mardi 20 mars 2012

Le mouvement de grève des enseignants s’émousse


Reprise progressive des cours par les enseignants


L’effet escompté du forcing du gouvernement


En grève depuis le 24 janvier dernier, les enseignants de la maternelle, du primaire et du secondaire reprennent les cours depuis quelques jours et ce bien malgré eux. En effet, le Gouvernement a dû employer les grands moyens pour les y contraindre. 


 Boni Yayi, Chef de l'Etat béninois


Dans le différend qui l’a opposé ces dernières semaines aux enseignants, le Gouvernement a brandi plusieurs épouvantails. Tout y est passé dans cette guerre psychologique : menace de défalcation de salaire et de suspension au cas échéant du paiement des salaires. Cela a été suivi par l’envoi des militaires dans les écoles et collèges, afin qu’ils aillent vérifier si les enseignants avaient repris service. Mais les grévistes sont restés droit dans leurs bottes malgré cela. C’est finalement l’ultimatum fixé au 19 mars par Boni Yayi, qui a sonné le glas de cette grève. En effet, lors d’une rencontre qu’il a eu le 12 mars dernier avec les syndicats, il a menacé de radier de la fonction publique les enseignants qui n’auraient pas repris les cours à la date du 19 mars. Intervenue la semaine dernière, cette menace a eu dans la foulée ses premiers effets. C’est ainsi que plusieurs syndicats ont appelés leurs affiliés à reprendre les cours.


Gouvernement et syndicats dos à dos


Si les enseignants n’ont rien obtenu après près de 07 semaines de grève, c’est bien la preuve que la surenchère qu’ils ont fait durant toute cette période a échoué.  Le Gouvernement s’étant à chaque fois réfugié depuis le fait, qu’il leur a concédé depuis l’avènement du régime actuel beaucoup d’avantages. Il a également affirmé, qu’il avait largement dépassé la part du budget national qui devait être consacré au paiement des salaires. Il a mis en avant pour la circonstance, cette règle qui aurait été éditée par l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa). Au-delà de ses arguments, et bien qu’il ait gagné son pari, le gouvernement sort affaibli de ce conflit et étale plusieurs contradictions. Il clame que  les caisses de l’Etat sont vides, alors qu’il envisage de faire passer le nombre de départements de 12 à 29 et de créer en plus 06 régions. Aussi, et ce aux frais du contribuable les ministres ont fait ces dernières semaines dans les différentes contrées du Bénin une tournée. Ils avaient pour mission d’expliquer aux populations la position du gouvernement. Or, chaque ministre ainsi que ceux qui l’accompagnent lors d’une tournée perçoivent à la fin des frais de mission. C’est dans ce contexte qu’il a été révélé que Boni Yayi percevait une rémunération mensuelle de 17 millions. Une information que le Ministre de l’Economie s’est vu obligé de démentir, en annonçant à la surprise générale que le Chef de l’Etat avait décidé depuis avril 2006, de renoncer à une panoplie d’avantages pécuniaires et autres au quels il a droit en tant que Président de la République.


Bernado Houenoussi

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