samedi 27 septembre 2014

Le Général Robert Gbian en grande difficulté

Pour les présidentielles de 2016

S’il est une personnalité dont la candidature ne plus aucun doute pour les élections présidentielles de l’année 2016, c’est le Général à la retraite, Robert Gbian. Mais, de plus en plus, il se laisse découvrir que l’actuel Chef de l’Etat ne serait pas trop favorable à son accession à la magistrature suprême, ce qui semble constituer un véritable obstacle à sa victoire, de même que des considérations d’ordre socio-politique.
Robert Gbian
Au cas où il serait réellement candidat, les écueils à la victoire du Général Gbian aux prochaines élections présidentielles se multiplient, au fur et à mesure que l’on se rapproche de l’échéance fatidique. D’abord, du côté de la Marina, plusieurs éléments d’observation permettent de croire que son positionnement n’est pas vu d’un bon œil. Des sources liées à des observateurs de la chose politique laissent croire qu’un signal certain du désaveu de la candidature du Général Robert Gbian pour les élections présidentielles de 2016, par le Président Boni Yayi, est le meeting interdit, le 13 septembre dernier, à Bembèrèkè, un rassemblement organisé par un baron de l’Alliance des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), l’Honorable Djibril Débourou. Vu le statut de cette personnalité et son fort degré d’attachement aux intérêts du régime actuel, tout porte à croire que le camp du Président de la République se montrera aveugle et ne lésinera sur aucun moyen pour réduire à néant les stratégies sous-marine de conquête de la présidence par le Général.
Ensuite, un facteur connu par tous est l’éjection du propre frère de l’intéressé, Jonas Gbian, du Ministère de l’Economie et des finances, à la faveur du dernier remaniement ministériel. Plusieurs ont voulu voir en ce geste du patron de la Marina une volonté d’assécher les ressources du prétendant dont le nom, de plus en plus, se répand sur les lèvres des populations, dans le Nord du pays. Cette implication probante du Président dans les manœuvres visant à décourager le Général Gbian tend à faire croire que les chances de celui-ci de succéder à Boni Yayi iront se réduisant en peau de chagrin, surtout que l’expérience a montré que lorsque le Docteur de la Marina veut quelque chose, il ne lésine sur aucune forme de moyens pour l’obtenir. Abdoulaye Bio Tchané est l’acteur idéal pour témoigner de cette situation, dans la Commune de Djougou et environs et, il n’en sera qu’ainsi jusqu’aux échéances présidentielles de 2016. Il ne reste qu’à se demander si Robert Gbian saura se pourvoir de la solution pour contrer les initiatives visant à l’asphyxier politiquement. 
Enfin, comme si les dieux de la politique avaient décidé de lui faire barrage, il tente de succéder à Boni Yayi à un moment où l’électorat du sud du Bénin manifeste progressivement une certaine prise de conscience ; elle concerne la facilité pour les présidentiables forts du septentrion à gagner la Marina en s’appuyant sur la division des cadres politiques de la partie méridionale, ce par rapport à quoi cet électorat s’entend plus se laisser prendre.
De plus en plus donc, les populations, au sud du Bénin, entrevoient, selon des sources provenant des franges sociales les plus profondes des Départements de cette région, de soutenir plus profondément et plus pragmatiquement l’initiative ’’Union fait la nation’’, en amenant les leaders de ce regroupement à tirer les leçons d’un passé qui n’est pas aussi récent que cela et de pousser ceux-ci à se coaliser solidement afin que ces populations les soutiennent et, eux seuls, afin de faire basculer le pouvoir présidentiel au sud. Dans ces conditions, Robert Gbian se trouve face à une conjonction ’’mentalitaire’’ qui se met en concordance avec la détermination du pouvoir actuel à lui pourrir la candidature. Une fois de plus, saura-t-il s’organiser pour échapper à tous ces goulots d’étranglement ?

Marcel Kpogodo

jeudi 25 septembre 2014

Mario Améhou et Bélinda Hachémé offrent « Beautés variables »

Pour un lancement qui s'est effectué le 20 septembre dernier


S’il est vrai que les goûts et les couleurs ne se discutent point, les beautés aussi sont variables. C’est fort de ce constat que Mario Amehou et Belinda Hachémé, au vu des réalités sociales, ont associé leur plume pour dévoiler un pan du vécu quotidien des humains, à travers des nouvelles contenues dans  un recueil intitulé Beautés variables.  


Ce recueil de nouvelles, a été lancé le 20 septembre dernier au Chant d’oiseau de Cotonou. Il est constitué de huit nouvelles subdivisées en neuf sous-titres. Ce sont des textes à cheval entre la prose et la poésie, très évocateurs. Pour Belinda Hachémé, co-auteur de l’ouvrage, tous les textes que comporte le recueil sont inspirés de faits de la vie réelle. Beauté variables est donc une perception de la vie telle qu’elle se présente, car,  ajoutera-t-elle, «la vie nous présente assez de fastes. » Ainsi, à travers cet ouvrage de 97 pages, publié aux Editions Edilivre en France, plusieurs thèmes tels que la souffrance, la beauté, les amitiés et bien d’autres, y sont abordés, afin de dépeindre les atrocités que l’homme rencontre au quotidien. Les auteurs entendent ainsi apporter un grain d’espoir aux hommes qui se trouvent partout « dans les fers ». Pour Belinda Hachémé, l’idée d’écrire un tel ouvrage avec son co-auteur remonte à deux ans. L’occasion a été propice pour elle de remercier ses parents qui ont cru en elle et l’ont toujours soutenue. Prières et bénédictions ont été les mots que les parents et les amis, en prenant la parole, les uns après les autres, ont adressé à l’endroit des auteurs. Ils ont, par ailleurs, émis le vœu de voir publier très prochainement le roman des jeunes auteurs.

Abel Dako

A chaque ministre sa langue nationale

Concernant la tournée gouvernementale d'explications sur l'organisation des élections

La polémique fait grand bruit en ce moment au sujet de la tenue ou non des élections en République du Bénin. En vue de rassurer les uns et les autres de ce que les élections communales et municipales voire présidentielles auront bel et bien lieu, contrairement à ce que Dame Rumeur ventile au sein de la population, le Gouvernement a entrepris une vaste communication et une grande information dans nos langues nationales. Ce sont les ministres de la République qui sont commis à cet exercice.
Dorothée Kindé Gazard
Tour à tour, les ministres, selon leur localité de provenance, expliquent au peuple, dans leurs langues maternelles, l’intention et la bonne volonté de l’Etat à organiser, à bonne date, les élections. Pour y arriver, plusieurs langues sont ciblées : le fongbé, le ditamari, le dendi, le mina et le goun. C’est le Ministre de la Justice, Valentin Djènontin-Agossou, qui, le premier, s’est adonné, visiblement, avec joie, à l’exercice. Au bout d’un quart d’heure, on pouvait voir une autorité très à l’aise à parler sa langue locale, à démontrer ses atouts linguistiques, sans y introduire un seul mot de la langue française. Les chiffres, les lettres et les nombres n’avaient  aucun secret pour le ministre. Son homologue en charge de l’Enseignement secondaire, Alassane Soumanou Djemba, loin d’être seulement un ‘’bon marcheur’’ et ‘’un excellent danseur’’ pour remercier le chef de l’Etat, son Excellence, le Docteur, s’est montré un digne fils de Djougou, une fois encore, en démontrant tout son talent linguistique en dendi. Pas d’écorchure ni d’emprunt à la langue française, à l’exception des mots tels que ’’million’’ et ’’milliard’’ qui ont causé des problèmes au ‘’Manager’’.  Eric N’da, loin de décevoir les siens, s’en est tiré d’affaire royalement.  


Et si la Ministre de la santé osait dire non à l’exercice…

« Quand on refuse, on dit non », disait Ahmadou Kourouma. Si les ministres sus-cités se sont donné à cœur joie à l’exercice, visiblement, il y a un, qui l’a fait à contre-cœur. La mine ‘’lugubre’’ affichée par madame la Ministre en disait long. Il s’agit de celui de la santé, Akoko Kindé Gazard qui, pourtant, a une parfaite maîtrise du mina, sa langue maternelle. La pilule lui paraissait bien amère à avaler. Il est vrai que madame la   Ministre, loin d’être une ‘’marcheuse’’ et ‘’une danseuse’’ voire ‘’une demandeuse de messe’’ en vue d’un quelconque remerciement au Chef Suprême des Armées, n’est habituée qu’à parler santé. Mais, quand le rythme change, madame la Ministre, la cadence change. Et, Dieu seul connaît le prochain exercice auquel vous serez conviée.


Simplice Codjo doit aller à l’école de Roger Gbégnonvi…


S’il y a un qui, au cours de cet exercice qui a eu plus de peine à rendre son texte oral, c’est bien le Ministre de l’            Intérieur. On a vu un ministre en charge des cultes arriver péniblement à parler le goungbé afin d’expliquer aux siens la bonne volonté du Gouvernement auquel il appartient à organiser à temps les élections. Attention, Monsieur le Ministre, cela pourrait bien vous coûter cher. Sachez tout simplement que si « tomber est naturel, se relever est divin ». Il semble nécessaire, pour y arriver, aller à l’école de votre ex-homologue, Roger  Gbégnonvi !

Abel Dako

Où est passé le Front d’action des syndicats des trois ordres d’enseignement ?

Pour les négociations Gouvernement – Centrales et confédérations syndicales


Depuis le 11 septembre dernier, les négociations entre le Gouvernement béninois et les centrales et confédérations syndicales ont démarré, dans le but de permettre une rentrée apaisée et réelle. Même si, le 23 septembre, les deux camps se sont séparés dos-à-dos, il faut remarquer l’absence à la table d’un partenaire de taille : le Front d’action des syndicats des trois ordres d’enseignement. C’est un regroupement syndical prenant en compte le personnel de la maternelle, du primaire et du secondaire. Cette absence ne peut qu’inquiéter, pour la rentrée 2014-2015, lorsqu’on connaît le poids dont a été cette structure qu’est le Front, l’année écoulée, dans la décision de reprise ou non des cours.

Maxime Okoundé, un des représentants du Front ...
Le manque de participation du Front d’action des trois ordres d’enseignement aux négociations Gouvernement-Centrales et confédérations syndicales laisse perplexe. Si, chaque année, au lancement des hostilités entre l’Exécutif et les partenaires sociaux des enseignements maternel, primaire et secondaire, ce sont les centrales et les confédérations syndicales qui prennent les devants des négociations, vu que le Front ne se trouve pas invité parce que n’étant pas une centrale ou bien une confédération bien constituée mais, plutôt, une regroupement de syndicats, il se fait que lorsque la crise scolaire atteint une étape critique, le Gouvernement se voit obligé de lui faire appel et de commencer à discuter séparément avec lui.
Il se fait alors que, contrairement aux centrales et aux confédérations qui comportent en leur sein des syndicats isolés de tel ou tel niveau de l’enseignement, le Front, lui, constitue une machine de pression qui se durcit de plus d’une bonne vingtaine de syndicats et qui mobilise facilement tous les enseignants à la base. On l’a vu : au cours de la grève perlée reconduite hebdomadairement, pendant l’année scolaire 2013-2014, les centrales et les confédérations syndicales qui avaient appelé à la reprise des cours, le 15 avril, n’avaient pas été écoutées et le mouvement s’était durci de plus bel, sous l’autorité du Front. Et, par la suite, ce bloc, s’étant fragilisé et cassé en deux, avait trouvé son aile la plus jusqu’auboutiste qui n’avait appelé à en finir avec le bras-de-fer, que le 13 mai.

Voilà qui montre que le Front d’action des syndicats des trois ordres d’enseignement est un bloc assez influent sans lequel le Gouvernement ne pourra pas garantir une rentrée effective. Alors, pourquoi attendre, soit de conclure quelque chose avec les centrales et confédérations syndicales pour voir le Front venir confortablement s’installer, à son tour, pour présenter ses exigences, soit faire face à l’échec du dialogue avec les premiers partenaires pour se tourner vers le Front pour espérer trouver une porte de sortie ? D’ailleurs, le dernier communiqué publié par ce regroupement, en juillet dernier, lors de la correction du Baccalauréat, a laissé apparaître une nouvelle revendication : les statuts particuliers des enseignants. Celle-ci ne fait pas partie de la plate-forme dont discutent, actuellement, l’Exécutif et les centrales et confédérations. Que va-t-il donc se passer au Front lorsque ces deux parties arriveront à un terrain d’entente ? Ne va-t-il pas brandir sa propre liste de revendications ? Ne pas trouver le moyen de prendre langue, dès maintenant, avec ce Front semble suicidaire pour l’école béninoise, à cause des mouvements d’arrêt des cours, déjà trop préjudiciables pour le niveau intellectuel des apprenants de tous ordres, du secteur public.

jeudi 18 septembre 2014

L'Agence "Creative" tient le Concours "Miss Bénin France Europe" en juin 2015

Selon Ezin Pierre Dognon : « [...] la communauté béninoise en Europe a besoin de se doter d’une ambassadrice de beauté ... »


En juin 2015, les Béninois de la diaspora vivant en France et en Europe devront compter avec un événement qui s’annonce de taille : ’’Miss Bénin France Europe’’. Ezin Pierre Dognon, nommé Directeur de l’équipe d’organisation de l’événement, aborde, à travers cet entretien qu’il a bien voulu nous accorder, les tenants et les aboutissants d’une telle manifestation, tout en évoquant sa portée hautement sociale. Avec la mobilisation de la diaspora béninoise en Europe, autour de "Miss Bénin France Europe", la Miss élue sera une grande ambassadrice de lutte contre l'ulcère de Buruli.
Ezin Pierre Dognon, Président du Comité d'organisation de "Miss Bénin France Europe"
Le Mutateur : Bonjour Ezin Pierre Dognon. Vous êtes, depuis peu, le Directeur de l’équipe d’organisation de l’événement ’’Miss Bénin France Europe’’. Pouvez-vous nous dire ce que c’est, ’’Miss Bénin France Europe’’ ?

Ezin Pierre Dognon : Tout d’abord, je vous remercie de me donner l’opportunité de parler de ’’Miss Bénin France Europe’’, via votre canal. ’’Miss Bénin France Europe’’ est le concours de beauté, au sein de la communauté béninoise, en France et en Europe. C’est un événement culturel qui se veut fédérateur de tous les Béninois de la diaspora européenne. Il est conçu et créé par l’Agence Créative, agence de communication et d’événementiel, basée en France.


On sent qu’il y a une nette différence avec Miss Bénin tout court …

Nous ne sommes pas dans une logique de comparaison entre notre événement et celui de l’Association Culturelle Miss Bénin. Cette dernière a quand même 20 éditions à son actif. Il ne peut donc pas y avoir de comparaison avec nous qui sommes à la première édition. Loin d’être deux événements opposés ’’Miss Bénin’’ et ’’Miss Bénin France Europe’’ doivent être complémentaires, car il s’agit de la même communauté, même si ces événements sont sur deux territoires différents.


L’organisation de "Miss Bénin France Europe" se fait-elle en rapport avec l’Association culturelle Miss Bénin (Acmb) qui travaille au Bénin alors ?

C’est ce que nous souhaitons. En effet, nous avons mené plusieurs démarches auprès de l’Acmb afin de trouver un consensus de collaboration, et je puis vous dire que les tractations sont en cours. Nous avons fait des propositions de partenariat qui sont certainement en étude. Nous espérons que les choses évolueront dans les prochains jours.


Ne craignez-vous pas un conflit d’attributions entre la structure préparant "Miss Bénin France Europe" et l’Acmb ?

Aucune crainte à ce sujet puisqu’il s’agit de deux entités différentes mais qui peuvent être complémentaires, comme je l’ai évoqué précédemment. Les échanges avec le Président de l’ACMB ont été très cordiaux et fraternels, ce qui suppose qu’il n’y a visiblement pas de conflit d’intérêts.


Il nous est revenu que "Miss Bénin France Europe" est un événement qui s’est illustré, très récemment, dans un scandale, retentissant, de malversations de tous ordres. Etiez-vous de l’équipe ayant cela à son actif ? Que s’était-il passé ?

Déjà, à l’époque, le concours ne s’appelait pas ’’Miss Bénin France Europe’’ mais ’’Miss Bénin France’’, tout court. Nous ne sommes associés ni de près ni de loin à l’organisation de cet événement.
Avant de se lancer dans la création de ’’Miss Bénin France Europe’’, l’agence Creative et toute l’équipe ont fait un état des lieux, en l’occurrence, par rapport à ce qui avait été fait par le passé. Nous avons, certes, eu des échos très peu favorables au sujet de ’’Miss Bénin France’’, de 2012. Mais, n’ayant pas été présent à cet événement, nous ne saurions décrire avec précision ce qui s’était passé.
Ceci étant dit, il est avéré, des conclusions de notre état des lieux, que ’’Miss Bénin France’’, tel que conçu et organisé en 2012, a été une déception totale pour, en premier lieu, les participantes, les membres de l’équipe organisatrice, les partenaires et, en second lieu, pour la communauté béninoise elle-même.
Au regard de tout ceci, les Béninois de la diaspora se retrouvent privés d’un événement capable de les réunir autour d’un thème d’adhésion générale qu’est la promotion de la culture, à l’international. Au même moment, les autres communautés, dont la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Mali, la Guinée, le Togo, etc., font un travail formidable, dans ce domaine, ce qui leur permet de valoriser leur culture, tout en créant un creuset d’union.
La question principale qui fonde ’’Miss Bénin France Europe’’ est de savoir s’il fallait s’arrêter à l’échec des autres ou s’il fallait donner à la communauté béninoise d’Europe une vraie opportunité d’avoir un événement culturel digne de son image.


Qu’est-ce qui nous montre que "Miss Bénin France Europe" n’a aucun rapport avec ce dont nous avons entendu parler et qui est très malsain pour la réputation des porteurs béninois de projets vivant en France ?

Comme je vous l’ai signifié précédemment, ’’Miss Bénin France Europe’’ est organisé par l’Agence Creative qui n’a aucun lien avec l’autre société qui s’était essayé à la chose en 2012. Je ne porte pas de jugement personnel à l’égard du promoteur de 2012, car un événement de cette envergure demande beaucoup de travail, d’énergie et toute une organisation, sur une longue durée. Il a certainement fait un travail formidable qui s’est heurté à des couacs qui l’empêchent de rééditer l’événement. Il faut aussi dire que nous avons tous droit à l’échec car c’est de ceci que naissent les grandes réalisations. Je pense que la communauté béninoise en Europe a besoin de se doter d’une ambassadrice de beauté et c’est ce à quoi mon équipe s’attelle.


Avez-vous fait un sondage auprès des Béninois vivant en France pour savoir s’ils sont prêts à faire à nouveau confiance à une nouvelle équipe, la vôtre ?

Vous le savez, sans doute, un promoteur culturel ne lance pas son événement sans réaliser un benchmark. Je vous avais dit plus haut que nous avons fait un état des lieux, ce qui implique que nous avons écouté un certain nombre de personnes et de responsables d’associations représentant la communauté béninoise. Le besoin d’avoir un cadre d’échanges existe mais, vu ce qui s’est passé en 2012, le travail de confiance doit être permanent. Nous avons donc comme défi de réussir cette première édition afin de gagner la confiance et l’adhésion totale des Béninois de France et d’Europe.


En réalité, quelles sont les innovations de "Miss Bénin France Europe" ?

Déjà, on ne s’improvise pas créateur d’événement. Le directeur d’équipe que je suis a été recruté sur un appel à candidatures, dont les critères de sélection sont stricts sur les compétences techniques et l’expérience. Les autres membres de l’équipe que j’ai constituée ont été aussi sélectionnés sur des critères assez pointus, du point de vue motivation, intérêt pour la chose culturelle, en général, et pour le développement du Bénin, en particulier, sans oublier les compétences.
Ce premier point, pour vous dire le sérieux que l’agence a voulu mettre autour de l’événement. En plus, nous ne comptons pas organiser un concours de beauté de plus mais nous voulons faire de la Miss élue une ambassadrice de la lutte contre une maladie très sérieuse que beaucoup ignorent et qui fait des ravages dans notre pays, le Bénin. Par ailleurs, il y a cette ouverture vers les autres communautés béninoises de l’Europe afin d’élire une Miss unique de la diaspora béninoise en Europe qui représentera celle-ci à la finale de Miss Bénin, dans les éditions à venir.


Quels sont les moyens dont vous disposez pour réussir l’organisation de cette manifestation, dès juin 2015 ?

En toute chose, « il n’est de richesses que d’hommes », pour citer Jean Bodin. Il y a les moyens humains, des compétences, de la volonté et de la détermination de mon équipe. Celle-ci a mis en place des stratégies pour mobiliser des partenaires institutionnels et privés autour de l’événement. En elle-même, la communauté béninoise constitue un moyen fort de par son adhésion et sa spontanéité à inciter les candidatures des proches.


Comment pensez-vous procéder pour recruter des candidates ?

Le casting a été déjà lancé et est étendu sur une durée allant jusqu’au 31 janvier 2015. Cela permettra aux potentielles candidates, ayant 17 ans, en 2014, de pouvoir postuler. Une vaste campagne sur les réseaux sociaux et la diffusion des informations dans les réseaux associatifs, dans la presse, via des mailings, etc., sont des procédés adoptées par l’équipe pour atteindre un maximum de personnes. De plus, des flyers et des affiches sont en cours de diffusion, à des points stratégiques, dans toute la France et, dans les autres représentations diplomatiques du Bénin en Europe. Nous espérons que nos sœurs répondront nombreuses à l’appel.


Vous attachez, si notre compréhension est bonne, "Miss Bénin France Europe" à l’éradication de l’ulcère de Buruli au Bénin. Pourquoi le choix de cette maladie ? La Miss élue viendra-t-elle en mission au Bénin, dans le cadre de la lutte contre cette maladie ?

Je pense qu’il y a plusieurs concours de beauté qui s’organisent, de nos jours, de par le monde. La question d’une démarcation sérieuse s’est posée au sein de l’équipe d’organisation qui s’est donné le défi d’apporter une touche particulière à l’événement, afin de faire porter par la Miss un véritable projet de société. Des réflexions ont donc été engagées sur les maladies qui affectent la jeune enfance au Bénin. Le choix s’est porté sur l’Ulcère de Buruli qui fait partie des 17 maladies tropicales négligées en Afrique, en général et, en particulier, au Bénin.
Il résulte de l’infection par Mycobacteriumulcerans, un micro-organisme appartenant à la famille des bactéries responsables de la tuberculose et de la lèpre. 6000 à 7000 nouveaux cas sont détectés, chaque année, au Bénin, en majorité chez les enfants de moins de 15 ans, ce que je trouve personnellement énorme. La Miss élue sera au cœur d’une grande campagne de sensibilisation sur les causes, les symptômes et les traitements de cette maladie. Elle apportera également son appui pour l’insertion et l’épanouissement des personnes atteintes. Vous convenez donc avec moi qu’elle fera des déplacements sur place pour la mise en œuvre de ce projet. Tout ceci se fera en collaboration avec la Fondation Raoul Follereau qui travaille dans toute l’Afrique avec les Coordinations nationales de lutte contre l’Ulcère de Buruli.


L’Etat béninois est-il, d’ores et déjà, impliqué ?

Nous organisons un événement de promotion de la culture béninoise en Europe. La logique oblige que les représentations diplomatiques et consulaires soient associées. Des démarches sont en cours, à cet effet. Il en va de même pour le Gouvernement, via le Ministère de la Culture. A ce sujet aussi, des démarches ont été faites. Nous espérons des ouvertures d’adhésion à ces différents niveaux.


En guise de clôture de cette interview, avez-vous un appel à lancer aux Béninois, en général, et à ceux vivant en France et en Europe, en particulier ?

La culture est ce qu’il nous reste quand nous avons tout oublié et, un peuple qui ne valorise pas sa culture rend les autres ignorants de son existence. Je pense que nous avons le devoir de porter au-devant de la scène internationale ce que nous avons de mieux à vendre puisque nous sommes caractérisés par notre culture. Je comprends l’amertume des acteurs impliqués, de près ou de loin, dans l’organisation de 2012. Mais, il importe de fermer la parenthèse et d’avancer vers de nouveaux horizons. Je demande donc aux parents de nous faire confiance et de permettre à leurs filles d’être des ambassadrices de la beauté au sein de la diaspora béninoise en Europe. Aux partenaires, je pense que c’est une occasion unique de se rendre visible en choisissant de se positionner sur ’’Miss Bénin France Europe’’. Je tiens à remercier l’Agence Creative qui a porté son choix sur ma candidature pour diriger l’équipe d’organisation de ce grand événement.


Propos recueillis par Marcel Kpogodo 

mercredi 3 septembre 2014

Les "Business promotion center" à la loupe

Pour la promotion de l’auto-emploi au Bénin


Depuis plusieurs années, l’Etat béninois, à travers plusieurs de ses structures spécialisées, en la matière, s’est assigné l’objectif de trouver des solutions durables au problème de l’emploi et à celui de l’entrepreneuriat. La mise en place du Business promotion center (Bpc), est l’un des chevaux utilisés pour y remédier.
C’est au cœur de la commune d’Abomey-Calavi, que se dresse le Business promotion center (Bpc) de cette localité dont le boom démographique est manifeste, depuis des années. Des centres comme celui-ci, il en existe déjà dans d’autres villes comme Cotonou, Porto-Novo et Parakou. Vue sur la réalité des Bpc …




Une mission pratique

Le Business promotion center (Bpc) propose plusieurs services destinés à répondre spécifiquement aux besoins d’une cible, allant des jeunes, aux femmes, aux porteurs de projets et aux entrepreneurs. En choisissant de les disséminer dans les principales villes du Bénin, le Gouvernement, qui est, à cet effet, fortement appuyé par le Programme des nations-unies pour le développement (Pnud), entend promouvoir l’économie locale. Ainsi, chaque Bpc, est fortement en lien avec sa cible, tout en restant focalisé, précisément, sur les réalités socio-économiques de la localité où il est implanté.



Originalité et responsabilité

Chaque Centre dispose d’un business-plan, une sorte de feuille de route pouvant lui permettre de voler de ses propres ailes, dans un délai maximum de 5 ans. Une option originale afin de rompre avec cette posture qui serait de considérer a priori, ces structures comme de nouvelles entités étatiques budgétivores, comme d’habitude, et incapables de fonctionner, comme cela se doit. Aussi, les entreprises ou les autres bénéficiaires qui solliciteront les services d’un Centre, devront payer au préalable. Un apport financier qui impliquera davantage ces derniers, tout en donnant au Bpc les coudées franches pour son autonomisation financière à moyen terme. 


Des services

Complémentarité et mutualisation des différents moyens, sont les deux principaux points d’ancrage des services de chaque Bpc. L’idée est de rompre avec les va-et-vient d’une structure à l’autre, que les jeunes ou les porteurs de projets sont contraints habituellement de faire. Les services mis en avant répondent donc aux besoins spécifiques de chaque composante de la cible du centre. Il s’agit d’inciter à la création d’entreprise, d’aiguillonner les porteurs de projet, d’offrir une large palette d’information pour la conception et le montage des entreprises et des projets. La formation occupe également une place importante. C’est pourquoi, il en découle l’idée de “donner aux créateurs les moyens de se former au niveau local“ mais, également, celle de promouvoir l’économie locale, avec la volonté “d’accompagner les meilleurs initiatives locales“.


L’aspect financier
La mobilisation des ressources financières, constituent la montagne russe de toute nouvelle entreprise et, ce, principalement, dans un environnement aussi complexe que celui du Bénin. Une donnée que le manque d’information ne facilite pas. C’est pourquoi, le Bpc entend “rendre disponible les informations sur l’accès au financement“, créer des liens concrets entre les bailleurs tels que les banques et les Institutions de microfinance (Imf) et les entreprises. Au finish, il s’agit pour le Bpc d’ “accompagner, dans la mobilisation du financement d’entreprise“. Cette démarche s’étend au “suivi“ des toutes petites entreprises à qui le Bpc s’adresse principalement, afin de “faciliter la certification des business-plan“. 

Sortir du classique

Au-delà de ses services, le Bpc concocte un appui pour le développement personnel de l’entrepreneur, tout en ne livrant pas celui-ci à lui-même, dès que son projet est fin prêt. Il bénéficie ainsi d’un “suivi personnalisé“ à travers un “coaching et le renforcement de ses capacités managériales“. En plus, ceux qui le souhaitent peuvent bénéficier, sur “demande“, d’un “renforcement“ de leurs “capacités entrepreneuriales et sont, avant tout, outillées et “formées au leadership, à la créativité, à l’innovation et à l’éthique“. Pour les projets, il facilite “la réalisation des études de faisabilité“, appuie “les études diagnostiques des entreprises“ qui en font la “demande“, de même que “l’élaboration et l’analyse du business plan“.

Un appui institutionnel

La visite du Bpc de Porto-Novo faisait partie, en novembre dernier, du programme du séjour de Macky Sall, le Président sénégalais au Bénin. Une découverte aux côtés de son homologue béninois, qui était venu l’inaugurer, en août 2013. L’intérêt manifesté par les plus hautes autorités béninoises au projet, mais celui d’autres pays africains où il pourrait faire tâche d’huile, sous la même forme ou une autre, lui assure, a priori une pérennisation, même si d’autres contours sont tout aussi importants, pour un l’atteinte d’un tel objectif.


Bernado Houenoussi

Djindjirébéri remporte le “Tournoi du souvenir“

Au cours d'un tournoi de football qui s'est déroulé dans le Septentrion

Ce dimanche 31 août 2014, à Boukoumbé, la finale du “Tournoi du souvenir“, qui a débuté depuis le 10 août dernier, a opposé les équipes ’’Zongo’’ et ’’Djindjirébéri’’. Au finish,  cette dernière a remporté le match sur le score de 3 buts à 1.

Ferdinand Koumba Combetti, l'initiateur du "Tournoi du souvenir"
Le “Tournoi du souvenir“ vient de connaître son épilogue, avec la nette victoire de Djindjirébéri face à Zongo. Cette compétition a réuni les douze arrondissements des communes de Tanguiéta et de Boukoumbé. C’est ainsi que les deux équipes précédemment mentionnées, qui s’affrontaient, pour la finale du 31 août, sont sorties, au préalable, vainqueurs d’une phase communale qui les a vues rencontrer les arrondissements de leurs villes respectives. C’est l’équipe Zongo qui a remporté la phase du tournoi comptant pour Boukoumbé, tandis que Djindjirébéri a gagné celle de Tanguiéta.
“Souvenons-nous“, le nom du trophée mis en jeu, dans le cadre de ce tournoi, fait aussi référence à l’objectif de cette compétition qui, selon Ferdinand Koumba Combetti, son organisateur, est de permettre de « se souvenir » et de « valoriser » les personnalités qui ont dignement porté haut l’étendard des communes de Tanguiéta et de Boukoumbé. Membre du parti pour l’Impulsion, le progrès et la démocratie (Ipd), Ferdinand Koumba Combetti se défend d’avoir organisé un tournoi “politique“. Toutefois, il est bien difficile de croire que cette première initiative footballistique, qu’il vient de réussir, vaille que vaille, ne lui donnera pas d’autres ambitions dans la 3ème circonscription électorale, alors que des scrutins majeurs sont déjà dans le viseur de tous les acteurs politiques. 


Bernado Houenouss

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El-Farouk Soumanou sort le grand jeu

Se rapportant à la 5ème édition de la Nuit des oscars des sportifs (Nos)
(Remise de 22 trophées,  distribution d’enveloppes financières, récompense de 4 anciennes gloires du sport national)
El-Farouk Soumanou
Initiée par le Fonds national pour le développement des activités de jeunesse, des sports et des loisirs (Fndajsl), la Nuit des oscars des sportifs (Nos) connaîtra une grande cérémonie le 6 septembre prochain. Elle est à sa 5ème édition et révélera à son public et aux acteurs du sport national plusieurs innovations. En effet, dans l’optique de rendre attrayant cet événement, la Nos aura lieu en soirée à travers un dîner de gala au Magestic hôtel de Cadjèhoun, contrairement aux éditions précédentes.  Au cours de cette soirée, 22 trophées, accompagnés d’enveloppes financières, seront remis à 14 meilleurs sportifs en activité, à 4 anciennes gloires du sport national et, 4 autres distinctions iront à es sportifs spécialement identifiés pour leur talent et pour la contribution qu’ils ont apportée au développement et à la visibilité du sport béninois. La soirée connaîtra la présence d’un invité de marque en la personne de l’international béninois, ancien capitaine des Ecureuils du Bénin et co-promoteur du Centre Djemba au Sénégal, Jean-Marc Adjovi. Déjà, il sera accueilli à l’aéroport Cardinal Bernardin Gantin de Cotonou, le vendredi 5 septembre 2014, à la veille de la cérémonie.
El-Farouk Soumanou, Directeur Général du Fndajsl et ses collaborateurs ont reçu, cette année, le soutien de plusieurs personnalités et de nombreuses institutions. En outre, 4 membres de   Togo Awards, sous la direction de son Président, seront présents à cette grande messe sportive. De même, plusieurs ministres du Gouvernement  et des députés à l’Assemblée nationale honoreront de leur présence cette soirée qui sera animée par l’Orchestre Super Audivi de l’Ortb, et par l’artiste Jolidon Lafia.
Par ailleurs, la cérémonie sera retransmise en direct sur la télévision de service public. Par cette organisation, Le Fndajsl, depuis 2010, n’a cessé de reconnaître, à leur juste valeur, les efforts des sportifs, à travers la Nuit des oscars des sportifs (Nos). Cette cinquième édition est placée sous le signe de l’essor sportif du Bénin.


Pourquoi la Nuit des oscars des sportifs ?

L’objectif général de cette soirée de récompense est de témoigner aux talents sportifs béninois la reconnaissance de ce qu’ils ont rendu comme service à la nation, bien qu’une soirée ne suffise pour les célébrer. Aussi, la cérémonie de la Nos permettra-t-elle de susciter un esprit de gagneur chez d’autres jeunes sportifs et de les pousser à fournir, à chaque saison, un peu plus d’effort, pour porter encore plus haut l’étendard du sport national. Il est à noter que cette édition est placée sous le Haut patronage du Chef de l’Etat, qui va décorer, dans les prochains jours, à titre exceptionnel, tous les récipiendaires des quatre précédentes éditions. Par ailleurs, la nuit est parrainée par Idrissou Affo Safiou, Ministre en charge de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs.


Able Dako

Les centrales syndicales du Bénin instrumentalisent le système éducatif

Au vu de leur sortie médiatique du 27 août dernier

Le mercredi 27 août 2014, les premiers responsables des quatre centrales syndicales que sont la Csa-Bénin, la Cgtb, la Cosi et la Cspib, sont montés au créneau pour constater le manque de satisfaction des revendications des travailleurs, ce face à quoi ils ont promis au Gouvernement un embargo sur la rentrée scolaire 2014-2015. Ceci laisse croire à une nouvelle instrumentalisation du système éducatif.
Pascal Todjinou, Sg de la Cgtb
La sortie médiatique de la Centrale des syndicats autonomes du Bénin (Csa-Bénin), de la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cgtb), de la Confédération des organisations syndicales indépendantes du Bénin (Cosi-Bénin) et de la Centrale des syndicats du secteur privé et de l’informel du Bénin (Cspib), le mercredi 27 août dernier, n’a pas manqué de faire ressortir qu’elles sont complètement remontées contre le Gouvernement, accusé de n’avoir pas satisfait les revendications des travailleurs. La rentrée scolaire est, selon elles, l’élément qui servira de facteur d’exploitation pour faire regretter à l’Exécutif son mépris envers ces revendications. Cette hypothèque, mise sur la prochaine rentrée scolaire, annonce de nouveaux moments difficiles pour le système éducatif béninois ; celui-ci sera l’otage dont se serviront ces confédérations et centrales syndicales pour faire chanter le Gouvernement.

Noël Chadaré, Sg de la Cosi-Bénin
Lorsqu’on se souvient que, le 15 avril dernier, ces institutions de défense des intérêts des fonctionnaires de l’Etat avaient lancé un appel vain aux enseignants pour qu’ils reprennent, ce qui a mis en exergue leur absence d’influence sur ce secteur d’activités, on se rend compte que, n’ayant pas tiré leçon de cela, elles veulent utiliser le système éducatif comme un fonds de commerce pour se faire valoir. Elles devraient laisser le Front d’action des syndicats des trois ordres d’enseignement jouer son rôle, au lieu de se substituer à lui et d’utiliser les enseignants pour se faire une popularité.
Reste à savoir si le poids de la précarité professionnelle et sociale dans le monde des éducateurs permettra à ceux-ci de reconnaître leurs vrais représentants syndicaux.

Marcel Kpogodo


Mathurin Nago, l’indésirable à abattre

Après ses déclarations du dimanche 31 août dernier à Bopa

Le dimanche 31 août 2014, le Président de l’Assemblée nationale, Mathurin Nago, est sorti, à nouveau, de son mutisme. Mais, cette fois-ci, il a été question pour lui, de manière directe, de fustiger la gestion du pouvoir actuel, à travers la dénonciation d’un détournement de fonds, en défaveur d’un projet de construction d’une bretelle de 1,2 km à Bopa, la localité d’origine de la deuxième personnalité de l’Etat. Ce langage libre, de plus en plus, semble devoir lui coûter cher, aux prochaines consultations électorales.
 
Mathurin Nago
Les propos de Mathurin Nago, Président de l’Assemblée nationale, à Bopa, son fief électoral, le dimanche 31 août 2014, n’ont pas laissé indifférente la classe politique béninoise. Elles stigmatisaient l’absence de réalisation du projet de construction d’une bretelle de 1,2 km, à Bopa, la commune dont il est originaire, malgré le déblocage d’un financement de 4,5 milliards par la Banque africaine de développement (Bad).
Cela commence à faire trop, d’abord, après le difficile vote du budget 2014 par la représentation nationale. Il faut rappeler que le projet de loi avait d’abord été rejeté par les députés et, que des farouches partisans de Boni Yayi au Parlement avaient perçu en Mathurin Nago l’artisan de cette gifle, étant donné qu’il avait autorisé que les représentants du peuple manifestent leur vote de manière secrète. Cette stratégie a permis aux opposants tapis dans la mouvance présidentielle de manifester leur désapprobation à donner le quitus des dépenses publiques au Gouvernement.
Ensuite, un autre fait de défiance vis-à-vis du Président Yayi a été le discours, très moralisateur et critique, prononcé par le Chef du Perchoir, le 7 janvier 2014, lors de la présentation des vœux à la Marina. Enfin, Mathurin Nago, parmi les siens, vient de dégainer à nouveau et de noircir l’action de l’Exécutif dans sa Commune.

Des sources émanant de la mouvance présidentielle permettent de croire que le Chef de l’Etat, même s’il ne se prononcera pas ouvertement pour faire connaître sa désapprobation face à la tendance depuis peu critique d’un Mathurin Nago qui a tout gagné du régime et qui n’a plus rien à en perdre, vu que le dernier mandat présidentiel de Yayi tire à sa fin, on commence difficilement à prendre la mesure de la liberté de ton de la deuxième personnalité de l’Etat et, les représailles ne tarderont pas à se faire sentir, déjà avec les élections municipales, si celles-ci avaient lieu, à la date prévue. Et, après, avec les consultations de 2015 pour lesquelles Mathurin Nago devrait commencer à dire adieu à un positionnement sur les listes des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Ses détracteurs rient à l’avance des déconvenues qui l’attendent, bien convaincus qu’ils sont du fait que Mathurin ne doit son fief électoral, sa victoire, en tant que député et son exercice, pour deux mandats consécutifs, du perchoir, à son appartenance à la mouvance présidentielle ; ils s’attendent donc à le voir chuter impitoyablement de sa position politique actuelle pour, au lendemain des législatives de 2015, ne se retrouver que comme simple citoyen, sans compter qu’ils lui prédisent un échec lamentable aux élections présidentielles, lui qui n’est rien sans Yayi. Il ne reste qu’à attendre les échéances électorales concernées pour voir si Mathurin Nago saura faire vendre cher sa peau, face à toutes les embûches qui l’attendent, de la part de ses amis politiques d’hier, ayant à leur tête, le Chef de l’Etat.


Marcel Kpogodo