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mardi 28 février 2012

Des tractations autour du fichier électoral


Dans la perspective des prochaines échéances électorales


La Lépi sera-t-elle bientôt remplacée 


La Liste électorale permanente informatisée (Lépi) utilisée lors des élections de l’année dernière, constitue une véritable pomme de discorde entre le pouvoir et l’Union fait nation (Un). C’est donc pour éviter un remake de cette querelle, qu’une douzaine de députés de la mouvance présidentielle proposent ce qui s’apparente être une solution de rechange à la Lépi. 

                                         Boni Yayi, chef de l'Etat béninois


Les partisans du chef de l’Etat, qui se sont toujours évertués à relativiser les erreurs notées par l’opposition lors de la réalisation de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi), viennent de proposer une nouvelle loi. Elle a pour objectif de corriger les erreurs constatées sur la Lépi. En effet, bon nombre de citoyens en âge de voter n’ont pas été pris en compte sur cette liste. Cette correction, passera par le transfert dans un registre national d’identification de la personne physique, de toutes les informations qui concernent la base de données de la Lépi. Ce registre devra comporter des données sur les béninois en général, et une Agence nationale d’identification (Ani) sera créé. Toute cette opération devra être achevée en douze mois, afin qu’en théorie ce nouveau fichier électoral soit utilisé lors des élections de l’année prochaine. Ce rétropédalage de la mouvance présidentielle, intervient après le travail effectué par une mission de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) à Cotonou. Cette équipe qui était chargée d’évaluer la Lépi, a eu notamment des échanges avec des membres de la mouvance présidentielle et de l’opposition. L’autre enjeu est maintenant de savoir, si cette nouvelle loi aura les faveurs de l’Union fait la nation (Un) qui a toujours mis en exergue les dysfonctionnements qu’elle a constaté lors du processus de réalisation de la Lépi.


Bernado Houenoussi

mardi 21 février 2012

En difficulté sur le front intérieur, Boni Yayi se donne un répit sur la scène africaine


Différentes rencontres du chef de l’Etat avec ses pairs étrangers


Boni Yayi : l’increvable forcé


Désigné le 29 janvier dernier,  pour une année, et ce comme président en exercice de l’Union africaine (Ua), Boni  Yayi ne pouvait pas dormir sur ses lauriers. L’activisme et la débauche d’énergie, dont il fait preuve sur le plan diplomatique depuis cette date, lui permettent de tourner le dos à un front intérieur où il doit gérer actuellement deux dossiers chauds.


                                                    Boni Yayi, chef de l'Etat béninois


Il y a trois semaines, Boni Yayi prenait les rênes de l’Union africaine (Ua). Le chef de l’Etat aura passé une bonne partie de la semaine écoulée, d’une part entre deux avions, et d’autre part à participer à différentes réunions avec ses pairs. Ainsi, il a fait une mini-tournée auprès de plusieurs de ses homologues, dans l’optique de préparer une rencontre informelle de l’Union africaine (Ua). La dite réunion, qui a eu lieu le 18 février dernier  à Cotonou, a enregistré la présence de 14 chefs d’Etats. Juste avant, et ce les 16 et 17 février derniers, il participait à Abuja (Nigéria) au sommet des chefs d’Etats de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao). A un moment, où il enregistre des difficultés sur le front intérieur, Boni Yayi trouve sur la scène africaine une oasis qui ne dit pas son nom.


Des conséquences différentes


Les enjeux qui déterminent les situations de crises sur le continent actuellement, ne sont pas les mêmes que ceux qui concernent les problèmes de Boni Yayi à l’interne. C’est pourquoi, à la fin de sa présidence de l’Ua, personne ne lui reprochera de ne pas avoir pu trouver à ces situations de crises. Or, ce n’est pas du tout le cas  à l’interne, où il doit faire face aux difficultés liées à la mise en œuvre du Programme de vérification des importations (Pvi). Les solutions qu’il y a trouvées, tardent encore à avoir l’effet qu’il escompte. Outre cela, il est confronté à la grève des enseignants de la maternelle, du primaire et du secondaire. Ceux-ci, viennent de boucler la 4ème semaine consécutive d’un mouvement de débrayage hebdomadaire de 72 heures. Malgré la surenchère des enseignants, ceux-ci et le gouvernement n’ont pas intérêt à ce que l’année scolaire soit invalidée. Sur le dossier du Pvi, Boni Yayi joue aussi gros. En effet, la mise en œuvre de cette réforme, est censée permettre une augmentation notable des recettes douanières. Si elle échoue, ce sont les caisses publiques qui seront impactées car le budget du Bénin dépend en partie des recettes douanières.


Bernado Houenoussi

Les 22 ans de la conférence des forces vives de la nation


19 février 1990 – 19 février 2012


La démocratie scellée depuis 22 ans au Bénin


A bout de souffle à la fin des années 80, le Parti révolutionnaire populaire du Bénin (Prpb) au pouvoir à cette époque, était contraint d’ouvrir le jeu politique qu’il avait verrouillé durant près de 20 ans. 


Mgr Isidore de Souza, Président du présidium de la conférence nationale


La forte contestation sociale née dans les années 8O, a fini par avoir la peau du Parti révolutionnaire du Bénin (Prpb), que dirigeait Mathieu Kérékou. Du 19 au 28 février 1990, les assisses nationales, communément appelées, conférence nationale des forces vives de la nation, permirent donc à  toutes les couches de la sociales de se réunir et aux exilés politiques de revenir au pays. 22 ans plus, tard le Bénin a déjà connu deux alternances politiques pacifiques à la tête du pays. Outre cela, les institutions de la république fonctionnent tant bien que mal depuis cette date. Ces institutions ont été mises en place par la constitution, qui a été rédigée lors de la conférence nationale. Adoptée par référendum le 11 décembre 1990, cette loi fondamentale qui est toujours en vigueur, n’a jamais été modifiée depuis cette date. Le pouvoir actuel, envisage d’y apporter des modifications. Une réforme pour laquelle, la classe politique doit trouver un consensus, comme cela a été le cas en février 90. La procédure pour la refonte de la constitution, a été déjà enclenchée.  Il reste à déterminer si ces modifications seront validées par la voie référendaire, ou par le parlement.


Bernado Houenoussi

mardi 7 février 2012

L’Union fait la nation en mal d’inspiration


Exigence d’un dialogue politique avec le gouvernement


Le jeu trouble de l’opposition


L’Union fait la nation (Un) vient de publier un communiqué dans lequel, elle exige de Boni Yayi, que celui-ci officialise dans une correspondance sa volonté de dialoguer avec elle. Cette initiative entretient une confusion sur les véritables intentions de l’Un.

               Idji Kolawolé, l'un des leaders de l'Union fait la nation

Quelle mouche a donc bien pu piquer l’Union fait la nation (Un), pour qu’elle exige du chef de l’Etat, qu’il lui notifie officiellement le dialogue politique qu’il souhaiterait avoir avec elle ? Quoi qu’il en soit, cet posé par l’Un qui constitue la principale force de l’opposition, laisse libre cours à toutes les spéculations. Alors le pays bruisse de rumeurs relatives à une éventuelle entrée de l’Un dans le gouvernement, celle-ci pourrait par le biais de cette correspondance officielle qu'elle exige, se ménager une marge de manœuvre afin de pouvoir justifier dans quelques temps son alliance avec le pouvoir actuel. Si cette hypothèse se confirmait, ce serait un mauvais signal pour la démocratie béninoise. Cela contribuerait à l’unanimisme politique, qui prévaut de plus en plus depuis la réélection de Boni Yayi en mars dernier. En effet, les voix discordantes devant s’opposer au régime actuel se  font rares. Au-delà de cela, le fait que les scrutins présidentiels et législatifs de mars et avril dernier, se soient déroulés dans un climat plus ou moins serein, rend inopportune un dialogue politique entre la mouvance présidentielle et l’opposition. C’est donc à l’Un, de jouer la partition qui est la sienne, en assumant pleinement son rôle en tant que principale force de l’opposition politique.


Bernado Houenoussi

mardi 31 janvier 2012

Bruno Amoussou tourne t-il le dos à la politique ?


Après sa démission de la tête du Psd


Quel avenir politique pour Bruno Amoussou ?

Le 21 janvier dernier, Bruno Amoussou a procédé au lancement du 2ème volume de ses mémoires qu’il a intitulé « La Banque, La Politique et Moi ». Le lendemain, il a démissionné de la présidence du Parti social démocrate (Psd), dont il est le fondateur. Plus d’une vingtaine d’années après le début de sa carrière politique, a-t-il décidé d’y mettre un terme ? 


                                        Bruno Amoussou, Président de l'Union fait la nation

Généralement quand un homme politique publie ses mémoires, c’est qu’il a décidé de prendre définitivement sa retraite politique.  Ainsi, Bruno Amoussou vient de publier le 2ème tome de ses mémoires. De plus, il a laissé depuis le 22 janvier dernier les rênes du Parti social démocrate (Psd) dont il est le fondateur. Toutes les pièces sont donc réunies, pour qu’on en déduise qu’il a prit la décision de tourner le dos à sa carrière politique. Mais celui qu’on surnomme « le renard de Djacotomey », garde un atout majeur en main. Il demeure toujours le Président de l’Union fait la nation (Un), un regroupement de partis politique, dont fait partie intégrante le Psd. Laisse t-il la présidence du Psd pour mieux s’occuper de l’Un ? En effet, cette union est moribonde depuis la défaite d’Adrien Houngbédji, son candidat au scrutin présidentiel de mars dernier. Cet échec a été suivi quelques semaines plus tard par un autre, lors des élections législatives d’avril dernier. Et juste après, la Renaissance du Bénin (Rb), l’une des formations politiques membres de l’Un a rompu les amarres avec elle en s’alliant avec Boni Yayi. Edmond Agoua et Cyriaque Domingo, deux députés élus lors du dernier scrutin législatif sur la liste de cette union, ont également rejoint la mouvance présidentielle. Aujourd’hui, elle compte moins d’une vingtaine de députés à l’Assemblée nationale. En étant toujours le Président de l’Un, tout porte donc à croire que Bruno Amoussou entend bien encore peser sur la vie politique béninoise dans les prochaines années. Aussi, il est susurré ici et là que cette union serait actuellement en négociation avec le pouvoir afin d’entrer dans le gouvernement. Si ces rumeurs étaient avérées, Bruno Amoussou n’aurait donc aucun intérêt à prendre sa retraite politique.

Bernado Houenoussi