mardi 13 septembre 2011

Enseignement au Bénin

Eric N’ Dah, Ministre des Enseignements Maternel et primaire

Rentrée scolaire 2011-2012 au Bénin


Le grand dilemme des familles


Le 03 octobre prochain, les centaines de milliers d’élèves béninois reprendront le chemin des classes. Et comme à l’accoutumée, leurs familles respectives devront faire des dépenses relatives aux frais pour leurs scolarités et fournitures alors qu’on constate dans les différents marchés une hausse du prix de certains produits de grande consommation.


Alexandre, âgé d’une trentaine d’années a reçu une formation en plomberie en 2003. Comme il ne trouvait pas un emploi stable, il a du se contenter ces 08 dernières années d’un poste de gardien dans une entreprise de la place. Mais en janvier dernier, il a démissionné de cette entreprise à cause dit-il du « salaire dérisoire de 27.500 Fcfa » qu’il percevait à la fin de chaque mois. Père d’une famille de 02 enfants alors que sa compagne est actuellement enceinte, il est depuis lors au chômage. C’est donc sa compagne, une couturière de formation, qui assure les différentes dépenses quotidiennes de la famille depuis 09 mois. « Moi de temps en temps, je trouve de petits boulots d’un jour ou deux », nous déclare t-il tout en ajoutant qu’il ne savait pas à quel saint se vouer afin de pourvoir assurer la rentrée à ces 02 enfants qui sont tous inscrits au cours primaire. Les personnes qui sont dans la même situation qu’Alexandre sont nombreuses au Bénin. La situation économique dans le pays est très morose, du fait d’une inflation que certains imputent à la mise en œuvre du Programme de vérification des importations (Pvi). Le gouvernement qui flaire déjà le piège et la fronde sociale qui pourrait en découler se met donc en quatre pour démentir cette prétendue hausse du prix de certains produits de grande consommation. Toujours est-il que cette apathie économique actuelle, complique la situation financière de nombreuses familles car elles sont dorénavant entre le marteau en l’enclume.


Bernado Houenoussi

Mouvement de grève au sein de la douane béninoise

Adidjatou Mathys, Ministre de l'Économie


Ministère de l'Économie et des finances


Les douaniers en grève dès ce jour


Comme annoncé la semaine dernière par le syndicat de la douane, les agents de ce service de l’administration publique béninoise sont entrés en grève pour 48 heures à partir de ce jour 13 septembre 2011.


Si officiellement le syndicat de la douane béninoise argue du fait que 02 douaniers dans l’exercice de leurs fonctions ont été violentés ces dernières semaines, pour lancer son mouvement de grève de 48 heures à compter d’aujourd’hui, la polémique liée à la mise en œuvre du Programme de vérification des importations (Pvi) y est aussi pour quelque chose. En effet par le biais du Pvi dont Bénin Control Sa aura la gestion, le gouvernement a concédé à cette société entre autre la vérification de la régularité des importations au regard de la réglementation béninoise d’une part, et la détermination de la valeur en douane ainsi que le prix des biens importés d’autre part. Ce sont donc des prérogatives de la douane que Bénin Control Sa reprend de facto. Au-delà de cela, il y a en filigrane le fait que le Chef de l’Etat a pointé il y a quelques semaines, un doigt accusateur sur les douaniers béninois qu’il a rendu responsable à mots couverts d’une évasion fiscale évaluée à plusieurs centaines de milliards de Fcfa. Depuis l’annonce de la mise en œuvre du Pvi, le train de vie des douaniers béninois est plus que jamais sur le devant de la scène alors que ce fait est un secret de polichinelle. Ceux-ci vivant dans une certaine opulence, en décalage avec la pauvreté dans laquelle végètent la grande majorité de leurs compatriotes. Même l’argument du gouvernement relatif au fait que la collaboration entre la douane et Bénin Control Sa, s’inscrit également dans le cadre d’un partenariat public-privé, n’a pas suffit à calmer le courroux des douaniers que ceux-ci n’ont jusque là pas exprimé. Ce mouvement de grève aux causes multiples, est donc une confrontation entre le gouvernement et les douaniers, alors que l’exécutif affirme être mu par une volonté de salubrité publique allant dans la droite ligne de la refondation prôné par son chef. Quant aux agents de la douane, ils craignent surtout de se voir dépouiller d’une poule aux yeux qui a permis depuis des décennies à bon nombre d’entre eux de s’enrichir.


Bernado Houenoussi