi du jeudi 15 mai 2014, le conférencier Agapit Maforikan a fait ressortir la déception, de la part des professionnels des médias, ayant caractérisé la fin de son mandat, ceux-ci ayant affirmé qu'il n'avait rien apporté à l'amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Il a montré que, si cela en a été ainsi, c'est à cause de la mission de régulation assignée à cette institution républicaine, composée de six membres, personnalités politiques, sur les 9, dont les 3 derniers sont désignés par les journalistes de la presse écrite, de l'audiovisuel et de la technique.

Agapit Napoléon Maforikan, au cours de la conférence
Et, il a continué en affirmant que la Haac étant la garante du respect de l'éthique et de la déontologie dans les médias, elle fonctionne selon une Loi organique dont l'amendement urgent ne fait plus aucun doute, de même qu'il faut dépouiller l'institution républicaine de la gestion de la carte de presse, de l'aide de l'Etat à la presse et des formations en faveur des professionnelles. Pour lui, il faut une nouvelle régulation qui devra contribuer à l'assainissement de la profession journalistique et, il trouve que toutes ces considérations sont autant de défis sur lesquels la nouvelle Haac doit se concentrer, sans oublier, à en croire cette personnalité, que les différents groupes de pression s'étant constitués pendant la campagne devront plus que jamais se montrer actifs dans le "fouettage" de l'Umpb, afin que cette institution joue son rôle qui doit être, entre autres, d'aiguillonner la Haac.


Marcel Kpogodo   

jeudi 17 avril 2014

Marie-Richard Magnidet, "MRM", engage sa candidature pour la Haac

Au cours d'une cérémonie magistrale à la Maison des médias de Cotonou
(Il concourt pour la presse écrite)

La Maison des médias était plus pleine qu'un œuf, le lundi 14 avril 2014. C'était à l'occasion d'un grand événement : l'investiture officielle de Marie-Richard Magnidet, pour les élections à la Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication (Haac), dans la catégorie "Presse écrite". Un nombre important de toutes les générations de professionnels des médias a fait le déplacement. Appuyés chaleureusement et vigoureusement par les porte-parole des nombreux groupes de soutien à sa candidature, Marie-Richard Magnidet a confirmé qu'il était bel et bien candidat.


MRM, enthousiaste et ému, acceptant de se porter candidat, au nom de la presse écrite

Le lundi 14 avril 2014, à la Maison des médias, Marie-Richard Magnidet, Directeur général du Quotidien "La Presse du jour", à travers une allocution pleine d'engagement et d'émotion, a solennellement accepté d'être candidat à la Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication (Haac), pour la cinquième mandature, dans la catégorie "Presse écrite", et a été officiellement investi par les professionnels des médias. Plusieurs invités ont fait le déplacement de la cérémonie. 
Au premier rang des journalistes ayant honoré de leur présence cette investiture de Marie-Richard Magnidet, il fallait compter avec les baobabs du patronat de la presse tels que Charles Toko, Jérôme Carlos, Léon Brathier, Anicet Adjamonsi, Philippe Hado, John Akintola, entre autres, et avec beaucoup de jeunes directeurs de journaux, d'anciens responsables ou membres d'institutions, comme François Awoudo, ex-Président de l'Odem, Agapit Napoléon Maforikan, ancien Conseiller et Rapporteur de la Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication (Haac), notamment, de nombreux professionnels des médias, parmi lesquels des journalistes, des graphistes, des photo-journalistes, des caricaturistes, ... 
Wilfried Léandre Houngbédji était chargé de l'animation de la manifestation pour laquelle Marie-Richard Magnidet était entouré, entre autres, de son Directeur de campagne, Philippe Hado, et de Gérard Agognon, Coordonnateur général de la campagne, sans compter la présence effective du Porte-parole du candidat, Herbert Houngnibo. Au podium, Gontran Hounsounou et Titus Folly, respectivement, Coordonnateur général adjoint et Secrétaire général de la Coordination, suivaient de près le déroulement de la cérémonie d'investiture, dont les étapes étaient réglées comme sur du papier à musique.

Un aperçu des professionnels des médias ayant participé à la cérémonie d'investiture
Avant la prise de parole proprement dite de Marie-Richard Magnidet, plusieurs personnalités se sont succédé au pupitre pour exprimer les raisons de leur choix pour le candidat ; il s'agissait des responsables des différents groupes et de ceux des nombreuses associations se réunissant périodiquement pour animer des causeries liées au devenir de la presse béninoise, sous la férule du soutien au candidat. Unanimement, ils ont montré leur adhésion aux idéaux du candidat, et ont promis de s'investir et faire s'investir leurs membres à ses côtés, dès le lancement de la campagne, le 2 mai prochain.  
Parmi les interventions toutes aussi enflammées les unes que les autres en faveur de Marie-Richard Magnidet, il fallat noter celles de Jérôme Carlos, justifiant les raisons de son choix pour le candidat : qu'il soit venu dans la profession et qu'il y soit resté malgré toutes les difficultés, avoir montré des qualités de journalistes militant, et étant un jeune qui sait respecter les anciens. 
Quant à Agapit Napoléon Maforikan, la persévérance, le travail et l'esprit de synthèse ayant permis à Marie-Richard Magnidet, appelé affectueusement "MRM", au cours de la cérémonie d'investiture, de relier toutes les candidatures, sont les points forts de l'élu du 14 avril dernier ; à propos de Marie-Richard Magnidet, l'ancien Conseiller à la Haac a partagé qu' "on ne peut faire une révolution seul". 

Charles Toko, au cours de son intervention, très enflammée
Si, par ailleurs, pour François Awoudo, MRM est un homme de compromis capable, à la Haac, de concilier tous les intérêts, pour la satisfaction des besoins des professionnels de la presse écrite, selon Charles Toko, il doit tout à MRM, surtout en ce qui concerne la loyauté de l'homme envers lui et sa contribution essentielle à la création et au développement du Groupe de presse "Le Matinal" : "Marie-Richard Magnidet ne me doit rien, mais, moi, je lui dois tout !", conclura cette icône de la presse béninoise, émue aux larmes. 
Après le discours d'acceptation de Marie-Richard Magnidet, une grande ferveur engagée de toute la grande masse des participants a rassuré MRM sur l'engagement de tous à ne rien laisser au hasard pour sa victoire écrasante, au soir du 17 mai 2014.

Marcel Kpogodo



Allocution de Marie-Richard Magnidet, "MRM"

Mesdames et Messieurs les représentants de nos associations professionnelles,
Mesdames et Messieurs les responsables d’organes de presse,
Mesdames et Messieurs les professionnels des médias,
Chers Consœurs et Confrères,
Chers Amis de la Coordination de campagne,
Mesdames et Messieurs,


En commençant par rendre un hommage appuyé à nos confrères qui nous ont représentés dans les mandatures écoulées et finissante de la HAAC, je voudrais vous dire que ma joie est grande et mon émotion vive, ce jour, lundi 14 avril 2014, de vous voir aussi nombreux autour de moi. Les mots me manquent et je n’ai trouvé que le simple merci pour vous manifester toute ma reconnaissance. Après le dépôt officiel de mon dossier de candidature (le 6 avril dernier) aux élections professionnelles qui nous permettront de désigner nos trois représentants à la prochaine mandature de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication, nous posons, en effet, aujourd’hui, un acte majeur qui marque notre engagement total dans cette compétition.
Je voudrais, d’ores et déjà, en cette entame de mon propos, remercier la Coordination de campagne, pour son sens de l’organisation et son dévouement, car c’est à elle que nous devons cette belle cérémonie. Mes remerciements vont particulièrement à vous tous, aînés, confrères et consœurs, graphistes, dessinateurs de presse, photojournalistes, techniciens d’imprimerie, opérateurs et opératrices de saisie, qui en êtes membres.
C’est le lieu pour moi de confesser que, s’il est vrai que j’ai nourri l’ambition, à un moment donné, d’être notre représentant, au titre de la presse écrite et en ligne, dans la prochaine mandature de la HAAC, cette ambition n’aurait pu prendre corps si vous n’aviez été là pour l’accueillir favorablement, la porter et l’entretenir. Ainsi, cette ambition n’est donc plus la mienne uniquement, elle est la vôtre, je dirais simplement qu’elle est la  nôtre. C’est donc avec beaucoup d’humilité et de reconnaissance que j’accepte d’être notre porte-étendard, car je n’ai certainement pas de mérites particuliers plus que quiconque ici présent, dont je connais aussi la valeur et l’engagement au profit de notre corporation. Cette confiance que vous me témoignez est aussi la preuve, comme disent les sages, que, si, parfois, le rêve est solitaire, sa réalisation est toujours collective. Or, nous avons un avantage corporatif inestimable, vous et moi, c’est que notre rêve est collectif et que nous nous employons à le réaliser collectivement. Sur cette dynamique, je suis persuadé que notre tâche s’en trouve facilitée et que, par conséquent, au soir du 17 mai prochain, jour du scrutin, les fruits auront tenu la promesse des fleurs. La victoire sera nôtre !


Mes chers aînés, chers confrères et consœurs,   


Cette victoire ne consacrera pas l’élevation d’un homme. Non, elle marquera l’entrée en vigueur concrète d’un contrat de confiance, assorti d’une obligation de résultats, entre vous et moi, entre la corporation et moi. Et, je m’emploierai, avec les autres Conseillers à la HAAC qui seront de la mandature, à initier des chantiers et à relever des défis qui aideront à renforcer la presse béninoise, à protéger sa liberté et à favoriser son épanouissement. Quelques-uns de ces chantiers sont contenus dans le prospectus que la Coordination de campagne mettra à notre disposition et, je voudrais citer, entre autres, le plaidoyer pour l’amélioration et le vote du Code de l’Information et de la Communication, attendu pour doter notre profession de textes conséquents et enfin unifiés, la poursuite des formations diplomantes, avec un plan spécial pour les femmes professionnelles des médias, l’assainissement de notre corporation afin que nous soyons de plus en plus fiers. Je voudrais citer, aussi, et j’en porterai le leadership au sein de la HAAC, cinquième mandature, le combat pour l’application effective de la Convention collective régissant notre corporation, les chantiers de la mise en place effective, comme souhaité d’ailleurs encore par les deuxièmes Etats Généraux de notre presse, tenus du 19 au 21 février, de la Centrale d’achat des intrants de presse, de l’avènement d’une régie publicitaire, de l’avènement du Fonds d’Appui au Développement des Médias (FADEM). Bien entendu, tout ceci ne sera que le corollaire du renforcement institutionnel de la HAAC elle-même, de son leadership assumé dans la sous-région et sur le continent, en tant qu’institution pionnière. Au moment où il est question du passage de l’analogie au numérique, je voudrais également prendre date avec vous de ce que je m’emploierai à faire en sorte que ce combat soit véritablement celui de toute la presse et non d’une catégorie donnée.


Mes chers aînés, chers confrères, chères consœurs,


Ce sont là quelques points de la mission que vous m’avez assignée. Ma réussite, notre réussite ne sera qu’à terme, la cinquième mandature de notre auguste institution ait été efficace dans leur mise en œuvre concrète, en intelligence avec les Associations professionnelles des médias, j’ai nommé le CNPA-Bénin, l’UPMB, l’ODEM, la Maison des Médias Mègnassan où nous nous trouvons en ce moment.
Et, parce que le contrat qui nous lie et qui nous engagera réellement, pour les cinq prochaines années, est un contrat assorti d’obligation de résultats, je voudrais vous rassurer que je serai toujours un mandataire attentif, un co-contractant honnête et diligent. C’est pourquoi, je vous annonce solennellement que j’ai décidé, mû par le souci de la reddition de comptes et, tenu à l’obligation de résultats, que je me rendrai disponible, autant que la charge que vous me confiez m’en laissera le temps, pour que, trimestriellement ou, tout au moins, semestriellement, nous ayons une séance d’échanges. Oui, je l’ai décidé parce que je suis et je veux demeurer votre Homme, fidèle et assidu à la tâche. Cette initiative aura pour finalité que, moi, je rende compte de mon action à mes mandants que vous êtes et, qu’en retour, vous me suggériez de nouvelles pistes à explorer, de nouvelles stratégies à mettre en œuvre, éventuellement, afin d’obtenir de meilleurs résultats. Ou, encore, qu’ensemble, nous définissions de nouveaux chantiers, en fonction de ce que nous imposeraient les réalités nouvelles qui apparaîtraient, au cours du combat. Mon intervention aurait un goût d’inachevé si elle ne prenait pas en compte l’Agence Bénin Presse (ABP). Depuis, en effet, un an, cette structure, fort heureusement, est en train de renaître de ses cendres. Une fois élu, je m’investirai, avec le concours des autres Conseillers, à faire en sorte qu’elle retrouve toutes ses lettres de noblesse.


Mes chers aînés, chers confrères et consœurs,


Dans quelques jours, la campagne électorale, proprement dite, sera lancée. Nous serons alors autorisés à nous déployer conséquemment sur le terrain. D’ores et déjà, je voudrais nous exhorter à mettre le paquet, à annoncer la bonne nouvelle, pour rallier le plus grand nombre, à notre cause. Je suis d’ailleurs persuadé qu’il en sera ainsi, au regard de la mobilisation de ce jour et de la qualité des hommes et des femmes que je vois ici.

Ensemble, nous y arriverons !
Vive la presse béninoise !
En avant, pour conquérir le siège dédié à la presse écrite et en ligne, dans la prochaine mandature de la HAAC !

Je vous remercie.    

mercredi 14 décembre 2011

Sur la condamnation du Béninois Libéré

Marie-Richard Magnidet


« Il est temps qu’on soit fier d’être journaliste au Bénin »



Ce n’est pas habituel. Le Président de l’Observatoire de la déontologie et de l’éthique dans les médias (Odem) évite le silence d’or au lendemain des auditions publiques : Avenue Akpakpa-Sègbèya, siège de l’Odem, il s’est entretenu avec des rédacteurs de « Le Matinal », « Le Matin », « Fraternité », «l’Evènement Précis», "Nouvelle Expression" et de « La Nouvelle Tribune ». Marie-Richard Magnidet prend le temps d’un vaste tour d’horizon de la régulation et de la co-régulation. Il aborde tous les aspects des dernières sanctions de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac). Il se laisse aller à un coup de griffes aux « fossoyeurs » de la crédibilité et de la respectabilité de la presse. Voici Marie-Richard Magnidet, tel qu’il appréhende les dernières décisions de suspension et de fermeture de certains organes de presse.


Depuis quelques jours, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (Haac) a prononcé des sanctions allant de la suspension à la fermeture d’organes de presse. Peut-on les assimiler comme l’expression de l’échec de l’autorégulation ?

Tout le monde est conscient que la dérive de certains organes est extrêmement grave et qu’elle peut remettre en question tout ce que nous avons construit, non seulement depuis 1999, mais aussi le fondement de la liberté de presse. La condamnation de l’ODEM tend de plus en plus à ne plus inquiéter certains multirécidivistes de la violation du code de déontologie. Le corollaire en est qu’ils bafouent notre autorité en refusant de répondre à nos séances d’explications. Mais la crise que vous assimilez à un échec peut-être aussi une chance pour notre profession, qui commençait déjà à dériver sérieusement. Il est temps d’en finir avec de mauvaises habitudes de traitement de l’information. Je crois que les journalistes, dans leur plus grande majorité, le comprennent et qu’ils savent qu’il y a un chemin et un pilote : la co-régulation.


Parlons-en, la co-régulation est perçue comme un sabordage de l’Odem à la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication. Qu’en pensez-vous ?

Je ne suis pas de votre avis. Co-réguler, c’est réguler ensemble. La Haac est une institution constitutionnelle dont un tiers émane de la volonté populaire exprimée par les professionnels. Ainsi, l’ODEM exclusivement constitué de professionnels élus, se veut un éclairage à la prise de décision de la HAAC dont les sanctions sont exécutoires au terme de l’arsenal de droit qui la régit. Au contraire, nous devons souhaiter la co-régulation pour être sûrs que les décisions prises par ce que nous appelons « le juge régulateur » sont mues par des desseins professionnels. Dans le cas d’espèce, les dernières décisions de la HAAC renforcent l’autorité morale de l’ODEM et font de lui un observatoire à respecter. L’ODEM est donc partie prenante de l’audition publique. En réalité, partout, c’est la co-régulation qui est en marche. En Egypte, au Burundi, …partout, c’est la co-régulation qui est en marche. Les auteurs des articles délictueux tendent à banaliser l’ODEM. Il n’y a qu’un seul chemin, la HAAC, à qui le législateur a conféré une capacité à prendre des initiatives qu’elle juge opportunes pour la régulation des médias.


Monsieur le Président, s’il y a un cas qui laisse pantois plus d’un, c’est celui de notre confrère « Le Béninois Libéré ». Qu’est-ce que l’Odem a fait pour empêcher cette extrémité du «juge régulateur»?

Il y a bien de détails qu’on ne saurait mettre sur la place publique au nom du principe de l’obligation de réserve. Néanmoins, il est bon de dire que l’ODEM a tenté à maintes reprises, hélas en vain, de réconcilier les responsables de l’organe ‘Le Béninois Libéré » avec la retenue qu’impose une comparution devant un observatoire. Le Directeur Général du quotidien « l’Indépendant » était présent à l’audition qui a valu à «Le Béninois Libéré » un mois de suspension. Il peut rapporter la médiation qui a été la mienne. Au-delà des impressions et compassions bien compréhensibles des uns et des autres, les sanctions prononcées par la Haac devraient être une occasion de faire notre autocritique. Faut-il se concentrer sur les épines de la décision, sans voir les roses qu’elles comportent ? Je nous pose la question.


Est- ce que le cas de «Le Béninois Libéré » n’est pas une brèche ouverte à la Haac ?

Loin s’en faut. La dernière audience publique de la Haac remonte à un an. Si la Haac voulait faire de l’audition publique une activité régulière, ce serait chaque fin de mois. Et pour cause, les plaintes sont nombreuses. Le vice-président de la Haac, Président de la Commission en charge de la Déontologie, évoque déjà cent cinquante plaintes en attente. C’est une statistique effroyable qui appelle une prise de conscience professionnelle. La recrudescence des dérives fait peur à l’opinion publique. Nous sommes à deux ans des élections municipales. Ce qui signifie qu’à l’approche des élections, nous devrons avoir des centaines de milliers de plaintes à gérer. Ce que vous ne savez pas, c’est que nous sommes souvent appelés à faire des médiations pour faire retirer des plaintes au tribunal, à la Haac. Aujourd’hui, nous avons des plaintes en instance. Par exemple, des plaintes du Garde des Sceaux, du roi d’Allada. Et encore de M. Juste Guédou contre dix (10) organes, donc contre 20 journalistes ! Il y a lieu de faire le ménage. L’Odem ne se dérobera pas à ses responsabilités. Il faut commencer un jour. L’heure de l’assainissement, me semble-t-il, a sonné. Le mouvement est irréversible et irrévocable. C’est-à-dire que ceux qui ne respecteront pas le code seront au regret de ne plus se compter parmi nous. Voilà pourquoi, nous nous efforçons de sensibiliser les directeurs de publication et les rédacteurs en chef sur le rôle qui est le leur dans l’avènement d’une presse crédible et responsable.


Parlant de sensibilisation, qu’est-ce que l’Odem a déjà fait pour renforcer la conscience professionnelle des journalistes ?

Grâce à nos partenaires techniques et financiers : Friedrich Ebert, Ambassade du Danemark à travers le Padeg-Danida, nous continuons d’organiser des ateliers pour sensibiliser sur le code de déontologie. Personnellement, j’échange avec les directeurs de publication pour appeler leur attention sur des manquements constatés. Je m’investis avec mes collèges de l’Odem à offrir nos bons offices. Beaucoup de citoyens, victimes de certaines publications, pensent que nous protégeons nos confrères. Dès lors, ils s’orientent directement vers la Haac qui aurait pu refuser la co-régulation, mais l’a acceptée. C’est une chance pour nous.


Comment entrevoyez-vous l’avenir de l’Odem dans ce contexte de superpuissance de la Haac ?

La Haac n’est pas super puissante. Elle est dans ses prérogatives constitutionnelles. L’Odem a un bel avenir si les professionnels lui redonnent ses lettres de noblesse en respectant le code de déontologie. Dans l’opinion, les journalistes sont perçus comme des escrocs, des mendiants. L’Odem va s’associer à la Haac pour redorer le blason de la profession longtemps traînée dans la boue. La presse béninoise n’a pas besoin de « braconniers ». Nous vivons de notre métier. Nous avons des femmes et des enfants. Il est temps qu’on soit fier d’être journaliste. C’est ce à quoi va s’atteler l’Odem. Son avenir sera radieux, si vous le désirez sincèrement.

En tant que juge d’autorégulation, quelle exhortation faites-vous à l’endroit des professionnels des médias ?

On ne le dira jamais assez. Respecter le code de déontologie reste et demeure la seule manière d’éviter les procès. Les directeurs de publication et les rédacteurs en chef doivent reprendre la main. C’est-à-dire animer une rédaction professionnelle. Ce qui passe par la tenue régulière des conférences de rédaction.

Source : www.nouvelle-expression.com