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dimanche 1 avril 2018

« […] le mot d’ordre est clair : la grève continue ! », dixit Alexandre Adjina, membre du Front d’Action des syndicats de l’éducation

Dans le cadre d'une interview à notre Rédaction

Le mouvement ayant embrasé le système éducatif béninois, depuis janvier 2018, est loin d’avoir atteint son épilogue, ce qui ressort de cette interview qu’a bien voulu accorder à la Rédaction de votre Journal, Alexandre Adjina, membre du Front d’Action des syndicats de l’éducation. De même, notre invité rejette avec véhémence les informations selon lesquelles le salaire du mois de mars aurait été payé par l’Etat aux enseignants grévistes sans la défalcation. Il n’oublie de nous embarquer dans les coulisses des négociations Gouvernement-syndicats, pour crucifier certains Ministres aux propos peu amènes. Lisons plutôt …

Alexandre Adjina, membre du Front d'action des Syndicats de l'Education
Journal ’’Le Mutateur’’ : Alexandre Adjina, vous êtes un représentant syndical de l’Enseignement secondaire et un membre du Front d’Action des syndicats de l’éducation. En tant que tel, vous voudriez bien nous dire quelle est la situation qui prévaut actuellement au niveau de l’Enseignement secondaire. Est-ce que les cours ont repris ?

Alexandre Adjina : Merci, M. le journaliste. En tant que membre du membre du Front d’Action des syndicats de l’’éducation, je ne vais pas me prononcer seulement sur la situation au niveau de l’Enseignement secondaire, mais je le ferai sur la situation au niveau des enseignements maternel, primaire et secondaire.
Il faut rappeler que le lundi 19 mars 2018, après une rencontre entre une forte délégation du Front d’Action des syndicats de l’éducation, et le Ministre des Enseignements maternel et primaire, Salimane Karimou, on a constaté que les membres du Front sont restés fermes, ont tenu bon et sont restés attachés à leurs revendications. Donc, le Ministre était hors de lui-même et, il a tenu des propos qu’une autorité ne devrait pas tenir, parce que lorsqu’on parle de négociation, il faut des termes et des expressions appropriés ; il faut le respect mutuel. Nous sommes des partenaires sociaux, dit-on. Quand on parle des partenaires sociaux, cela regroupe les autorités et les représentants des organisations syndicales.
Donc, ce Ministre, face à la fermeté de la délégation du Front, a tenu certains propos. Il a dit, par exemple, que ce n’est pas pour la première fois qu’il y a eu une année blanche dans ce pays, que, sous le Général Mathieu Kérékou, on a connu une année blanche mais que cela n’a pas empêché les Béninois d’aller le chercher pour qu’il devienne encore Président de la République pendant dix ans. Ce ne sont pas des choses qu’un Ministre doit dire. Et, il est allé au-delà pour affirmer qu’il faut continuer à affamer les enseignants, à confisquer les salaires et que, lui, il sait ce que représente la date du 20 du mois pour un enseignant et que lorsqu’on va continuer à les affamer, ils vont reprendre le chemin de l’école. Et, c’est ce même 19 mars 2018 qu’il a fait suspendre la motion prise par le machin qu’il a fabriqué et qu’on appelle l’Intersyndicale de la Maternelle et du primaire (Imp) que nous, on appelle maintenant l’Intersyndicale de la Majorité présidentielle parce que, tenez-vous tranquille, lorsque vous lisez la motion de suspension de nos camarades de l’Imp, vous allez vous poser des questions.
Voilà des enseignants de la maternelle et du primaire, qui sont en grève pour la régularisation de leur situation administrative et financière, nous avons des enseignants qui gagnaient 33.000 Francs comme avance sur solde mais, depuis le 31 décembre 2017, on leur a coupé cette avance sur solde là. Nous avons des enseignants qui ont des problèmes de formation, de reclassement, d’intégration, entre autres, au niveau du Ministère des Enseignements maternel et primaire, nous avons la question des Statuts particuliers. Et, lorsqu’on parle des Statuts particuliers, nous avons la question de l’indexation et celle des arrêtés d’application.
Mais, vous constatez avec nous qu’aucun des problèmes n’a été réglé et, à cela s’ajoute la défalcation illégale et arbitraire, en violation de l’article 25 de la Loi 2001—09 du 21 juin 2002, portant exercice du droit de grève en République du Bénin. Donc, c’est dans ce contexte qu’un groupuscule – ils sont cinq environ – se réclamant de l’Intersyndicale de la Maternelle et du primaire ont prononcé la suspension de la motion de grève. C’est un crime ! Ce n’est pas loin d’un crime parce que vous êtes censés défendre des travailleurs qui n’ont  rien obtenu, qui continuent la grève, qui ont été défalqués de façon arbitraire, et vous prononcez la suspension. Ils ont été désavoués. Donc, il n’y a pas eu reprise au niveau des Enseignements maternel et primaire, comme le Ministre a tenté de le faire croire.
Au niveau de l’Enseignement secondaire, il n’y a pas eu non plus reprise. Et, je dois rappeler que le Ministre des Enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle, Mahougnon Kakpo, a rencontré une délégation du Front le jeudi 22 mars 2018.  Au cours de cette séance, le Ministre a tenté de convaincre les membres du Front, pour obtenir une certaine reprise. Mais, ceux-ci ont été clairs : pas question de reprendre si les revendications ne sont pas satisfaites. Il faut rappeler que les enseignants en grève n’ont pas demandé à tout obtenir tout de suite. La preuve en est que nous avons fait suffisamment de concessions.
Lorsque nous prenons les décrets portant Statuts particuliers, il y a 24 arrêtés auxquels nous avons droit. Sur ceux-ci, on a demandé à bénéficier seulement de 9, donc, pratiquement le tiers. En dehors de cela, le 24 mars 2018, le Ministre Mahougnon Kakpo a essayé de rendre compte au Gouvernement de la rencontre qu’il a eue avec nous et de la fermeté dont la délégation du Front a fait montre, il a essayé de faire venir la Ministre Adidjatou Mathys et le Ministre Abdoulaye Bio Tchané. Mais, ceux-là sont venus envenimer la situation ; ils se sont moqués de nous. Je vais rappeler certains propos qu’ils ont tenus. D’abord, Adidjatou Mathys estime que les enseignants de la maternelle, du primaire et du secondaire sont les mieux lotis de la République, alors que les enseignants du Supérieur ont eu leurs Statuts particuliers depuis 2010, et que les seuls parents pauvres du système éducatif restent et demeurent les enseignants de la maternelle, du primaire et du secondaire. Que cette Ministre vienne s’asseoir pour nous dire que nous sommes les mieux lotis de la République, c’est une insulte à notre endroit. Et, qu’est-ce qu’Abdoulaye Bio Tchané a dit ? Voilà des gens qui parlent de sortie de crise mais qui se moquent des enseignants. Voilà un Ministre qui vient s’asseoir, qui prend la parole et qui dit : « Pendant la Révolution, il y avait une chanson qu’on avait l’habitude de chanter : ’’Qui n’a pas travaillé n’a pas le droit au salaire’’ ». Nous ne leur avons pas réclamé le salaire ; ils ont confisqué les salaires en violation de l’article 4 b des Recommandations n°85 de l’Organisation internationale du travail, sur la protection du salaire.
Mais, nous n’avons pas réclamé les salaires, nous ne leur avons pas dit que nous avons faim ! La preuve : le mardi 6 mars 2018, quand nous avions marché, et avions terminé cette marche par un sit-in au Ministère du Développement, quand le Ministre Tchané était venu recevoir la motion et avait dit qu’on avait fait le mandatement des salaires, nous lui avons répliqué que nous n’étions pas là pour les salaires mais pour les Statuts particuliers. Donc, il est venu se moquer de nous en disant que celui qui n’a pas travaillé n’a pas le droit au salaire.
Ceux-là ne sont pas dans la logique d’un dégel, d’une sortie de crise ; ce sont des va-t-en-guerre. Et, les gens ne disent pas la vérité au Chef de l’Etat. Voilà Salimane Karimou, un Ministre qui a cru que les cours allaient reprendre dans les écoles maternelles et primaires, après ce simulacre, ce théâtre de suspension, prononcé par l’Imp. Mais, quand il a voulu en sillonner quelques-unes à Porto-Novo, il a constaté qu’elles étaient restées fermées. Et, il a été obligé de mentir devant micros et caméras, pour dire que les gens avaient voulu reprendre les cours mais qu’ils avaient peur des syndicalistes, alors que le jour même où il parlait, aucun syndicaliste n’était là ; les syndicalistes n’ont pas besoin d’aller faire sortir leurs camarades qui sont convaincus de la lutte qu’ils sont en train de mener. Donc, c’est un montage et, après cela, nous avons constaté qu’ils ont appelé certains directeurs, certains enseignants qu’ils ont mis dans certaines classes, dans la zone de Godomey et de Calavi, il a fait promener micros et caméras pour montrer que les cours avaient repris. C’est dommage que l’on en arrive là parce qu’on veut sauvegarder un fauteuil ministériel. Le Ministre Salimane Karimou doit savoir qu’après le fauteuil ministériel, il y a encore une vie et, tout finit par finir, rien n’est éternel.
Il est en train de faire croire au Chef de l’Etat qu’il maîtrise son secteur, alors que les écoles maternelles et primaires sont restées fermées. Donc, la séance du samedi 24 avril 2018 n’a également rien donné. Ces Ministres, en dehors du Ministre Kakpo qui était dans la posture de quelqu’un qui veut négocier, qui souhaite un dégel, ils se sont moqués des enseignants. Les camarades ont déjà eu le compte-rendu de cette séance à travers les différentes assemblées générales qui ont été organisées sur toute l’étendue du territoire national. Et, le mot d’ordre est clair : la grève continue !


Nous avons appris que les salaires du mois de mars ont commencé à être payés et qu’ils n’ont pas été défalqués …

C’est faux ! C’est du pipeau ! Nous avons des collègues du Secondaire qui ont dit qu’ils ont été défalqués à hauteur de plus de 150.000 Francs déjà. Cela dépend du grade de chacun. Mais, contrairement à ce que le Gouvernement a fait croire, ce n’est pas à partir du mardi 27 mars que certains ont commencé à constater l’arrivée du message de mandatement de leur salaire du mois de mars sur leur portable ; c’est plutôt à partir du mercredi 28 mars, dans l’après-midi, avec défalcation. Même si le salaire était payé, sans défalcation, ce n’est pas l’objet de notre grève. Nous sommes allés en grève pour réclamer la prise des arrêtés d’application des décrets portant Statuts particuliers. Donc, même si les salaires étaient payés en intégralité, nous attendons la rétrocession des sommes d’argent défalquées en février. Et, quand cette rétrocession va devenir une réalité, nous allons nous asseoir pour négocier par rapport aux avantages contenus dans nos Statuts particuliers. Nous n’allons pas accepter le saupoudrage qui consiste à éparpiller 28.000 Francs sur six arrêtés, par an, pour dire que c’est ce que le Gouvernement a à nous donner. Lorsqu’on fait le point, le plus gradé a à peine 2300 Francs pendant que celui qui l’est moins a à peine 1000 Francs. On n’est pas allés en grève pour les primes de rentrée ; ce sont les primes de rentrée que nous gagnons par an. Donc, la grève continue et continuera toujours. Et, tout le peuple béninois s’est rendu compte que le Gouvernement fait seulement du chantage en criant à la manipulation, en parlant de grève politique. Heureusement, un député de ce camp, en la personne d’Orden Alladatin, a avoué, sur le plateau de Golfe télévision, - j’y étais aussi, au niveau de l’émission ’’Le Grand débat’’ – qu’il avait demandé aux syndicalistes de la Bourse du Travail de susciter une grève politique contre Yayi,  et qu’il ne l’avait pas eue.
Nous autres, nous ne sommes pas manipulés, nous ne sommes pas manipulables par des politiciens. Et, comme l’a dit le Secrétaire général de la Cosi-Bénin (Confédération des organisations syndicales indépendantes du Bénin, Ndlr), Noël Chadaré, nous ne sommes pas des pantins désarticulés que les hommes politiques peuvent manipuler à leur guise. Nous sommes en grève pour des revendications corporatistes ; notre grève prend sa source dans les problèmes sectoriels, les problèmes sociaux, la cherté de la vie, la violation des libertés … Lorsque vous prenez la motion du Front, nous n’avons que des revendications corporatistes : il s’agit de la prise des arrêtés d’application des décrets portant Statuts particuliers, la régularisation de la situation administrative et financière des différentes catégories d’enseignants de la maternelle, du primaire et du secondaire, la prise de l’arrêté portant modalités de recrutement et d’emploi des enseignants vacataires, parce que c’est au niveau de ce nouvel arrêté qu’on va constater l’augmentation du taux horaire de vacation, promise par les autorités et consignée dans ce projet d’arrêté, après les travaux d’une Commission mise en place. Nous avons également exigé le recrutement d’enseignants, promis par le Gouvernement, au profit du Ministère des Enseignement maternel et primaire, et du Ministère des Enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle ; il a été dit que 4154 enseignants vont être recrutés. Nous avons également exigé le transfert des cotisations des Agents contractuels de l’Etat de la Caisse nationale de sécurité sociale vers le Fonds national de retraite. Vous voyez que ces quatre revendications sont des revendications corporatistes ; nous n’avons pas de revendications politiques. Donc, les chantages du Gouvernement ne vont pas émousser notre ardeur ; les enseignants sont déterminés, sur le terrain, les tentatives de démobilisation qui ont consisté à faire prononcer une suspension de façade par l’Imp n’ont pas prospéré. La preuve : tous les responsables syndicaux qui se sont associés au groupuscule de responsables qui ont prononcé la suspension, ont été sanctionnés par leurs différentes fédérations et confédérations ; cela s’est passé déjà au niveau de la Cgtb (Confédération générale des travailleurs du Bénin, Ndlr), de l’Unstb (Union nationale des syndicats des travailleurs du Bénin, Ndlr) et de la Cosi-Bénin. Donc, ce sont des gens persona non grata, parce qu’ils sont train de ramer à contre-courants de la volonté de la base.
Cette stratégie, qui consiste aussi à faire suspendre la motion des vacataires, pensant qu’on pouvait obtenir une certaine reprise, n’a pas prospéré car, sur le terrain, les vacataires ont manifesté leur mécontentement, et ont renouvelé leur ferme engagement à poursuivre le mouvement de grève jusqu’à satisfaction de leurs revendications.


Donc, les professeurs vacataires qui sont censés avoir repris les cours, vous dites qu’il n’en est rien …

La suspension a été prononcée de façon unilatérale, sans une assemblée générale. Mais, lorsque nous avons lu la motion de suspension, nous, nous avons toujours conseillé à nos amis qui dirigent les trois syndicats des vacataires d’éviter les méthodes biaisées, surtout qu’ils ont dit avoir organisé une assemblée générale à la Bourse du Travail et avoir prononcé la suspension de leur motion de grève : pour organiser les assemblée générales, on va sur le terrain ; elles s’organisent sur le terrain et les responsables syndicaux viennent faire le point à la Bourse du Travail. C’est ce que nous appelons, au niveau du Front, la Conférence des Secrétaires généraux. Mais, eux, on n’a pas vu l’assemblée générale qu’ils ont organisée, personne ne sait où elle s’est passée, ils ont annoncé qu’ils l’ont fait à la Bourse du Travail et, ils ont prononcé une suspension. Les militants à la base, les vacataires n’ont pas été d’accord et ils ont poursuivi le mouvement de grève.
Donc, la lutte continue ; personne ne peut être dupé par ce Gouvernement de ruse et de rage. Nous avons des revendications justes et nous allons lutter jusqu’au bout. Mais, si nos revendications sont satisfaites, nous organiserons des assemblées générales et, la base va décider du reste. Mais, tant que les revendications ne vont pas être satisfaites, que les gouvernants vont continuer à se moquer des enseignants, vont continuer à organiser des simulacres de rencontres, vont continuer à distraire le peuple béninois en distillant des mensonges, des intoxications, en montant des organes de presse qui écrivent que les cours ont repris à 60%, au moment où les écoles, les collèges et les lycées sont fermés, ce sera du leurre, du faux ! Que le Chef de l’Etat mette en branle ses services de renseignements et qu’il se rende compte que les écoles, les collèges et les lycées sont fermés, et qu’il prenne la bonne décision, puisque c’est lui qui est élu par les Béninois et non les Ministres qui lui mentent pour sauvegarder leur poste.


Est-ce qu’il n’y a pas le spectre de l’année qui plane désormais sur le secteur éducatif ?

Nous, nous n’avons pas sur notre plateforme revendicative la volonté d’avoir une année blanche, nous ne revendiquons pas une année blanche, nous n’avons pas déposé une motion pour qu’il y ait une année blanche ; nous avons déposé une motion pour que les problèmes de l’éducation soient réglés, pour que nous ayons une éducation de qualité et que l’offre éducative soit améliorée. En effet, lorsqu’on va améliorer les conditions de vie et de travail des acteurs clés du système, que sont les enseignants, l’offre éducative va être améliorée. Donc, c’est ce que nous revendiquons. Si ces revendications sont satisfaites, nous allons aviser, avec la base, et reprendre le chemin de l’école, quand la base va exprimer sa           satisfaction face au niveau de satisfaction des revendications des enseignants que nous sommes. Mais, tant que cela n’intervient pas, souffrez que la grève continue.


Un appel ?

L’appel, c’est que je félicite les enseignants de la maternelle, du primaire et du secondaire, qui ont résisté à tout : défalcations illégales et arbitraires, confiscation des salaires, menaces de radiation ; il ne reste plus rien, les enseignants ont résisté à tout ! Je les félicite ! Quand je regarde la base, quand, nous qui sommes au sommet, regardons la base, derrière nous, nous sommes fiers, nous sommes contents, nous sommes prêts à prendre tous les risques possibles car c’est Dieu qui protège, rien ne nous arrivera. La grève continue ; j’encourage les enseignants de la maternelle, du primaire et du secondaire à continuer résolument la lutte jusqu’à satisfaction de nos revendications.

Propos recueillis par Marcel Kpogodo et transcrits par Ramane Aïsso

jeudi 29 octobre 2015

Jean-Michel Abimbola, une analyse impartiale des 10 ans du yayisme

Dans le cadre du 4ème Congrès ordinaire du Rnd

La journée du samedi 24 octobre 2015 a été consacrée à la tenue du 4ème Congrès ordinaire de la formation politique par les instances dirigeantes et les militants du Rassemblement national pour la démocratie (Rnd). Les travaux, qui se sont déroulés au Palais des congrès de Cotonou, ont débouché sur le renouvellement des structures dirigeantes du Parti et sur le discours de Jean-Michel Abimbola, Président reconduit, qui s’est fondu en un bilan de vérité des 10 ans de Boni Yayi au pouvoir.


Jean-Michel Abimbola, au cours de la cérémonie d'ouverture du Congrès du Rnd
Des résultats palpables aux points de vue de la gestion économique, de la lutte contre le chômage, notamment, mais le foisonnement des partis politiques, la transhumance politique, la faiblesse des institutions de contre-pouvoir, le grégarisme, entre autres. Les aspects en double teinte du bilan qu’a présenté Jean-Michel Abimbola, Président réélu du Rassemblement national pour la démocratie (Rnd), des 10 années de pouvoir de Boni Yayi. C’était le samedi 24 octobre dernier, à la Salle bleue du Palais des congrès, en totale soirée, lors de la cérémonie de clôture du 4ème Congrès ordinaire du parti politique.
Dans un langage de vérité, l’ancien Ministre de la Culture, actuel Député à l’Assemblée nationale et Président de la Commission du Plan, n’a pas ménagé ses mots pour décrire et faire ressortir les éléments de dysfonctionnement politique ayant fragilisé la gouvernance Yayi, de 2006 à nos jours.
Dans le même registre, Jean-Michel Abimbola, tirant les leçons de l’appartenance du Rnd à la mouvance présidentielle, a relevé un côté positif, la participation de ce parti à l’Exécutif, du 28 mai 2011 au 18 juin 2015, et un aspect qui l’est moins : « l’affaiblissement du parti au plan national ». L’évocation, dans ce discours, de considérations pouvant s’avérer fâcheuses, au niveau de certains cercles de la famille des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), met en vue une réelle liberté de parole dont l’intervenant n’a pas manqué d’user, vu sa position actuelle au plan politique, qui est celle d’un parlementaire établi dans son mandat pour 4 années, sans risques de devoir se retrouver à perdre son poste, en représailles à cette franchise. Entre les lignes, cette liberté de ton révèle aussi la fierté de cette personnalité d’avoir géré avec loyauté et fidélité ses relations avec le Président Boni Yayi.
Cependant, le profond silence dans la Salle bleue du Palais des congrès, signe de l’écoute religieuse des militants, du discours final, reste une atmosphère ayant fortement contrasté avec celle de la cérémonie d’ouverture du Congrès, quelques heures plus tôt. En effet, mettant fin à la prise de parole des responsables de partis politiques invités, un récit conté brillamment exécuté et totalement applaudi, présenté par des artistes de l’Association ’’Katoulati’’ avec, à leur tête, Patrice Toton, a peint Jean-Michel Abimbola en caméléon, à travers des qualités reconnues chez lui telles que sa capacité à s’adapter à son environnement, son sens prudent et le fait pour cette personnalité politique de savoir saisir les opportunités à savoir faire les choses quand il le faut. Les acclamations nourries, aussi bien de la part des nombreux militants que des personnalités invitées, montrent l’acceptation implicite de cette analogie entre Jean-Michel Abimbola et le caméléon, ce qui laisse croire que cette personnalité politique se trouverait sur les traces de l’illustre porteur de cette comparaison, Feu Mathieu Kérékou, dont les funérailles nationales sont en préparation.



Plusieurs acquis

Le 4ème Congrès ordinaire du Rnd présentait un thème bien précis : « Rnd, ensemble pour relever les défis de la démocratie et du développement ». Il a débouché sur des acquis importants tels que la relecture des textes fondamentaux, le renouvellement des instances du Parti, avec la mise sur pieds d’un Comité directeur, d’une part, et, d’autre part, d’un Bureau exécutif national de 23 membres. Par ailleurs, le Congrès a permis aux militants du Rnd de disposer d’un nouveau logo se matérialisant par un fond vert pur contrastant avec un sigle ’’Rnd’’ en blanc, au-dessus duquel une grande étoile blanche abrite, à chacun de ses côtés, une autre, plus petite. Par ailleurs, en bas du logo, une fine bannière blanche restitue, en rouge, la définition du sigle du Parti. En outre, la nouvelle devise de la formation politique est : « Unité – Liberté – Progrès ».   



La victoire en 2016, au centre …

Pas moins d’une dizaine de personnalités politiques ont pris la parole, à la cérémonie d’ouverture du Congrès du Rnd. De Sakinatou Bello, de l’Abt, à l’Honorable Hinnouho Mohamed Atao, en passant par Samba Saliou, Marcel de Souza, Malick Abdel-Aziz, Sacca Lafia, l’ancienne Ministre des Finances, Adidjatou Mathys, le Député Raphaël Akotègnon, l’Ambassadeur Albert Agossou, le 1er Vice-président de l’Assemblée nationale, Eric Houndété, l’ancien Conseiller du Chef de l’Etat, Alexandre Hountondji et Nassirou Arifari Bako. Cependant, le propos venant de cette dernière personnalité a retenu l’attention, notamment, elle qui a occupé, dans un passé récent, le poste de Ministre des Affaires étrangères. Celui-ci a, en effet, tenu des propos prophétiques sur le déroulement de la prochaine élection présidentielle : « En 2016 », dira-t-il, « la victoire sera trans-partisane ; ce n’est ni la mouvance ni l’opposition, mais c’est la recomposition qui donnera la victoire ; le Bénin de 2016 sera un Bénin du centre … ». 

Marcel Kpogodo



Annexes



Bureau Exécutif National Elu


Président : Jean-Michel ABIMBOLA
1er Vice Président : Médard SAIZONOU
2ème Vice Président : Philippe ADAGBE
3ème Vice Président : Eric TOTAH
Secrétaire Général : Sidonie DJIVOH-KIKI
S.G. Adjoint : Yves FANNOU
Trésorier Général : Laurent ABIMBOLA
T.G. Adjoint : Maxime HOUNTONDJI
Conseillers : 1. Théophile ZANNOU
2. Aristide BONI
3. Françoise SOSSOU
4. Latif SALAMI
5. Moussa YAYA


Secrétariats Nationaux

1. Formation, Organisation & Animation : Thierry SEKLOKA
F.O.& A Adjoint : Rock GNANSOUNOU
2. Information & Propagande : Jean-Marie ANIGLE
I. &  P. Adjoint : Nourou Dine ABDOULAYE
3. Solidarité & Promotion de la Femme : Sandrine GBEDO
S.&P.F. Adjoint : Jacqueline SAGBOHAN
4. Culture, Jeunesse & Sport : Chamss–Deen TAIROU
C.J.& S. Adjoint : Ramanou OLOUDE
5. Affaires Universitaires & Scolaires : Médard LATOUNDJI
A.U.S. Adjoint : François ADJIBODE
Président d’honneur : Denis YABI



Communiqué final

Le Samedi 24 octobre 2015, les militants du Rassemblement National pour la Démocratie (RND) ont tenu au Palais des Congrès de Cotonou leur 4ème Congrès Ordinaire pour procéder à la relecture des textes fondamentaux, au renouvellement des instances, et pour se prononcer sur l’actualité nationale.
Ainsi, après avoir fait le bilan de son appartenance à l’Alliance Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE) et de son soutien au Président Boni YAYI, le Congrès a examiné puis adopté les Statuts et le Règlement Intérieur.
Un nouveau Bureau Exécutif National de 23 membres présidé par Monsieur Jean-Michel Hervé Babalola ABIMBOLA a été élu.
Le Congrès a en outre, fidèle à sa parole, réaffirmé son soutien au Dr Boni YAYI jusqu’au 06 Avril 2016.
Enfin, après avoir exploré l’éventualité d’une candidature interne au Parti, le RND opte pour le rassemblement et affirme sa disponibilité à oeuvrer avec tous ceux qui croient aux valeurs républicaines. Le RND apportera son soutien à une candida­ture sur la base d’une vision partagée et d’un projet de société répondant aux aspirations du peuple.


Fait à Cotonou, le Samedi 24 octobre 2015,

Le Congrès




Discours d’ouverture de Jean-Michel Abimbola


- Monsieur le Président d’Honneur du Rassemblement National pour la Démocratie,
- Honorables députés à l’Assemblée Nationale,
- Mesdames et Messieurs les membres du Bureau Exécutif Na­tional du RND,
- Mesdames et Messieurs les membres du Comité Directeur du RND,
- Mesdames et Messieurs les Chefs de partis et Alliances de partis ou leurs représentants,
- Majestés et Têtes couronnées,
- Mesdames et Messieurs en vos rangs, titres et qualités,
- Militantes et Militants du Rassemblement National pour la Démocratie, très chers congressistes,
- Mesdames et Messieurs de la Presse,
- Mesdames et Messieurs,
- Distingués invités.
C’est avec une grande émotion que je me réjouis de vous voir honorer, aussi nombreux, de votre présence la cérémonie d’ouverture du 4ème Congrès de notre Parti, le Rassemblement National pour la Démocratie (RND).
Avant tout propos, je voudrais vous convier à observer avec moi une minute de silence en mémoire de nos pères fondateurs, de nos vaillants camarades décédés depuis notre dernier Congrès Extraordinaire du 28 novembre 2009 à Kétou et aussi pour l’un des grands hommes de l’histoire de notre pays, le Général Président Mathieu KEREKOU.
Fondé le 12 mai 1990 à la faveur de la fusion entre du FND-UDD représenté par le Président Justin AHOMADEGBE TOMETIN et du MDR-PRD représenté par le bâtonnier Joseph ADJIGNON KEKE, le Rassemblement National pour la Démocratie (RND)est le résultat d’une convergence d’idées et d’ambitions entre des hommes politiques, animateurs de la vie publique de notre pays depuis les premières heures de l’indépendance et de la nouvelle génération d’hommes et de femmes à qui le vent du renouveau démocratique a redonné la liberté d’expression et d’actions.
Héritiers de ces pères fondateurs, nous nous obligeons à réunir régulièrement les instances décisionnelles de notre Parti. En 25 ans, nous avons convoqué 4 Congrès Ordinaires, 3 Congrès Extraordinaires et une Conférence Nationale afin de prendre pleinement notre part à l’animation de la vie politique conformément à la Constitution du 11 décembre 1990 et à la loi n°2001-21 du 21 février 2003 portant Charte des Partis Politiques.
Qu’il vous souvienne que c’est à l’occasion d’une session extraordinaire du Comité Directeur le 15 février 2006 dont l’unique ordre du jour était le choix du candidat, que le RND a décidé après analyse des différentes candidatures de soutenir librement et entièrement à 95% le candidat Thomas Boni YAYI pour l’élection présidentielle de 2006. Nous avions décidé en toute connaissance de cause de le soutenir pendant son premier puis son second mandats constitutionnels. Le RND, membre fondateur de l’Alliance Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE) en Octobre 2008, très actif au sein des différentes instances de l’Alliance (CPA, 3CP, Coordination Nationale) a été un soutien permanent pour le Président de la République durant ses 10 années.
Mesdames et Messieurs,
Honorables invités,
Aujourd’hui, notre 4ème Congrès Ordinaire intervient dans un contexte mar­qué par les lendemains d’élections législatives, municipales, communales et locales, d’une part, et d’autre part à la veille de l’élection présidentielle de 2016 annonçant la fin d’un cycle.
En effet, cette élection vient après deux mandats constitutionnels du Président Boni YAYI et est caractérisée par un foisonnement de candidats putatifs et un déchainement de passions.
Les partis politiques de l’Alliance FCBE attendent de voir, tels des fidèles à genoux à la place Saint Pierre, la fumée blanche sortir du conclave des Cardinaux, pour s’exclamer « Habemus candidatum (Nous avons un candidat) !!»
Au RND ; et nous sommes persuadés que plusieurs autres partis de l’Alliance FCBE originelle partagent notre point de vue ; nous estimons, comme cela a été le cas les 8 et 9 janvier 2011 lors du forum bilan sur le 1er mandat, qu’il n’est pas possible de se lancer dans une nouvelle campagne présidentielle sans avoir pris préalablement le temps d’une évaluation des 10 années de pouvoir.
Nous pensons que nous devons dresser le bilan des deux quinquennats du Président Boni YAYI afin d’en tirer des conclusions pour l’avenir de notre pays.
« Pourquoi n’aurions-nous pas collectivement, et n’aurais-je pas, moi, comme chef de parti politique, le droit d’inventaire ? N’est-ce pas cela l’attitude de la raison ? N’est-ce pas cela l’attitude de l’esprit critique et de l’esprit de progrès ? »
« Plus qu’un droit, c’est un devoir ! ».
« Avant de faire de nouvelles propositions, nous devons savoir sur quoi nous appuyer, ce que nous devons reprendre et ce que nous devons changer ».
Comment demander à 80 partis politiques et à 200 mouvements, sans ré­flexions et sans débats, de suivre comme des moutons de panurge des leaders qui eux-mêmes se perdent en conjecture et se demandent : où est le chemin ? Quelle direction prendre, quelle route choisir ?
A moins que le projet de société et le programme du gouvernement se limitent à la conservation du pouvoir, à la conservation des privilèges et des avantages au détriment du peuple ?
Il nous semble urgent de libérer la réflexion, de libérer la parole, de libérer l’intelligence afin qu’ « ensemble nous puissions relever les défis de la démocratie et du développement ».
Pourquoi faut-il que toute analyse, tout questionnement soit synonyme de rébellion, d’opposition ?
Depuis 2006, l’histoire de notre groupe politique, l’histoire du changement, l’histoire de la refondation est parsemée d’ostracisme, d’exclusion de leaders, de chefs de partis politiques, de personnalités qui ont osé poser des questions dérangeantes, dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas.
Où sont-ils les premiers compagnons du changement ? Où sont les soldats du changement et de la refondation ? « Pourquoi faut-il que la révolution finisse toujours par dévorer ses propres enfants ? »
A moins que l’heureuse initiative du 12 octobre dernier, comme nous l’espérons, vienne démentir cette crainte.
Mesdames et Messieurs les militants du RND,
Chers congressistes,
Au cours de nos travaux, il s’agira de faire une analyse critique et objective de la situation sociopolitique de notre pays depuis les dix dernières années afin d’en dresser le bilan qui devra nous permettre de faire des recommandations.
Le système partisan de notre pays depuis l’historique Conférence Nationale de février 1990 devra aussi être passé au crible.
Cet exercice nous permettra de faire des propositions adéquates contre les maux dont souffre notre jeune démocratie, notamment :
- le foisonnement de partis politiques et alliances de partis politiques souvent éphémères ;
- la fragilité de ces derniers, leur vulnérabilité ;
- la transhumance politique ;
- le déséquilibre entre les différentes institutions constitutionnelles ;
- la faiblesse des institutions de contrepouvoir ;
- et pour citer le Frère Melchior, le professeur Albert TEVOEDJRE, « l’asservissement par l’argent et la prédominance d’un grégarisme régional irréfléchi » ;
- etc.
Il nous faudra, à la fin de nos travaux, faire des propositions concrètes pour une réforme profonde du système partisan, une relecture et un toilettage de notre Loi Fondamentale.
Nous devons aussi procéder à une relecture des textes de notre Parti afin d’en relever les éventuelles imperfections et incohérences pour y apporter des corrections.
En cette veille de l’élection présidentielle où tous les états-majors politiques s’affairent, nous devrons, forts de notre vision, de notre projet de société, définir le portrait idéal du prochain Président de la République.
Chers congressistes,
Je ne doute pas un seul instant qu’au sortir de ce Congrès, nous aurons des réponses précises à tous ces questionnements et que l’avenir, notre avenir nous paraîtra plus clair.
Je voudrais pouvoir compter sur votre disponibilité, votre discipline et votre assiduité afin que les travaux du Congrès se déroulent dans une atmosphère empreinte de sérieux, de sérénité et de convivialité.
Pour finir, je voudrais m’inspirant de Danton, vous dire « que pour vaincre, il nous faut de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace et le Bénin sera sauvé » !
Vive le Rassemblement National pour la Démocratie !
Vive la Démocratie !
Vive le Bénin !

Je vous remercie.



Discours de clôture de Jean-Michel Abimbola


- Monsieur le Président d’Honneur du Rassemblement National pour la Démocratie,
- Mesdames et Messieurs les membres du Bureau Exécutif Natio­nal du RND,
- Mesdames et Messieurs les membres du Comité Directeur du RND,
- Militantes et Militants du Rassemblement National pour la Dé­mocratie, très chers congressistes,
- Mesdames et Messieurs de la Presse,
- Mesdames et Messieurs,
- Distingués invités.
Permettez-moi, avant tout propos d’adresser la gratitude de tout le Parti aux membres du Comité d’Organisation de ce 4ème Congrès Ordinaire !!!
Je voudrais particulièrement à vous, chers congressistes, adresser mes félicitations et mes remerciements pour la disponibilité et le sérieux dont vous avez fait preuve durant les travaux.
En effet, sans désemparer, vous avez travaillé dans les diverses commis­sions mises sur pieds pour apporter des solutions à toutes les questions que nous nous posions et dont l’ensemble a justifié, faut-il le rappeler le thème de ce Congrès intitulé : « Ensemble pour relever les défis de la démocratie et du développement ».
Mesdames et Messieurs les militants du RND,
Chers congressistes,
Je suis heureux de constater que notre formation politique sort de son 4ème Congrès Ordinaire plus sereine, mieux aguerrie pour les échéances futures et plus confiante en son avenir.
En effet, à travers l’atelier « Statuts et Règlement Intérieur », nous avons procédé à un toilettage de nos textes fondamentaux.
Il a été proposé ensuite à l’adoption de la plénière un nouveau logo et une nouvelle devise pour le Parti.
Le deuxième atelier, « Politique Générale et Programme de Société » s’est penché, quant à lui, non seulement sur l’évaluation de l’apparte­nance du RND à la grande famille de la mouvance présidentielle mais aussi sur le bilan des 10 années d’exercice du pouvoir du Président Boni YAYI, et, d’autre part, sur les réformes institutionnelles et les perspec­tives pour un avenir meilleur.
Mesdames et Messieurs les militants du RND,
Chers congressistes,
Qu’il vous souvienne que notre Parti, le Rassemblement National pour la Démocratie était à l’avant-garde de la création de l’alliance des Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE) née pour accompagner et soutenir les actions du Dr Thomas Boni YAYI, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement. Mais que peut retenir le Bénin après dix ans de cette expérience?
Même si nous pouvons nous enorgueillir d’avoir été membres des gou­vernements successifs du 28 mai 2011 au 18 juin 2015, le bilan de notre appartenance à l’Alliance, montre un affaiblissement du Parti dans ses structures à travers le territoire national. En effet, le « système du lea­der régional » a ébranlé nos structures à la base dans tous les dépar­tements. Les composantes FCBE dans une région sont coordonnées par le leader local. Cette situation a amené les structures des partis membres de l’Alliance à entrer en léthargie.
En ce qui concerne le bilan de l’exécutif, les deux quinquennats qui s’achèvent peuvent être analysés sur plusieurs plans.
Aux plans macro-économique et des finances publiques, et on ne le dit pas assez, le Bénin a connu des avancées notables, reconnues par la plupart des institutions internationales et sous régionales. Le taux d’inflation est maitrisé. La dette publique est contenue et en deçà des seuils communautaires. La transparence budgétaire est saluée notam­ment par Amnesty International dont le classement 2015 de l’indice de la perception de la transparence budgétaire positionne le Bénin à la 57ème place mondiale.
Au plan économique, les nombreuses réformes ont permis de moder­niser et dynamiser le port. Des investissements massifs ont permis des changements significatifs au niveau des infrastructures routières, portuaires et aéroportuaires.
Au plan social, même s’il reste encore beaucoup à faire, le Bénin a connu des progrès significatifs dans les domaines de la santé, de l’en­seignement, de l’emploi des jeunes, des microcrédits aux plus pauvres et aux femmes, etc.
A l’inverse, au plan institutionnel, le constat est des plus
contrasté. Les institutions de l’Etat sont peu ou prou fragilisées :
- l’institution « Président de la République » semble désacralisée ;
- l’Assemblée Nationale est victime de tentatives répétées d’instru­mentalisation ;
- la Cour Constitutionnelle semble rendre désormais de décisions,
polémiques, déstabilisatrices et discutables même si celles-ci sont sans recours;
- la HAAC, en voie de clochardisation, court le risque de devenir une simple caisse de résonnance ;
- la Haute Cour de Justice quant à elle, attend encore, tel un mou­lin, du grain à moudre, de la matière pour travailler.
Au plan des libertés, notre pays le Bénin qui faisait notre fierté en ce qui concerne la liberté de la presse est passé de la 24ème place en 2006 à la 84ème place en 2015 dans le classement de Reporters Sans Fron­tières.
En 2014, l’ONG Transparency International classe notre pays 80ème sur 175 pays au monde pour son indice de la corruption.
Au niveau de l’Indice Ibrahim de Gouvernance en Afrique (IIGA) de la Fondation Mo IBRAHIM pour la gouvernance en Afrique subsaha­rienne, le Bénin n’est plus classé dans les 10 premiers pays.
La maison Justice a totalement perdu de sa sérénité, secouée en perma­nence par des grèves plus ou moins justifiées.
Les syndicats et associations de défense des droits de l’homme sont constamment sur la braise comme si notre pays n’était pas le labora­toire de la démocratie en Afrique subsaharienne.
Pour paraphraser les médecins, je dirai que le pronostic vital de la plupart des partis politiques est sérieusement engagé. En effet, les for­mations politiques, si elles ne sont pas affaiblies, sont pour leur large frange totalement déstabilisées dans un contexte où nous continuons de clamer la vitalité de notre démocratie alors même que cette vitalité devrait se mesurer à l’aune de l’animation des partis politiques.
Cet état de chose est illustré de façon flagrante par l’absence de dé­bats autour des visions et de projets de société ainsi que des hommes à même de les porter. En lieu et place, le débat tourne autour de la désignation du dauphin.
En tout état de cause, sur la question, le Rassemblement National pour la Démocratie voudrait rappeler à l’ensemble des formations politiques, à la presse et à nos concitoyens que le Bénin n’est ni une monarchie ni une monarchie constitutionnelle mais une REPUBLIQUE !!!
Nous devons faire le constat qu’en 10 ans, les familles sont divisées, les villages sont divisés, les communes sont divisées, les institutions sont divisées, le pays est divisé. Evitons alors que la République soit divisée.
Au total, nous devons reconnaître humblement que malgré la volonté, l’enthousiasme, l’omniprésence, les résultats laissent un goût amer, un goût de gâchis ; bref les fruits sont loin d’avoir tenu la promesse des fleurs.
Face à ce constat, à l’instar du Frère Melchior, Professeur Albert TEVOEDJRE, qui en appelle à une nouvelle logique électorale, le RND en appelle à une remobilisation afin qu’ « ensemble nous puissions re­lever les défis de la démocratie et du développement ».
Militantes et Militants du Rassemblement National pour la Démocra­tie,
Très chers congressistes,
Le prochain mandat présidentiel devra être celui des grandes réformes sur tous les plans. Nos institutions devront être rééquilibrées afin de mieux jouer leur rôle.
Et pour mener à bien ces réformes, nous avons l’intime conviction que le prochain Président de la République devra être le fruit de la politique ou à tout le moins bénéficiant d’un accompagnement franc et massif de la classe politique. En effet, seule une personnalité imprégnée des réalités sociales, économiques et politiques de notre pays, une person­nalité pouvant apporter des solutions concrètes aux problèmes des bé­ninois, une personnalité connue de nos compatriotes pourra mériter la confiance du peuple.
C’est fort de cette conviction que le RND se réserve le droit d’entrer en coalition, pour la conquête du pouvoir en 2016, avec les partis poli­tiques partageant cette même vision du développement.
Oui, mes amis !
Oui camarades, militants et militantes, travaillons pour un Bénin apai­sé, uni, fort !
Travaillons pour la construction d’une vraie Nation fière, fière de sa culture, fière de son histoire !
Une Nation déterminée dans la voie de la prospérité et honorant la mémoire de ses fiers guerriers, ses héros, Kaba, Bio Guerra, Béhanzin !
Un Bénin où il ne sera pas nécessaire de savoir si l’on est :
- jeune ou vieux
- homme ou femme,
- riche ou pauvre,
- de l’est ou de l’ouest,
- du nord ou du sud,
- musulman, chrétien ou animiste !
Un Bénin de fraternité, de justice et de travail !!
Vive le Rassemblement National pour la Démocratie !
Vive la Démocratie !
Vive le Bénin !


Je vous remercie. 


M.K.